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Full text of "Bulletin du Cercle archéologique, littéraire et artistique de Malines"

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PURCHASEDFORTHE 
UNIVERSITY  OF  TORONTO  UBRARY 

FROMTHE 

HUMANrriES  RESEARCH  COUNCIL 

SPECIAL  GRANT 

FOR 

ARTS  OF  THE  LOW  COUNTRIES  AND 

THE  GERMANYS,  1600  - 1850 


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rcle  Archéoloâioue 


Bulletin  -  Tome  IX 


Malines 

1899 


BULLETIN 


Cercle  >BCixbéoloôiqtte,  Xiittéraire  S.  artistique 


DE    MALINES 


/ 


Oudh.ldk.GenooUch<iP 


^  f  arfbfoloûipf 

TOME    NEUVIÈME 
1899 


MA  LIN  ES 
L.     &     A.     QODENNE,     Imprimeurs  -  Editeurs 

28,   Grand'  Place,  28 
1899 


Le  Cercle  n'est  pas  responsable  des  opinions  imîses 
par  SCS  Membres 


^ 


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LISTE   'DES   MEM'BTIES 

DU 

Cercle  Archéologique  de  Malines 


Commission  Administrative  pour   1899 

PRÉSIDENT 

M.  J.  Kempenehr,  Avocat,  ]u^e  suppléant  au  Tribunal  de  i^c  Instance,  rue 

des  Vaches,  74,  Malines. 
Attrihulions  :  Direction  générale  de  la  Société. 

VICE -PRÉSIDENT 

M.  G.  VAN  Caster,  Chanoine,  rue  Notre-Dame,  i23,  Malines. 
Jttribulions  :  Suppléant  au  Président. 

CONSEILLERS 

M.  Herrem.\ns,  Directeur  de  l'Ecole  Moyenne,  rue  du  Bruel,  117,  Malines. 
M.  Ad.  Reydams,  marché  au  Bétail,  25,  Malines. 
Attributions  :  Suppléants  aux  Président  et  Vice-Président. 

SECRÉTAIRE 

M.  H.  CoNiNCKX,  Professeur  à  l'Académie  des  Beaux-Arts,  rue  du  Ruis- 
seau, 23,  Malines. 

Attributions  :  TiiTCcùoQ  générale  du  Secrétariat;  correspordaiice  de  la  Société;  rédaction 
des  procés-verbaux  des  séinces  et  du  rapport  annuel;  organisition  des  séances,  con- 
vocation aux  séances,  conférences,  excursions,  etc- 


LISTES    DES    MEMBRES 


.   TRESORIER 

AI.  Léop.  Van  den  Bergii,  attaché  à  l'Administration  des  Chemins  do  fer 
de  l'Etat,  rue  longue  du  Chevalier,  32,  Malines. 

Attributions  :  Recouvrement  des  sommes  dues  ;'i  k  Société,  comptabilité  générale  et  paie- 
ment des  dépenses  effectuées. 

BIBLIOTHÉCAIRE 

M.  PE  WoviTERS  DK  BouciiouT  (chevalier),  Candidat  en  Droit,  avenue  Van 

Benedén,  28,  Malines. 
Attribulioiis  :  Classement  et  garde  des  livres  et  des  objets  appartenant  à  la  Société. 

Cotuiuission   des   Publications 

MM.  G,  VAN  C.Vi-TER,  Chanoine,  rue  Notre-Dame,  i23,  Malines. 
H.  CoNiNCKx,  Secrétaire,  rue  du  Ruisseau,  23,  Malines. 
H.  CoRDEMANS,  Libraire,  rue  du  Gentilhomme,  10,  Bruxelles. 
Ad.  Reydams,  marché  au  Bétail,  25,  Malines. 
V.  Hermans,  Archiviste  communal,  rue  des  Vaches,  29,  Malines. 
Edg.  DE  Marneffe,  attaché  aux  Archives  générales  du  Royaume,  rue 

des  Augustins,  20,  Malines. 
G.  Van  Doorslaer,  Docteur  en   Médecine,  marché   au  Bétail,   52, 

Malines. 

Membres   titulaires   (i) 

Messieurs 

Bernaerts,  Florimond,  Abbé,  Professeur  à  l'Institut  St-Louis,  rue  du  Ma- 
rais, Bruxelles. 

Beukelaers,  abbé,  rue  des  Augustins,  Secrétaire  de  l'Archevêché. 

Boey-Ceulemans,  Industriel,  marché  aux  Grains,  7,  Malines. 

Broers,  Fr.,  Banquier,  vieille  rue  de  Bruxelles,  16,  Malines. 

Bruylant,  Général,  rue  des  Vaches,  ^5,  Malines. 

Bruylant,  Jean,  rue  des  Vaches,  95,  Malines. 

Cluytens-Suetens,  Alph.,  Peintre-décprateur,  rue  de  la  Chaussée,  54,  Ma- 
lines. 

CoENE,  Ern.',  Employé,  digue  du  Canal,  43,  Malines. 

CoNiNCKX,  Hyac,  Dessinateur,  Professeur  à  l'Académie  des  Beaux-Arts, 
.Secrétaire  du  Cercle  Archéologique  de  Malines,  rue  du  Ruisseau,  23, 
Malines. 


(i)  Extrait  du  Règlement. 

Art,  4.  —  Les  Membres  titulaires  sont  choisis  parmi  les  personnes  qui  s'intéressent  aux 
travaux  du  Cercle,  Ils  ont  seuls  le  droit  de  vote,  paient  une  cotisation  annuelle  de  douze 
francs  et  reçoivent  les  publications. 


LISTE    DES    MEMBRES 


CopPENS,  Abbé.  Professeur  à  l'Athénée  Royal,  rue  de  la  Blanchisserie,  4, 
Malines. 

CoR^E^[A^■s,  H.,  Libraire,  Secrétaire  honoraire  du  Cercle  Archéologique  de 
Malines,  rue  du  Gentilhomme.  10,  Bruxelles. 

CoREMANS,  Chanoine,  Archiviste  de  l'Archevêché,  boulevard  des  Capucins, 
175,  Malines. 

CuvELiER,  Chanoine,  chaussée  de  Tervueren,  8,  Malines. 

De  Blauw,  Fr.,  Directeur  de  ventes.  Bailles  de  Fer,  19,  Malines. 

De  Bruyne,  Professeur  à  l'Athénée  Royal  de  Malines,  boulevard  des  Capu- 
cins, 182,  à  Malines. 

DE  Canxart  d'Hamale,  Léon,  Colonel,  chef  de  l'Etat-Major  du  Lieutenant 
Général  Commandant  supérieur  de  la  Garde  civique  pour  les  provinces 
du  Hainaut  et  de  Namur,  boulevard  Dolez,  21,  Mons. 

De  Cocq-Van  Langendonck,  rue  d'Hanswyck,  33,  à  Malines. 

DE  Ghellinck  d'Elseghem  (comte  Amaury),  rue  de  l'Industrie,  i3,  Bru- 
xelles, et  château  d'Elseghem  (par  Peteghem). 

Delvaulx,  Charles,  Etudiant,  rue  Louise,  3i,  Malines. 

■  DE  Marneffe,  Edg.,  attaché  aux  Archives  générales  du  Royaume,  rue  des 

Augustins,  10,  Malines. 
de  Meestkr  DE  Betzenbroek,  Sénateur,  Muysen. 
Dessain,  Ch.,  Editeur,  rue  de  la  Blanchisserie,  7,  Malines. 

Dewaloue,  Préfet  des  études  à  l'Athénée  Royal  de  Malines,  rue  du  Bruel, 
119,  Malines. 

De  Vriese,  Abbé,  Professeur  au  Petit  Séminaire,  rue  de  la  Blanchisserie,  5, 
Malines. 

DE  Wargny  (chevalier  Auguste),  Juge  d'instruction,  place  Ragheno,"  33, 
Malines. 

DE  Wargny  (chevalier  Gaspard),  rue  du  Bruel,  49,  Malines. 

DE  WouTERS  DE  BoucHOUT  (chcvalier).  Candidat  en  Droit,  Bibliothécaire 
du  Cercle  Archéologique  de  Malines,  avenue  Van  Beneden,  28,  Malines. 

DiERiCKx,  H.,  libraire.  Bailles  de  Fer,  72,  Malines. 

DiEUDONNÉ,  Médecin,  rue  Notre-Dame,  79,  Malines. 

DU  Trieu  DE  Terdonck  (chevalier).  Propriétaire,  rue  du  Poivre,  à  Malines, 
et  château  de  Muysenhuis,  à  Muysen. 

Festraets,  p.,  Orfèvre,  Professeur  à  l'Académie  des  Beaux- Arts,  rue  du 
Bruel,  87,  Malines. 

Frans,  Capitaine  C  d'Artillerie,  rue  des  Vaches,  68,  Malines. 

Fris,  Hubert,  Etudiant,  rue  des  Vaches,  5t,  Malines. 

Fris,  P.,  Notaire,  rue  des  Vaches,  5i,  Malines. 

Geens,  Chef  de  bureau  aux  Chemins  de  fer  de  l'Etat,  boulevard  des  Capu- 
cins, 198,  Malines. 

GoDENNE,  Léop.,  Editeur,  Grand'  place,  28,  Malines. 

Haubrechts  DE  LoMBEEK,  Propriétaire,  château  de  Lombeek-Notre-Dame. 

Herremans,  Directeur  de  l'Ecole  Moj-enne,  Cunscillfr  du  Cercle  Archéo- 
lo^^iquc  de  Malines,  rue  du  Bruel,  117,  Malines. 


LISTE    DES    MEMBRES 


HicRTSENS,  Alphonse.  Entrriironeur,  Tuileries,  7,  Malinos. 

HonBANCKX,  Abbé,   Professeur  au  Collège   Saint -Rombaut,    marché  au 

Bétail,  56,  Malines. 
IsiîRKNTANT.  P.,  Professeur  à  l'Athénée  Royal  de  Malines,  rue  du  Bruel, 

84,  Malines. 
Jansskns,  Théodore.  Abbé,  Directeur  des  Capucines,  Rue  Vlemings,  7, 

Anvers. 
Kkmpknker.  A.,  Abbé,  Professeur  au  Collège  Saint-Jean  Berchmans,  Place 

de  Meir,  Anvers. 
KiîMPKNEER.  J..  Avocat,  Juge  suppléant  au  Tribunal  de  1^1=  Instance,  Prési- 
dent du  Cercle  Archéologique  de  Malines,  rue  des  Vaches,  74,  Malines. 
Kron.  Julien,  Greffier  du  Tribunal  de  i^e  instance  de  Malines,  rue  de  la 

Chaussée,  02,  Malines. 
Lambo,  Abbé,  Econome  au  Petit  Séminaire,  rue  de  la  Blanchisserie,  5, 

Malines. 
Le  Bi.rs.  Hector,  Médecin,  Conseiller  provincial,  longue  rue  des  Bateaux, 

78,  Malines. 
Lremans,  Louis,  Juge  de  paix,  rue  du  Bruel.  55,  Malines. 
Le  Maire.  Commandant  d'Artillerie,  rue  des  Vaches,  33,  Malines. 
Magnus.  Edmond,   Vice-Pfésident  de   la  Société  Royale  «  La  Réunion 

Lyrique  »,  rue  de  la  Station,  42,  Malines. 
Mertens,  Dés.,  Juge,  rue  d'Hanswyck,  42.  Malines. 
Mkyns,  h..  Architecte,  longue  rue  des  Bateaux,  Sg,  Malines. 
NoBELS,  Albert,  Avocat,  marché  aux  Grains,  45,  Malines. 
Op  ue  Beeck,  h..  Conseiller  communal,  rue  Notre-Dame,  43,  Malines. 
Ortegat,  Jules,  Conseiller  provincial,  rue  des  Vaches,  78,  Malines. 
Peeters,  Aug.,  Docteur  en  Médecine,  long  fossé  aux  Poils,  79,  Malines. 
Plvys,  Léop.,  Artiste-Peintre-verrier,  rue  de  Beffer,  35,  Malines. 
Reusens,  Constant,  rue  du  Bruel,  33,  Malines. 
Reydams,  Ad.,  Géomètre  du  cadastre.  Conseiller  du  Cercle  Archéologiciue 

de  Malines,  marché  au  Bétail,  25,  Malines. 
Rosier,  J.-G.,  Artiste-Peintre,  Directeur  de  l'Académie  des  Beaux- Arts, 

rue  Léopold,  40,  Malines. 
Rvckmans,  Paul,  Conseiller  provincial,  rue  de  la  Chaussée,  58,  Malines. 
ScnippERS,  Ed.,  Orfèvre,  place  Ragheno,  25,  Malines. 
ScniPPERS,  Fr.,  Orfèvre,  place  Ragheno,  25,  Malines. 
SïROOBANT,  Louis,  Directeur-adjoint  de  la  prison  de  Gand,  Coupure,  229, 

Gand. 
Théodor,  J.,  Conducteur  des  Ponts  et  Chaussées,  boulevard  des  Capucins, 

i53,  Malines. 
Van  Ballaer,  J.,  Curé  de  Notre-Dame  du  Sablon,  rue  Bodenbroeck,  6, 

Bruxelles. 
\'an  Boxmeer,  Phil.,  Architecte,  rue  Léopold,  80,  Malines. 
VAN  Caster,  Guill.,  Chanoine,  vice-Président  du  Cercle  Archéologique  de 
Malines,  rue  Notre-Dame,  i23,  Malines. 


LISTE    DES    MEMBRES 


Van  den  Biîrgh,  Fr.,  Professeur  à  l'Athénée  Royal  de  Malines,  rue  de  la 

Montagne,  28,  Malines. 
Van  den  Bergh,  Léop.,  attaché  à  l'Administration  des  Chemins  de  fer  de 

l'Etat,  Trésorier  du  Cercle  Archéologique  de   Malines,  rue  longue  du 

Chevalier,  82,  Malines. 
VAN  DEN  Branden  DE  Reeth  (Mgr  le  baron),  Archevêque  de  Tyr,  rue  du 

Bruel,  82,  Malines. 
VAN  DEN  Branden  de  Reeth  (baron),  rue  de  la  Blanchisserie,  2,  Malines, 
Van  der  Stappen  (Mgr),  Evéque  de  Jafïa,  marché  aux  Laines,  3,  Mahnes. 
Van  de  Walle,  Victor,  Notaire,  Echevin  de  l'Instruction  publique,  avenue 

Van  Beneden,  69,  Malines. 
Van  Doorslaer,  Georges,  Docteur  en  Médecine,  marché  au  Bétail,  52, 

Malines. 
Van  Hoorenbeeck,  Victor,  Pharmacien,  rue  des  Vaches,  7,  Malines. 
Van  Horenbeeck,  Vicaire  à  l'église  Saint-Michel,  rue  Cuylits,  68,  Anvers. 
Van  Reusel,  Ch.,  Professeur  à  l'Ecole  Moyenne,  rue  du  Bruel,  48,  Malines. 
Van  Santen,  L.,  Employé,  rue  Léopold,  90,  Malines. 
VAN  Velsen,  Raym.,  Libraire,  Bailles  de  Fer,  2,  Malines. 
Willems,  Jos.,  Statuaire,  Professeur  à  l'Académie  des  Beaux-Arts,  avenue 

Van  Beneden,  Sg,  Malines. 
Willems,  Ingénieur  provincial,  place  d'Egrnond,  4,  Malines. 
Wittmann,  Jules,  Docteur  en  Médecine,  Sénateur,  rue  du  Sac,  3.  Malines. 
Wittmann,  Jules,  Docteur  en  Droit,  rue  d'A-B,  20,  Malines. 
Zaman,  F.,  Commissaire  d'arrondissement,  rue  Conscience,  44,  Malines. 
Zech,  Maurice,  Abbé,  pré  aux  Oies,  Malines. 

Membres   correspondants  (i) 

PAYS-BAS 

MessLiirs 
Vorstermax-Van  Oyen,  A.-A.,  à  Oisterwyk  (Brabant  septentrional). 

BELGIQUE 

Becquet,  Alfred,  Vice-Président  de  la  Société  Archéologique  de  Namur, 

rue  Grandgagnage,  8,  Namur. 
Béthune  (Mgr  le  baron  Félix),  Archéologue,  rue  d'Argent,  40,  Bruges. 
Cumont,  Georges,  Avocat,  rue  de  l'Aciueduc,  19.  St-Gilles  (Bruxelles).     - 


(i)  Extrait  du  Règlement  : 

Art.  5.  —  Les  Membres  correspondants  sont  nommés  parmi  les  personnes  qui  ont  rendu 
des  services  au  Cercle,  ou  dont  le  concours  peut  lui  être  utile.  Ils  ne  sont  astreints  à 
aucune  cotisation. 


LISTE    DES    MEMBRES 


PE  Behailt  PK  DciRNON.  Armand,  attaché  à  la  direction  du  Commerce -et 
des  Consulats  au  Ministère  des  Affaires  Etrangères,  rue  de  Turquie.  56, 
St-Gilles  (Bruxelles). 

De  Bray,  Architecte,  Anvers. 

De  Briyn,  Hyac,  Archéologue,  Vlesenbeek. 

Delvig.ne,  Adolphe,  Chanoine,  Archéologue,  rue  de  la  Pacification,  14, 
St-Josse-ten-Noode. 

De  Munter,  ^'ictor,  Numismate,  Audenarde. 

DE  Ra.\dt,  J.-Th.,  avenue  Ducpétiaux,  53,  Bruxelles. 

De  Villers,  Léop.,  Archiviste  de  l'Etat,  Parc,  24,  Mons. 

Gaillard,  Archiviste  de  l'Etat,  membre  de  l'Académie  Royafe  Flamande, 
rue  du  Jardin,  Anvers. 

GiLKix,  Iwan,  Homme  de  lettres,  Bruxelles. 

Gille,  Valère,  Directeur  de  la  «  Jeune  Belgique  »,  Bruxelles, 

GoavAERTS,  Alph.,  Archiviste-adjoint  du  Royaume,  avenue  Marie -Clo- 
tilde,  4,  Watermael. 

Hachez,  Félix,  Archéologue,  Bruxelles. 

Hermans,  Victor,  Archi^'iste  communal,  rue  des  Vaches,  29,  Malines. 

Mahy,  Hipp.,  Bibliothécaire  de  la  Société  Archéologique  de  Bruxelles, 
rue  de  Bodeghem,  5o,  Bruxelles. 

Ouverleacx,  Em.,  Conservateur  honoraire  à  la  Bibliothèque  Royale  de 
Belgique,  rue  Cortembert,  i3,  Paris. 

\'ax  Croniphout,  Bourgmestre  de  Gaesbeek. 

^'A^'  Epen,  D.-E.,  Docteur,  boulevard  de  la  Senne,  5i,  Bruxelles. 

Vax  Even,  Edw.,  Archi\'lste  communal,  Louvain. 

Verhaegen,  Paul,  Juge  au  Tribunal  de  i''^  Instacce,  rue  de  Toulouse,  Bru- 
xelles. 

Vervliet,  J.-B.,  Directeur  de  «0ns  Volksleven  »,  rue  du  Bien-Être,  61, 
Anvers. 

Wauwermaxs,  L*  Général,  rue  de  la  Limite,  128,  Bruxelles. 

Zech-Dubiez,  Editeur,  Braine-le-Comte. 


l^embres  d'honneur  (n 

Messieurs 

Casati  de  Casatis,  Charles,  Conseiller  honoraire  à  la  Cour  de  Paris,  rue 
Alfred  de  Vigny,  i6,  Paris. 

Hildebrand,  Hans,  Antiquaire  du  roj'aume  de  Suède,  Secrétaire  perpétuel 
de  l'Académie  royale  des  Belles  Lettres,  d'Histoire  et  des  Antiquités  de 
Stockholm,  membre  d'honneur  de  plusieurs  sociétés  savantes,  à  Stock- 
holm. 


(l)  Le  titre  de  Membre  d'honneur  pourra  être  conféré  à  des  fersonnes  qui,  par  leur  haute 
position  sociale,  peuvent  rendre  des  services  au  Cercle,  ou  qui  ont  contribué,  par  leurs 
œuvres,  aux  progrès  des  études  qui  font  l'objet  de  ses  travaux. 


Sociétés,   Commissions  â   Tublications 


AVEC   LESQUELLES 


notre  Cercle  fait  rccbange  ^e  ses  îSulletins 


BELGIQUE 

Anvers.  Académie  Royale  d'Archéologie  de  Belgique. 

M.  F.  DoNNET,  Bibliothécaire,  rue  du  Transvaal,  53,  Anvers. 
0)!s  Volksleven. 

M.  J.-B.  Vervliet,  Homme  de  lettres,  rue  du  Bien-Ètre,  6i,  Anvers. 
Société  Royale  de  Géographie  d'Anvers. 
'M.  Edm.  LoMBAERTS,  Conseiller-bibliotliécaire,  avenue  des  Arts,  146, 
Anvers. 

Bruges.  Société  d'Emulation  pour  l 'étude  de  l'histoire  et  des  antiquités  de  la  Flandre. 

M.  L.  De  Foere,  Secrétaire,  rue  des  Jacobins,  7,  Bruges. 
Bruxelles,  .icadémie  Royale  des  Sciences,  des  Lettres  et  des  Beaux- Arts. 

M.  Marchal.  Secrétaire  perpétuel.  Palais  des  Académies,  Bruxelles. 
Bulletin  des  Commissions  Royales  d'Art  et  d'Archéologie. 

M.  Massaux,  Secrétaire,  rue  Monto\er,  22,  Bruxelles. 
Bulletin  de  la  Commission  Royale  d'Histoire. 

M.  le  Secrétaire,  rue  de  Spa,  22,  Bruxelles. 
De  Wapenheraut,  Grand  Armoriai  et  Archives  de  la  Noblesse. 

M.  D.-G.  VAN  Epen,  Directeur,  boulevard  de  la  Senne,  5i,  Bruxelles. 
Société  Royale  de  Numismatique  de  Belgique. 

M.  A.  De  Witte,  Bibliothécaire,  rue  du  Trône,  49,  Bruxelles. 
Société  Royale  Belge  de  Géographie. 

M.  Dufief,  Secrétaire,  rue  de  la  Limite,  116,  Bruxelles. 


ÉCHANGE    DES    BULLETINS 


Société  d'Archéologie  de  Bruxelles. 

M.  Mahy,  rue  de  Bodeghem,  5o,  Bruxelles. 

Charleroi.  Société  Paléontologiqtie  et  Archéologique  de  Charleroi. 

M.  le  Dr  Wauthv,  Secrétaire  général,  au  Musée  archéologi(iue,  boule- 
vard de  l'Ouest,  Charleroi. 

Enghien.  Cercle  Archéologique  d'Enghien. 

AL  Em.  Matthiei',  Avocat,  Secrétaire,  à  Enghien. 

Gand.  Cercle  Historique  et  Archéologique  de  Gand. 

M.  A.  Van  Werveke,  Secrétaire,  avenue  d'Ekkergem,  48,  Gand. 

Hasselt.  Les  Mélophiles. 

AI.  Geeraerts,  Président,  à  Hasselt. 

Huy.  Cercle  huiois  des  Sciences  et  Beaux-Arts. 

M.  Emile  Wigny,  Secrétaire,  Huy. 
Liège.  Société  d'Art  et  d'Histoire  du  diocèse  de  Liège. 

M.  Jos.  Brassine,  rue  du  Pont  d'Avroy,  35,  Liège. 
Louvain.  Analectes  pour  servir  à  l'Histoire  ecclésiastique  de  la  Belgique. 

AI.  le  Chanoine  E.  Reusens,  rue  Neuve,  22,  Louvain. 
Maredsous.  Revue  Bénédictine. 

Abbaj'-e-de  Alaredsous,  par  Alaredret,  Namur. 
Namur.  Société  Archéologique  de  Namur. 

M.  Adrien  Ôger,  Conservateur  du  Alusée  Archéologique  de  Namur. 
Nivelles.  Société  Archéologique  de  V arrondissement  de  Nivelles. 

AI.  BuissERET.  Secrétaire,  à  Nivelles. 
Saint-Nicolas.  Pays  de  Waes. 

M.  le  Secrétaire,  à  Saint-Nicolas. 
Soignies.  Cercle  Archéologique  de  l'Arrondissement  de  Soignies. 

AI.  Demeuldre,  Président,  à  Soignies. 
Termonde.  Cercle  Archéologique  de  la  ville  et  de  l'ancien  pays  de  Tcrmonde. 

M.  Broeckaert,  Secrétaire,  à  Termonde. 
Tournai.  Société  Littéraire  et  Historique  de  Tournai. 

M.  E.  SoiL,  Secrétaire,  rue  Royale,  45,  Tournai. 
Revue  de  l'Art  Chrétien. 

M.  L.  Cloquet,  rue  St-Pierre,  2,  Gand. 
Verviers.  Caveau  Verviétois. 

AI.  Weber,  Président,  Verviers. 
Société  Verviétoise  d'Archéologie  et  d'Histoire. 

M.  P.  Dechesnk,  Avocat,  Secrétaire,  rue  des  Ecoles,  9,  Verviers. 


ECHANGE    DES    BULLETINS 


FRANCE 

Compiègne.  Société  française  d'Archéolo^:;ie. 

M.  le  Comte  A.  de  Marsy,  Directeur,  rue  de  la  Sous-préfecture,  6, 
Compiègne  (Oise). 

Paris.  Mélusiue. 

M.  H.  Gaidoz,  Directeur,  à  la  librairie  E.  Rolland,  rue  des  Chantiers, 
2,  Paris. 

Société  Saint-Jean,  de  Pans. 
M.  Léop.  Delbeke,  Artiste-Peintre,  rue  de  Grenelle,  Paris. 

LUXEMBOURG  (GRAND-DUCHÉ) 

Luxembourg.  Institut  Grand-Ducal  de  Luxembourg. 

M.  le  D'^  Van  Werveke,  Secrétaire  de  l'Institut,  à  Luxembourg. 

PAYS-BAS 

Amsterdam.  Société  Royale  d' Archéologie  (De  Noord-Hollandsche  oudheden). 
•M.  R.  W.  P.  DE  Vries,  Secrétaire,  Warmoestraat,  102,  Amsterdam. 

Ruremonde.  Limhurg.   Provinciaal  Genooischap   voor  Geschiedkmidige    Weten- 
schappen,  Taal  en  Kunst. 

M.  Van  Beurden,  Secrétaire,  à  Ruremonde. 
Utrecbt.  Historisch  Genooischap. 

M.  Grothe,  Secrétaire,  Utrecht. 

SUÈDE   ET   NORVÈGE 

Stockholm.  KovgL   Vitterhets  historié  och  antiquiteds  Akademien. 

M.  le  D""  A.  Blomberg,  Bibliothécaire  de  l'Académie,  Stockholm. 


RAPPORT 

SUR   LES 

Travaux   du   Cercle   et   la   Situation 

à  la  fin  de  l'année  iSpS 
lu   en   séance   du   27  janvier   1899 

Messieurs, 

E  ne  sera  pas  témérairement  préjuger  de  l'im- 
pression que  vous  fera  la  lecture  de  l'exposé 
annuel  sur  la  situation  du  Cercle  à  la  fin  de 
l'année  i8g8,  que  de  supposer  que  vous  vous 
attendez  à  des  conclusions  très  favorables  pour  la  pros- 
périté de  notre  Société.  Votre  attente  ne  sera  pas  déçue. 
Il  ne  peut,  en  effet,  en  être  autrement  au  lendemain  du 
Congrès,  qui  donna  de  si  beaux  résultats,  grâce  à  l'acti- 
vité et  au  dévouement  de  ses  oi*ganisateurs. 

Vous-mêmes,  Messieurs,  vous  avez  contribué,  pendant 
l'année  qui  vient  de  finir,  à  assurer  la  bonne  marche  de 
nos  opérations  ;  à  vous  donc  aussi  revient  l'honneur  de 
la  situation  prospère  dont  nous  jouissons  au  début  de 
l'année  nouvelle. 


12  RAPPORT 


Nous  n'avons  pas  dormi  sur  nos  lauriers,  Messieurs, 
et,  convaincus  que  prospérité  autant  que  noblesse  oblige, 
nous  avons  fait  preuve  d'une  sérieuse  activité. 

Mais  avant  de  vous  rappeler  les  travaux  intéressants 
et  des  plus  variés  qui  figurèrent  aux  ordres  du  jour  de 
nos  séances,  ainsi  que  les  projets  qui  ont  fait  l'objet  de 
nos  discussions,  il  me  semble  qu'il  importe  de  signaler 
la  généreuse  initiative  que  prit  notre  honorable  Confrère, 
Monseigneur  van  den  Branden  de  Reeth,  en  faveur  de 
l'élaboration  d'une  Histoire  générale'  de  Malincs. 

Enfant  de  Malines  et  admirateur  enthousiaste  du  glo- 
rieux passé  de  sa  ville  natale,  Mgr  l'Archevêque  de  Tyr 
caresse  depuis  longtemps  le  projet  de  favoriser  la  publi- 
cation d'une  histoire  complète  et  documentée  de  l'an- 
cienne cité  des  princes-évêques. 

Il  nous  a  fait  l'honneur  de  nous  confier  la  mission  de 
faire  appel,  dans  ce  but,  aux  historiens  et  aux  archéo- 
logues, et,  non  moins  généreux  qu'éclairé,  il  nous  assura 
un  appui  financier  important  qui  contribuera  puissam- 
ment à  assurer  la  réalisation  et  le  succès  de  ce  deside- 
.ratum. 

Déjà  nous  venons  de  jeter  les  bases  de  ce  projet  ;  les 
préliminaires  ont  été  discutés  et  arrêtés  et  le  résultat  de 
nos  délibérations  peut  se  résumer  en  ce  qui  suit  :  La 
prime  de  looo  francs,  offerte  par  Mgr  van  den  Branden, 
sera  répartie  en  parts  de  loo  frs,  à  attribuer  à  des  mono- 
graphies consacrées  à  des  chapitres  de  la  future  histoire 
de  Malines.  Le  capital  sera  reconstitué  au  fur  et  à  me- 
sure qu'il  sera  entamé,  par  une  somme  équivalente  à 
celle  qui  en  sera  distraite,  à  prendre  sur  le  budget  du 
Cercle.  Les  chapitres  de  cette  histoire  sont  encore  à  dis- 
cuter et  le  projet,  élaboré  par  notre  Confrère,  M.  Edgar 
de  Marneffe,  vous  sera  soumis  à  la  prochaine  séance 
(voir  page  19). 

Le  jury   qui   appréciera  les   travaux   qui   nous   par- 


RAPPORT  l3 


viendront,  a  été  constitué  de  membres  effectifs  et  de 
membres  suppléants.  Les  premiers  sont  MM.  le  Cha- 
noine VAN  Caster,  Kempeneer  et  DE  Marneffe,  aux- 
quels sont  adjoints,  à  titre  de  suppléants,  MM.  l'abbé 
Janssens,  Fr.  Van  den  Bergh  et  votre  Secrétaire. 

Ce  projet  ouvre  donc  un  vaste  champ  d'études  aux 
historiens  futurs  de  Malines;  leur  activité  y  trouvera 
un  aliment  digne  de  leurs  patientes  et  laborieuses  occu- 
pations. 

Déjà,  un  sujet  d'un  intérêt  palpitant  et  tout  d'actualité 
a  occupé  les  loisirs  trop  parcimonieusement  mesurés  de 
nos  infatigables  Confrères.  Il  s'agit,  vous  le  devinez  sans 
peine,  Messieurs,  d'un  projet  d'achèvement  de  la  tour  de 
notre  magnifique  cathédrale. 

Reprenant  le  vœu  émis  au  Congrès  archéologique  de 
Malines  de  1897,  notre  honorable  et  dévoué  Confrère, 
M.  Edm.  Magnus,  se  fit  le  promoteur  d'une  discussion, 
qui  eut  pour  objet  l'étude  des  plans  divers,  sensés  repré- 
senter la  conception  primitive  de  l'architecte,  encore 
inconnu,  du  vaste  et  grandiose  monument.  Cette  discus- 
sion à  laquelle  prirent  part  MM.  le  Chan.  van  Caster, 
Kempeneer  et  Van  Boxmeer,  fut  sténographiée  et  figure 
dans  le  tome  VIII  de  notre  bulletin.  En  outre,  M.  le 
Chan.  van  Caster,  qui  depuis  de  longues  années  s'oc- 
cupe de  la  question,  en  fit  une  étude  approfondie  dont 
l'ensemble,  tout  à  l'honneur  de  l'auteur,  est  publié  avec 
de  multiples  et  intéressantes  illustrations,  dans  ce  même 
bulletin. 

En  présence  de  ces  études  faites  par  des  hommes  com- 
pétents, la  lumière  ne  peut  tarder  à  se  faire  et  bientôt, 
espérons-le,  nous  pourrons  saluer  l'aurore  de  l'achève- 
ment de  la  tour  qui  fait  notre  orgueil  à  nous,  Malinois, 
et  la  gloire  des  Keldermans  qui  y  attachèrent  leur  nom. 

M.  Kempeneer  ne  s'est  pas  borné  à  prendre  part  à  la 
discussion  dont  je  viens  de  résumer  l'objet.    Il   nous  a 


14 


RAPPORT 


entretenu,  avec  sa  compétence  et  son  savoir  indiscutable, 
de  la  \-icille  cité  de  Nuremberg,  de  son  passé  et  de  ses 
nombreux  monuments.  Tout  récemment,  nous  avons  pu 
applaudir  sa  causerie  sur  Marguerite  d'Autriehe  et  l'église 
de  Brou;  il  nous  a  conduit  dans  ce  temple,  qui  renferme 
les  tombeaux  de  la  princesse  et  de  son  tant  regretté 
époux;  il  nous  en  a  fait  admirer  les  œuvres  d'art  d'archi- 
tecture et  de  sculpture,  par  les  magnifiques  photogra- 
phies prises  par  les  soins  du  Comité  historique  de  France. 

M.  DE  Marneffe,  qui  ne  néglige  pas  de  relever,  au 
cours  de  ses  recherches,  tout  ce  qui  peut  intéresser  l'his- 
toire de  notre  cité,  nous  a  entretenu  du  chapitre  de  St- 
Rombaut;  il  nous  en  raconta  l'origine  et  analysa  des  docu- 
ments importants,  retrouvés  par  lui  dans  le  vaste  et  riche 
dépôt  des  archives  générales  du  Royaume,  à  Bruxelles. 

De  plus,  il  projette  de  réunir,  sous  le  titre  d'Analectes 
Malinois  —  et  il  vous  convie  à  collaborer  à  ce  travail  — 
tout  Ce  qui  se  rattache,  en  fait  de  documents  inédits  au 
passé  et  à  l'histoire  de  la  Ville. 

M.  L.  Van  den  Bergh,  notre  numismate  Malinois, 
nous  a  exposé  une  partie  de  son  importante  collection  de 
monnaies,  méreaux  et  jetons  de  la  localité.  Il  s'est  mis, 
avec  une  activité  digne  d'éloges,  à  faire  l'histoire  monétaire 
de  Matines,  à  dresser  le  catalogue  des  nombreux  spéci- 
mens de  la  numismatique  locale.  La  première  partie  de 
ce  vaste  travail,  avec  planches  nombreuses,  est  publiée 
dans  notre  tome  VIII  du  Bulletin. 

M.  Reydams,  non  moins  infatigable,  nous  donna  lec- 
ture de  la  correspondance  du  capitaine  de  la  garde  impériale, 
Charles  de  Quay,  avant  et  pendant  la  campagne  de  Russie. 

'  Plus  tard,  il  nous  fit  l'historiqu®  de  l'ancienne  pou- 
drière het  Blokhuis.  Cette  étude  paraît  également  dans 
notre  Bulletin. 

M.  Magni's,  (|uoique  disposant  de  rares  loisirs,  a 
voulu  apporter  aussi  son  contingent   à  nos  conférences 


RAPPORT  l5 


mensuelles.  Il  nous  entretint  du  tabac,  et  nous  intéressa 
d'autant  plus  que,  nul  mieux  que  lui  n''était  capable  de 
nous  parler  de  la  plante  qui  a  droit  de  cité  partout  et 
fait  l'objet  d'un  commerce  important  et  d'une  consom- 
mation en  conséquence. 

Enfin,  votre  Secrétaire  continua  ses  recherches  sur  la 
part  prise  par  Faydhcrbc  à  la  construction  du  dôme  d'Hans- 
wyck.  Il  nous  fit  part  de  ce  qu'il  parvint  à  trouver  à  ce 
propos,  notamment  d'une  note  manuscrite,  de  la  main 
de  l'illustre  sculpteur,  document  important  qui  ne  pourra 
être  négligé  par  l'historien  futur  de  l'église  en  question. 

Voilà  un  court  résumé  des  conférences  qui  se  sont 
données  au  sein  du  Cercle,  pendant  l'année  iSg8. 

Il  me  reste  à  vous  entretenir  de  ce  qui  nous  occupa 
encore  au  cours  de  ces  séances. 

Tout  d'abord,  vous  vous  rappellerez  l'innovation,  due 
à  l'initiative  de  M.  Kempeneer,  qui  consiste  à  consacrer 
soit  une  séance  spéciale,  soit  une  partie  des  séances  ordi- 
naires, à  la  revue  des  publications.  Ce  système,  d'une 
grande  utilité  et  d'une  facilité  non  moindre  pour  per- 
mettre à  nos  collègues  de  se  tenir  au  courant  des  travaux 
historiques,  artistiques  et  archéologiques  des  sociétés 
similaires,  a  reçu  un  commencement  d'exécution.  Nous 
reprendrons  sous  peu  cette  idée,  si  favorablement 
accueillie  au  début. 

La  conservation  des  fresques  de  l'hôtel  de  Busleyden 
a  fait  également  l'objet  de  nos  discussions.  Nous  nous 
sommes  efforcés  d'intéresser  le  Gouvernement  à  ces 
restes  précieux  de  la  peinture  murale  du  commencement 
du  XVI'  siècle.  A  la  séance  de  ce  jour,  notre  Confrère, 
M.  le  docteur  Dieudonné,  compte  vous  saisir  des  pro- 
positions faites  dans  ce  but,  à  la  commission  adminis- 
trative du  Mont-de-piété,  propriétaire  des  fresques. 

Enfin,  le  Congrès  archéologique  d'Enghien  a  fourni 
l'occasion  à  M.  le  Chanoine  van  Caster,  de  produire 


l6  RAPPORT 


une  motion  tendant  à  arrêter  définitivement  les  préroga- 
tives et  les  privilèges  que  pourront  dorénavant  revendi- 
quer les  délégués  des  sociétés  fédérées.  Comme  notre 
honorable  Confrère  a  été  délégué  pour  représenter  le 
Cercle  à  ce  congrès,  il  a  pu  en  profiter  pour  soumettre 
sa  proposition  à  qui  de  droit. 

Tel  est,  Messieurs,  le  résumé  succint  de  nos  travaux 
et  de  nos  délibérations  pendant  l'année  écoulée. 

Ajoutons-y  l'excursion  faite  au  château  de  Laeken, 
dans  le  courant  de  l'été,  et  vous  pourrez  vous  rendre  le 
témoignage  d'avoir  employé  utilement  et  agréablement 
Ifs  trop  courts  instants  que  vous  pouvez  consacrer  à  ce 
qui  fait  l'objet  et  le  but  de  notre  Société. 

Mais,  me  direz-vous,  il  y  a  cependant  une  ombre  à  ce 
tableau  qui  nous  est  dépeint  sous  d'aussi  brillantes  cou- 
leurs. D'habitude,  nos  bulletins  paraissaient  régulière- 
ment et  constituaient  la  preuve  tangible  de  notre  activité. 

En  effet,  Messieurs,  il  y  a  eu  là,  non  pas  négligence, 
mais  un  concours  de  circonstances  tout  à  fait  indépen- 
dantes de  la  volonté  de  ceux  auxquels  vous  avez  confié 
la  mission  d'y  veiller. 

Vous  n'aurez  cependant  rien  perdu  à  attendre,  et  le 
magnifique  volume  qui  vous  est  remis  aujourd'hui,  com- 
pensera largement,  nous  l'espérons,  votre  juste  impa- 
tience. Son  impression  fait  honneur,  comme  toujours 
du  reste,  à  nos  éditeurs  L.  et  A.  Godenne,  et  nous 
devons  réserver  une  large  part  de  nos  félicitations  à 
ceux  de  nos  Confrères  qui  ont  bien  voulu  y  publier 
leurs  travaux. 

Inutile  de  vous  dire  que  nos  ressources  pécuniaires 
n'ont  pas  été  ménagées,  et  à  ce  propos,  notre  excellent 
trésorier  pourra  tout  à  l'heure  vous  édifier.  La  balance 
ne  s'établit  pas,  il  est  vrai,  entre  les  recettes  et  les  dé- 
penses, mais  le  grand  nombre  d'adhésions  que  nous 
avons  recueilli   en   1897,  nous  permet   d'escompter  une 


RAPPORT  17 


augmentation,  non  à  dédaigner,  de  nos  recettes  annuelles 
et  le  rétablissement  de  l'équilibre  dans  notre  budget. 

En  effet,  treize  nouveaux  membres  se  sont  joints  à 
nous  et  le  nombre  de  nos  Confrères,  qui  s'élevait  à  la  fin 
de  1897,  à  72,  se  chiffre  aujourd'hui  par  85  membres. 

C'est  bien  un  beau  résultat.  Messieurs,  et  je  vous 
avoue  en  toute  sincérité,  qu'au  début,  nous  aurions  con- 
sidéré comme  une  utopie  le  magnifique  développement 
de  la  société  que  nous  constatons  aujourd'hui. 

Il  me  reste.  Messieurs,  avant  de  terminer  cet  aperçu, 
à  vous  proposer  de  remercier  ceux  des  membres  de  la 
Commission  dont  le  mandat,  non  renouvelable  aux 
termes  du  règlement,  expire  aujourd'hui. 

M.  le  président  Willems  s'est  dévoué,  comme  tou- 
jours, aux  délicates  fonctions  que  vous  lui  aviez  confiées. 
MM.  les  conseillers  Magnus  et  Van  Doorslaer  se  sont 
montrés  à  la  hauteur  de  leur  tâche  ;  ils  ont  donc  droit  à 
toute  notre  reconnaissance. 

Ce  devoir  accompli,  saluons  l'avènement  du  nouveau 
président,  M.  Kempêneer. 

En  acceptant  la  vice-pîésidence,  qui  lui  réservait  les 
fonctions  qu'il  va  occuper,  notre  honorable  Confrère  nous 
promit  son  concours  le  plus  dévoué. 

Il  nous  a  été  donné  de  constater  combien  largement 
il  a  tenu  ses  promesses.  Et  puisqu'il  a  bien  voulu  nous 
en  faire  juges,  notre  verdict  lui  sera,  sans  aucun  doute, 
favorable  et,  fort  de  votre  sympathique  et  chaleureux 
accueil,  son  avènement  à  la  présidence  sera  pour  notre 
Société  un  gage  de  prospérité  et  de  succès. 


H.   CONINCKX, 

Secrétaire. 


E  Cercle  Archéologique  de  Malines  ouvre  un 
concours  pour  la  rédaction  d'une  histoire  géné- 
rale de  Malines.  La  durée  en  est  fixée  à  3  ans, 


^^^  à  partir  du  i""  juin  i8gg.  Le  jury  aura  le  droit 


de  prolonger  ce  délai. 

Sa  Grandeur  Mgr  van  den  Branden  de  Reeth,  arche- 
vêque de  Tyr,  membre  du  Cercle,  offre  à  l'auteur  ou  aux 
aute^trs  de  cette  histoire,  une  prime  de  mille  francs. 

Pour  réaliser  les  intentions  du  donateur,  il  a  été  éla- 
boré un  programme,  imprimé  ci-après,  divisé  en  neuf 
chapitres;  chaque  chapitre  fera  l'objet  d'un  travail  spé- 
cial, auquel  sera  affecté  une  prime  de  loo  francs.  Une 
prime  supplémentaire  du  même  import  pourra  être  dé- 
cernée à  l'auteur  d'un  travail  de  mérite  ou  d'importance, 
relatif  à  l'histoire  de  Malines,  ne  rentrant  pas  stricte- 
ment dans  les  limites  tracées  par  le  programme. 

Le  jury  chargé  de  l'appréciation  des  travaux  présentés, 
est  composé  de  :  MM.  le  Chanoine  van  Caster,  Kempe- 
neer  et  DE  Marneffe,  m.embres  effectifs  ; 

MM.  l'abbé  Janssens,  Fr.  Van  den  Bergh  et  Coninckx, 
membres  suppléants. 

Les  mémoires  couronnés  pourront  être  publiés  in  ex- 
tenso dans  le  Bulletin  du  Cercle. 

S'il  y  a  lieu,  ils  seront  condensés  par  les  soins  du  jury, 
l'auteur  préalablement  entendu  ou  appelé,  pour  être 
compris  sous  cette  forme  dans  l'édition  de  l'histoire  géné- 
rale projetée. 


20 


HISTOIRE    GENERALE    DE    MALINES 


Les  mémoires  non  couronnés  seront  rendus  à  leurs 
auteurs. 

Les  travaux  des  membres  du  juiy,  s'il  y  en  a,  seront 
classés  hors  concours. 

Le  Cercle  Archéologique  prend  à  sa  charge  les  frais  de 
clichage  des  gravures,  dessins,  etc.,  que  le  jury  jugera 
être  indispensables  à  l'illustration  du  volume.  Toutefois, 
les  auteurs  fourniront  les  photographies  ou  autres  origi- 
naux à  ce  nécessaires. 

Les  manuscrits  non  signés  et  bien  lisiblement  écrits  seront 
envoyés  au  secrétariat  du  Cercle.  Ils  porteront  une  devise 
qui  sera  reproduite  sur  une  enveloppe  cachetée,  renfer- 
mant le  nom  de  l'auteur. 

Pour  tous  autres  renseignements,  on  pourra  s'adresser 
au  Secrétaire. 

Tous  les  points  non  expressément  prévus,  relatifs  au 
concours  et  à  ses  résultats,  seront  décidés  par  le  jury, 
qui  pourra  en  référer,  au  préalable,  à  une  assemblée  du 
Cercle  Archéologique,  convoquée  dans  les  conditions  et 
les  formes  des  réunions  ordinaires. 


Le  Secrétaire, 

H.  Coninckx. 


Le  Président, 

Kempeneer. 


HISTOIRE    GENERALE    DE    MALINES  21 


ïfDistoive  (5cnévale  be  flftalines 


CHAPITRE    I 


Emplacement  de  Malines  au  point  de  vue  géologique 
et  topographique. 

CHATITRE    II 

Histoire  primitive 

Malines  sous  la  domination  romaine,  sous  celle  des 
Mérovingiens  et  celle  des  Carlovingiens. 

Etendue  du  territoire  au  moment  de  sa  donation  à 
l'église  de  Liège. 

CHAPITRE    III 

Histoire  politique  externe 

Les  évéques  de  Liège.  —  Les  Berthoudt.  —  Les  ducs 
de  Brabant.  —  Les  comtes  de  Flandre.  —  Les  ducs  de 
Bourgogne.  —  La  maison  d'Autriche  (périodes  espa- 
gnoles et  allemandes). 

Suite  de  l'histoire  de  Malines  jusqu'à  l'avènement  de 
Léopold  P^ 

CHAPITRE    IV 

Histoire  politique  interne 

Organisation  administrative.  —  Tribunal  des  Eche- 
vins.  —  Libertés  et  franchises.  —  Magistrature  commu- 
nale. —  Corps  de  métiers.  —  Gildes,  etc.,  etc.. 


22  HISTOIRE    GÉNÉRALE    DE    MALINES 

CHAPITRE    V 

Histoire  des  institutions  religieuses 

Le  chapitre  de  St-Rombaut  et  ses  développements 
successifs.  —  Paroisses.  —  Ordres  religieux.  —  Confré- 
ries et  associations  religieuses  en  général.  —  Institutions 
de  bienfaisance,  etc. 

CHAPITRE    VI 

Lettres.  —  Enseignement. 

CHAPITRE   VII 

Arts  plastiques.  —  Musique,  etc.  —  Arts  industriels. 

CHAPITRE   VIII 

Sciences. 

CHAPITRE    IX 

Industrie.  —  Commerce.  —  Economie  politique.  — 
Finances  publiques  et  privées. 


Un  Conflit  de  Juridiction 

AU  XIV«  SIÈCLE,  A  MALINES 


N  exemple  remarquable  de  la  lutte  séculaire 
entre  le  pouvoir  civil  et  le  pouvoir  religieux 
nous  est  fourni  au  xiv™*"  siècle,  à  Malines. 
Le  magistrat,  composé  en  i3y3,  de  Jean 
Raebroeck  (Rogbroek),  Jean  Karmen(Kerman),  commune- 
maîtres,  et  de  François  Sconejans,  Gauthier  Bau,  Jean 
de  Valle  (van  den  Dale),  Percheval  de  Rupelmonde, 
Arnould  de  Edeghem,  Jean  de  Eppeghem,  Martin  Boem, 
Henri  de  Kepenhout  (Campenhout),  Guillaume  de  Vri- 
linchoven,  Rombaut  Kerlemelck,  Jean  Huygs  et  Gau- 
thier Wijns,  échevins,  s'était  permis  de  bannir  de  Malines 
le  doyen  de  Saint-Rombaut,  Corneille  Magister  (De 
Meester),  ainsi  que  Jean  de  Pamella,  curé  de  Notre- 
Dame,  et  Jean  de  Schildekene,  curé  de  St-Jean.  Les 
deux  premiers  furent  menés  «  hors  de  la  ville  dans  une 
»  barquette,  escortés  par  l'écoutéte  Guillaume  Kerman 
»  et  plusieurs  échevins.  Le  curé  de  St-Jean  reçut  égale- 
«  ment  ordre  de  quitter  la  ville,  avec  défense  d'y  rentrer, 
))  sous  peine  de  mort;  les  meubles  des  bannis  furent 
»  confisqués  »  (i). 


(i)  Lettres  passées  devant  le  notaire  Jean  de  Bosco.  Van  Doren,  Inven- 
taire des  archives  de  la  ville  de  Malines,  I,  p.  65. 


24  UN    CONFLIT    DE    JURIDICTION 


Voici  ce  qui  avait  donné  lieu  à  ce  sévère  arrêt.  Quel- 
ques clercs,  qui  relevaient  de  la  juridiction  ecclésiastique, 
ayant  commis  un  méfait  qui  n'est  pas  renseigné,  furent 
faits  prisonniers  et,  après  avoir  été  livrés  à  la  cour  spiri- 
rituclle,  furent  néanmoins  bannis  de  la  ville,  par  les 
échevins. 

Cette  intrusion  du  pouvoir  civil  dans  la  justice  ecclé- 
siastique, jalouse  de  ses  prérogatives,  donna  lieu  au  con- 
flit. L'official  ou  juge-président  de  la  cour  épiscopale  de 
Cambrai  fit  assigner  le  magistrat  devant  lui,  et  la  cita- 
tion fut  affichée  à  la  porte  de  St-Rombaut.  Le  doyen 
de  Meester,  ayant  refusé  de  retirer  la  citation,  fut  banni 
de  la  ville  par  les  échevins. 

L'official  de  Cambrai  lança  aussitôt  une  sentence 
d'excommunication,  contre  laquelle  les  échevins  se  pour- 
vurent en  appel  à  la  cour  ecclésiastique  de  Reims.  Ils 
y  obtinrent  gain  de  cause,  par  l'annulation  de  la  sentence 
d'excoriimunication;  mais  l'évêque  de  Cambrai,  Gérard 
de  Dainville,  en  appela  à  Rome. 

Le  pape  commit  à  cette  affaire  l'évêque  de  Sabine, 
avec  mission  de  la  terminer  sans  procès. 

La  sentence  de  l'évêque  de  Sabine  est  conservée  en 
original  aux  archives  (i).  Elle  condamne  les  commune- 
maîtres  et  échevins  à  «  convoquer,  au  son  de  la  cloche, 
»  à  l'hôtel  de  ville,  dans  la  salle  où  se  tiennent  les 
))  séances  du  Conseil,  les  jurés  et  autres  bourgeois;  là, 
»  en  présence  des  délégués  de  l'évêque,  si  ceux-ci  jugent 
»  à  propos  de  venir,  un  d'entre  eux  dira  à  haute  et  intel- 
»  ligible  voix,  que  leur  intention  n'a  pas  été  de  bannir 
))  le  doyen  Corneille  de  Meester  et  les  curés  Jean  de 
»  Ir'amella  et  Jean  Schildekene,  attendu  qu'ils  n'ont  pas 
1)  de  juridiction  sur  le  clergé.  Ensuite,  un  des  commune- 
»  maîtres,  six  échevins,  au  moins,  et  quelques  bourgeois 


(i)  Inventaire  cité,  I,  p.  66. 


AU    XIV^    SIÈCLE,    A    MALINES  25 

»  de  distinction,  au  nombre  de  douze,  se  rendront  à 
»  cheval  avec  l'écoutête,  si  celui-ci  veut  les  accompagner, 
»  à  Vilvorde  ou  à  Sempst,  où  les  attendront  le  doyen  et 
))  les  deux  curés,  qu'ils  reconduiront  à  leur  domicile  à 
»  Malines.  Devant  la  maison  du  doyen,  un  des  com- 
»  munemaîtres  dira,  en  présence  des  assistants  :  M.  le 
))  doyen  et  MM .  les  curés,  nous  avons  du  regret  de  ce  que  nous 
»  avons  fait,  nous  avons  été  mal  avisés,  mais  nous  ne  l'avons 
»  fait  que  pour  éviter  de  plus  grands  maux.  Un  des  com- 
»  munemaîtres  et  deux  échevins  au  moins,  se  rendront  à 
))  Cambrai,  munis  d'une  procuration  du  magistrat,  pour 
»  y  demander  pardon  à  l'évêque  ou  à  son  officiai,  du 
))  méfait  qui  a  été  commis,  et  leur  promettre,  sous  ser- 
»  ment,  de  respecter  dorénavant  la  juridiction  ecclésias- 
»  tique.  Le  prieur  du  couvent  d'Hanswyck  et  le  pléban 
»  de  St-Rombaut  seront  commis  pour  donner  l'absolu- 
))  tion  à  ceux  des  excommuniés  qui  la  demanderont.  — 
»  La  Ville  payera  à  l'évêque  de  Cambrai,  à  titre  d'in- 
»  demnité,  la  somme  de  1.600  florins;  l'indemnité  qui 
»  devra  être  donnée  au  doyen  et  aux  deux  curés,  sera 
))  réglée  ultérieurement.  —  Le  service  religieux,  momen- 
»  tanément  suspendu,  sera  repris.  En  considération  de 
»  de  cette  faveur,  la  ville  sera  tenue  de  faire  célébrer 
»  cinquante  messes  hautes  et  cinquante  messes  basses, 
»  auxquelles  devront  assister  les  communemaitres  et  les 
»  échevins,  du  moins  le  plus  grand  nombre  d'entre  eux. 
»  —  Toutes  ces  clauses  devront  être  remplies  avant  la 
»  fête  de  la  Nativité  de  Notre-Dame  prochaine.  —  En 
»  ce  qui  touche  Arnould  et  Henri  van  der  Poorten,  Jean 
»  Scepvort,  Pierre  In  den  PoUepele,  Arnould  van  den 
»  Dorpe  et  i\dam  Beveren,  leur  affaire  sera  remise 
»  entre  les  mains  de  Jean  Servaes,  chanoine  et  archi- 
»  diacre  de  Hainaut,  et  de  Guillaume  Vernachten,  fils, 
»  doyen  de  St-Denis,^  à  Bruges.  —  Moyennant  quoi 
»  l'évêque  de  Sabine  a   levé  l'excommunication  et  fait 


26  UN    CONFLIT    DE   JURIDICTION 


»  dresser  le  présent  acte,  à  l'intervention  de  Rombaut 
i)  Bau,  communemaître  et  délégué  de  la  ville  de  Malines, 
»  qui  a  promis  d'exécuter  fidèlement  tous  les  points  sti- 
»  pulcs.  —  Témoins  :  Jean  Danielis,  clerc  de  Malines 
»  (ciistos  Machlinicnsis);  maître  Jean  Wonder,  prêtre,  et 
»  Jean  de  Remen,  clerc  »  (i). 

Cette  sentence  est  datée  du  5  mai  iSyS,  indictione 
undecima,  quinta  mensis  maii.  Elle  est  remarquable  en 
ce  qu'elle  démontre  la  puissance  de  la  juridiction  ecclé- 
siastique à  son  apogée  au  xiv""^  siècle. 

Des  documents  postérieu^'S  prouvent  que  le  magistrat 
de  Malines  se  soumit  entièrement  à  la  sentence  de 
de  l'évêque  de  Sabine. 

Un  acte  passé  devant  notaire  constate  que  les  messes 
prescrites  ont  été  célébrées  à  St-Rombaut.  De  plus,  la 
cour  spirituelle  ne  s'étant  pas  fait  représenter  à  la  rétrac- 
tation, une  députation  de  trois  échevins  fut  dépêchée  à 
Cambrai,  et  y  demanda  à  l'official  pardon  de  l'empiéte- 
ment qui  avait  été  commis.  Cette  délégation,  de  même 
que  l'amende  honorable  faite  au  nom  du  magistrat  par 
le  communemaître  Rombaut  Bau  au  doyen,  fut  consta- 
tée par  devant  notaire.  Il  fut  enfin  défendu  à  tout  habi- 
tant de  Malines  de  faire  quelque  reproche  au  doyen  de 
St-Rombaut,  sous  peine  de  confiscation  des  biens  et  d'une 
année  de  bannissement.  La  même  pièce  ajoute  «  que  le 
»  susdit  communemaître  a  déclaré  en  outre  que  l'inten- 
»  tion  du  magistrat  n'a  pas  été  de  bannir  de  la  ville  les 
»  personnes  mentionnées  plus  haut,  et  que  le  magistrat 
»  n'a  pas  le  pouvoir  de  bannir  les  ecclésiastiques,  atten- 
))  du  qu'il  n'a  aucune  juridiction  sur  le  clergé  ». 

Un  autre  acte,  également  passé  pardevant  notaire, 
en  juin  i373,  déclare  que  «  les  supérieurs  des  couvents 
»  des   frères   mineurs,    des   Augustins   et   des    Carmes, 


(i)  Van  Doren,  Inventaire  cité,  p.  66. 


AU    XIV^    SIÈCLE,    A    MALINES  27 

))  attestent  qu'il  a  été  célébré,  dans  leurs  couvents  res- 
»  pectifs,  par  ordre  de  Rombaut  Bau,  communemaître 
»  de  Malines,  cent  messes  basses,  en  déduction  des  cinq 
»  cents  messes  que  le  magistrat  de  Malines  devait  faire 
»  célébrer  en  suite  du  jugement  du  cardinal  de  Sabi- 
»  nis  »  (i). 

Ce  curieux  dossier  se  clôture  par  une  quittance  en 
date  du  i"  septembre  iSyS,  de  l'official  de  Cambrai,  pour 
la  somme  de  1600  florins  payée  par  la  ville  de  Malines. 

Louis  Stroobant. 


(i)  Original  sur  parchemin.  Charte  n"  946.  Inventaire  II,  p.  20. 


ADDENDA 
à  la  GcnéalOGic  bc  la  famille  (Bbi^sbrccbts 

DE  MALINES 


Bogaerts  (degré  III).  Des  renseignements  généalo- 
giques concernant  la  famille  Bogaerts  de  Malines,  se 
trouvent  dans  les  registres  «  Giilde-broedcrs  van  den  oudcn 
cdclen  kruysboge  binnen  de  stad  Mechclen  »  de  iSyS  à  1793, 
quatre  registres  manuscrits  de  J.-B.  Rymenams,  aux 
archives  de  Malines  (Iiwcmtaire,  VIII,  73). 

Caestre  (van),  Jacques  (degré  III,  note  4),  conseiller  et 
maistre  de  requestes  au  grand  conseil  de  Malines.  Il  por- 
toit  un  escu  d'or  à  2  bandes  de  gueulles  au  franc  canton 
du  premier  chargé  de  deux  pals  d'azur.  Il  épousa  Marie 
Colin,  fille  de  Jean,  vivant  docteur  es  loix,  conseiller  et 
maistre  des  requestes  audit  conseil  l'an  1541,  mort  con- 
seiller au  conseil  privé  du  Roy  l'an  1572,  et  de van 

den   Eede  (Van  den   Leene,   Théâtre  de  la  Noblesse  du 
Brabant). 

Caluwaerts  (degré  III,  note  3).  Voyez  sur  cette 
famille  malinoise,  les  M.  S.  de  J.-B.  Rymenams,  aux 


3o  ADDENDA   A    LA    GÉNÉALOGIE 


archives  de  Malines  «  Giildc-hrocdcrs  van  dcn  oiidcn  cdek^i 
kyuysbogc  binncn  de  stad  Mcchclcn  »  (Inventaire,  VIII,  73). 

Crabbe  (degré  VI,  note  3).  Vers  la  même  époque,  un 
Jean  Crabbe,  batteur  d'or  (goutslegere),  habitait  une  mai- 
son rue  Ste-Cathérine,  dont  il  était  propriétaire  (1544). 
(Archives  de  Malines.  Inventaire,  VIII,  i3i). 

Ittre  I  Isabelle  d']  (degré  III,  note  3).  Son  père,  Antoine 
d'Ittre,  fut  conseiller  au  conseil  souverain.  Il  épousa 
Jeanne  de  Douvrin,  fille  d'Adolphe  et  de  Philippote 
d'Absolons  et  petite-fille  d'André  de  Douvrin,  seigneur 
de  Droogenbosch  et  Bodegem,  mort  sommeiller  du  corps 
du  roy  des  Romains  et  de  Hongrie,  d'où  Ferdinand  I, 
depuis  Empereur;  et  de  Marie  de  Coudenberghe,  décédée 
le  4  novembre  i53o.  Le  fils  de  Jean  van  Caestre  et  d'Isa- 
belle d'Ittre  fut  messire  Jean-Jacques  de  Caestre,  pre- 
mier baron  de  Bautersem,  par  érection  du  8  mars  i65o 
(Van  den  Leene,  Théâtre  de  la  noblesse  du  Brabant). 

Ghysbrechts,  [Pierre]  (degré  III).  Un  Pierre  Ghys- 
brecht  est,  en  1438,  onderhoofdman  (capitaine  en  second) 
de  la  gilde  de  la  grande  arbalète,  à  Malines.  A  cette 
date,  les  jurés  de  la  gilde  promettent,  par  acte  échevinal, 
d'indemniser  Pierre  Ghysbrecht  des  dépenses  qu'il  sera 
obligé  de  faire  à  l'occasion  du  tir  qui  doit  avoir  lieu  pro- 
chainement (Archives  de  Malines.  Inventaire,  VI,  p.  92). 

Ghyselberti,  Henri,  doyen  de  St-Rombaut  en  1497 
(degré  H,  note  i).  C'est  probablement  le  même  Henri 
Ghiselberti  qui,  étant  pléban  de  l'église  St-Rombaut  à 
Malines,  vend,  le  i"  octobre  1479,  à  Jacques  Hujoel, 
greffier  au  conseil  de  Brabant,  une  habitation  à  Laeken, 
dite  t'  groot  hojf,  ayant  une  tour  carrée,  des  fossés  rem- 
plis d'eau,  une  ferme,  un  colombier,  des  granges,  des 


DE    LA    FAMILLE    GHYSBRËCHTS,    A    MALINES  3l 

écuries,  des  étangs,  des  vergers,  des  pâtures,  etc.,  etc. 
A  ce  domaine  était  annexé  une  cour  censale,  avec  maire 
et  échevins  jurés,  etc.  (Wauters,  Histoire  des  environs  de 
Bruxelles,  II,  758). 

Stroobant  (alliance  de  la  famille  Ghysbrechts).  De 
nouvelles  recherches  nous  permettent  de  compléter  notre 
travail  comme  suit  : 

1474.  —  Un  Jean  Stroobant  possède  des  terres  à  Nos- 
segem  (i). 

1475.  —  Terres  sous  Saventhem  ou  Nossegem',  appar- 
tenant à  feu  Gilles  Stroobant  (2). 

1478.  —  Geerde  Stroobant  possède  une  maison  avec 
jardin  à  Nossegem  (3).  Il  est  tuteur,  en  1480,  de  Barbe 
Peeters  (4). 

147g. —  Gilles  Stroobant  (en  vie),  époux  de  Marguerite 
de  Vléminck,  fille  de  Lambert,  hérite  de  son  beau-père, 
le  8  août  1479,  devant  les  échevins  de  Saventhem.  Biens 
à  Nossegem  et  à  Sterrebeek  (5). 

I.  Daniel  Stroobant,  décédé  avant  1474,  est  père  de 

II.  Daniel  Stroobant,  fils  légitime  du  premier,  vit 
en  1474.  ^^^  I''  janvier  1474,  Pierre  De  Smet  et  Jean 
Kecht  constituent  à  son  profit,  devant  les  échevins  de 
Saventhem  et  Sterrebeek,  des  redevances  en  seigle  (rogge), 
etc.  (6).  En  1474,  Daniel  est  l'époux  légitime  d'Elisabeth 
Mommaerts,  fille  de  feu  Aert  die  mcn  heet  de  Cuype;  il 
donne  procuration  à  son  beau-frère,  devant  les  échevins 
de  Saventhem.  Le   i5  mars   1478,  il  partage  avec  ses 


(i)  Archives  du  royaume  à  Bruxelles,  reg.  scabinal,  n°  6739  de  Saventhem, 
p.  i5,  recto. 

(2)  Idem,  idem,  p.  38,  veTsô. 

(3)  Idem,  idem,  p.  52,  recto. 

(4)  Idem,  idem,  p.  72,  verso. 

(5)  Idem,  idem,  p.  Sg,  recto  et  v"  ;  p.  60,  recto  et  v"  ;  p.  70,  v«. 

(6)  Idem,  idem,  p.  10. 


32  ADDENDA    A    LA    c;ENEALOGIE 


beaux- frères,  devant  les  échevins  de  Saventhem,  les  biens 
de  son  beau-père  Art  Momniarts.  Daniel  reçoit  le  tiers 
de  la  propriété  gchcetcn  dcn  Swacn  (le  Cygne),  où  demeu- 
rait son  beau-père,  ainsi  que  des  terres  au  Morsclo  vclt  et 
près  du  Parc  à  Sterrebeek  (i). 

III.  Daniel  III  Stroobant,  échevin  de  Tervueren  en 
i533  (2),  décédé  avant  i537  (3),  épouse  Elisabeth  Poels  (4), 
décédée  avant  i537.  Parmi  leurs  six  enfants  que  nous 
avons  renseigné  avec  leurs  alliances  à  la  suite  de  la  généa- 
logie de  la  famille  Ghysbrechts,  figure  Pancrace  qui  suit. 

IV.  Pancrace  Stroobant,  né  vers  i5o4,  échevin  de  Ter- 
vueren en  1644,  docteur  en  médecine  en  1548,  épouse, 
vers  1534,  Pétronelle  Van  Obbergen  alias  Gersemeuter(5). 
Pancrace  fait  relief,  en  1548,  du  Poclsblocke  à  Sterrebeek 
(et  non  à  Schaerbeek),  ainsi  que  d'un  verger,  également 
situé  à  Sterrebeek,  appelé  dm  gouwe  cnop  [le  bouton 
d'or]  (6) 4e  terres  à  Duysborch  [le  i3  octobre  1648]  (7).  Il 
avait  hérité,  avec  sa  sœur  Marguerite  Stroobant,  d'une 
habitation  appelée  hd  lymmattenhiiys,  avec  ferme,  granges, 
écuries  et  autres  dépendances,  située  au  morsveld  (sous 
Tervueren),  probablement  le  moorsclooveld  entre  Sterre- 
beek et  Tervueren  ;  Marguerite  céda  cette  propriété  à 
Pancrace,  le  24  mai  1541.  A  partir  de  cette  date  jusqu'en 
1571,  on  rencontre  de  nombreux  actes  scabinaux  où  il 
est  cité.  L'acte  de  1571  le  qualifie  de  dodoir  tôt  Brussel. 
Sa   succession  fut   ouverte  en  i5g5  (7).  Ses   enfants'  et 


(i)  Archives  du  royaume  à  Bruxelles,  reg.  scabinal,  n°  6739  de  Saventhem, 
p.  52,  recto;  p.  5o,  v". 
(2)  Registre  scabinal,  n**  1721,  p.  38,  v". 
(3)Jdem,  id.,  partage  du  i5  janvier  iSSy,  devant  les  échevins  de  Tervueren. 

(4)  Registre  scabinal,  n°  172 1,  p.  iSz. 

(5)  Registre  scabinal,  n°  6817,  fol.  12  (Saventhem),  et  Registre  scabinal, 
n°  1725  (Tervueren),  partage  du  i3  janvier  iSgS. 

(6)  Registre  scabinal,  n°  6739  de  Saventhem,  jip.  10,  11,  52,  et  n°  6743  (Sa- 
venthem), p.  126,  v", 

(7;  Registre  scabinal,  n°  6743,  p.  127,  v. 


DE    LA    FAMILLE    GHYSBRECHTS,    A    MALINES  33 

petits-enfants  sont  renseignés  dans  ce  dernier  acte.  Il 
eut  1°  Daniel  Stroobant,  en  vie  en  iSgS;  2°  Jean  Stroo- 
bant,  qui  épouse  Josyne  Sbeckers,  veuve  en  i5g5. 

V.  Jean,  fils  de  Pancrace,  naquit  vers  i535  ou  i536  (i). 
En  i563,  il  reçoit  à  ferme,  avec  Jean  Desmet  de  Jaspar 
van  der  Noot,  seigneur  de  Carloo,  etc.,  divers  terrains  à 
Haren,  à  exploiter  comme  carrières  (2).  En  i565,  les 
associés  Jean  Stroobant  et  Jean  Desmet,  cèdent  une  par- 
tie de  carrière  à  Sébastien  Imbrechts  [l'acte  de  cession 
porte  :  «  om  mit  te  poelcn  »]  (3).  En  i567,  J^^^^  Stroobant 
est  mayeur  de  Haren  (6).  En  i568,  il  est  déjà  marié  à 
Josyne  Sbeckers  (de  Becker),  fille  de  Jean  et  de  Gertrude 
van  der  Meeren  (4).  Les  époux  de  Becker-van  der  Meeren 
avaient  hérité  de  biens  considérables  à  Haren  et  Die- 
ghem,  provenant  der  van  der  Meeren,  seigneurs  de  Ster- 
rebeek.  Une  partie  de  ces  terres  constitua  la  dot  de 
Josyne  Sbeckers.  Les  nouveaux  époux  s'établirent  à 
Haeren,  où  ils  achètent  des  terres  dlanck  haljf  bander,  opt 
kerkveld,  op  de  bosckdelle,  etc.,  etc.,  en  i568  (5).  Nous  trou- 
vons Jean  Stroobant,  renseigné  pour  la  première  fois 
comme  échevin  de  Haeren,  le  25  février  iSôg;  il  est 
encore  échevin  en  1570-73-74-75-76-77-83.  Le  18  février 
1572,  il  achète,  des  enfants  Van  Beerem,  une  métairie 
avec  maison  et  une  petite  maison,  granges,  étables,  ver- 
ger et  autres  dépendances  à  Haeren,  comprenant  un 
bonnier  de  terres  censales,  etc.  (7). 

Etant  veuf,  il  épousa  Catherine  Cuelens,  laquelle  étant 
veuve,  épouse  en  secondes  noces  Martin  Bogaerts.  Jean 


(1)  Reg.  scabinal,  n»  38io,  p.  i8o,  acte  du  23  mars  i583,  où  il  est  dit  :  «  Jan 
Stroobant,  scepene  dcser  baucke  (van  Hayen),  oud  omirent  47  oft  4S  jaeren  ». 

(2)  Reg.  scabinal  38io  (acte  du  14  juin  i563). 

(3)  »  «  »     p.  16. 

(4)  »  »  »     p.  60. 

(5)  Reg.  scabinal  3809,  p.  112  v°;  3809,  p.  119  v°;  3809,  p.  120  recto. 

(6)  »     ))   38io,  p.  20. 

(7)  »     »   3809,  p.  i5i  v°. 

3 


34  ADDENDA   A    LA    GÉNÉALOGIE 


Stioobant  eut  de  sa  première  femme,  Josyne  Sbeckers, 
(|uatre  enfants,  savoir  :  Jean  Stroobant,  né  à  Haren,  le 
i5  septembre  iSyi  (registres  baptismaux,  f"  i6),  qui  est 
mon  ascendant-  direct;  Catherine,  qui  épouse  Jean 
Crabbe;  Pétronille;  Gudule,  qui  épouse  Jean  van  der 
Hecken  (i),  fils  de  Jaspar.  Jean  Stroobant  n'eut  pas  d'en- 
tants de  sa  seconde  femme,  Catherine  Cuelens.  Celle-ci 
est  décédée  avant  1602. 

Le  3""-'  enfant  de  Pancrace  Stroobant  et  de  Pétronille 
van  Obbergen,  fut  Roland  Stroobant,  qui  épouse  Elisa- 
beth Terwecoren,  laquelle  est  veuve  en  iSgS.  Ils  eurent 
six  entants  :  a)  Lambert  Stroobant,  qui  aurait  été  prieur 
à  Rouge-Cloitre;  b)  Henri  ;  c)  Pierre  Stroobant  (c'est  pro- 
bablement le  Pierre  Stroobant  de  Tervueren,  qui  fut 
promu  médecin  à  Louvain,  le  28  mai  i63o,  et  décéda  à 
Bruxelles,  le  g  octobre  i65o)  ;  il  épousa  i''  N..  Lemmens, 
dont  descendance;  2°  Anne  Pauwens  ;  ci)  Guillaume; 
c)  Daniel;/)  Catherine. 

Le  4"'''  enfant  de  Pancrace  fut  Barbe  Stroobant,  qui 
épouse  Lambert  Terwecoren,  lequel  est  veuf  en  i5g5. 

Le  5""^  enfant  de  Pancrace  fut  Marguerite  Stroobant, 
qui  épousa  Jacques  Goossens,  qui  semble  être  veuf  en 
i5g5. 

Le  6""  et  dernier  enfant  de  Pancrace,  fut  Anne  Stroo- 
bant, qui  épousa  Lambert  Ronsmans,  lequel  semble  veuf 
en  i5g5. 

Nous  arrêtons  ici  cette  nomenclature  déjà  trop  longue. 
Ajoutons  toutefois  que  les  armes  de  la  famille  Stroobant 
(d'or  à  la  fleur  de  lys,  etc.),  sont  peintes  dans  le  manus- 
crit n'^  1401  du  fonds  Goethals  (généalogie  de  la  famille 


(i)  Rég.  scabinal  1725  (de  Tervueren)  et  rég.  scab.  38io''''  de  Haren,  112. 
L'alliance  van  der  Becken  est  renseignée  par  Azevedo.  Généalogie  van  der 
Noot,  p.  172.  Marie  van  der  Becken,  fille  de  Gudule  Stroobant,  épouse  en 
1619,  Jean  van  Hamme,  elle  décéda  le  i  mars  i656. 


DE    UA    FAMILLE    GHYSBRECHTS,    A    MALINES  35 

vàn  Ophem,  dressée  par  Daniel  Leyniers,  en  1740,  p.  23). 
Ce  généalogiste  les  renseigne  comme  ayant  été  portées 
par  Catherine  Stroobant,  sœur  de  notre  ascendant  Pan- 
crace, dont  il  a  été  question  ci-dessus. 

Un  Jacques  Stroobant,  fils  légitime  de  feu  Aert,  cer- 
tifie qu'il  tient  en  fief  de  l'Empereur,  une  terre  à  Nosse- 
gem,  le  4  novembre  i53o.  Cette  déclaration  est  revêtue 
du  sceau  de  Jacques  Stroobant,  en  cire  rouge,  très  bien 
conservé,  portant  un  écusson  à  trois  estacades;  en  exergue  : 
Segel  Jacob  Strobant  (i). 

I"  Jacques  épousa  Catherine  van  Nespe,  décéda,  ainsi 
que  son  mari,  avant  i556(2).  Ils  eurent,  Denis  Stroobant, 
lequel  relève,  après  la  mort  de  son  père,  le  fief  ci-dessus 
en  1548  (3). 

2°  (Fille)  Stroobant  qui  épouse  Gabriel  van  Woluwe. 

3°  Jean  Stroobant,  en  vie  en  i556. 

.40  Lauwereys  Stroobant,  en  vie  en  i556. 

5°  Anna  Stroobant,  qui  épouse  Mathieu  van  Roye. 

Louis  Stroobant. 


(i)  Archives  du  royaume  à  Bruxelles.  Cour  féodale  du  Brabant,  aveux  et 
dénombrements,  n°  4077  (une  feuille  détachée). 

(2)  Cour  féodale  du  Brabant,  registre  n°  18,  p.  214.  Donys  Stroobant  in  bru- 
derlijcke  rechte  infebruary  X  V'^  XL  VIII  stilo  Brabant  bij  doode  wijlm  Jacob  Stroo- 
bant huer  s  vaders  onder  geschreven  een  dachwant  îants  opt  heydenvelt  nabescr 

(3)  Reg.  scabinal  6739,  p.  11  et  6741,  p.  iio  de  Saventhem. 


EENIGE  BLADZIJDEN  HERINNERINGEN 


DE  FRANSCHE  OYERHEERSCHING  TE  MECHELEN 


VAN    't    EINDE    DER    XVIIl'^"    EEUW    (l) 


(Uit   dagbockcn   van   tijdgenoten) 

E  naklank  der  feestelijkheden  die  de  nederige 
helden  van  den  Bocrcnkrijg,  hoe  laat  ook,  toch 
eens  herdenken  deden,  is  noch  niet  weggestor- 
ven,  en  met  reden  mag  men  zich  verheugen 
over  den  algemeenen  bijval  door  die  grootsche  en  in- 
drukwekkende  plechtigheden  overal  verworven. 

Feesteninrichters  en  geschiedschrijvers  hebben  het 
hunne  bijgedragen  om  op  waardige  wijze  de  vereeuwing 
dier  droevige  gebeuitenissen  te  vieren.  De  eersten  wed- 
ieverden  om  talrijke  en  beteekenisvoUe  gedenkteekenen 
te  doen  oprijzen,  als  zoovele  getuigen  der  dankbare  ge- 
voelens  van  het  nageslacht.  De  tweeden,  dolfden  uit  het 
stof  des  veiledens  op  al  wat  daarin  aan  herinneringen 
lag  weggedoken  om  het  aandenken  der  slachtoffers  van 
1798  te  vereerlijken.  In  een  woord,  zelden  trof  men  eenen 
zucht  aan  zoo  algemeen,  om  de  vergetelheid  te  herstellen 


(i)  Deze  verhandeling  was  bestemd  om  in  den  «  Bulletin  »  van  verleden 
jaar  opgenomen  te  worden.  Daar  zulks  niet  is  kunneii  gebeuren,  verschijnt 
ze  hedeu. 


38  EENIGE    BLADZIJDEN    HERINNEKINGEN 


die  zwaar  woog  op  het  hart  van  elkcn  welgemeenden 
vaderlander. 

Mechelen  ook,  vergat  de  slachtoffers  der  onmensche- 
lijke  uitvoering  van  24  October  1798  niet,  en  op  de  plaats 
waar  zij  onder  de  kogels  der  fransche  soldaterij  vielen, 
op  Sint-Rombouts  kerkhof,  rijst  nu  het  boetingskruis 
op,  wiens  voetstuk  de  namen  der  41  ongelukkige  boeren 
in  het  brons  gegriffeld  vocrt. 

Met  woord  en  pen  heeft  men  de  gedachtenis  vernieuwd 
der  feiten  die  Mechelen  eene  droevige  vermaardheid  in 
de  annalen  van  den  boerenkrijg  verwerven  deed.  Onzen 
collega  Fr.  Van  den  Bergh,  gaf  in  't  licht  zijn  zoo 
boeiend  geschiedkundig  roman  :  Martelaars  der  vrijheid  te 
Mechelen,  in  ijgS  (i).  A.  De  Rees  koos  tôt  onderwerp 
eener  voordracht  in  het  Davidsfonds,  het  verhaal  van  het 
voorgevallene,  en  gaf  het  later  uit  in  druk  onder  den  titel 
van  :  De  Boerenkrijg  te  Mechelen,  in  igjS  (2).  Kanunnik 
MuYLDERMANS,  op  het  einde  van  zijn  werk  :  Sanscnlottc  en 
Brigand  of  Beiil  en  slachtoffer  (3),  deed  eene  kronijk  van 
Jan  De  Laet  van  Mechelen  kennen,  die  tijdgenoot  was 
der  fransche  overheersching.  Eindelijk  gaf  het  Mcehelsch 
nienws  en  aankondigingsblad,  op  Zondag  23  October,  bij 
gelegenheid  der  onthulling  van  het  gedenkteeken,  het 
relaas  der  feiten,  geschreven  door  Rymenams,  oud  archi- 
varis  der  stad. 

Vroeger  reeds,  in  1891,  had  Georges  Eeckhoud  er  het 
onderwerp  van  zijn  werk  Les  fusillés  de  Matines,  van  ge- 
maakt;bij  Diericx-Beke,verscheen  in  i865,  onder  den  titel 
van  :  Blocdige  herinncring  van  hetjaar  l'jgS,  hïnncn  Mechelen, 
een  uittreksel  eener  andere  Mechelsche  kronijk.  Wij  zelf  in 
onze  verhandeling  Matines  sous  la  République  française,  ver- 
schenen  in  de  «  Bulletins  du  Cercle  archéologique,  litté- 


(i)  Gedrukt  bij  M.  Heymans,  te  Mechelen. 

(2)  Gedrukt  bij  P.  Ryckmans,  te  Mechelen. 

(3)  Gedrukt  te  Rousselaere,  bij  Jules  De  Meester. 


AAN  DE  FRANSCHE  OVERHEERSCHING  TE  MECHELEN     3g 

raire  et  artistique  de  Malines  »,  spraken  er  van.Waarom 
dan,  zal  men  ons  vragen,  daar  noch  op  terug  komen? 
De  reden  daarvan  is  zeer  eenvoudig.  Men  gedenke  het 
willekeurige  van  het  fransch  bestuur,  zijne  zorg  om  in 
nieuwsbladeren  of  andere  drukvverken  de  daadzaken  te 
verbloemen,  meermalen  zelfs  valsch  op  te  geven.  Het 
zijn  dus  ambtelijke  verslagen  of  met  opzet  tegen  de  waar- 
heid  strijdende  verhalen  die  ons  alleen  konden  inlichten 
over  de  gebeurtenissen,  zoo  deze,  dank  aan  de  zorgvul- 
dige  aanteekeningen  van  nederige  en  meest  onbekende 
kronijkschrijvers,  in  hunne  gansche  waarheid  niet  konden 
in  het  licht  geroepen  worden.  Het  zijn  dus  met  herinne- 
ringen,  ontleend  aan  dagboeken  van  Mechelsche  tijdge- 
noten,  dat  wij  den  oogst  der  inlichtingen  tôt  heden  opge- 
daan  verrijken  willen. 

Vooreerst,  eenige  bladzijden,  gevonden  in  't  archief 
van  Sint-Peeters  kerk,  waarvan  de  schrijver  onbekend  is, 
waar  zijn  bijgevoegd,  uittreksels  van  de  kronijk  van  Van 
Hansvvyck,  bewaard  op  het  stadsarchief.  Zeggen  wij  ter 
loops  dat  het  verhaal  aan  Rymenams  toegeschreven,  en 
waarvan  wij  hierboven  gewag  maakten,woord  voor  woord 
in  de  kronijk  van  Van  Hansvvyck  voorkomt.  Vervoîgens 
is  het  de  beurt  aan  Van  Luffen,  andere  Mechelaar,  wiens 
kronijk  thans  toehoord  aan  de  boekerij  der  «  Précis  his- 
toriques »  te  Biussel.  Eindehjk  geven  wij  wat  Schellens 
daar  over  aanteekcnde.  Men  weet  dat  zijne  kronijk  ook 
op  het  stadsarchief  bewaard  wordt. 

Om  te  eindigen,  voegen  wij  daarbij  eenige  notas  opge- 
nomen  in  handschrift  in  een  welgekend  werk  :  Provincie 
stadt  en  provincie  van  Mechelcn,  dat  door  ons  werd  aan- 
gekocht  in  den  koopdag  van  wijlen  kanunnik  Bogaerts. 
Alhoewel  de  bijzonderheden  in  die  notas  opgevat  niet 
gansch  onbekend  zijn,  vormen  zij  met  de  voorgaande 
aanhalingen  een  niet  te  misprijzen  geheel  uit,  dat  we  den 
weetgierigen  lezer  in  voile  vertrouwen  aanbieden. 


40  l'.ENlGE    BLADZIJDEN    HERINNERINGEN 


1798    (l) 

den  6  januarij  is  den  pastoor  vant  groot  begijnhof 
met  Mheer  van  Breugel  den  secretaris  van  syn  eminentie 
naer  vrankrijk  gevoert;  00k  synde  klokken  uijt  de  torens 
van  de  parochie  kerken  gehaelt;  00k  is  Mheer  van 
Eupen  door  Mechelen  naar  Antwerpen  gevoert;  00k  heb- 
ben  se  dese  cannoniken  van  S'"  rombauts  mijnen  te  vangen 
maer  niet  gevonden,  te  weten,  de  Aru  (du  Trieu),  van 
Keerbergen,  van  Rymenam,  den  presidend  uyt  't  Semi- 
narie  Mheer  Lantsheer  int  soeke;  00k  is  den  choordeken 
van  o.  1.  vr.  van  antwerpen  doorgevoert  al  bij  de  rest 
met  den  oppersten  van  't  vicariaet  van  antwerpen. 

den  14  januarij  op  den  feestdag  van  den  h:  naem 
Sesus,  den  tweeden  Sondag  naer  3  coningen  is  S"  rom- 
bauts kerk  den  eersten  keer  open  gegaen  en  Misse  gele- 
sen  door  de  priesters  die  unnen  eed  gedaen  hebben, 
tweten  Laderesous,  Molengrouw,  Messiou  cappelaenen 
van  deselve  St  rombauts  kerck  ;  kort  daernaer  den  aerts- 
priester  Mheer  Huleu. 

den  i5  dito  is  't  coop  dag  in  d'hall  geweest  ende  de 
clokken  van  S"  peeters,  2  van  S"-  Jans,  2  die  stonden  00k 
in  d'hall,  eyser  loot,  cleederen  die  gediend  hebben  voôr 
den  ommegang. 

den  21  jan  :  is  den  verjaerdag  geviert  van  de  dood  van 
den  koning;  aile  de  menschen  moesten  een  vaentien  uijt- 
steken  van  3  couleuren. 

den  I  february  of  dien  tijt  zijn  de  clocken  van  den 
byaert  van  o.  1.  vrauwen  thoren  gehaelt  naer  d'hall. 

den  2  februarij  op  o.  1.  vrau  ligtmis  is  ansewijkkerck, 
o.   1.  vrauwen   kerck,   S"  jans  en  S'"  cathalijnen   kerck 


(i)  De  woordenspelling  en  schrijfwijze  der  handschriften  is  trouw  wcêr- 
gegeven. 


AAN  DE  FRANSCHE  OVERHEERSCHING  TE  MECHELEN     4I 

opengegaen  en  desen  tijt  hebbender  3  minderbroeders 
den  eed  gedaen  ;  de  guardiaen  Clinkkenberg,  2  Gens, 
ende  den  derden  pater  Nicolas  :  twas  een  jubilaris. 

I  onse  lieve  vraubroeder  ende 

3  predikheeren  ;  Groeninx  den  prior,  2  pater  Borck- 
mans  den  derden  (?) 

I  augustijn  pater 

I  carmeliet  pater  benedikt  Kerkhoven. 

I  capusien  pater  Félix. 

Mheer  Kortings  en  Mheer  De  Bruyn  capellaenen. 

i5  dito  of  desen  tijt  is  't  seminarie  vernietigt,'  blijn 
bergen,  swert  susters,  ursulinnen,  preekeerinnen,  apos- 
tolinnen,  marollen;  de  conventen  van  't  begijnhof  ver- 
niettigt. 

ig  meert  is  't  octave  van  S"  Josep  geviert  gelijk  aile 
jaren  di  beedigde  priesters  en  shebben  de  3  belden  ge- 
vonden  Jesu,  Maria,  Josep  en  in  de  kerk  gestaen. 

20  meert;  op  dijnsdag  wesende  decaddie  hebbense  de 
feest  van  d'ouderlingen  geviert;  den  dag  te  vooren  heeft 
savons  van  8  tôt  g  ure  de  clok  geluyt  ;  sanderdaegs  op 
decaddie  van  11  tôt  12  ure  wederom  de  clock  en  dan  is 
den  trijn  van  't  stad  huis  gekoraen  naar  den  raed,  wesen 
Brias  met  de  trompet  voor  uijt,  den  standaert,  de  nuwe 
manicipalitijt,  nu  den  eersten  keer  eenige  ouderlingen 
die  brieven  thuys  gekregen  had,  zijn  van  de  mert  langs 
de  koystraet,  bist,  veemert  naer  den  raeid  of  tribunael 
gestapt,  al  spelende  en  daer  hunne  oratie  gelesen  heb- 
bende,  zijn  langs  de  befferstraet  naer  de  mert  gekeert, 
ahvaert  gestoelte  gestelt  stonden  met  de  tomb  daer  wi- 
rook  op  brande  ;  wederom  nu  dingen  gelesen  of  geprekt 
en  savonds  bal  gratis  in  de  zael  van  d'académie. 

20  april  van  11  tôt  12  uren  snoenens  heeft  de  groote 
clok  geluijt  voor  de  nief  wett. 

24  mij  is  't  hoij  magasijn  in  de  torf  straet  afgebrand 
van  Mheer  van  de  Nieuwenhuysen. 


42  EENIGE    BLADZIJDEN    HERINNERINGEN 


27  mij  wesende  sinxen  wast  noch  altijt  't  selve  van  den 
godsdicnst,  nict  tegenstacnde  hebben  de  beeedigde  pris- 
tcrs  ider  in  un  kerck  altijd  unne  dienste  geplogen  van  de 
feestdagen,  die  vantte  vooren  geviert  wierden,  blijven 
continuecren,  nu  S'"'  rombauts  met  de  cas  van  rumoldus 
ol.  vrauwen,  S""  jans,  S"'  catharina  hebben  aile  hunne 
belden  wederom  gekregen,  maer  o  1  vrauw  van  hansevvijk 
hebben  ze  niet  konnen  vinden,  soo  dattse  tôt  sinxcen  een 
ander  o  1  vrauw  belt  moeten  in  de  kerk  zetten  hebben,  de 
welke  geen  gelijke  en  was  van  't  belt  van  o  1  vrauw  van 
ansewijk;  sij  hebben  dan  den  tweeden  sinxendag,  den  28 
mij,  hunne  proscssie  gedaen  langs  de  kerk,  naer  de  groote 
mis,  maer  't  broederschap  niet;  ider  quam  met  zijn  eige 
flambeeuw  naer  de  kerck;  op  hijlig  drijvuldig  heeft  de 
prosessie  tôt  S"  jans  00k  gegaen  en  op  hoogweerdig  dag 
tôt  S'"  rombauts  ;  tôt  S"  catharina,  acht  dagen  voor  Sin- 
xen ook. 

i5  junij  is  de  weduwe  arsou  over't  aut  pallys  verdronken 
op  scheep  vest.  Desentijt  ist  puttr  (putterij?)  vernietigt. 

14  julij  is  de  feest  geviert  van  den  verjaerdag  van"de 
bastille  die  ingenomen  is  tôt  parijs;  den  dag  te  vooren 
.van  7  tôt  8  uren  savonds  de  groote  clok,  den  dag  daer- 
naer  van  11  tôt  12  uren;  en  onder  't  luyden  van  dese  clok 
is  den  tribunael  van  't  stadhu3^s  langs  de  koystraet,  bist, 
veemerc,  naer  den  raed  gekomen  en  daer  afgelesen  heb- 
bende,  zij  naer  't  selve  stadhuys  gekomen,  langs  deselve 
veemerc,  befferstraet  naer  tstadhuys  gekeert. 

27  dito  is  de  feest  gevierd  dat  den  koning  van  vrank- 
rijk  van  den  troon  is  afgezett  en  van  robespier;  ten  11 
uren  is  den  trijn  gekomen  met  't  musiek  van  't  stadhuys, 
de  lene  en  olvra  straet,  brul,  de  mert  over,  befferstraet 
naer  den  tribunael,  en  daer  afgelesen  te  hebben,  lang  de 
bist  naar  huys  ;  de  mert  opgekomen  en  naer  afgelesen  te 
hebben  is  den  troon  verbrand  met  de  wapens  van  den 
kijser,  koning,  kardinael  op  de  mert  item;  twas  op  eenen 


AAN  DE  FRANSCHE  OVERHEERSCHING  TE  MECHELEN     48 

vrijdag  en  den  dag  daer  naer  was  't  decadie  op  eenen 
saterdag,  soo  dat  donderdag  den  dag  voor  dese  feest  ten 
5  ure  naer  noen  voll  mert  dag  gehauden  is,  en  op  desen 
décadi  is  denselven  tiijn  langs  de  bist  naer  den  tribunael 
gekomen,  met  selve  spel  ende  selve  ure;  dan  is  verbrand 
de  constitutie  1793. 

item  desen  tijd  waeren  sij  besig  met  het  jesuiten  cloos- 
ter  aftebreken,  ende  't  carmeliten  clooster  met  't  muysen 
clooster  was  al  in  duijgen. 

item  desen  decadie  hier  corts  te  vooren  den  28  july 
iser  s'  avons  een  vuur  werck  afgesteken  op  de  groote  mert 
ten  10  uren  s'  avonds  ;  ende  als  snoenens  die  arck  ver- 
brand is,  iser  op  die  selve  plaets  op  eenen  pedestoel  een 
vrouw  persoone  beld  gesteld  met  haere  borste  alf  blood. 

item  desen  tijt  sijn  aide  pastorijen  verkogt,  00k  ail  de 
cappellen  binnen  en  rontsom  Mechelen  en  afgebroken 
item  desen. 

I  augustus  hebben  se  den  jesuiten  gevel  of  ste  peeters 
kerk  de  ciraden  van  den  Soeten  naem  Sesus,  ste  fransus- 
cus  xaverius,  de  engelen,  en  d'ander  postueren  afgebro- 
ken; o  schroomelijke  dingen. 

den  14  dito  op  ons  live  vrauw  hemelvaerd  avond  zijn 
de  stadspoorten  tôt  tegen  den  noen  gesloten  gebleven  om 
eenige  geestelijken  te  vangen. 

den  4  yber  is  de  feest  van  't  verraed  dat  ontdekt  is  als 
de  jacobins  d'overhand  gekregen  hebben  gevierd  ;  item 
den  avond  te  vooren  heeft  den  byaerd  gespelt  en  gescho- 
ten  met  het  cannon  en  smorgens  ten  6  uren  en  snoens 
ten  12  uren;  item  de  wet  heeft  dan  den  trijn  gegaen  van 
't  stadhuijs  langs  de  lene,  ons  live  vrauw  straet,  brul,  de 
beffestraet  naer  den  tempel  en  dan  wederom  langs  de 
beffestraet  naer  de  merkt,  en  daer  brande  wirook  en  heb- 
ben se  likens  gesongen  ;  00k  is  verboden  seer  strik  van 
met  geen  open  deuren  te  wercken  en  wederom  om  aile 
de  deccadis  seer  streng  te  vieren. 


44  EENIGE    BLADZIJDEN    IIEKINNEKINGEN 


22  yhcY  wesende  den  eersten  dag  vaii  't  7"'  jaer  der 
fVansche  rcbubliecq  hecft  een  fruij  prossessie  gegaen  naer 
den  gevvoonelijken  tempel,  langs  de  beffestraet  naer  toe 
gekomen  en  langsMe'bist  naer  huys  tcn  12  uren  ;  en  dien 
dag  fel  geschoten  en  s'avons  aen  't  stadhuys  geviert  en 
dien  nagt  bal  gratis. 

I  S*"'  op  bamis  macndag  is  st  peeters  kerk  den  eersten 
kcer  opegegaen  ten  alf  uren  elf  en  dan  heeft  de  munici- 
paletyt  den  eersten  deccadie  van  't  7''"  jaer  aldaer  op  den 
prekstoel  afgelesen  gelijk  sy  altijt  gedaen  op  dander  déca- 
des, en  van  dese  kerk  den  tempel  de  la  loi  van  gemakt; 
ende  liet  is  ook  den  eersten  keer  geweest  dat  se  daer  heb- 
ben  getrauwt,  't  welke  van  te  vooren  altijt  op  't  stadhuys 
geweest  is.  Jan  baptist  Kero  is  den  eersten  geweest. 

den  4  8ber  is  't  coopdag  tôt  de  marrollen,  apostelin- 
nen,  swertsusters,  bisdom,  seminarie,  bisdom,  heickels- 
poel,  beggynhof,  ste  peeters  kerk,  pitsenborg  gehouden. 

den  5  8ber  is  d'inschrijssu  (inschrijving)  militair  afge- 
lesen. 

den  22  dito  w^esende  maendag  hebben  de  boeren  van 
muysen,  hever,  mechelen  ingenomen  ;  maer  omtrent  10 
Vire  is  't  militair  langs  d'antwerpsen  poort  ingekomen  ; 
dan  synder  in  de  torfstraat  2  dood  geschoten  en  2  kinde- 
ren,  een  in  de  verke  straet  en  een  op  de  veemert,  en  eenen 
gandarm  met  zijn  peert  aen  de  haickelspoel  poort;  item 
hebben  se  dan  't  labertorium  opengebrooken  ende  can- 
nonniers  wagt  gedeserteert,  't  gevangenhuys  de  gevan- 
gene  los  gelaten,  't  stathuys  al  ,de  papieren  gescheurt  en 
op  't  straet  gesmeten,  den  boom  van  vrijhijt  op  de  mert 
uijt  gekapt  en  't  stoketsel  dat  rond  desen  boom  uijt  ge- 
roijt;  en  dan  zijnder  den  dag  daer  naer  (22  dito)  's  avons 
alf  ure  11  :  41  door  den  cop  geschoten  op  ste  rombauts 
kerkhof,  soo  Boeren  als  borgers  die  sij  bevonden  hebben. 

(daaromtrent-vinden  wij  verder  eenige  bijzonderheden 
aan  die  wij  hier  bijvoegen) 


AAN  DE  FRANSCHE  OVERHEERSCHING  TE  MECHELEN     46 


nu  den  23  8ber  2  brumaire  is  Péeters  met  nog  40  door 
den  kop  geschoten  s'avons  10  of  11  uren  op  s''  rombauts 
kerkhof;  desen  Peeters  was  van  ons  confrérie  der  jon- 
ghijt  van  s'"  peeters  van  den  soeten  naem. 
.oock  was  er  bij  den  baus  uit  het  wit  peert 

(en  verder). 

(1799)  i5  dito  (april)  is  den  baus  in't  conte  montrée 
gestor.  die  zijne  (?)  in  october  laestledcn  dood  geschoten 
is  op  s'^  rombauts  kerkhof  met  noch  40  anderc  waervan 
desen  mensch  gecreveert  is. 

(1798)  dan  van  dag  tôt  dag  iser  aile  dagen  militair  inge- 
komen  en  aile  dagen  de  poorte  gesloten  tôt  op  den  i  janu. 
1799;  ook  is  't  canon  op  de  vesten  gestelt,  't  plantsoen 
tegen  de  poorten  afgekapt  en  moet  pioenniren  (?);  ook 
desen  tijt  zijn  de  capucienen  gehaelt  uijt  het  hof  van 
oostraeten  (A)  [24  8ber|  ende  den  14  9ber  zijn  de  minder- 
broeders  gehaelt;  corts  daernaer  is  den  superior  van  de 
onselieuwrouw  broeders  gepakt  en  bij  de  minderbroeders 
gezet  op  't  gevangenhuys. 

van  den  boere  crijg  salmen  schrijven  als  dit  jaer  slu}^- 
ten  sal. 

den  8  of  9ber  zijn  de  autste  paters  die  op  't  gevangen- 
huys zaten  naer  't  bisdom  gevoert  ;  de  jongste  zijn  op  't 
gevange  huys  gebleven. 

item  den  3i  october  wast  decadie;  hy  is  niet  geviert 
geweest  ter  oorsake  dat  de  stad  te  vol  troubel  was. 

den  3o  9ber  is  den  decadie  schoon  geviert  ;  den  Boom 
is  wederom  erplant  op  de  mert  die  den  22  8ber  uijtge- 
roijt  was  van  de  boeren  en  s'avons  bal  gratis  (B). 

den  22  Xber  is  in  s'^  peeters  kerk  d'orgel  43o5  livres) 
3  autaurs,  7  knielbanken,  de  bigstoelen  (16  livres)  den 
grooten  autaur  (145  lievers),  olvr.  autaur  (11 5  li)  :  den 
derden  autaur  (iio  li.)  de  bigtstoelen  agter  den  predik- 


46  EENIGE    BLADZIJDEN    HÈRINNËRINGEN 


stoel  (84  lievers),  tegen  de  blokstraet  (verkogtj;  00k  zijn 
de  jongers  van  de  requsiti  gehaelt. 

1799 

I  januarij  op  dijnsdag  wesende  nieuwjaer  sijn  de 
poorten  den  eersten  keer  open  gedaen  om  naer  buijten 
te  gaen,  sedert  den  22  8''"  1798  als  de  boeren  van  muij- 
sen  de  stad  hebben  willen  innemen  en  als  die  41  men- 
schen  op  S"  rombauts  kerckhof  door  den  cop  geschoten 
zijn. 

17  jan.  zijnde  poorte  gesloten  tôt  naer  den  noen  om 
reden  dat  se  de  gheele  stad  in  aile  dhuijsen  de  jon- 
gers van  de  requisitie  gehaeld  hebben  en  naer  't  stad- 
huijs  geleden  ;  maer  daer  zijnder  veel  naer  huijs  ge- 
komen. 

20  dito  wesen  sondag  savons  van  5  tôt  6  uren  heeft  de 
groote  klok  geluyt  met  den  bijaert  voor  sander  daegs  den 
21  dito  den  verjaerdag  van  dat  den  koning  van  vrankrijk 
6  jaeren  den  kop  afgekapt  is,  00k  op  eenen  maendagh; 
•  soo  heeft  dan  desen  21'''"  van  10  tôt  12  uren  de  klok  en 
bijaerd  gespeeld  en  een  prosessie  gemakt  langs  de  lene, 
olvrouw  straet,  brul,  befferstraet  naar  S''  peeters  kerk 
dair  nu  den  tempel  de  la  loi  was  en  dair  een  ure  bijnaer 
ingeweest  te  hebben  unnen  eed  gedaen  liekens  gezongen 
in  de  kerk,  langs  de  bist  naer  de  merk  gekomen,  ende 
croon  verbrand  van  de  koning  op  de  mert  :  00k  heeft 
den  voorslag  gaan  spelen  die  geschorst  is  geweest  se- 
dert den  22  8*""  1798  als  de  boeren  van  muijsen  de  stad 
hebben  willen  in  nemen;  savons  is  bal  gratis  niet  ge- 
weest. 

17  februarij  wesende  den  tweeden  sondag  in  den 
vasten  is  er  eenen  grooten  water  vloed  begonst  t  welke 
toegenomen  heeft  maendag  ende  dijnsdag,  woonsdag; 
donderdag  den  2 1  dito  was  het  op  't  hoogste  en  savons 


AAN  DE  FRANSCHE  OVERHEERSCHING  TE  MECHELEN     47 

II  uren  het  soodanigen  wind  geweest,  gedonderd  en 
geblixemt,  geloove  dat  het  aerde  beving  is  geweest, 
ende  't  water  heeft  noch  hooger  geweest  als  over  i5  of 
16  jaren  't  welk  dan  geweest  is  den  i"^"  sondag  in  den 
vasten. 

item  is  er  op  den  antwerpschen  steenweg  van  aan  den 
schorsmolen  tegen  mechelen  tôt  waelem  aile  de  cassij 
steenen  rom  en  tom  gekeert,  verscbijde  putten  uytge- 
spoeld  ;  tegen  waellem  is  't  soo  breed  over  den  steenweg 
uytgespoelt  als  't  water  van  de  nete,  verschijdsche  huijs 
de  muren  gesakt,  doordien  dat  de  fondamenten  uytge- 
spoeld  waren;  ook  tôt  bruijne  cruijs  de  herberg  sierikzee; 
op  de  pasbrug  't  selve,  zoo  dat  desen  winter  en  felle 
koude  geduert  heeft  van  den  6  x*"'  17-3,8  sonder  op  te 
houden  tôt  desen  water  vloed,  niettegenstaende  dat  het 
de  maend  meert  1799  ook  niet  warm  geweest  is. 

den  20  meert  op  woonsdag  inde  goede  week  wesende 
deckadie  is  er  wederom  een  groote  feest  gevierd  ;  savons 
te  vooren  heeft  het  canon  geschoten  en  sanderdaegs 
smorgens;  en  ten  11  uren  is  un  gewoonelijke  prosessie 
met  aile  't  militair  naer  den  tempel  in  S'^  peeters  kerck 
gekomen  langs  de  beffe  straet  en  langs  de  bisl  naer  huijs 
gegacn. 

21,  22,  23  dito  heeft  het  den  keus  geweest  voor  andere 
bedienders  op  het  stadhuys  in  den  tempel  S'^  peeters 
kerck,  maer  daer  en  is  geen  volck  gekomen  om  te  kiesen 
als  unne  soort. 

desen  tijd  is  de  begijne  kerck  verkogt,  St  Jans,  S'"  ca- 
thalijnen,  ansewijk. 

3o  dito,  op  décadi  is  de  feest  van  de  jonghijt  gevierd. 

in  april, 

hebben  ze  veele  jongers  van  de  requisitie  gepakt. 

den  5  mij  is  de  vrauw  van  crol  in  den  ham  ver- 
droncken. 

den  9  mij,  donderdag,  wesende  decadie  zijnder  3  nief 


EENIGE    BLADZIJDEN    HERINNERINGEN 


vaendels  met  den  prossietiijn?  en  muziek  naer  den  tem- 
pel  gekomen  en  dan  gaen  dansen  ront  om  den  boom  van 
vrijhijt  op  de  groote  mert. 

8  junij  decadie  op  saterdag  is  den  rauw  gehauden  in 
den  tempel  van  die  fransche  minister  die  tôt  rastat  van 
de  kijserlijke  gedod  zijn. 

den  29"^"  junij,  wesende  St  peeter,  heeft  de  loir  gestaen 
tôt  den  7  julij,  en  plaets  van  gelijk  't  de  gewoonte  was  op 
ander  jaeren  met  den  eeisten  sondag  in  julij  te  beginnen 
mechelen  kermis  welck  dit  jaar  van  de  7"' julij,  soodat 
op  kermis  sondag  't  den  laetsten  dag  was  :  ailes  everags. 

item"  hebben  se  dan  noch  eenen  decadie  mogen  staen 
naer  kermis. 

den  23  dito  is  't  coopdag  geweest  in  dese  5  kerken  te 
weten  :  i  ansewijk,  2  S"  jans,  3  S'"  cathalijnen,  4  groote 
begijnen,  5  clijnen  begijnen,  van  de  effeckten,  autaers, 
gestoeltens,  predik  stoelen,  bigt  stoelen,  bouseringe. 

3o  oogst  zijn  de  engelsche  in  teschel  gevallen  dat  nu 
zoo  lang  geduert  had  om  in  ollant  te  komen,  om  de 
fransche  uit  hollant  te  crijgen,  etc. 

10  y*""'  hebben  wij  vernomen  dat  den  paus  van  roomen 
den  2g  oogst  1799  gestorven  is  ;  siet  hier  de  voordere 
explicatie,  hier  aghter  op  dit  blad  bij  de  dooden. 

21  dito  heeft  de  groote  clock  van  S"'  rombauts  snoenens 
en  savons  geluijt  over  de  winst  der  franschen  van  die 
russesche  die  se  gevangen  hebben  met  unnen  generael 
die  tôt  mechelen  den  2  8'''',  ten  3  uren  naer  noen  op  eenen 
decaddie  zijn  binnen  gebraghten  desen  3'""',  sanderdaegs 
smorgens  vertrokken,  ende  hebben  dien  nagt  geslaepen 
in  de  dragonders  casserneri. 

item  desen  selven  décade,  den  2  october,  heeft  de 
groote  clock  vvederom  geluijd,  snoenens  i  ure,  savons 
7  uren,  over  de  winst  van  zuerig  en  Swidserland;  als  00k 
den 

4  8''''  savons,  alf  ure  9  tôt  alf  ure  10,  heelt  de  clok  we- 


AAN  DE  FRANSCHE  OVERHEERSCHING  TE  MECHELEN     49 

derom  geluijt  op  de  winst  van  't  fort  of  citadell  van  Swit- 
serland,  die  selve  stadt. 

7  dito  zijn  de  6  oude  paters  minderbroeders  die 
noch  in  't  bisdom  gevangen  zaeten  naer  antwerpen 
gevoerd. 

g  dito  heeft  de  groote  clock  geluijt  van  3  tôt  4  uren 
naernoen  over  de  winste  van  bonnaparte  in  egypten,  in 
turkijen. 

10  dito  heeft  de  groote  clok  geluijt  van  6  tôt  7  uren 
savons  over  de  winste  van  prisonniers  in  hoUant  van  de 
russische. 


Over  hct  aanhoudcn  dcr  capuciencn,  schrijft  Van  Hanswyck 
het  volgende  in  zijne  kronijk  : 

i798 

Immediatelijk  naer  de  vreede  executie  van  het  on- 
veerschieten  der  41  slagtoffers  is  het  zelven  barbaers 
gespuys  van  volck  met  verwoetheyd  geloopen,  besmeurt 
met  het  bloed  der  bovengencemden  naer  het  huys  van 
hoogstraeten  in  de  voort  str.  aen  de  distersche  poort, 
alwaer  dat  ten  deele  woonde  de  vernietigde  capucinen 
ende  woelende,  met  geweld  binnen  gedrongen  zijnde 
hebben  dadelijk  naer  den  gardiaen  gevraegt  die  alsdan 
was  pater  Battenburg  gebortig  van  boexmeer  in  de  meye- 
rij  van  den  bosch  en  die  eenige  dagen  te  voeren  zijnen 
Eed  gedaen  had  aen  dese  weth,  en  zij  ordeneerde  aile 
de  paters  te  doen  verschijnen  die  daer  waeren;  maer  hij, 
als  eenen  lijfhertigen  vader,  verre  van  zijne  kinderen  te 
bevrijden,  heeft  hun  aile  in  een  zael  bij  een  doen  komen; 
alsdan  zijn  aile  die  paters  onder  duizende  van  vloeken 


5o  EENIGE    BLADZIJDEN    HERINNERINGEN 

cndc  sclicld  woorden  als  misdadigers  in  het  midden  van 
den  nagt  tusschen  het  gespuys  en  soldaeten  of  gesleurt 
op  het  gevangen  huys,  naer  dezelven  langen  tijd  aldaer 
gezeten  te  hebben  in  twee  a  drij  verschillige  plaetsen  en 
waer  van  eenige  gedeporteert  zijn  geworden  naer  de 
eylanden  van  \'rankrijk  op  het  weygeren  van  te  doen  den 
eed  der  Constitutie. 

«  P.  S.  In  den  morgent  van  de  woeling  van  den 
7'"-"  october  1798  was  voor  hun  wooning  eenen  gendarm 
omveer  geschoten  daer  zij  onrechtveerdig  mede  betigt 
wierden  ». 


B 


Uit  de  kronijk  van  Vmi  Hanswyck,  trckken  wij  het  volgcnde 
over  het  erplanten  van  den  boom  van  vrijheid  (i)  : 

Vers  attachés  à  l'arbre  de  la  liberté  le  même  jour 
(3o  S*"'),  par  le  citoyen  Quinau,  commissaire  des  guerres 
de  la  place. 


Eternel  monument  de  notre  liberté, 

Tu  ne  nous  verras  plus  ramper  sous  l'esclavage, 

Enfin  de  tous  nos  droits  connaissant  l'avantai^e, 

Nous  avons  près  de  toi  placé  l'égalité, 

En  vrais  républicains  conduits  par  l'Equité, 

Nous  viendrons  chaque  jour  te  rendre  notre  hommage. 

Et  le  doux  rossignol  perché  sur  ton  feuillage, 

En  nous  voyant  unis  par  la  fraternité. 

T'annoncera  sans  cesse  en  son  charmant  langage. 

Qu'il  partage  avec  nous  votre  félicité. 


(i)  Den  3o  S'^'^^''  1798  is  wederom  geplant  den  boom  van  vrijheid  die  door 
den  oproer  van  den  22  dezer  maend  was  afgekapt  en  dito  dezer  met  vollen 
triomf  geplant. 

Te  dezer  gelegenheid  werd  door  citoyen  Maulnoiz  (capitein)  in  den  tem- 
pel  der  wet  eene  redevoering  uitgesproken. 


AAN  DE  FRANSCHE  OVERHEERSCHING  TE  MECHELEN     5l 

Maudit  soit  à  jamais  le  brigand  téméraire 
Qui,  de  l'abattre  encore  formerait  le  souhait; 
A  la  rigueur  des  Lois  ne  pouvant  se  soustraire, 
La  mort  serait  bientôt  le  prix  de  son  forfait. 

(de  Vimprimerie  P.-J.  Hanicq,  à  Malincs). 

Van  Liiffen  verhaalt  de  voorgaande  gebenrtenissen  op  de 
volgende  wijze  : 

Op  het  einde  van  het  jaar  1798  is  er  in  deze  landen, 
namentlijk  in  Brabant,  en  het  land  van  Mechelen  eenen 
grooten  opstand  of  révolte  ontstaan  onder  het  jongmans- 
volk,  omdat  ze  gepraamd  werden  van  de  20  tôt  de  25 
jaren  voor  soldaat  op  te  trekken  naar  het  léger,  ingevolge 
de  wet,  over  de  rekwisitie  of  militaire  conscriptie  uitge- 
geven. 

Dezen  opstand  heeft  schrikkelijke  gevolgen  gehad, 
want  aile  man  is  niet  geboren  om  soldaat  te  zijn  en  be- 
zonderlijk  om  te  dienen  in  zoo  onrechtveerdigen  oorlog 
als  dien  was  der  franschen. 

De  boeren  dan  waren  de  eersten  die  hun  tegen  die  wet 
hebben  gesteld.  Verscheide  dorpen  voegden  hun  bij  mal- 
kanderen,  de  eenen  gewapend  met  fusieken,  degens  en 
pistolen,  de  anderen  met  stokken,  bijlen,  gaffels  en  rie- 
ken,  en  wachtte  de  gendarmen  of  soldaten  af  die  kwamen 
om  de  jongens  vallende  in  de  rekwisitie  met  geweld  op 
te  lichten.  Zij  gingen  ze  zelfs  op  vêle  plaatsen  te  gemoet, 
vechtende  daar  tegen  gelijk  leeuwen,  zoo  dat  er  menige 
fransche  soldaat  er  zijn  leven  heeft  bij  gelaten. 

De  bezonderste  van  die  aktiën  zijn  voorgevallen  op 
d'eerste  dagen  van  november  tôt  Willebroeck,  Bornhem 
en  de  bijgelegene  plaatsen,  waardoor  de  dorpen  zeer  veel 
hebben  geleden.  Immers  de  fransche  commandanten  ver- 
staande  dat  de  boeren  daar  in  menigte  vergadert  waren, 
verzamelde  de  garnisoenen  der  omliggende  steden  lagen 
en  trokken  in  verscheidene  kolommen,  voorzien  met  grof 


52  EENIGE    BLADZIJDEN    HERINNERINGEN. 

^eschiit  daar  naaitoc,  doodendc  en  vangcnde  niet  alleen 
degcnen  die  zij  in  de  wapens  vonden  en  hun  weeistand 
bieddcn,  maar  ook  vêle  onnoozele  menschen  die  zich 
gerust  in  huis  behielden.  Zij  stelden  de  dorpen  op  zware 
iDiandschattingen,  en  zoo  die  aanstonds  niet  werden  be- 
taald,  roofden  zij  al  wat  zij  vonden  en  schoten  of  staken 
de  huizen  in  brand,  getuigen  hiervan  zijn  de  twee  schoone 
dorpen  van  Willebroeck  en  E'ornhem,  die  door  den  brand 
en  plundering  der  franschen  op  eene  grauwzame  wijze 
zijn  verwoest;  in  't  laatst  gemelde  zijn  weinige  huizen 
van  den  brand  ongeschonden  gebleven,  de  anderen  waren 
allen  door  den  brand  vernield. 

Hetgene  weinige  dagen  hiervoren  in  Mechelen  is  ge- 
beurd  uit  dezelve  oorzaak,  was  niet  min  vreed  en  schrik- 
kelijk.  Het  mansvolk  van  de  naastgelegene  dorpen,  Muy- 
sen,  Hever,  Helev/ijt,  Hombeeck,  Leest,  enz.,  zijn  's 
nachts  tusschen  den  21  en  22  van  Oktober  in  groote 
menigte  bij  een  gerot,  op  het  stormen  van  de  klok,  dat 
zij  tôt  een  signaal  of  teeken  hadden  gesteld  om  in  de 
wapens  te  komen.  Eenige  honderden  van  die  boeren, 
gewapend  met  aile  soorten  van  instrumenten  kwamen 
op  den  22''"  der  voorzeide  maand  's  morgens  omtrent  8 
uren  al  schreeuwende  en  tierende  als  dulle  menschen 
(want  het  grootste  getal  was  dronken)  door  verscheide 
poorten,  maar  meest  door  de  Lovensche,  de  stad  in. 
Daar  zij  geenen  tegenstand  vonden,  het  garnisoen  be- 
staande  in  weinige  mannen  welke  zich  geretireerd  hadden 
naar  de  casernen,  hoorende  dat  de  boeren  naderden  ;  dan 
verspreidde  zich  de  boeren  in  verscheide  benden,  bij  de- 
welke  zich  vêle  jongens  van  de  stad  vervoegen,  en  loopen 
straat  op,  straat  af  als  razenden  met  hun  trekkçjKie  het 
mansvolk  dat  zij  vonden.  Zij  rukten  de  fransche  kokar- 
dens  af  die  de  borgers  op  hunnen  hoed  moesten  dragen 
en  schoten  onversaafd  hunne  roeren  en  pistolen  af,zonder 
te  zien  waar  henen,  zoodat  de  kogels  door  de  straten 


AAN  DE  FRANSCHE  OVERHEERSCHING  TE  MECHELEN     53 

ronkten  en  niemand  zonder  levens  gevaar  buiten  huis 
konde  komen. 

Hunne  meeste  verbittering  was  op  de  fransche  bedien- 
ders  die  ze  ongetwijfelt  zouden  hebben  vernield  hadden 
ze  er  eenen  gevonden  ;  maar  dezen  hadden  zich  in  tijds 
verborgen.  Voorders  loopt  er  een  heelen  troep  boeren 
naar  de  groote  markt,  kapt  daar  den  boom  of  staak  van 
vrijheid  af,  en  openen  met  geweld  het  gevangenhuis  los- 
latende  die  daar  op  zaten.  Van  daar  gaan  ze  naer  't  stad- 
huis,  breken  het  open  en  halen  er  uit  de  boeken,  schriften, 
en  vêle  andere  dingen;  zij  brengen  het  in  d'opene  lucht, 
steken  het  in  brand  en  trekken  de  rest  in  kleine  stukken 
van  een,  zoo  dat  de  merkt  en  bijliggende  straten  wit 
zagen  van  het  gescheurd  papier. 

Daar  en  tusschen  waren  er  eenigen  op  St-Rombauts 
toren  geraakt,  die  stormden,  luiden  en  aile  sottigheden 
met  de  klokken  deden,  terwijl  er  een  anderen  troep  boe- 
ren bezig  is  met  open  te  slagen  het  komptoir  waar  de 
lasten  werden  betaald,  meenende  daar  veel  geld  in  kas 
te  vinden.  Maar  de  franschen  hadden  de  voorzorg  gehad 
van  het  in  tijds  te  bergen.  Anderen  bestormden  de  arse- 
nalen  en  namen  mede  de  wapens,  en  oorlogsgetuig  dat 
zij  daar  in  vonden  onder  andere  eenigen  stukken  kanon. 

Dit  ailes  was  tôt  hiertoe  nog  vergaan  zonder  weder- 
sl.uid  en  't  schcen  dat  die  dulle  boeren  nu  de  geheele 
stad  in  hunne  macht  hadden  en  geene  fransche  meer 
vreesden.  Maar  de  kans  is  welhaast  gekeerd  en  met  een 
bloedig  gevecht  geeindigd. 

Het  was  nu  geworden  lo  uren  in  den  morgen,  toen 
men  vernam  dat  het  klein  getal  militairen,  bestaande  ten 
hoogste  in  5o  mannen,  waaronder  eenige  ruiters  en  gen- 
darmen  uit  het  kwartier  of  kaserne  waren  getrokken  op 
de  vesten,  daar  zij  batterijen  maakten  en  kanonnen 
plantten.  Voorders  was  hun  inzicht  de  stadspoorten  in 
bezit  te  krijgen  om  de  boeren  in  te  sluiten.  Dit  is  hun 


54  EENIGE    BLADZIJDEN    HERINNERINGEN 

ten  voile  nict  gelukt,  want  komende  langs  de  vest  over 
de  koeipoort  aan  die  van  Neckerspoel,  vonden  ze  daar 
de  boeren,  in  menigte  vergadeit,  in  de  wapens  staan, 
afsluitende  de  keizerstraat  en  't  begin  van  de  vest  tegen 
het  hof  van  Hoogstraeten  ;  vanwaar  de  boeren  dapper 
vuur  gaven  op  de  franschen.  Zoo  dat  ze  voor  de  poort 
ecn  ruiter  van  zijn  peerd  schoten  die  dood  ter  aarde  viel. 
Hierom  echter  lieten  de  soldaten  niet  af  van  standvastig 
te  vechten  zoekende  de  poort  te  winnen  om  de  boeren 
den  uittocht  te  beletten. 

Dit  oogwit  hebben  zij  welhaast  ten  deele  bereikt,  want 
de  boeren  nu  nuchter  geworden  zijnde,  begonnen  zeer  te 
verflauwen  in  hunne  eerste  dapperheid,  zoo  verre  dat 
ze  aan  't  vluchten  geraakten  en  malkander  overhoop 
liepen  om  d'eerste  uit  de  poort  te  zijn. 

Daarop  rukten  de  militairen  spoedig  vooruit,  en  hun 
een  groot  deel  wegs  buiten  de  poort  achtervolgende, 
zonder  dat  ik  gchoord  heb  dat  ze  eenen  hebben  in  handen 
gekregen.  Eenen  anderen  troep  militairen  drongen  de 
keizerstraat  in,  vervolgende  de  boeren  die  de  poort  niet 
hadden  kunnen  berijken  en  stadwaarts  liepen,  van  de- 
welke  zij  er  eenigen  hebben  achterhaald  die  ze  hebben 
gevangen,  gekwetst  of  gedood  op  de  straat.  Nog  hebben 
zij  er  velen  uit  de  huizen  der  borgers  gehaald  die  verra- 
den  waren,  of  die  ze  daar  hadden  zien  invluchten.  Onge- 
lukkig  was  hij  die  zich  ten  tijde  van  dien  troebel  op 
straat  bevond,  want  de  soldaten  warcn  als  tiegers,  van- 
gendc  en  doodende  al  wat  zij  tegen  kwamen,  zonder  aan 
te  zien  of  ze  plichtig  waren  of  niet.  Dit  alleen  was  hun 
genoeg  dat  zij  iemand  ontmoetten  met  eene  rei  of  stok 
in 'de  hand  om  denzelven  seffens  naar  de  gevangenis  te 
leiden  op  pretext  dat  ze  hem  in  de  wapens  hadden 
gevonden. 

Het  was  al  laat  in  den  achternoen  als  ze  nop'  hezisz 
waren  met  huiszoekingen  te  doen  naar  de  boeren.  Zij 


AAN  DE  FRANSCHE  OVERHEERSCHING  TE  MECHELEN     55 

werden  aangeleid  door  eenige  van  de  municipaliteit,  die 
him  in  de  huizen  brachten  daar  ze  wisten  dat  er  gevlucht 
zaten. 

De  commandant  der  stad  had  in  den  morgend,  spoe- 
dig  de  weet  gelaten  van  deze  troubels  aan  den  opper 
kommandant  (i)  tôt  Brussel,  welke  nog  op  den  zelven 
dag  tegen  den  avond  in  persoon  tôt  Mechelen  is  aange- 
komen,  vergezeld  zijnde  van  verscheide  benden  soldaten 
uit  het  garnizoen  van  Brussel.  Dezen  generaal  gaf  seffens 
orde  van  de  poorten  gesloten  te  houden  en  niemand  in, 
of  uit  te  laten  zonder  zijn  bezonder  kennis,  waardoor  er 
de  volgende  dagen  groote  schaarsheid  van  sommige  eet- 
waren  ontstond.  Hij  deed  op  de  merkt  en  groote  straten 
der  stad  veel  grof  geschut  stellen,  en  gebood  de  kanon- 
niers  van  met  brandende  lont  daar  nacht  en  dag  bij  te 
staan. 

Hij  deed  den  voorslag  of  beiaard  met  het  uurslag  op 
St  Rombauts  toren  stilhouden  en  stelde  op  't  hoogste  van 
denzelven  eenen  gedurigen  schildwacht,  om  de  brigands 
of  boeren  in  d'oog  te  houden  of  ze  naar  de  stad  niet 
af  kwamen  ;  want  zij  waren  wederom  in  menigte  bij  een 
versamelt  te  Duffel,  Waelhem  en  omliggende  plaatsen, 
met  een  woord,  hij  deed  nog  denzelven  avond  eene  pro- 
klamatie  (2)  publiceeren  waar  door  hij  de  stad  Mechelen 
in  staat  van  beleg  verklaard,  dat  is  01. der  de  militaire 
wacht  daer  men  welhaast  de  droevige  uitwerksels  heeft 
van  gezien. 

S'anderdaags  omtrent  9  uren  's  avonds  gebood  dien 
wreeden  krijgsoverste  aan  eenen  zwaren  troep  soldaten 
van  het  gevangenhuis  te  halen  42  van  die  personen  die 
daags  te  voren  waren  gevangen  gezet,  deed  hun  geleiden 
naar  St  Rombauts  kerkhof,  waar  hij  die  ongelukkigen 


(i)  Generaal  Bégiiinot. 

(2)  Geteekent  /  brumaire  an  7. 


56  EENIGE    BLADZIJDEN    HERINNERINGEN 

deed  door  schi.eten  en  op  het  allervreedste  vermoorden. 
Hun  gehuil  en  gekerm  was  schroomelijk  om  hooren,  vol- 
gens  getuigenis  van  de  omliggende  geburen  die  dit  droef 
spektakel  door  hunne  vensters  hadden  afgezien,  het  kerk- 
hof  geheel  verlicht  zijnde  door  de  bijstaande  fakkels. 
Deze  gemassacreerde  lichamen  werden  met  het  aanko- 
men  van  den  volgenden  dag  in  eenen  grooten  put  te 
midden  van  hetselve  kerkhof,  allen  op  malkanderen 
gesmeten  en  met  aarde  bedekt,  naar  dat  de  soldaten  hun 
eerst  hadden  beroofd  van  ailes  vvat  zij  aan  hadden.  De 
plaats  waar  ze  doorschoten  zijn  was  te  erkennen  aan  de 
plassen  bloed  die  men  eenige  weken  daar  na  noch  kon- 
den  zien,  en  was  dicht  tegen  de  muren  van  de  kerk  die 
met  bloed  besprengt  en  vol  putten  waren  van  de  afge- 
botte  kogels. 

Die  42  personen  waren  van  het  getal  van  die  welke 
de  soldaten  's  morgens  op  de  straat  hadden  gepakt  en  uit 
de  huizen  gehaald,  zij  werden  in  den  namiddag  voor 
eenige  militaire  oversten  (i)  gebracht  die  hunnen  naam, 
ouderdom  en  geboorte  plaats  deden  zeggen  en  opschre- 
ven  zonder  dat  ze  hun  naar  iets  anders  vraagden.  Om 
'die  reden  gingen  zij  welgemoed  wederom  naar  de  gevan- 
genis,  peisende  welhaast  in  vrijheid  te  zijn,  in  welke 
meening  zij  helaas  zijn  bedrogen  geweest. 

Den  dag  naar  hunne  moord  zag  men  op  vêle  plaatsen 
van  deze  stad  aangeplakt,  het  proces-verbaal  van  hunne 
verwijzing,  waar  in  gezeid  -wordt  dat  ze  gepakt  waren 
met  de  wapens  in  de  hand,  en  daarom  als  rebellen  met 
de  dood  gestraft  zijn;  welke  betichting  voor  velen  van 
hun  zeer  valsch  was,  want  wij  weten  voor  zeker  dat  ver- 
scheide  van  die  personen  ten  tijde  van  den  voorschreven 
opstand  zich  op  straat  bevonden,  bij  geval  of  gaande  voor 


1 


(i)  Deze  waren  :  Masingaiit,  b'n'sac'e  overste,  voorzitter;  Chameau,  bataillon 
overste;  Lefebvre,  kapitein;  Carnaud,  kapitein  en  Dalou,  onderluitenant. 


AAN  DE  FRANSCHE  OVERHEERSCHING  TE  MECHELEN     Sy 

hunne  affairen,  zonder  eenig  gedacht  van  daar  in  mede 
te  werken;  onder  anderen  den  ruimaker  van  Hombeek, 
hebbende  eene  rei  of  maat  in  de  hand  is  van  de  soldaten 
gepakt  voor  eenen  van  die  oproerders  en  naar  de  gevan- 
genis  geleid  ;  eenen  anderen  zijnde  een  houtkliever  van 
deze  stad,  gaat  over  de  veemarkt  waarschijnlijk  met  zijn 
bijl  geladen,  valt  in  de  handen  van  de  soldaten,  die  hem 
ook  tusschen  veel  slagen  en  stooten  naar  de  gevangenis 
brachten. 

Voorwaar  goddeloos  en  tyranniek  is  het  van  op  zoo 
eene  manier  de  menschen  ter  dood  te  veroordeelen,  zon- 
der een  formée!  onderzoek  of  ten  minste  hun  te  onder- 
vragen.  Bij  dat  procès  verbaal  was  gevoegd  een  lijst, 
beheîsende  de  namen,  ouderdom,  geboorte  plaats  en 
woning  van  die  ongclukkige  slachtoffers,  waaruit  men 
zag  dat  er  4  of  5  van  deze  stad  waren,  de  andere  meest 
van  de  dorpen  zijnde,  Muisen,  Hever,  Elewijt,  Hom- 
beek, cnz.  (i). 

Diij  dagen  na  de  uitkondiging  van  de  bovengenoemde 
proklamatie,  deed  den  opperkommandant,  die  nog  altijd 
in  de  stad  verbleef  eene  andere  publiceeren  streng  beve- 
lendc  binnen  de  24  uren  het  inbrengen  van  de  wapens. 

Hij  heeit  ook  vêle  fransche  troepen  uit  holland  ontbo- 
den  die  Ijij  met  de  garnichoenen  van  d'omliggende  steden 
deed  optrekkcn  tegen  de  rebellen  of  zoogenoemde  bri- 
grands,  naar  dat  hij  Mechelen  eerst  vol  had  gesteken  van 
deze  soldaten  die  de  borgeis  maanden  lang  in  hunne 
huizen  hebben  moeten  logeren  en  den  kost  geven,  en  dat 
juist  den  tijd  van  den  winter. 

Dit  is  in  't  kort  het  ware  verhaal  van  deze  droeve  ge- 
beurtenissen  die  de  inwoners  van  Mechelen  en  menig- 
vuldige  dorpen  nog  lang  zullen  gedenken  ;  waar  door  zij 


(1)  Zie  die  lijb-t  en  het  )  lores  veibaal  in  cns  voorgemeld  werk  :  Maîines 
sous  la  république  française. 


58  EENIGE    BLACZIJDEN    HERINNERINGEN 

ZOO  vele  miseriën,  moeilijkheden  en  schade  hebben  gele- 
dcn,  want  zoo  lang  dat  de  stad  in  staat  van  belegering 
was,  hetgene  merkelijke  maanden  duurde,  kwamen  er 
bijna  geen  buiten  lieden  naar  de  merkt,  waardoor  de 
winkels,  doorgaans  zonder  volk  zijnde  niet  verkogten, 

Uit  die  zaak  van  de  rekwisitie  of  militaire  conscriptie 
zijn  in  de  volgende  jaren  nog  zeer  zware  troebelen  en 
vcFvolgingen  gesproten  om  dier  wille  dat  de  franschen 
den  oorlog  bleven  voortzetten  tegen  den  keizer,  Enge- 
land,  enz. 

De  abdijen  van  Tongerloo,  Averbode,  Grimbergen, 
Roosendaal  en  St-Bernard,  hadden  in  de  stad  Mechelen 
ieder  eene  réfugie,  zijnde  allen  zeer  groote  gebouwen 
welke  de  franschen  hebben  verkocht  in  den  loop  van  dit 
jaar  1798.  De  réfugie  vandelaastgenoemdeabdyestaande 
in  de  bogaartstraat  bij  het  groot  beggijnhof  is  door  de 
koopcrs  (i)  voor  een  groot  deel  afgebroken. 

Noghebben  de  franschen  in  hetzelve  jaar  verkocht  den 
treffelijken  bouw  met  de  neffenstaandc  kapel  en  grooten 
schoonen  hof  der  commanderij  van  Pitsenborch,  al  het 
welke  gekocht  is  door  eenen  hollander  die  met  zijn  huis- 
houden  deze  batimenten  is  komen  bewonen.  De  landen 
en  andere  vaste  goederen  aan  die  commanderye  toehoo- 
rende  zijn  door  de  fransche  roovers  alsdan  00k  ver- 
kocht. 

In  de  maand  meert  1799  verkocht  de  fransche  re- 
geering  de  kerk  van  het  groot  beggijnhof  in  de  stad 
Mechelen.  Die  kerk  was  nog  gesloten  sedert  het  verbod 
van  den  openbaren  godsdienst  aan  d'ongeëde  priesters  in 
Oktober  1797,  en  den  kooper  heeft  dan  00k  niet  goed 
gevonden  van  dezelve  te  openen. 

In  de  volgende  maand  deed  dezelve  regeering  00k  ver- 
koopen  de  parochiale  kerk. 


(i)  J.-B.  Olivier,  brouwer  te  Mechelen. 


AAN  DE  FRANSCHE  OVERHEERSCHING  TE  MECHELEN     Sq 

Van  Hansivyck  verhaalt  nog  hct  volgcnde  : 

Item  den  22  October  1798  is  er  in  de  stadshalle  gevi- 
siteerd  door  den  Cherugeyn  joannes  franciscus  Cale- 
waerts,  ter  presentie  van  den  vrede  regter  joannes  batista 
Olivier,  het  iichaam  van  eenen  gendarme  zijnde  gestatio- 
neert  tôt  Vilvoorden  ende  bevonden  denzelven  met  eenen 
kogel  was  door  liet  hert  geschooten. 

den  zelven  tijde  hebben  de  heeren  hierboven  vermeld 
hun  begeven  in  de  torf  straet  in  het  huys  van  den  heere 
Constantinus  van  den  Nieuwen  huyzen  hetwelk  afgebrand 
was,  ende  waer  aen  m  en  werkte  om  het  wederom  op  te 
bouwen  en  hebben  aldaer  bevonden  een  dood  lichaem 
aen  hun  onbekent,  scheynende  den  ouderdom  te  hebben 
van  vyf  en  veertig  jaren,  sijnde  gekleed  met  een  groen  lae- 
ken  kazak  en  een  roode  lake  vest,  en  lynwaede  lange 
broek  zonder  coussens  ofte  schoenen  ;  hem  visenterende 
hebben  gezien  hij  onder  zijn  kleederen  draegende  eenen 
scapulicr  van  de  carmelieten  ende  bevonden  hij  met 
eenen  bal  was  door  den  hais  geschoten  en  waer  van  hij 
gestorven  was. 

Den  zelven  tijd  hebben  zij  op  een  ander  plaats  in  het 
zelvc  huvs  nog  gevondcn  hct  dood  lichaem  van  eenen 
zekeioii  \'erlinden  in  den  ouderdom  van  acht  en  dertig 
jaeren,  aen  hcljbende  eenen  blauwen  lakenen  kazak  en 
eene  zwerte  vest  en  broek  zonder  coussens- ofte  schoenen 
en  in  zijn  zakken  bevonden  tw^ee  loote  kogels  en  wat 
grooter  van  steen,  ende  den  schurgyn  heeft  bevonden  dat 
eenen  bal  hem  door  het  hert  geschoten  was  ende  zijn 
dood  veroorzaekt. 

Uit  Schclhns,  gcschrcvcne  kronijk  : 

Den  I  Brumaire  7  jaer  (22  October  1798)  smorgens 
om  half  acht  verrasten  de  oproerige  boeren  van  de  nà- 
buerige  dorpen  deze  stad,  zat  en  vol  zijnde  gewapend 


6o  EENIGE    BLADZIJDEN    HERINNERINGEN 

met  luzieken,  stokken,  rieken,  gaffels  met  eenen  trom- 
mclaer  zijnde  ingekomen  langs  de  Lovensche  poort.  Den 
ganschen  nacht  was  er  op  de  dorpen  gestormt  den  thoren 
geblaesen,  reizende  borgers  opgehouden,  etc.  De  goed- 
willige  hadden  den  ganschen  nagt  gepatiouilleert  rond 
de  vesten  en  tegen  den  morgen  weerkeerende  vroegen 
sommigen  om  de  poorten  der  stad  ende  de  vedetten  te 
beuaren  twelk  hun  wierd  afgeslagen  door  M.  Auger  C'^ 
Zij  moesten  hunne  geweren  afleggen  die  gesteld  wierden 
in  de  kamer  der  Fouriers.  De  borgers  gingen  dan  naar 
huis  slapen  op  het  zeggen  van  Auger  dat  er  garnizoen 
stond  te  arriveeren.  Dit  garnizoen  kwam  waarlijk  om  half 
zeven  in  de  stad,  ende  in  plaets  van  daer  in  te  blijven 
trokken  zij  naar  Duffel,  nemende  den  weg  langs  Wael- 
hem.  Daar  was  aan  den  generael  Beguinot  gevraagd 
geweest  door  den  O  Meurine  of  de  Poorten  moesten  toe 
blijven;  hij  antwoorde  van  neen,  en  dat  men  die  kon 
openen-  gelijk  naer  gewoonte,  het  welk  oorzaek  gegeven 
heeft  van  de  verassinge  dezer  stad.  De  boeren  deden 
overal  de  vaentjes  van  de  huizen,  waer  de  zelve  nog  uit- 
staken  omdat  het  den  dag  te  voren  de  cade  was  geweest, 

in  trekken Dan  liepen  zij   naer  het  stadhuis  ge- 

vo'lgt  van  slecht  volk  en  eenen  hoop  vrouwen,  vragen  aan 
de  concierge  de  sleutels,  enz.,  braken  de  deur  van  het 
plaetsken  der  dienaars  verbranden  de  papieren  op  den 
bureau  der  logementen  en  namen  daer  de  80  geweren 
mede  die  daar  gereed  waren,  liepen  naar  boven  verscheur- 
den  de  papieren  op  de  plaets  der  zittinge  en  wierpen  de 
stukken  ter  venstere  uyt;  deden  de  wolle  uit  de  kussens, 
sloegen  op  de  groote  zael  eenen  luster  in  stukken,  dog 
den  spiegel  boven  de  schouw  ende  de  schilderij  der  vrij- 
heid  daer  boven  bleef  ongeschonden,  als  00k  het  beeld- 
werk  derzelve  schouw.  Op  de  vierschaer  trokken  zij  het 
blauw  laken  van  de  muer  en  van  de  tafel  der  huissiers 
welken  papieren  zij  ook  roofden.  Zij  breken  de  deur  der 


AAN  DE  FRANSCHE  OVERHEERSCHING  TE  MECHELEN     6l 

capelle  open  daer  de  vrede  rechter  der  2''''  sectie  zijnen 
bureau  had,  braken  de  schapprayen  in  stukken,  namen 
mede  eenen  koperen  Bouilloire  aldaer  gedeposeert, 
eenen  parapluie  van  den  peys  rechter,  den  dictionnaire 
Van  des  Roches  2  deelen,  twee  deelen  van  de  Bulletins, 
2  zegels,  verscheuren  de  registers  en  répertoire.  De  plun- 
dering  zou  langer  geduerd  hebben,  maer  daer  zeyde 
iemant  dat  de  militaire  aenkwamen,  waer  op  zij  met 
haestigheid  afliepen  langs  de  achterkant  af  komende  in 
de  voorzael  langs  waer  zij  00k  waeren  boven  gekomen, 
alzoo  de  deur  aen  den  gewoonlijken  trap  langs  de  con- 
cierge gesloten  was,  zij  hadden  beneden  ook  de  deur 
open  gestampt  van  den  O"  de  policie.  Terwijl  dit  op  het 
stadhuis  gebe^rde  waren  er  andere  naer  den  trompetter 
Brias  geloopen  om  de  sleutels  van  den  Toren,  welke  hij 
zegde  niet  te  hebben  maer  dat  de  zelve  op  de  concierge 
lagen,  waer  op  hij  met  hun  naer  de  concierge  moest  ende 
de  sleutels  wierden  hem  gegeven  waer  mede  zij  den  toren 
opgingen  en  begonnen  te  stormen;  eenige  waren  geloopen 
naer  den  bureau  van  den  ontvanger  der  contributie,  in 
het  huis  der  geestelijke  moeder  der  Minderbroeders  waer 
den  houtkliever  uit  't  Bisdom  met  hondert  vloeken  zijn 
dertig  stuivers  wedervroeg  :  ondertusschen  was  Sayave- 
dra  Q^  op  eenen  der  zolders  der  concierge  gekropen 
achter  het  hout,  maer  van  Keerbergen  Municipael  en 
Squedin  C  de  Police  waeren  de  Antwerpsche  poort 
ingeloopen  en  vonden  de  Militairen  tôt  Waelhem  die 
voorts  op  Duffel  gingen  welke  welhaest  terug  kwamen, 
en  mede  de  boeren  de  poorten  hadden  open  gelaten 
kwamen  er  vyf  of  ses  mannen  te  peerd  in,  welke  seffens 
den  ganschen  hoop  boeren  op  de  vlucht  dreef,  alleenlijk 
wierden  eenen  Gendarm  van  zijn  peerd  geschoten  aen  de 
Neckerspoel  poort,  twee  of  drij  boeren  zijn  er  in  de  torf- 
straat  geschoten  waer  van  er  meer  gewond  zijn.  Daer  zijn 
er  veel  gevangen  zoo  borgers  als   boeren   waer  van  er 


62  EENIGE    liLADZIJDEN    HERINNERINGEN 


's  anderdags  savonds  om  half  elf  41  op  't  kcrkhof  omtrent 
den  toren  en  kerk  in  drij  verscheyde  rysen  gefusilleerd 
zijn  en  scffens  op  't  kerkhof  begraven. 

(Inval  dcr  bocrcn,  22  October  1798). 

Nog  drij  ander  later  gefusilleerd  den  koetsier  der  dili- 
trentie  enz. 


Ecnigc  notas  bdrcjfcnde  de  ontcigcning  der  kerken  en  kapel- 
len,  het  verkoop  derzelven  en  der  kunststukken  die  ze  bcvat- 
ten  (1). 

Metropolitane  Kercke  van  Sinte  Rombaut  (1806) 

Het  laeste  van  S^"'  heeft  men  beginne  af  te  breeken 
den  kh^nen  toren  zynde  in  eenen  slegten  staed  door 
ouderdom. 

S.  Rombouts  Capelle 

Afgebroken  den  2^'"  Augusty  1798. 
Collégiale  Kercke  van  O.  L.  V.  over  de  Deyle  (i794) 

Den  2  Oostmaendt  om  5  uren  naer  middag  hebben  de 
gccommitteerde  van  het  frans  gouvernement  de  autaers 
stucken  door  Petrus  Paulus  Rubens  gelyck  hier  vooren 
fol  222  wyt  en  breedt  gedruckt  staet  en  ter  presentie  van 
decken  J.  Dewit  en  A:  J:  L  Morissens  deckens  van  het 
zelfde  ambacht  toegesegelt  ende  dagh  ter  naer  vervoert 
in  het  Biscoplyck  palijs  van  den  Cardinael  Joannes  Hen- 


(i)  in  handschrift  in  Proviiicie-  stadl  ende  district  van  Mcchcku,  medegedecld 
door  den  H.  Lod.  Stroobant. 


AAN  DE  FRANSCHE  OVERHEERSCHING  TE  MECHELEN     53 

ricus   de  Franckenberg  ende  wesende   korten  t3^d  daer 

naer  vervoert  door  schipper 

en  vandaer  naer  Parys. 

van   deze  stucken    is    alhier    verbleven   den   gekruysten 
Christus  hoog  2  voeten  5  duymen. 

Parochiale  Kerke  van  S.  Jan 

ig  Meert  (zonder  jaarschrift)  is  de  parochiale  kercke 
verkocht  voor  de  somme  235  Livers;  nota  de  fransche 
verkogte  de  geestelyke  goederen  in  bons  of  assignaten 
de  welke  wynig  crediet  hadden;  alsoo  met  du3^sent  livres 
in  bons  kogt  men  voor  derthien  brabantsche  guldens. 

1795 

29  mey  wiert  het  koren  ter  merck  verkocht.     17  =  0  —  o 
»       ))  Terwe         »  «         25  à  3o  =  o 

De  Minderbroeders  (i796) 

Onder  het  Frans  Republiek  17  g''"'  zyn  de  bons  gepre- 
senteert  en  aile  gerefugeert. 

10  X''^''  is  de  Kerck  gesloten,  den  12  dito  wesende  4  iiren 
naer  middag  met  milletaire  maght  het  clooster  moeten 
verlaeten;  naermaels  gedient  hebbende  hunne  kerck  tôt 
de  primaire  vergaederingen  voor  wyck  A  en  14  meert 
1797  voor  een  magazijn  van  stroy  en  hoij  ;  inde  maend 
van  8'"'  is  het  cruijs  van  toren  en  kerck  als  het  groot 
■steene  cruys  staende  achter  den  gevel  afgeworpen. 

Dese  paters  hebben  hunne  wooninge  genomen  een 
deel  in  het  huys  aen  St  Jans  kerckhof,  toebehoorende 
aen  Jouff.  vander.Elst  en  eendeel  in  het  huijs  van  den 
graef  van  Bonijde;  dese  by  een  vergaederinge  heeft  ge- 
duert  tôt  i5  Febry  1798  wanneer  zy  wederom  geschyden 


64  EENIGE    BLADZIJDEN    HERINNERINGEN 


z\n  ter  ooizaeck  van  huiinen  gardiaen  Pater  Klinken- 
berg  en  pater  De  Gend  die  hunnen  eed  hebben  gedaen 
inde  hande  der  france  commissarisse;  den  laetsten  ge- 
noemde  heeft  naermaels  gewoont  in  de  deekenye  en  al- 
daer  de  fonctie  gedaen  als  pastoor  van  de  parochie. 

In  me}^  1802  is  de  capelle  afgebroken. 

Dell  17  g''"  1798  syn  de  paters  woonende  in  het  huys 
van  Jouff.  Vander  Elst  over  St  Jans  kerck  hof  by  midder- 
nacht  met  millitaire  maght  gehegt  en  in  de  gevanchenisse 
gesteld  ter  gelegenheyd  dat  de  buyte  Jongelinge  in  op- 
stand  waeren  tegen  de  france. 

De  Augustijnen  (1796) 

Onder  het  Frans  Republiek  den  14  g'"'  syn  aen  de 
paters  gepresenteert  hunne  Bons  aile  gerefugeert. 

i3  x^'^'  wesende  3  uren  naermiddag  hebben  moeten 
onder  millitaire  maght  het  clooster  verlaetcn. 

Den  14  aile  in  Borgelycke  kleederen  ;  1797  hebben  de 
Borgers  woonende  in  de  wyck  D,  in  de  kerck  gehouden 
de  primaire  vergaederingen. 

In  de  maend  8^'"  is  het  cruys  van  den  toren  en  kerk 
gebrocken. 

In  de  maend  July  1S06  brack  men  af  de  schoone 
kerck  waer  van  het  outewerck  is  gebruijckt  aen  den  nieu- 
wen  bouw  van  het  gasthuys  staende  tegens  de  dyle,  was 
te  vooren  een  plein  met  ges  bewasschen  dienende  voor 
eenen  blyck  der  arme  gebuerkens. 

De  Capucinen  (1796) 

Onder  het  Frans  Republiek  16  9'''-'''zijn  de  Bons  gepre- 
senteert en  aile  gerefugeert. 

i3  x^"-'  wesen  de  5  uren  naer  middag  hebben  onder 
milittere  magt  hun  clooster  moeten  verlaet.en;  den  14  dito 
waeren  zij  in  borgerlijcke  kleederen. 


AAN  DE  FRANSCHE  OVERHEERSCHING  TE  MECHELEN     65 

1797  hebben  de  Borgers  woonende  in  wyck  C,  in 
hunne  kerck  gehouden  de  primaire  vergaederingen. 

22  Jan.  1798  zyn  de  kercke  meubelen  verkocht. 

Deze  paters  hebben  hunne  wooninge  genoraen  in  huys 
genaemt  Hoogstraet  aen  Eckerspoelpoorte, 

Den  14  8^"  1797  is  het  cruys  van  den  toren  en  Lie- 
vrouw  Beeld  in  den  gevel  van  de  kerck  als  het  groot 
houten  cruys  staende  op  den  Gansendries  afgebroecken. 

1798  den  24  8''"  synde  de  paters  Capucinen  by  nachten 
aile  opgelicht  onder  militaire  machten  ter  gelegenheid 
dat  de  buyte  jongelieden  in  opstand  waeren-  tegen  de 
France. 

De  Jesuiten 

Den  3  Augustus  1798  zijn  de  Belden  van  dezen  achter 
staenden  gevel  der  kerck  afgeworpen,  zijnde  het  vylde 
jaer  der  france  Republiek. 

Den  eersten  8^'"  1798  is  de  eerste  mael  de  vergaderinge 
geweest  van  den  tempel  van  de  wet,  zynde  den  10  ventôse. 

De  Priesters  van  't  Oratorie  (Frans  Republiek) 

Den  i5  Jun.  1797  is  het  CoUegie  gesegelt  en  de 
schoole  opgeschorst,  naer  mael  vSchoole  gehouden  voor 
de  Jonckheyd  in  het  huys  van  den  Baron  Spange,  en  in 
het  huys  van  .  .  .  dese  Schoole  is  korten  tyd  naer 
dato  opgeschorst  ter  oorsaecken  den  prefect  soude  ge- 
licht  worden,  duer  divoire  voor  gedaen  is,  maer  is  ont-" 
komen. 

N.  B.  Naer  de  suprcssie  zijn  de  schoolen  geconti- 
nueert  in  zeker  huijs  in  de  Kerckhofstraete  regnotende 
het  huijs  eertyds  de  pastorye  van  S'  Jans  ;  daer  naer  in 
het  huijs  genoemt  het  gulden  hoofd  in  de  Adegemstraete 
en  in  het  huijs  van  Vidua  Debarius  op  de  Koren  merkt. 

Den   prefect  woonde   in   het  huijs   van   d'hcer   baron 

5 


66  EENIGE    BLADZIJDEN    HERINNERINGEN 


Spangen  met  ciica  twintig  kostkoopers,  die  hij  met  zig 
uijt  hct  CoUcgie  medegenomcn  had  in  hoope  dat  men 
hem  het  gezeijd  collegie  zoude  vvedergegeven  hebben  ; 
waer  toe  menigvuldigc  devoiren  geschied  zijn,  doch 
vruchteloos. 

De  Ongeschoende  Carmelieten  (1796) 

Den  i3  g'^'"'  syn  huiine  Bons  gepresenteert  en  aile  geru- 
fugeert. 

Den  12  x^""  wesende  4  uren  naermiddag  met  millitere 
maght  hunne  Clooster  moeten  verlaten.  Den  14  in  bor- 
gerlijke  kleederen. 

Den  12  x*"""  1797  heeft  men  beginnen  kerck  en  clooster 
aftebreeken  gekocht  zijnde  door  eenen  (Vreemdeling). 

Eerst  mael  noch  gedient  hebbende  voor  de  primaire 
vergaedering  voor  de  wyk  B. 

Van  de  paters  heeft  den  eed  gedaen  pater  (Trioné) 
naermaels  doende  de  fonctie  van  pastoor  in  Hanswyck. 

De  Predickheeren  (1796) 

Onder  het  Franse  Republiek  den  14  g"""  wesende 
's  morgens  10  uren  zijn  de  bons  gepresenteert  aile  gere- 
fugeert  uytgezondert  Broeder  Dojnin  die  de  zelve  heeft 
geaccepteert. 

i3  x*"-'  wesende  3  uren  naermiddag  onder  militaire 
maght  hun  clooster  moeten  verlaeten. 

Den  14  dito  waeren  zy  in  borgelycke  kleederen. 

1797  Jl^^bben  de  Borgers  woonende  in  wyck  E.  in  de 
kerck  gehouden  de  primaire  vergaederingen. 

Den  i3  S^"  is  het  cruys  van  den  toren  en  kerck  afge- 
worpen. 

Van  dese  paters  heeft  den  eedt  gedaen  den  prior  Pater 
Groenninckx,  korten  tijd  daer  naer  overleden  binnen 
Mechelen. 


AAN  DE  FRANSCHE  OVERHEERSCHING  TE  MECHELEN     67 

Den  Superior  pater  N.  (Werkhoven)  en  pater  Borck- 
mans  ook  overleden  in  1799. 

De  Cellebroeders 

Onder  de  Regeringe  van  het  frans  Republiek  den  eer- 
sten  Jan.  1797  zyn  de  bons  gepresenteert  en  aile  gerefu- 
geert  en  den  23  Jan.  met  millitaire  macht  hun  Clooster 
moeten  verlaeten  ;  den  24  in  Borgel3^cke  kleederen  en  in 
S^'"'  is  het  Cruys  van  hunne  kerck  geworpen.  De  gewesene 
paters  Cellebroeders  hebben  hunne  wooninge  genomen 
in  den  Hooren  op  de  Botermerckt  toehoorende  aen 
d'Heer  Backx. 

Het  Huys  van  Pitzenborgh  (1798) 

Den  2  Junius  zyn  de  meubelen  van  Pitzenborgh  als 
mede  de  meubelen  de  van  aile  ambachten  en  Gildens 
aldaer  verkocht. 

Het  Aerts  Bisschoppelyck   Seminarie  (Frans  Republiek) 

Den  27  der  maendt  Jan.  1798  hebben  de  Seminaristen 
hunne  wooninge  moeten  verlaeten  en  hunne  kleedtsels 
veranderen. 

4  8^""  syn  verkocht  den  Autaer  van  merbel,  de  gestul- 
tens  en  andere  kerckelycke  effecten, 

Frans  Republiek 

Den  27  Jan.  1798  zyn  de  beg^men  gesuprimeert  met 
order  van  op  18  dezer  hunne  kleederen  te  verlaeten 
(waarschynlyck  den  18  February)  en  borgelycke  cleedsel 
te  verschynen. 

Den  8  Jan.  1798  is  hunnen  Pastoor  met  millitaire 
maght  gedeporteert  mynheer  Dolmans.  26  Junius  syn 
afgebrocken  de  poorte  van  het  Begynhof. 


68  EENIGE    BLADZIJDEN    HERINNERINGEN 


Den  5  8"'"  syn  verkocht  de  kostelycke  meubelen  der 
Kcrck. 

Het  Kleyn  Beggyn-  Hof 

17  Jan.  1798  is  het  Clyn  Begynhof  gesuprimeert  en 
den  18  hebben  s}^  in  Borgelyck  kleederen  moeten  wesen. 

26  Junius  heeft  men  beginne  af  te  breken  de  poorte 
staende  in  de  Peperstraet. 

Blydenbergh  (Frans  Republiek) 

Den  24  April  1798  om  3  uren  naermiddag  hebben  de 
nonne  hunne  wooninge  moeten  verlaeten  ende  23"'  in 
Borgerhxk  kleederen. 

Nota  A.  —  Segge  16  Febiy  1798  oni  3  uren  naermid- 
dag en  17  Meert  hunne  kleedsels. 

24  April  1798  heeft  men  beginne  afte  breeken  het 
cloostèr  gekocht  syn  de  door  eenen  vremdelik  onder  bor- 
ge  van  I:  L:  Picaert  borger  deser  stadt  ten  Jaeren  1799. 

In  de  maend  July  heeft  men  wederom  te  coop  gesteld 
dit  algebroecken  Cloostèr  synde  de  4  mueren  by  faute 
van  geene  betaelingen,  niet  tegen  staende  dat  dito  borgers 
hun  verryckt  hebben  van  loot,  eijser  en  houtte  werck. 

Bethanien  (i783) 

Vernietigt  den  sesden  dag  naer  Paeschen  door  den 
Roomschen  Keyser  Josephuâ  den  2''"'  van  dien  naem, 
naermaels  gediend  hebbende  voor  een  keyscrlyck  hos- 
pitael,  en  ten  jaeren  1786  gekocht  en  afgebroken  door 
vremdelingen. 

Thabor  (i783) 

Vernietigt  den  4'^'"  dag  naer  Paeschen  onder  de  Rege- 
ring  van  den  Roomschen  Keyser  Josephus  den  2'''"  naer- 


aa:n  de  fransche  overheersching  te  mechelen   6g 

maels  gedient  hebbende  voor  logemente  van  peerden, 
soo  voor  keyserlijk  als  voor  fransche  tôt  het  jaer  179g 
wanneer  het  clooster  is  afgeworpen  gekocht  Z3^nde  door 
eenen  vremdelinck. 

Muysen 

Vernietigt  onder  den  keyser  Josephus  den2'''"Roomsche 
keyser  wesende  den  S''"'  dag  naer  Paeschen  1783,  naer- 
maels  gedient  hebbende  voor  magazyn  van  haver  en  meel 
tôt  het  jaer  178g,  wanneer  den  ke3^ser  het  land  verlaetende 
door  de  troubel  van  het  Nederlans  volck  is  den  bouw 
wederom  in  staedgestelt  voor  de  Religieusen  ;  maer  naer 
het  wederkomen  der  keyserlyke  troepen  syn  de  Religieu- 
sen niet  wedergekeert,  dus  naermaels  verkocht  aen  den 
borger  Esperin  woonende  in  den  Gulden  Berg  op  de 
ijsere  leen  die  het  clooster  heeft  beginnen  afte  breken  den 
18  February  1798  s^mde  onder  de  fransche  Regeringen. 

De  arme  Clarissen 

Vernietigt  1783  wesende  onder  de  Regeringen  van  den 
Roomschen  Keyser  Josephus  den  2'^''"  van  dien  naem  vier 
nircndcn  naer  de  anderc  kloosters. 

Naermaels  gedient  hebbende  voor  magazijnevoor  hooij 
en  strooij;  het  selve  Clooster  is  wederom  in  staedt  gestelt 
in  178g  tôt  bewooninge  der  Religeusen  maer  naer  het 
wederkeeren  der  keyserlycke  troupen  is  onbewoont  ge- 
bleven. 

In  8*"'  I7g8  is  den  toren  van  dese  kerk  gedaen.  In  de 
maend  Junius  179g  is  ter  kennisse  van  het  volck  geko- 
men  de  koopheisse  van  dit  Clooster  de  W''"  Vermeijlen, 
die  naermaels  wiert  den  by  naem  gegeven  van  moeder 
Clara. 


70  EENIGE    BLADZIJDEN    HERINNERINGEN 


De  Carmeliterssen 

\'crnietigt  onder  den  Keyser  Josephus  den  2*^""  van 
dien  naem  den  7'''"  dag  naer  Paeschen  1783  ende  gedient 
hebbende  voor  peerden  stallen  tôt  het  jaer  1797  wanneer 
den  borger  Vandevelde  antwerpenaer  het  Clooster  ge- 
kocht  en  différente  wooninge  gemaekt  heeft. 

De  Rycke  Clarissen 

\^ernietigt  den  5  dag  naer  Paeschen  1783  onder  de 
Regeringen  van  Josephus  den  2'^'"  Roomschen  Keyser 
naermael  gedient  hebben  voor  peerde  stallen. 

In  1786  verkocht  en  afgebroken  aen  den  Heere  graef 
Colomma  die  aldaer  heeft  gestelt  eenen  Nieuwen  bouvv 
waer  van  de  fondamenten  gelijd  wierden  in  het  jaer  1794 
ende  is  onbebauwdt  gebleven  ter  oorsaecken  van  den 
oorlog  tôt  het  jaer 

De  Sieckelieden 

Vernietigt  onder  de  Regeringen  van  den  Roomschen 
Keyser  Josephus  den  2'^'"  van  dien  Naem  vvesende  den 
3^'"  paeschen  1783,  naermaels  gedient  hebbende  voor  het 
broodt  magazijn  zoo  voor  de  Keyserlycke  troupen  als 
voor  de  fransche  troupen,  tôt  het  jaer  1798,  3i  July;  is 
het  Cruys  van  den  toren  gebroecken. 

Het  Gast-Huys  van  O.  L.  Vrouwe 

18  Februarius  1798  hebben  de  nonne  hunne  kleederen 
moetcn  verlaeten  en  in  borgerlyck  kleedtsel  verschij- 
nen. 


AAN  DE  FRANSCHE  OVERHEERSCHING  TE  MECHELEN     7I 


De  Swarte-Susters 

20  February  1798  hebben  de  Swarte-Zusters  hun 
clooster  moeten  verlaeten  en  den  2i'''"hunnen  kleederen 
veranderen  in  borgerlyck  kleedsel. 

5  8^"  syn  de  Kerckelyke  meubelen  verkocht. 

De  Ursulienen 

In  1786  28  Oost,  hebben  de  Religeusen  der  Ursulienen 
hunne  wooninge  verkocht  aen  d'Heere  Nelis  en  naer- 
maels  gewoont  in  de  vermaerde  Prosdye  van  Lelliendael. 

De  Proostdye  van  Leliendael 

Vernietigt  den  2  paeschen  1783  in  de  Regeringen  van 
den  Roomschen  keyser  Josephus  den  2^""  van  dien  naam, 
naermaels  bewoont  door  de  Ursulienen  hunne  wooning 
verkocht  hebbende  aen  d'Heere  Nelis  in  de  Schipstraet 
wesende  28  Oost  1786  wanneer  aldaer  den  eersten  dienst 
is  gedaen  zynde  Augustinusdag,  en  naermaels  wederom 
vernietigt  ofte  fj^telyck  uytgesonden  door  de  franschen 
wesende  den  17  jan.  1798;  in  8''"'  1798  is  het  cruys  van 
den  toren  gedaen  en  korten  tyd  naer  dato  aile  kercke- 
lycke  meubelen  verkocht  ;  dit  geweest  Clooster  is  gekocht 
door  de  geamployeerde  van  de  Hospissen.  Den  9  April 
1804  is  wederom  het  cruys  op  den  toren  gestelt. 

De  MaroUen 

Den  19  Februarius  1798  zyn  de  Marollen  vernietigt; 
dese  zusters  narmaels  hunne  Schole  gecontinueert  in 
het  huys  van  D'Heere  Spange  onlangs  bewoont  synde 
geweest  door  d'Heere  Oratoire. 

Den  5  8^'"  syn  aile  kerckelycke  meubelen  en  andere 
efFecten  verkocht. 


72  EENIGE    BLADZIJDEN    HERINNERINGEN 


De  Apostelinnen 

Den  i8  Febry  1798  zyn  de  Apostellinncn  vernietigt. 
Eerst  aen  hun  gepresenteert  de  bons  aile  geretugecit,  en 
naermaels  een  deel  van  dese  Susters  hcbben  gevvoont  in 
het  huijs  van  den  Graef  Respanie. 

Den  5  8"'"'  syn  aile  kerckelycke  meubelen  en  andere 
effecten  verkocht. 

De  tweede  inval  der  Fransschen  te  Mechelen,  op  het 
einde  der  verledene  eeuw,  volgens  plaatselijke  en  vreemde 
berichten. 

Wekclijks  Bericht  voor  de  Provincie  van  Mcchclcn,  n^  2g, 
den  20  Juin  T'jg4(hl.  3 g  S). 

Mechelen  i-j  Jidii.  De  acnhoiidende  doordogten  der 
Fransche  uytgewekene  en  andere  vliigtelingen  die  zig 
naer  Holland  begaven  in  de  laatste  dagen  van  Junii, 
voorbeduydden  ons  gewigtige  gebeurtenissen  tusschen 
beyde  de  Légers,  het  gène  ons  korts  daer  naer  bevestigt 
wierd  door  het  aenkomen  der  Keyserlijke  Schat-kiste 
ende  de  Munte,  de  Ledene  ende  Bedienden  van  het 
Gouvernement  met  deszelfs  Archiven,  ende  den  volmag- 
tigden  Minister,  dewelke  naer  alliier  wijnige  dagen  ver- 
bleven  te  hebben  den  weg  namcn  over  Aerschot  en  Diest 
naer  Ruremonde,  werwaerts  den  Grooten  Raede  zig  ins- 
gelijks  met  sijne  Archiven  begaf;  daer  op  zagen  wij  de 
ontruyming  der  magazijnen  ende  van  het  Arsenael  der 
Artillerie,  welkers  overblijvende  deelen  door  den  Com- 
maindant  verkogt  wierden  voor  comptante  betaelinge. 
Van  den  5  dezer  maend  zag  men  hier  ook  doortrekken  de 
Bagagien  der  gealliëerde  Légers,  als  ook  gedeeltelijk  de 
Hollandsche,  Hannoversche,  ■  Engelsche  en  Oostenrijk- 
sche  Légers,  dewelke  hun  rond  dezc  stad  campeerden. 


AAN  DE  FRANSCHE  OVERHEERSCHING  TE  MECHELEN     yS 

Des  zaterdags  12  Julii  naederden  de  Franschen  de  Stad 
langs  Semps,  Hombeek  en  Hefien  :  om  half  vijf  uren 
naermiddag  schoten  zij  eenige  ballen  in  de  Stad  ;  in  den 
nagt  tusschen  den  i3  en  14  deden  sy  wederom  het  selve; 
maer  den  i5  des  morgens  begonst  men  hevig  te  vueren 
zoo  van  wegens  de  Hessische  bezetting  binnen  en  buyten 
de  Stad,  als  door  de  Fransche  die  over  de  Lovensche 
Vaert  voor  dezelve  lagen,  tôt  dat  het  eyndelijk  de  Fran- 
sche gelukte  van  omtrent  Muysen  over  de  voors.  vaerte 
te  geraeken  ende  de  Hessische  tôt  binnen  de  stad  te  ver- 
drijv.en;  deze  vulden  zoo  aenstonds  aile  de  stadpoorten 
vol  peerde-mest,  hetgene  zij  van  den  Boer  's  avonds  had- 
den  verzorgt  ;  waer  op  van  wederszyden  het  kanon-vuer 
nog  heviger  begonst,  waer  door  menige  kanonballen  en 
Grenaden  binnen  de  Stad  geschoten  wierden  die  zeer 
groote  scliacde  aen  dezelve  veroorzaekt^n.  Eyndelyk  ge- 
lukte Iict  de  Fransche  ]"agers  om  half  drij  uren  naer 
noen,  van  stormendcrhand  binnen  de  stacl  te  komen, 
waer  door  verscheyde  Hessische  binnen  de  zelve  nog 
geschoten  en  gevangene  genomen  wierden,  als  00k  twee 
Engelsche  Officieren.  De  Hessische  Troupen  retireerden 
zig  op  Waelhem,  werwaerts  de  Franschen  hun  vervolg- 
den  zoo  hacst  de  Stads-poorten  van  het  mest  ontruymt 
waercn. 

Extrait  du  <>  Le  Rcpiiblicain  Français  »,  nimiéro  604,  l'an 
second  après  l'abolition  de  la  Royauté.  Diiodi  2  Thermidor. 

Convention  Nationale. 

Présidence  de  Louis  (du  Bas-Rhin). 

Suite  de  la  séance  du  3o  messidor. 


Barère  continue,    je    ne    suis    pas   borné  à   raconter  ce 
qu'ont   fait  deux  armées  sur  la  Moselle  et  le  Rhin;   la 


74  EENIGE    BLADZIJDEN    HERINNERINGEN 

victoire  a  stipulé,  le  même  jour,  des  rives  du  Rhin  aux 
bords  de  l'Océan  :  ainsi  toute  la  frontière  qui  sépare  la 
république  de  toutes  ces  nations  barbares  du  Nord,  est 
illuminée  de  triomphes.  Revenons  dans  cette  Belgique 
échappée  enfin  à  la  tyrannie  de  l'Autricfee  :  le  poste 
avantageux  de  la  Montagne -de-Fer  et  la  position  utile 
de  l'abbaye  de  Florival  ont  été  pris,  malgré  la  plus  vive 
résistance  par  les  troupes  de  la  République  ;  et  depuis  le 
27  messidor,  les  villes  de  Louvain  et  de  Malines  sont 
tombées  en  notre  puissance. 

(Les  plus  vifs  applaudissements  éclatent  à  trois  reprises 
dans  la  salle). 

Les  républicains  se  sont  conduits  avec  cette  bravoure 
et  cette  intrépidité  dont  ils  font  la  profession  de  grands 
exemples  à  l'Europe  étonnée. 

Les  succès  obtenus  sur  la  Montagne-de-Fer  avaient 
préparé  la  prise  de  Louvain  ;  mais  quand  il  s'est  agi  de 
l'attaque  de  Malines,  le  passage  du  canal  a  présenté  de 
grands  obstacles. 

Des  obstacles  pour  des  français  déjà  vainqueurs  sont 
des  cautions  de  nouvelles  victoires  :  ne  croyez  pas  qu'ils 
puissent  supporter  patiemment  les  lenteurs  des  travaux 
pour  le  passage.  La  construction  des  ponts  ne  marche 
pas  avec  assez  d'activité  pour  leur  bouillant  courage.  Une 
grande  partie  des  volontaires  s'est  jetée  à  la  nage  pour 
passer. à  l'autre  rive  du  canal  et  pour  combattre;  ils  ont 
pris  la  ville  et  fait  deux  cents  prisonniers  et  des  magasins 
dont  le  Général  ignore  encore  le  nombre. 

(Les  applaudissements  et  les  cris  de  vive  la  république 
retentissent  de  nouveau). 

'Deux  cents  français  prisonniers  ont  été  mis  en  liberté 
par  l'armée  triomphante  de  leurs  frères  d'armes  ;  l'armée 
a  repoussé  l'autrichien  jusqu'à  Tirlemont,  et  lui  a  tué  un 
grand  nombre  d'esclaves  ;  les  autres  ont  bravement  pris 
la  fuite.  (On  applaudit). 


A,\N  DE  FRANSCHE  OVERHEERSCHING  TE  MECHELEN     76 

Ce  sont  là  cependant  les  soutiens  fermes  et  invincibles 
du  trône  et  de  l'autel,  pour  me  servir  de  l'expression 
évangélique  du  ministre  de  Londres;  ce  sont  les  troupes 
des  rois  coalisés  pour  rétablir  en  Europe  le  bon  ordre  et 
la  royauté  descendue,  selon  eux,  du  ciel. 

Voici  les  nouvelles. 

Etat- major  général. 

Armée  de  Sambre  et  ]\Ieuse. 

Le  général  Ernoiif,  chef  de  l'état-major,  aux  représentants 
du  peuple  composant  le  comité  du  salut  public.  —  Au  quartier 
général  de  Gemmappe  le  2-  messidor,  l'an  deuxième  de  la 
république,  une  et  indivisible. 

a  Citovens  représentans,  d'après  les  ordres  de  Jourdan, 
l'aile  gauche  de  l'armée  de  Sambre  et  Meuse  et  une  par- 
tie du  centre  ont  fait  aujourd'hui  un  mouvement.  Le 
général  Kléber  s'est  porté  sur  Louvain,  tandis  que,  pour 
favoriser  ce  mouvement,  les  divisions  aux  ordres  des 
généraux  Lefebvre,  Dubois,  Championnet  et  Morlat  se 
sont  portées  en  avant  de  la  Dyle  sur  différens  points.  Le 
général  Kléber  s'est  emparé,  malgré  la  résistance  de  l'en- 
nemi, du  poste  avantageux  de  la  jMontagne  de  Fer,  tan- 
dis que  les  généraux  Lefebvre  et  Dubois  se  saisissaient 
de  la  fonction  de  l'abbaye  de  Florival.  L'avant-garde  du 
général  Kléber  a  ensuite  attaqué  vigoureusement  Lou- 
vain, et  s'en  est  rendu  maître,  malgré  la  défense  opiniâtre 
de  l'ennemi  qui  a  essu^'é  une  perte  considérable.  De  notre 
côté  nous  avons  eu  quelques  blessés  et  peu  de  morts. 
Cette  victoire  nous  a  procuré  l'avantage  de  délivrer  deux 
cents  de  nos  frères  d'armes  faits  prisonniers  de  guerre  à 
Landrecies. 

Le  général  Lefebvre  a  repoussé  l'ennemi  jusques  au- 
près de  Tirlemont,  lui  a  tué  beaucoup  de  monde  et  fait 
des  prisonniers. 


76  EENIGE    BLADZIJDEN    HERINNERINGEN 


Il  en  a  été  de  même  aux  divisions  commandées  par 
les  généraux  Morlat  et  Championnet;  enfin  les  esclaves 
des  tyrans  ont  pris  la  fuite  sur  tous  les  points. 

L'armée  du  Nord  a  lait  aussi  un  mouvement,  et  s'est 
portée  sur  Malines. 

Elle  aura  sûrement  réussi  à  s'emparer  de  cette  place; 
nous  n'avons  point  encore  reçu  de  nouvelles  certaines. 

Salut  et  fraternité. 

(Signé)  Ernouf. 

P.  S.  Jourdan  est  gravement  malade  depuis  deux  jours, 
sans  cela,  il  vous  eut  fait  part  lui-même  de  cet  heureux 
événement  ». 


Le  général  en  chef  de  l'année  dit  Nord,  aux  représentans  du 
peuple,  près  la  dite  armée  et  celle  de  Sambre  et  Meuse.  Au 
quartier' général  à  Malines,  le  2^]  messidor  deuxième  année 
républicaine,  à  cinq  heures  après-midi. 

a  Nous  venons  d'entrer  dans  Malines,  citoyens  repré- 
sentans; le  passage  du  canal  a  été  difficile  :  nous  avons 
perdu  le  général  Proteau,  et  le  général  Saluce  a  été  blessé 
légèrement.  Les  troupes  se  sont  montrées,  comme  de 
coutume,  c'est-à-dire  avec  beaucoup  de  bravoure.  Une 
grande  quantité,  impatiente  du  retard  qu'occasionnait  la 
construction  des  ponts,  se  sont  jetés  à  la  nage  pour  pas- 
ser sur  l'autre  rive  du  canal.  Nous  avons  fait  environ 
200  prisonniers. 

Je  ne  sais  pas  encore  ce  qui- s'est  passé  du  côté  de  Lou- 
vain  ;  je  ne  sais  pas  non  plus  quels  sont  les  magasins  qui 
nous  restent  ici  :  je  vais  en  prendre  connaissance,  et  je 
vous  en  ferai  part  ». 

Salut  et  fraternité. 

(Signé)  PicHEGRU. 


AAN  DE  FRANSCHE  OVERHEERSCHING  TE  MECHELEN     77 

Les  représentans  dtc  peuple  près  l'armée  du  Nord  et  de 
Sainbre  et  Meuse.  Bruxelles,  28  messidor,  l'an  deuxième  de  la 
république  française,  une  et  indivisible. 

Citoyens  collègues, 
c(  Nouveaux  combats,  nouvelles  victoires  ;  Malines  et 
Louvain  sont  occupés  d'hier  par  les  troupes  de  la  répu- 
blique. Nous  vous  envoyons  la  lettre  par  laquelle  le  gé- 
néral Pichegru  nous  informe  de  son  entrée  dans  la  pre- 
mière de  ces  places,  et  le  rapport  que  nous  fait  remettre 
à  l'instant  le  général  de  division  Kléber,  commandant 
l'attaque  de  la  Montagne-de-Fer  et  de  la  Ville  de  Lou- 
vain. A  la  résistance  que  l'ennemi  a  opposé  sur  ces  deux 
points,  vous  jugez  que  les  braves  républicains  ont  trouvé 
des  occasions  de  signaler  leur  courage  :  on  nous  en  rap- 
porte des  traits  de  toutes  parts  ;  ils  sont  dans  la  bouche 
de  leurs  frères  d'armes  qui  en  ont  été  témoins  :  nous  les 
recueillerons  avec  soin  pour  que  vous  puissiez  en  faire 
connaître  à  la  Conventions  ». 
.Salut  et  fraternité. 

(Signé)  L.  B.  Guyton  et  Laurent. 

H.    CONINCKX. 


Hans  Poppenruyler,  Remy  de  Hallul 

fierard  et  Gaspard  vanden  Nieuwenhuysen 

FONDEURS   DE  CANONS,   A   MALINES 


E  fut  dans  la  ville  de  Malines  que  se  concentra 
au  XVI'  siècle,  l'industrie  si  importante  de  la 
fabrication  des  canons.  Au  siècle  précédent 
déjà,  on  y  trouvait,  établi  en  1420,  un  fondeur 
qui  avait  nom  Jacques  de  Hornes,  Quelques  années  plus 
tard,  on  y  rencontrait  un  certain  Jehan  de  Malines,  qui 
exerçait  la  même  industrie  (i). 

Mais  bientôt  la  fonderie  de  Malines  devait  prendre 
une  extension  considérable,  grâce  à  l'activité  et  à  l'habi- 
leté professionnelle  d'un  allemand,  qui  venait  de  s'établir 
dans  nos  provinces. 

Hans  Poppenruyter,  fils  d'Ulrich,  originaire  de  Nurem- 
berg, fut  en  i5i4  reçu  bourgeois  de  Malines,  après  avoir 
établi  dans  cette  ville  une  fonderie,  près  de  l'ancienne 
porte  de  Bruxelles,  dans  un  immeuble  voisin  des  rem- 
parts et  de  l'hôtel  d'Egmont  (2).  Nous  le  trouvons  qua- 


(i)  p.  Henrard,  Les  fondeurs  d'artillerie. 
(2)  Archives  communales  de  Malines. 


80  FONDEURS    DE    CANONS,    A    MALINES 


lific  dans  les  actes  scabinaux  de  H  ans  F'oppenruytcr,  bus- 
ghicter,  filiits  quondam  Ulricx  van  Norcnbcrge  (i). 

Ses  premiers  essais  n'obtinrent-ils  peut-être  pas  le 
succès  qu'il  avait  espéré,  ou  bien  encore  les  avantages 
qu'on  lui  offrait  ailleurs  lui  semblèrent-ils  plus  dési- 
rables? Nous  l'ignorons.  Mais  nous  le  trouvons  peu  après 
à  Anvers,  où  il  semble  songer  à  s'établir  définitivement, 
et  décidé  à  y  continuer  la  fabrication  et  la  vente  des 
bouches  à  feu. 

En  effet,  le  12  novembre  iSiy,  il  achetait  à  Benedicto 
et  Augustin  de  Fornar3^s  ou  Fornay,  négociants  Génois, 
une  maison  assez  importante,  située  dans  la  rue  du  jar- 
din, non  loin  de  la  Grand'  place  (2).  Cet  immeuble, 
d'après  la  description  officielle,  était  composé  d'une  mai- 
son-nouvellement  bâtie,  comprenant  plusieurs  chambres, 
corridors  et  dépendances;  toutefois,  le  vendeur  se  réser- 
vait tme  maisonnette  située  au  fond  de  la  cour  :  ecn  nycuw 
huysinghc  die  hy  onlancx  docn  makcn  hccft  niettcn  poortcn, 
gangc,  pladscn,  gcnocch  int  viercante,  bornepuite  metten  cainc- 
ren  inden  bevange  vander  pladsen  staende,  behalven  en  vutge- 
noine  aliène  de  canv.r  achier  tvoirg  nvciiw  voerhnys  gestaen 
Sîiytwaert  vander  plaetscn  die  nien  hcet  de  camer  van  A'ngele 
Palenson. 

Cette  vente  fut  faîte  moyennant  le  prix  de  i320  livres 
de  gros.  Mais  d'après  convention,  le  payement  de  cette 
somme  devait  se  faire  d'une  manière  assez  intéressante. 

L'acheteur  ne  s'engageait  à  verser  en  numéraire  qu'une 
somme  de  65o  livres,  pa3^able  en  quatre  échéances  de 
i65  livres,  dont  la  première  devait  échoir  à  la  St-Jean 
prochaine,  et  la  suivante  à  la  Nativité.  Les  deux  der- 
niers payements  devraient  se  faire  aux  mêmes  dates  de 
l'année  suivante. 


(i)  P.  Hhnrard,  Histoire  de  Vartillerie  en  Belgique. 

(2)  Archives  communales  d'Anvers.  Schepen  hrieven,  A"  iSiy,  G  ^^  C,  f*^  39, 


FONDEURS    DE    CANONS,    A    MALINES  8l 

Quant  aux  660  livres  formant  la  seconde  moitié  du 
prix  d'achat,  elles  étaient  exigibles  en  marchandises, 
c'est-à-dire  que  Poppenruyter  s'engageait  à  livrer  aux 
frères  de  Fornarys,  des  pièces  d'artillerie  conformes  à  la 
commande  qui  lui  avait  été  faite,  artillerycn  naden  fatsoene, 
forme,  condici'én  ende  manier  en  dat  met  malcanderen  gheaccor- 
deert  hebben  (i).  Cette  livraison  devait  se  faire  avant  le 
prochain  carnaval. 

Qu'advint-il  ensuite?  Les  actes  ne  le  disent  pas.  Quoi- 
qu'il en  soit,  Poppenruyter  n'avait  pas  exécuté  les  con- 
ditions de  son  contrat,  et  il  fut  attrait  en  justice  par  ses 
créanciers.  Ceux-ci  obtinrent  du  Grand  Conseil  de  Ma- 
lines,  en  date  du  11  janvier  i520,  un  jugement  qui  le 
condamnait  à  payer  aux  Fornarys,  les  sommes  qui  leur 
étaient  dues  (2). 

Poppenruyter,  qui  était  alors  qualifié  de  busmeestere  ons 
genâds  heêre  Keysers,  dut  s'exécuter,  et  fut  obligé,  pour  re- 
cueillir les  sommes  nécessaires,  d'hypothéquer  ses  diffé- 
rentes propriétés.  Il  céda  donc  à  Benedicto  et  Augustin 
de  Four^arys,  deux  rentes  de  24  et  de  12  livres  de  gros 
de  Brabant,  constituées  sur  sa  maison  «  den  Rhyn  »,  rue 
du  Jardin,  à  Anvers,  et  sur  divers  immeubles  qu'il  pos- 
sédait à  Bergen-op-Zoom,  notamment  une  maison  appe- 
lée ce  Henegoiiwe  »,  située  in  de  Potterstrate  dit  nien  heet 
meedestrate,  et  sur  une  seconde,  connue  sous  le  nom  de 
7  principael  huys,  sur  le  marché,  aen  merck  (.3). 

Nous  venons  de  voir  Poppenruyter  porter  le  titre  de 
fondeur  royal;  c'est,  en  effet,  en  i520,  que  cette  qualité 
lui  fut  octroyée.  L'empereur  Charles- Quint  lui  avait 
accordé  d'importantes  commandes,  et  c'est  encore  lui  qui 
fut  chargé  de  couler  les  pièces  destinées  aux  expériences 
qui  se  firent  à  Bruxelles,  dans  le  but  de  fixer,  en  les  res- 


(i)  Schepen  hrieven.  A"  iSiy,  G  &  C,  f°  39. 

(2)  Loc.  cit.,  A°  i52o,  V  &  K,  f°  244. 

(3)  Schepen  brieven,  A"  i52i,  V  &  B,  f°  SgS. 


82  FONDEURS   DE   CANONS,    A   MALINES 


treignant,  les  modelés  et  les  dimensions  des  pièces  d'ar- 
tillerie (j). 

La  réputation  du  fondeur  royal  était  si  grande,  que 
même  de  l'étranger  lui  arrivaient  les  commandes,  et  c'est 
ainsi  que  Louis  XII,  roi  de  France,  par  l'entremise  de 
Philippe  de  Clèves,  lui  commanda  également  cinquante- 
deux  bouches  à  feu  (2). 

Mais  ce  n'étaient  pas  seulement  les  souverains  qui 
s'adressaient  à  la  fonderie  malinoise,  les  particuliers  y 
venaient  aussi  conclure  leurs  achats.  D'autres  fois  Pop- 
penruyter  achetait  d'anciens  canons,  sans  doute  pour  les 
refondre  ou  les  transformer.  C'est  ainsi  que  le  16  mai 
l525,  il  avait  acquis  de  Baptiste  Grille,  marchand  de 
Gênes,  283  bouches  à  feu,  mctalen  busscn,  pour  la  somme 
de  389  livres  et  5  escalins  de  gros.  Pour  parfaire  cette 
somme  assez  considérable,  il  dut,  quelques  jours  plus 
tard,  donner  en  garantie  ses  deux  maisons  situées  à  An- 
vers, clcn  Ryn,  int  hocfstraetken,  et  dcn  stecgelreep,  dans  le 
même  voisinage,  plus  ses  deux  propriétés  de  Bergen-op- 
Zoom,  appelées  Henegauwc  et  Oliphant. 

Il  s'engageait  à  terminer  entièrement  cette  affaire 
avant  la  mi-carême  prochaine,  et  à  s'acquitter  de  toute  la 
somme  due  entre  les  mains  de  Mathieu  et  Vincent  Insti- 
maen  (3). 

Poppenruyter  semble  avoir  également  fondu  des 
cloches,  quoique  nous  n'ayions  rencontré  qu'un  seul  ex- 
emple de  ce  fait,  et  encore,  dans  ce  cas  semble-t-il  avoir 
opéré  en  association  avec  un  autre  fondeur  malinois, 
Guillaume  vanden  Gheyn. 

C'était  une  cloche  destinée  à  l'église  Notre-Dame  au- 
delà  de  la  Dyle,  à  Malines,  où  elle  fut  placée  en  i5i6. 


(1)  P.  Henrard,  loc.  cit. 

(2)  Loc.  cit. 

(3)  Archives  d'Anvers.  Schcpeu  brieveii,  A"  iSzS,  K  &  C,  f°  161. 


FONDEURS    DE    CANONS,    A    MALINES  83 


Elle  pesait  558o  livres  et  eût  pour  parrains  l'empereur 
Maximilien  et  son  petit-fils  l'archiduc  Charles  (i). 

Un  ancien  historien  relate  le  fait  en  ces  termes  :  L'an 
iSi6,  fut  fondue  la  grande  cloche  d'aprésent  pesante  plus  que 
4600  livres  par  Jean  Poppenruter  et  Guillaume  vanden  Gheyn 
à  Matines.  Cette  cloche  est  la  plus  ancienne  que  l'on  trouve  en 
cette  ville  et  d'une  fort  belle  résonnance.  On  y  voit  les  armoi- 
ries de  l'empereur  Maximilien  et  de  l'archiduc  Charles  alors 
roy  d'Espagne  mais  pas  encore  couronné  et  les  armoiries  de  la 
ville  de  Matines.  Cette  cloche  est  nommé  Joseph,  Jésus,  Marie  {2). 

Hans  Poppenruyter  avait  eu  pendant  de  nombreuses 
années,  à  son  service,  un  certain  Corneille  van  Uckele, 
qui  avait  dirigé  la  fonderie  et  présidé  aux  achats  de  ma- 
tière première,  ainsi  qu'aux  ventes  des  pièces  d'artillerie. 

En  i526,  pour  des  raisons  qui  ne  sont  pas  connues,  le 
fondeur  se  sépara  de  son  employé,  et  lui  donna  un  certi- 
ficat officiel,  attestant  ses  longs  et  loyaux  services;  c'est 
devant  les  échevins  de  Majines,  que  cet  acte  fut  rédigée 
le  17  novembre  i526;  il  s'exprime  ainsi  :  Meester  Hans 
Poppenruyter,  busmeester  van  der  Keyserlycker  majesteyt, 
heeft  bekent  dat  Cornelis  van  Uckele,  die  hem  zekcr  jaeren 
gcdient  heeft  in  aile  zynen  saecken  ende  affairen,  in  coopen  endc 
vercoopen,  in  ontfanghen  ende  in  vuytgheve7i,  hem  van  als  goede 
duegdelicke  rekeninghe,  bewys  ende  betalinghe  gedaen  heeft, 
zoodat  hy  van  aile  zynder  handelinghe  ende  bewinde  niets  mer 
en  soude  met  en  te  heysschene,  scheldende  denzelven  dairaff 
quyte,  vry,  los  ende  Icdich,  ende  allen  anderen  dies  quytancien 
souden  nioghen  behoeren  geheelick  ende  aile  (3). 

A  ce  certificat,  Poppenruyter  ajoutait  un  don  de  100 


(i)  D""  Van  Doorslahr,  Le  carillon  et  les  carillomieiirs  de  l'cf;llse  Notre-Dame 
au-delà  de  la  Dyle. 

(2)  DE  AzEVEDO,  Table  généalogique  de  la  famille  de  Corten.  D'après  le  M.  D''  Van 
Doorselaer,  le  poids  ne  serait  pas  exact  et  d'autres  cloches  malinoises 
seraient  plus  anciennes. 

(3)  Protocoles  scahinaux  de  M-alines.  Registre  534,  f°  140,  cité  par  A.  Goovaerts  ; 
Les  fondeurs  d'artillerie.  Rapport. 


84  FONDEUKS    DE    CANONS,    A    MALINES 

florins  et  une  gratification  supplémentaire  de  i8  florins. 
De  plus,  van  Uckele,  dans  une  déclaration  fort  détaillée, 
affirmait  en  même  temps,  que  plus  rien  ne  lui  était  dû, 
et  qu'entière  satisfaction  lui  avait  été  accordée. 

Dans  cet  acte,  il  déclarait  qu'il  avait  été  chargé  non 
seulement  de  l'achat  et  de  la  vente  des  pièces  d'artillerie, 
du  métal  et  du  salpêtre,  coopen  endc  vcrcoopen  van  zynen 
busscn,  coperc,  salpêtre  endc  anderssins,  mais  qu'il  avait  pris 
part  également  à  la  direction  générale  de  la  fonderie. 
Malgré  tout,  il  reconnaissait  que  son  patron  s'était  entiè- 
rement acquitté  à  son  égard,  et  il  promettait  solennel- 
lement de  ne  plus  jamais  rien  lui  réclamer;  nemmermeer 
te  hcysschen  oft  te  molesteren,  met  ghenoeghe  noch  met  rechte, 
in  egheender  manière  (i). 

Hans  Poppenru3^ter  avait  épousé,  le  26  janvier  i526, 
Heylwige  (Hed\vige)vanden  Nieu\venhuysen,dite  Camp- 
fort. 

Dans  le  «  rapport  »  qu'il  fit  sur  le  travail  de  M.  le 
général  Henrard  :  Les  fondeurs  d'artillerie,  M.  Alph. 
Goovaerts  dit  que  c'est  à  tort  que  cet  auteur  donne  à 
la  femme  de  Poppenruyter  le  nom  de  vanden  Nieuwen- 
huysen,  puisque  dans  divers  actes  il  l'a  trouvée  appelée 
van  Campfort.  Nous  ne  pouvons  admettre  cette  rectifi- 
cation, car  de  notre  côté,  nous  avons  constaté  dans  divers 
actes,  que  le  nom  de  la  femme  du  fondeur  royal,  était 
vanden  Nieuvvenhu3^sen  alias  van  Campfort.  M.  Henrard 
avait  donc  raison  de  lui  attribuer  le  premier  nom,  et 
M.  Goovaerts  n'avait  pas  tort  de  lui  accorder  le  second. 

Après  leur  mariage,  ils  devinrent  propriétaires  de 
divers  biens  situés  à  Malinès  et  dans  les  environs.  Ils 
acquirent  entr'autres,  le  7  novembre  iSaô,  une  maison 
sise  près  des  remparts,  au  coin  des  rues  neuve  et  de  Bru- 
xelles ;  puis  le  23  du  même  mois,  une  seconde  propriété, 


(i)  Loc.  cit.,  f''  139-140. 


FONDEURS    DE    CANONS,    A    MALINES  85 

voisine  de  la  première,  et  située  dans  une   ruelle  ad- 
jacente (i). 

Mais  ces  acquisitions  ne  leur  plurent  sans  doute  pas, 
car  ils  en  vendirent  une  partie  peu  après,  qu'ils  rempla- 
cèrent dès  le  20  juillet  i53i,  par  diverses  terres  et  fermes 
situées  à  Heffen. 

Hans  Poppenruyter  et  sa  femme  firent  leur  testament 
le  6  décembre  i533,  par  devant  les  échevins  de  Malines, 
Gérard  vander  Aa  et  Nicolas  Schoeff.  Le  fondeur  royal 
ne  devait  pas  survivre  longtemps;  il  mourut,  en  effet,  à 
Malines,  le  24  février  i534. 

Sa  veuve,  Hedwige  vanden  Nieuwenhuysen  alias  Camp- 
fort,  se  remaria  deux  ans  plus  tard  et  épousa,  le  7  juillet 
i536,  Remy  de  Hallut,  que  les  auteurs  qualifient  de  vi- 
comte de  Bergues-Saint-Wiiloc  et  de  capitaine  au  régi- 
ment de  Montmorency.  Celui-ci  reprit  les  affaires  de  la 
fonderie  malinoise,  dont  il  devint  à  son  tour  directeur. 
L'empereur  lui  accorda  bientôt  le  titre  de  fondeur  royal. 

Nous  le  trouvons  vers  cette  époque,  exécutant  diverses 
commandes  d'artillerie  pour  le  compte  de  la  ville  d'An- 
vers. C'est  ainsi  qu'en  i543,  il  livra  six  demi  faucon- 
naux,  six  demi  serpentins  et  12  serpentins.  Voici  com- 
ment s'expriment  les  comptes  communaux  au  sujet  de 
ces  achats  (2)  : 

Rcmy  de  Halit,  hiisgictcr  der  K.  Ma'  tôt  Mcchelen  gegoten 
alhier  6  cleyne  metalen  biissen  diemen  noêp  halve  foidconetten, 
wegen  tsamen  II'"  III P  XXII II  ponden.     tsâm  CXXX  £ 

id.  6  andere  metalen  busscn  halve  serpentynen  wegêu  VIT" 
CLX  VIII  ponden  copers  en  6  affnyten 

ts.  Iir  LXIIII  £  XI  s.  VI  d. 

Id.  12  serpentynen  van  met  aie,  wegên  XXV  IIP"  III T 
LXXIIL  "  tsam  XIIIP  X  £  VIII  s. 


(i)  Alphonse  Goovaerts,  Les  Jondetirs  d'aytillerie. 
(2)  Archives  Communales  d'Anvers. 


86  FONDEURS    DE    CANONS,    A    MALINES 

Dans  l'entrctemps,  Hedwige  vanden  Nyeuwenhuysen 
avait  réglé,  avec  la  famille  de  son  premier  mari,  la  suc- 
cession de  ce  dernier.  C'est  encore  dans  ce  but  qu'elle 
avait,  dès  le  25  juin  i534,  passé  un  contrat  de  liquidation 
par  devant  le  conseil  de  Malines,  avec  Lazare  Tucher, 
qui  représentait  le  frère  du  défunt,  Sébald  Poppenruy- 
tcr,  et  son  cohéritier  Sébald  Openfelder,  m.archand  et 
bourgeois  de  Nuremberg. 

En  vertu  de  cet  accord,  confirmé  par  un  jugement  du 
Grand  Conseil  de  Malines,  elle  était  restée  propriétaire 
de  la  maison  «  de  Ryn  »,  qui  avait  appartenu  à  Hans 
Poppenruyter  (i).  Elle  revendit  cette  propriété  le  12  dé- 
cembre i56o,  à  Jean  Descamps,  négociant.  Dans  cet  acte, 
qu'elle  passait  avec  son  second  mari,  elle  est  désignée 
comme  suit  :  Heylwich  van  dm  Nyaiwenhiiyse  alias  van 
Camfoort  ivediiwc  zcas  wylcn  M"  Hans  Poppcnreutcr  met  S" 
Remeense  de  Halitt  Janss.  wylen  (2). 

Il  est  à  remarquer  que  dans  aucun  de  ces  actes  officiels, 
Remy  de  Hallut  ne  figure  avec  les  titres  dont  les  auteurs 
modernes  l'ont  gratifié.  Quoiqu'il  en  soit,  il  mourut  à 
]\I.alines,  le  12  décembre  i562  (3). 

C'est  alors  qu'He'dwige  vanden  Nieuwenhuysen  céda 
les  affaires  de  la  fonderie  de  canons  à  son  frère  Gérard 
vanden  Nieuwenhuysen. 

La  carrière  du  nouveau  fondeur  fut  extrêmement  ac- 
tive, et  il  réussit  à  imprimer  à  l'atelier  Malinois  une 
importance  considérable. 

Il  travaillait  non  seulement  pour  l'armement  des 
troupes  nationales,  mais  il  acceptait  également  de  nom- 
breux ordres  pour  l'exportation.  Les.  marchands  anver- 
sois  achetaient  à  Malines  des  pièces  en   bronze   ou   en 


(1)  Archives  communales  d'Anvers.  Schepcn  hievcv.  A"  1534. 

(2)  Arch.  communales  d'Anvers.  Schepen  hrievcn,  G.  A.  H,  A°  i56o,  f°  304,  V". 
(3j  P.  Henrard,  Histoire  de  V Artillerie  en  Belgique. 


FONDEURS    DE    CANONS,    A    MALINES  87 

fonte  de  fer,  et  les  expédiaient  en  Espagne,  au  Portugal, 
en  Italie,  en  Sicile  et  en  Angleterre. 

C'est  à  Anvers  également  que  la  fonderie  de  Malines 
s'approvisionnait  surtout  en  matières  premières.  C'est  ainsi 
qu'en  i574,  Requesens  ayant  commandé  à  Gérard  van- 
den  Nieuwenhuysen,  12  canons,  8  demi  canons,  4  demi 
serpentines  et  4  fauconneaux,  pour  le  prix  global  de 
2000  livres,  celui-ci  acheta  à  des  m.archands  allemands, 
de  passage  à  Anvers,  34684  livres  de  cuivre  de  Hongrie 
qu'il  paya  18  livres  et  18  escalins  le  quintal. 

Sur  tous  les  canons  qu'il  fabriquait,  il  inscrivait  ordi- 
nairement son  nom.  Tel  fut  par  exemple  le  cas  pour 
certaines  pièces,  que  le  magistrat  de  Malines  prêta  plus 
tard,  le  II  avril  1602,  aux  archiducs.  L'une  d'elles,  for- 
gée en  bronze,  d'après  le  reçu  signé  par  don  Loys  de 
Velasco,  portait  les  armes  de  Malines,  suivies  des  mots  : 

In  troitwe  vast 
Gcerat  N iciiwcnhnyscn  me  fecit  Machlen  iSjS[i) 

Beaucoup  de  pièces  portant  le  nom  de  Gérard  vanden 
Nieuwenhuysen  ou  Gérardus  de  Novodomo,  furent,  en 
iSgo,  par  ordre  du  duc  de  Parme,  livrées  à  l'atelier  de 
Malines,  par  Vincent  de  Senfif,  receveur  de  l'artillerie, 
avec  ordre  de  faire  refondre  celles  qui  étaient  usées  ou 
endommagées. 

La  ville  de  Malines  et  les  autres  cités  brabançonnes  et 
flamandes  formaient  également  pour  van  den  Nieuwen- 
huysen une  clientèle  importante  et  fidèle. 

En  i577,  le  magistrat  de  Malines  lui  payait  une 
somme  de  278  livres,  pour  la  livraison  d'un  fauconneau, 
destiné  à  l'armement  de  la  ville  : 

Betaelt  m'  Gceri  van  Nvciiwenhiiyse  voor  'tghictcn  sckere 


(i)  P.  Henrard,  Histoire  de  l'artillerie. 


88  FONDEURS    DE    CANONS,    A    MALINES 

mctalcn  stiick  genaemt  ecn  falckonet,  tôt  bchocvc  vander  stadt 
gcUrcrt  a'  LXXVIL 

pcr  ordonnân  qiiytan.  IT  LXXVIII  £  (i). 

Néanmoins,  le  fondeur  rencontrait  parfois  de  nom- 
breuses difficultés  dans  l'exécution  de  son  travail,  et 
plus  d'une  fois,  il  fut  contraint  de  mettre  ses  acheteurs  en 
demeure  de  prendre  livraison  de  l'artillerie  dont  il  avait 
reçu  la  commande. 

Nous  trouvons,  en  i585,  un  exemple  curieux  d'une 
contestation  de  ce  genre. 

La  ville  de  Hal  avait  commandé  à  vanden  Nieuwen- 
huysen,  six  demi  fauconneaux  :  zesse  stticken  artillcrye 
halfvc  falconncttm.  Le  fondeur  s'était  mis  immédiatement 
à  l'œuvre,  et  il  avait  coulé  les  six  pièces  d'une  longueur 
uniforme  de  sept  et  demi  pieds;  il  les  avait,  de  plus,  orné 
des  armoiries  de  la  ville  de  Hal.  Il  avait  employé  dans 
la  fabrication  un  mélange  de  qualité  parfaite,  et  il  avait 
mis  une  telle  diligence  à  exécuter  son  travail,  que  celui-ci 
fut  terminé  bien  avant  le  temps  stipulé. 

Les  pièces  furent  alors  mises  à  l'épreuve,  et  un  grand 
nombre  de  témoins  purent  affirmer  qu'elles  avaient  donné 
pleine  satisfaction. 

Mais  la  ville  de  Hal,  sans  doute  ruinée  par  les  in- 
cessants désordres  de  cette  époque  si  troublée,  ne  put 
exécuter  ses  engagements  ni  prendre  livraison  des  fau- 
conneaux. Ils  restèrent  donc  déposés  à  Malines.  Dans 
l'entretemps,  cette  ville  fut  prise  et  livrée  au  pillage  par 
les  troupes  des  Etats,  et  un  capitaine  anglais,  nommé 
Corne,  s'empara  des  pièces  d'artillerie;  il  ne  voulut  les 
restituer  que  moyennant  payement  d'une  forte  rançon, 
que  le  fondeur  fut  forcé  d'acquitter  (2). 


(i)  Archives  communales  de  Malines.  Comptes  de  la  ville,  1578-80, 
f"  236,  v°.  Nous  devons  particulièrement  remercier  M.  l'archiviste  Her- 
mans,  qui  nous  a  grandement  facilité  les  recherches  dans  le  riche  dépôt 
confié  à  ses  soins  éclairés. 

(2)  Ces  troupes  étaient  probablement  parties  d'Anvers.  Nous  trouvons  en 


FONDEURS    DE    CANONS,    A    MALINES  8g 

Pour  éviter  le  renouvellement  de  semblable  mésaven- 
ture, le  fondeur  conduisit  les  fauconneaux  à  Anvers,  où 
il  ne  réussit  à  les  vendre  qu'en  subissant  une  perte  fort 
considérable. 

C'est  sans  doute  dans  l'espoir  d'obtenir  quelque  jour 
une  compensation,  que  vanden  Nieuwenhuysen  fit  attes- 
ter tous  ces  faits  par  devant  le  magistrat  de  Malines. 
Les  ouvriers  qui  avaient  travaillé  à  la  fonte  des  pièces, 
les  témoins  qui  avaient  assisté  aux  "expériences  d'essai, 
et  certains  bourgeois  de  Malines,  notamment  Henri 
Stryvens,  âgé  de  48  ans,  et  Augustin  van  den  Broeck,  du 
même  âge,  confirmèrent  la  véracité  des  affirmations  du 
fondeur,  en  un  acte  officiel  dont  la  copie  a  été  conservée  : 
Ad  uni  corain  dcn  coigm  vander  Camere  opten  xxij  jan  8S  (i). 

A  la  même  époque,  l'atelier  Malinois  fabriquait  aussi 
des  pièces  d'artillerie  pour  la  ville  de  Bruxelles.  Il  fut 
employé  pour  leur  fonte  une  composition  identique  à  celle 
dont  il  avait  été  fait  usage  pour  les  fauconneaux  de  Hal. 

Il  y  a  lieu  de  mentionner  encore  une  autre  contesta- 
tion que  vanden  Nieuwenhuysen  eut  avec  le  magistrat  de 
la  ville  d'Ypres.  Celui-ci  lui  avait  fait,  en  i582,  une  com- 
mande importante  de  pièces  d'artillerie  de  divers  calibres. 

Le  fondeur  s'était  mis  promptement  à  l'œuvre,  et  peu 
après  il  achevait  deux  demi  bombardes  et  deux  fau- 
conneaux, twec  halff  cortauwen  ende  twee  falconnetten.  Ces 
pièces,  après  essai,  furent  trouvées  en  parfait  état,  et  li- 
vrées sans  plus  tarder  au  gouverneur  de  la  cité  flamande. 

Il  restait  à  fabriquer  deux  couleuvrines  et  quatre  demi 
couleuvrines,  twee  slangeii  ende  vicr  halff  slangeti.  Ces 
pièces  devaient  avoir  une  longueur  uniforme  de  12  1/2 
pieds.  Les  deux  premières  furent  achevées,  et  il  ne  res- 


effet  dans  les  comptes  de  cette  ville,  en  i583  :  Betaeît  de  dekens  van  de  scippers 
ambacht  40  ponden  A  rfois  vuyt  lasfe  van  inyven  heeren  gevuevi  hehbende  naer  MecheUn 
seker  engelsche  soldaten. 
(i)  Archives  de  Malines.  Inventaire  VI,  p.  i65,  n°  6. 


go  FONDEURS    DE    CANONS,    A   MALINES 

tait  plus  qu'à  graver  sur  la  culasse  les  armoiries  d'Ypres; 
des  quatre  dernières,  deux  furent  terminées  presqu'en 
même  temps. 

Le  métal  de  fonte  avait  été  choisi  de  première  qualité; 
il  était  composé  de  cuivre  rouge,  additionné  de  déchets 
de  cuivre  de  même  nuance,  provenant  de  Suède  et  de 
Hongrie  :  van  loflycke  stoffc  wesendc  mecr  dan  dry  deelcn  van 
gocdcn  roodcn  copere,  Zweets,  Hongcrs  ende  roodc  coperen 
schroolingen. 

Le  fondeur  préparait  en  même  temps  les  formes  pour 
les  pièces  qui  lui  restaient  à  livrer,  quand  subitement  il 
reçut  l'ordre  d'arrêter  son  travail.  Par  suite  des  change- 
ments politiques  survenus  en  Flandre,  de  grootc  vcrandc- 
ringe  corts  daer  nae  gebucrt  in  Vlaanderen,  la  ville  d'Ypres 
déclarait  simplement  renoncer  à  prendre  livraison  des 
dernières  pièces. 

Van  den  Nieuwenhuysen,  craignant  la  même  mésaven- 
ture que  pour  les  canons  de  Hal,  et  voulant  soustraire 
les  pièces  aux  hasards  d'un  nouveau  pillage,  les  condui- 
sit toutes  à  x^nvers.  C'est  là  qu'elles  furent  essayées,  et, 
après  examen,  vendues  tôt  zynder  grooten  schacdcn. 

De  nouveau,  dans  l'espoir  de  pouvoir  quelque  jour  être 
indemnisé  par  la  ville  d'Ypres,  de  la  perte  dont  elle  était 
responsable,  vanden  Nieywenhuysen,  fit  en  i585,  consi- 
gner en  un  document  officiel,  toutes  les  péripéties  de  cette 
malheureuse  affaire  (i). 

Une  compensation  lui  était  toutefois  réservée,  car  il 
reçut  peu  après  de  nouvelles'  commandes,  que  cette  fois 
il  put  exécuter  sans  autres  contretemps,  car  les  comptes 
de  la  ville  de  Malines  témoignent  que  pendant  l'exercice 
i588-8g,  il  lui  fut  payé  go  livres  d'Artois,  solde  d'une 
somme  de  162  florins  qui  lui  était  due  pour  certaines 
pièces  d'artillerie  qu'il  avait  précédemment  livrées  : 


(i)  Archives  de  Malines.  Inventaire,  f"  93,  v". 


FONDEURS    DE    CANONS,    A    MALINES  QI 

Bctaclt  M'  Gccrt  vandcn  Nieiiwenhuyse  op  rckcnninge  van 
hondert  Ixij  gitlden,  die  dcn  selven  noch  comcndc  was  van 
sckcrc  stiickcn  gesciits  byden  selven  aende  stadt  gelevert  volgende 
svne  rcqucste  ende  appostille  der  selver  ende  by  qiiitantie  van 
den  selven  van  Nieiiwenhuyse.   '  x  c.  %.  Artois  (i). 

Le  soin  de  la  direction  de  son  important  atelier  de 
fonderie  n'empêchait  pas  Gérard  vanden  Nieuwenhuy- 
sen  de  remplir  d'autres  fonctions  encore.  C'est  ainsi 
que  nous  le  rencontrons  en  i586,  et  pendant  les  années 
suivantes,  au  nombre  des  proviseurs  de  l'hospice  de  la 
Putterie,  à  Malines.  C'est  ce  titre  qu'il  prend  dans  cer- 
tains actes  passés  par  devant  le  magistrat  d'Anvers,  et 
dans  lesquels  des  rentes  sont  constituées  au  nom  de 
M''  Geeraert  van  Nyeiiwenhuyse  proviseur  des  goidshuys  van 
S^'^  Heylwich  geseegt  de  piitterye  binnen  der  stede  van  Meche- 
len  (2). 

Gérard  vanden  Nieuwenhuysen  avait  épousé  Jeanne 
Suis;  il  mourut  le  24  février  i588;  sa  femme  le  suivit 
dans  la  tombe  le  16  mars  161 1.  Ils  furent  tous  deux  en- 
terrés  dans  l'église  Notre-Dame  d'au-delà  de  la  Dyle,  à 
jMalines,  où  pouvait  se  lire  sur  une  lame  de  cuivre,  près 
de  la  chapelle  Sainte-Croix,  l'inscription  suivante  : 

HIER  LEET  BEGRAVE  :  W  GEERARD 

VAN  :  NIEUWENHUYSE  IN  SYN  LEVEN 

ARTILLERIEGIETER  VAN  CONNICK 

PlILS  DEN  II^-^-  VAN  DIEN  NAME,  DIE 

STERFF  AN"  XV^  LXXX  VIII  DEN  XXII^" 

FEBRUARI 

ENDE  JOUFF^  JOANNA  SULS  SYNE 

WETTIGHE  HUYSVR  DIE  S TERF  ANNO 

X\'F  XI  DEN  XVI  MEERTE 

BIDT  VOOR  DE  ZIELEN 


(i)  Archives  de  Malines.  Comptes  i588  89,  f"  io3,  v^. 

(zj  Archives  communales  d'Anvers.  Schepen  bvicveu.  hP  i586  &  N.  II,  f"  89 
et  K  &  B.  I,  !'■  277. 


g2  FONDEURS    DE    CANONS,   A    MALINES 

Une  pierre  sépulcrale,  placée  dans  le  sol  de  la  cha- 
pelle, reproduisait  une  seconde  fois,  en  termes  pres- 
qu'identiques,  la  même  inscription  (i). 

A  la  mort  de  Gérard  vanden  Nieuwenhuysen,  sa 
veuve  dirigea  pendant  un  certain  temps  la  fonderie  Ma- 
linoise. 

C'est  ainsi  que  le  29  juillet  iSgg,  Luc  Sabot,  agissant 
au  nom  de  la  gilde  de  la  vieille  arbalète  à  Anvers,  à  la 
requête  du  guide  de  Si-George,  nomé  la  vieil  arbalestre,  et 
accompagné  de  deux  notaires  Malinois,  Lambert  Deens 
et  Pierre  de  Muntere,  se  rendit  chez  la  vefve  de  feu  M' 
Gérard  de  Nieiiwenhuyse  en  son  teinps  fondeur  d'artillerie  de 
S.  M.  and'  Matines,  près  la  porte  de  Bruxelles,  pour  y  exa- 
miner une  pièce  d'artillerie  qui  avait  précédemment  été 
confiée  au  fondeur  malinois  pour  être  réparée  ou  refon- 
due. Elle  avait  été  fabriquée  en  i543,  à  Utrecht,  par  le 
fondeur  Jean  Tolhues. 

Les  délégués  trouvèrent  le  canon;  c'était,  d'après  leur 
témoignage,  une  vieille  artillerie  d'espèce  dune  coleuvrine  ayant 
le  devant  osté  ou  scié  jusques  aux  daulphins. 

La  description  de  cette  pièce,  mentionnée  dans  le 
procès-verbal  des  tabellions  Malinois,  est  assez  intéres- 
sante pour  l'histoire  de  l'artillerie  au  xvi^  siècle. 

Le  nom  du  fondeur  y  était  naturellement  renseigné. 
On  lisait,  en  effet,  en  un  cercle  rondprez  dufagou  de  laquelle 
pièce  est  escript  ainsy  :  Jan  Tolhues  van  Utrecht  1S43. 

Aux  deux  côtés  se  trouvaient  gravées  des  inscrip- 
tions flamandes,  composées  en  rimes,  et  conçues  comme 
suit  : 

Ick  ben  een  instrument  om  vyanden  te  kellen 
Ende  voor  den  naem  den  ridder  S'  Joris  ter  eer. 


(i)  Cette  inscription  est  rapportée  avec  quelques  erreurs  de  date,  dans  le 
volume  :  Pvovincu,  siad  en  district  van  Mechelen. 


FONDEURS   DE   CANONS,    A   MALINES  qS 

et  d'autre  part  : 

Ick  spenwe  vierige  clooten  als  helsche  draken 

Daer  vore  heefé  my  den  ouden  voetboghe  doen  maccken, 

ce  qui,  d'après  la  pièce  officielle,  est  aultant  a  dire  : 

Je  suis  un  instrument  pour  repousser  l'cnnemy 
Au  nom  et  honneur  du  chevalier  Saint  Georges 
et 

Je  desgorge  boulets  ardants  comme  dragons  infernaux, 
A  quel  effet  le  vieil  arbalestre  m'a  f aie  faire. 

Au-dessus  de  la  pièce,  se  voyaient  les  armes  de  la 
ville  d'Anvers,  entourées  de  la  guirlande  de  roses  sym- 
boliques, premièrement  le  bourg  ou  armoiries  d'Anvers  oivi- 
ronné  de  la  guirlande  de  roses;  puis  dans  un  médaillon, 
Saint  Georges  à  cheval,  transperçant  le  dragon  de  sa 
lance,  S'  George  frappant  à  cheval  avec  le  dragon  aux  pieds 
ayant  un  esclat  de  la  lance  par  travers  de  la  gueule. 

Enfin,  un  peu  plus  bas,  était  représentée  une  arbalète, 
également  entourée  d'une  couronne  de  roses  et  d'un 
cercle  portant  ces  mots  :  Oudefi  voetboghe  (i). 

Cette  curieuse  description  prouve  que  vanden  Nieu- 
wenhuysen  ne  travaillait  pas  seulement  pour  les  souve- 
rains et  les  villes,  mais  également  pour  les  gildes  et  cor- 
porations. 

Peu  après,  la  direction  de  la  fonderie  passa  à  son  fils 
Gaspard  vanden  Nieuwenhuysen,  qui  joua  un  rôle  beau- 
coup plus  effacé  que  son  père.  Du  reste,  à  cette  époque 
la  fonderie  de  canons  Malinoise  perdit  beaucoup  de  son 
importance,  et  l'on  ne  trouve  plus  que  de  rares  m.entions 
de  son  existence. 

Gaspard   vanden   Nieuwenhuysen   obtint   cependant, 


(i)  Archives  communales  d'Anvers.  CerMcad  Boek,  A°  iSgi,  f°  36i. 


94  FONDEURS    DE    CANONS,    A    MALINES 


comme  son  père,  le  titre  de  maître  fondeur  du  roi;  il 
avait  épousé  Marie  van  Overbeke,  qui  était  veuve  en 
premières  noces  de  Georges  vander  Strepen,  secrétaire 
de  la  ville  de  Bruxelles. 

Nous  rencontrons  le  nom  du  fondeur  Malinois  dans 
quelques  actes  d'intérêt  privé.  C'est  ainsi  qu'il  se  rendit 
vers  cette  époque  acquéreur  de  4  bonniers  et  147  verges 
de  terrain  dans  le  polder  d'Austreweel,  près  d'Anvers, 
au  lieu  dit  hd  Rmcxscl,  qui  lui  furent  vendus  par  Cathe- 
rine \^ergalden  et  ses  enfants  (i). 

Une  autre  fois  vanden  Nieuwenhuysen  intervint,  au 
nom  de  sa  femme,  dans  une  convention  en  vertu  de 
laquelle  Lancelot  vander  Strepen,  haut  bailli  de  Tir- 
lemont,  cédait  une  somme  de  400  florins  à  Georges  van- 
der Strepen,  son  neveu,  fils  du  premier  mariage  de 
Marie  van  Overbeke  (2). 

Gérard  vanden  Nieuwenhuysen  mourut  le  8  jan- 
vier 1626;  sa  femme  l'avait  précédé  dans  la  tombe,  et 
était  décédée  le  16  janvier  1616. 

Ils  furent  également  enterrés  en  l'église  Notre-Dame 
à  Malines,  où  pouvait  se  lire  l'inscription  suivante  fixée 
à  un  des  piliers  du  côté  septentrional  du  temple  : 

•HIER  LEYT  BEGRAVEN 

GASPAR  VANDEN  NIEUWENHUYSEN 

ARTILLERIE  GIETER  VAN  SYNE  CO.  MA' 

VAN  SPAIGNIEN   DIE  STERFF 

ANO  XVI  XXVI  DEN  VIII  JANUARUS 

EN  JOUFFR.  MARIE  VAN  OVERBEKE  SYNE 

WETTIGE  HUYSVR.  STERFF  AN»  1616  16  JANUARII 

BIDT  VOOR-  DE  ZIELEN. 

A  la  suite  de  circonstances  que  nous   ignorons  jus- 


Ci)  Archives  d'Anvers.  Minutes  du  notaire  J.  Thomas.  Mars  1688. 
(2)  Archives  d'Anvers.  Schepen  hrieven.  A"  i6i3,  G.  &  K.  III,  f°  128. 


FONDEURS    DE    CANONS,   A   MALINES  qS 

qu'ici,  la  fonderie  de  canons  était  devenue  la  propriété 
particulière  de  Gaspard  vanden  Nieuwenhuysen  ;  à  sa 
mort,  elle  fut  mise  en  vente  et  achetée  par  l'Etat,  qui 
en  donna  la  direction,  en  1634,  à  un  hollandais,  Jean 
Sithof  (i). 

Fernand  Donnet. 


(i)  P.  Henrard,  Les  fondeurs  d'artillerie. 


Du  rôle  des  Chapitres  Ecclésiastiques 


DANS    L  ORGANISATION    DE 


L'ENSEIGNEMENT    AUX    PAYS-BAS    (0 


ORSQUE  l'empereur  Charlemagne  résolut  de 
combattre  l'ignorance  et  de  répandre  l'instruc- 
tion dans  ses  vastes  états,  il  ordonna,  par  son 
capitulaire  de  l'an  787,  adressé  à  Bandulphe, 
abbé  de  Fulde,  à  tous  les  évèques  et  à  tous  les  monas- 
tères, d'instituer,  près  des  cathédrales  et  des  monastères, 
des  écolàtres  zélés  et  capables. 

Ces  prescriptions  furent  généralement  suivies.  Les 
chapitres  ecclésiastiques  fondés  dans  les  provinces  belges 
se  firent  une  obligation  de  confier  à  un  de  leurs  membres 
le  gouvernement  de  l'école  annexée  à  leur  chapitre.  A 
l'origine,  l'écolàtre  donnait  lui-même  l'enseignement, 
mais  le  plus  ordinairement,  surtout,  à  dater  de  la  fin  du 
XII"""  siècle,  sa  mission  principale  consistait  à  inspecter 
et   à  contrôler  l'établissement  scolaire.   Exceptionnelle- 


(i)  Cette  notice  était  destinée  à  paraître  dans  le  compte-rendu  du  Con- 
grès archéologique,  tenu  à  Malincs  en  1897.  L'impression  n'en  ayant  pu  se 
faire  dans  ce  recueil,  nous  la  publions  dans  le  Bulletin  du  Cercle,  en  la  fai- 
sant suivre  de  documents  inédits  concernant  l'écolatrie  du  chapitre  de 
Saint- Rombaut  à  Matines. 


gS  LES   CHAPITRES   ECCLÉSIASTIQUES 

ment,  l'écolàtre  a  pu  enseigner  lui-même,  mais  le  plus 
souvent,  il  faisait  choix  d'un  ou  de  plusieurs  clercs, 
capables  d'instruire  les  enfants. 

L'école  collégiale  fut  dans  le  principe  l'unique  établis- 
sement scolaire  de  la  localité;  le  chapitre,  soit  par  la 
force  des  choses,  soit  par  concession  de  l'autorité  reli- 
gieuse ou  du  souverain,  finit  par  acquérir  le  monopole 
de  l'enseignement.  Toutefois,  lorsque  le  pouvoir  commu- 
nal eut  acquis  une  force  plus  grande,  que  la  population 
se  fut  développée,  il  arriva  que  les  pouvoirs  locaux  ou 
même  des  particuliers  entreprirent  d'ériger  des  écoles. 

Des  conflits  surgirent  dans  plusieurs  villes  entre  l'au- 
torité communale  et  les  chapitres.  Le  pape  Alexandre  III 
s'était  déclaré  positivement  hostile  au  monopole.  Dans 
un  bref  de  1172-1173,  il  reconnaît  à  chacun  le  droit 
d'ouvrir  une  école. 

Malgré  cette  décision,  des  circonstances  spéciales  ame- 
nèrent des  contestations  et  des  procès.  L'autorité  civile 
dut  intervenir.  A  Gand,  notamment,  la  comtesse  Jeanne 
de  Constantinople  confirma,  en  novembre  1275,  au  doyen 
et  au  chapitre  de  Sainte- Pharaïlde,  la  direction  des 
écoles  à  conférer  gratuitement  tous  les  ans  à  une  personne 
capable,  qui  devra  être  présentée  à  la  comtesse  et  agréée 
par  elle.  A  Ypres,  le  chapitre  de  Saint- Martin,  invoquant 
une  bulle  donnée  le  11  août  1196  par  le  pape  Célestin  III, 
prétendait  que  nul  n'avait  le  droit  d'ériger,  sans  son 
autorisation  spéciale,  des  écoles  dans  les  paroisses  de  la 
ville.  Cette  prétention  fut  contestée  par  les  bourgeois  et 
les  échevins,  et  des  écoles  furent  ouvertes  sans  la  permis- 
sion des  chanoines.  Un  conflit  surgit,  les  échevins  en 
appelèrent  au  Souverain  Pontife.  Enfin,  un  accord  inter- 
vint le  6  novembre  i253.  On  reconnut  la  liberté  de 
tenir  des  écoles  inférieures  (parvae  scholae)  et  d'y  ensei- 
gner jusque  ad  catonem,  c'est-à-dire  jusque  l'enseignement 
de   la  grammaire   latine,    et   ce  sans   avoir  obtenu   ni 


99 


demandé  l'autorisation  (licentia)  soit  du  prévôt  du  cha- 
pitre, soit  de  l'administration  de  la  commune. 

Bon  nombre  de  chapitres  conservèrent  pendant  plu- 
sieurs siècles,  si  pas  le  droit  exclusif  d'autoriser  l'établis- 
sement des  écoles,  tout  au  moins  le  privilège  de  faire 
inspecter  par  leur  écolàtre,  les  établissements  scolaires 
dans  les  localités  de  leur  siège.  Citons  seulement  les 
chapitres  de  Tournai,  de  Mons,  de  Malines,  de  Valen- 
ciennes,  etc. 

Au  chapitre  de  Saint-Rombaut  à  Malines,  la  charge 
d'écolàtre  qui  était  remplie,  en  i25o,  par  Arnold  de 
Zellaer,  ne  constituait  pas  un  bénéfice,  mais  un  office 
spirituel.  Elle  consistait  à  examiner  les  maîtres  et  les 
maîtresses  d'école  avant  de  les  admettre  à  enseigner  et  à 
leur  délivrer  des  lettres  de  collation.  L'écolâtre  avait  en 
outre  à  visiter  les  écoles  (i). 

A  la  suite  de  plusieurs  débats,  il  intervint  le  i3  sep- 
tembre i/|48  et  le  24  juillet  1450  des  arrangements  entre 
le  chapitre  et  l'autorité  communale  pour  le  règlement  de 
la  question  scolaire.  Les  échevins  voulaient  en  1448 
ériger  un  établissement  notable  et  réclamaient  le  droit 
de  choisir  les  maîtres;  le  chapitre  accéda  à  cette  propo- 
sition à  condition  que  ces  maîtres  lui  seraient  présentés 
et  recevraient  de  lui  des  lettres  d'admission  s'ils  étaient 
reconnus  capables.  Les  maîtres  devaient  en  outre  prê- 
ter serment  au  chapitre  qu'ils  participeraient  et  enga- 
geraient leurs  élèves  à  concourir  au  chant  des  offices 
divins  dans  leur  église  collégiale.  Le  recteur  des  écoles 
exercerait,  sous  l'approbation  du  magistrat,  son  autorité 


(i)  Scholasterschap  geen  bénéficie,  maer  een  geestelyke  bediening.  De 
geestelj-ke  bediening  bestaet  in  het  exaniineren  van  de  schoolmeesters  en 
schoolmeesterssen,  voor  dat  zy  tôt  dit  ampt  ontfangen  woorden,  en  hun  te 
geven  brieven  van  collatie,  ook  in  het  visiteeren  van  de  scholen.  Déclara- 
tion du  10  mars  1787.  Chambre  des  comptes,  n°  46655.  Archives  générales 
du  royaume,  à  Bruxelles. 


100  LES   CHAPITRES   ECCLÉSIASTIQUES 


sur  toutes  les  écoles  grandes  et  petites.  La  ville  s'enga- 
geait à  le  rétribuer. 

La  sphère  d'action  des  chapitres  sur  l'organisation  et 
le  développement  de  l'enseignement  ne  se  limita  pas 
toujours  à  la  localité  de  leur  résidence.  Elle  s'étendit 
souvent  dans  des  communes  où  ces  chapitres  avaient 
acquis  de  l'influence,  soit  par  la  possession  de  biens,  soit 
par  l'obtention  de  droits  ou  de  privilèges.  Ce  fait  histo- 
rique n'a  pas,  que  nous  sachions,  été  mis  jusqu'ici  en 
relief,  au  moins  pour  les  provinces  belges. 

Il  nous  est  permis  de  publier  un  document  curieux  et 
inédit  qui  vient  mettre  en  évidence  le  fait  que  nous  si- 
gnalons. Il  s'agit  d'une  charte  de  Marguerite  de  Constan- 
tinople,  comtesse  de  Flandre  et  de  Hainaut;  par  lettres 
du  mois  d'octobre  1248,  elle  concéda  en  aumône,  au  cha- 
pitre de  Saint-Géry,  à  Valenciennes,  le  droit  d'écolâtrie 
dans  les  villes  de  Beaumont  et  de  Braine-ie-Comte,  ainsi 
qu'au  village  de  Pont-sur-Sambre.  Ces  écoles,  qui  lui 
appartenaient,  devaient,  à  perpétuité,  être  à  la  collation 
du  chapitre,  lorsque  la  vacance  se  produirait  entre  les 
fêtes  de  Pâques  et  de  la  Pentecôte.  On  remarquera  la 
reconnaissance  par  la  comtesse  Marguerite  que  les  écoles 
et  le  droit  sur  ces  établissements  regardent  plutôt  l'auto- 
rité spirituelle  que  le  pouvoir  temporel. 

Le  chapitre  de  la  Salle,  à  Valenciennes,  se  trouvait,  en 
vertu  d'une  concession  de  Baudouin,  comte  de  Flandre 
et  de  Hainaut,  en  date  du  9  août  1196,  en  possession 
des  écoles  de  Valenciennes,  et  nul  n'y  pouvait  ouvrir  un 
établissement  scolaire  sans  une  licence  de  son  écolâtre(i). 
La  comtesse  Marguerite  accrut  les  droits  de  ce  chapitre, 
en  lui  soumettant  des  écoles  de  trois  localités  de  son 
domaine. 

La  charte  de  1248  est  d'autant  plus  précieuse  qu'elle 


(i)  MiR.Kus  et  FopPKNS,  opéra  diplomaUca,  t.  II,  pp.  837  et  981. 


DANS    LENSEIGNEMENT   AUX    PAYS-BAS  lOI 

permet  de  constater  que,  dès  le  milieu  du  xiii"""  siècle, 
l'enseignement  était  organisé  dans  trois  communes  du 
Hainaut.  A  Braine-le-Comte,  on  ne  connaissait  pas  de 
mention  sur  la  situation  scolaire  avant  1341  (i).  Un  acte 
du  18  octobre  iSSg,  montre  que  le  chapitre  de  Valen- 
ciennes,  y  avait  conservé  le  droit  que  lui  avait  aban- 
donné la  comtesse  Marguerite. 

Nos  recherches  ne  nous  avaient  pas  révélé  l'existence 
d'une  école  à  Beaupaont  avant  l'année  1474  (2).  Il  est 
établi  que  cette  ville  était  dotée  d'un  enseignement  dès 
1248. 

Pont-sur-Sambre  est  aujourd'hui  une  localité  du  dé- 
partement du  Nord,  dans  l'arrondissement  d'Avesnes. 
Elle  avait  rang  de  paroisse,  déjà  au  xii"'"  siècle,  et  cette 
circonstance  explique  comment  la  comtesse  de  Hainaut 
se  préoccupa  de-  son  école.  Pont  perdit  dans  la  suite  de 
son  importance  et,  au  xiv""  siècle,  sa  paroisse  fut  réunie 
à  celle  de  Quarte. 

Un  autre  fait  est  le  droit  d'écolàtre  qu'exerça  dans  la 
ville  de  Lessines,  jusque  vers  le  milieu  du  xviii""  siècle, 
le  chapitre  de  N.-D.  de  Cambrai.  Le  magistrat  de  cette 
ville  payait  chaque  année,  à  l'écolàtre  du  chapitre  métro- 
politain, une  redevance  de  six  livres  parisis,  pour  «  con- 
gyet  et  licence  de  tenir  escholle  en  icelle  ville  ».  Les 
documents  ne  font  pas  connaître  si  c'est  par  suite  d'un 
accord  ou  pour  toute  autre  cause  que  cette  somme  était 
acquittée.  Dès  i56o,  les  échevins  de  Lessines  refusèrent 
le  paiement  de  la  taxe  «  pour  ce  qu'on  n'entend  ledit 
escolastre  à  cause  de  son  bénéfice  avoir  autorité  de  def- 
fendre  de  tenir  escolle  si  avant  que  en  icelles  les  enffans 
ny  soient  enseignez  ni  instruiz,  fors  que  de  bonne  doc- 
trine non  suspecte   ny   erroneuse  ».  Nouveau  refus  en 


(i)  Voir  notre  Histoire  de  renseignement  primaire  en  Hainaitt,  p.  120. 
(3)  Ouvrage  cité,  p.  247. 


102  LES    CHAPITRES    ECCLESIASTIQUES 

i58o,  mais  les  échevins  durent,  le  4  décembre  1601,  re- 
connaître, devant  le  Grand  Conseil  de  Malines,  la  légiti- 
mité de  l'obligation  à  laquelle  ils  avaient  voulu  se  sous- 
traire et  s'engager  à  solder  les  arriérés.  A  partir  de  1741, 
cette  redevance  ne  fut  plus  payée  (i). 

Ces  concessions  faites  à  des  chapitres  ne  furent  sans 
doute  pas  les  seules  dans  les  provinces  belges.  Il  serait 
utile  de  rechercher  si  des  actes  analogues  n'ont  pas  été 
accordés  pour  d'autres  chapitres;  on  apporterait  ainsi 
une  contribution  nouvelle  aux  annales  scolaires  de  notre 
pays.  Les  documents  relatifs  à  l'organisation  des  écoles, 
antérieurs  au  xiv"""^  siècle,  sont  rares  et  il  importerait  de 
les  rechercher  et  de  les  mettre  en  lumière. 

Ernest  Matthieu. 


(i)  Histoire  de  l'enseii^nement  primaire  en  Hainaui,  pp.  382-383. 


DANS    L  ENSEIGNEMENT   AUX    PAYS-BAS  Io3 


ANNEXES 


I 


Marguerite,  comtesse  de  Flandre  et  de  Hainaut,  donne 
au  chapitre  de  la  Salle,  à  Valenciennes,  les  écoles  de 
Braine-le-Comte,  de  Beaumont  et  de  Pont-sur-Sambre. 

Octobre  i248 

Nos  Margharetci,  Flandrie  et  Haynonie  comitissa,  universis  présen- 
tes litteras  inspecturis,  salutcm  in  Domino.  Notum  facimus  universis, 
quod  nos  habita  diligenii  consideratione  quod  ea  que  Dei  sunt  Deo 
sunt  reddenda  et  que  Cesaris  Cesari,  tam  scole  et  jus  earumdem 
magis  pertineant  ad  spiritualia  quam  ad  temporalia.  Pro  multis  peri- 
cuHs  evitandis  scolas  de  Pontibus  supra  Sambram,  de  Bellomonte  in 
Haynonia  et  de  Braina  Wihotica,  que  nostre  sunt  donationis,  ecclesie 
Béate  Marie  ad  Aulam  nostram  in  Valencenis  cum  jure  scolastrie  ad 
dictas  scolas  pertinente  in  puram  elemosinam  contulimus  perpétue 
possidendas.  Ita  tamen  quod  decanus  et  canonici  résidentes,  foraneis 
non  vocatis,  intcr  Pasca  et  Pentecostem  de  anno  solumniodo  subse- 
quenii  poterunt  con ferre.  Nec  aliquo  modo  decanus  et  capitukmi  ad 
vitam  alicuius  nec  plus  quam  de  uno  anno  una  vice  valebunt  easdem 
concedere.  In  cuius  rei  testimonium,  présentes  litteras  sigilli  nostri 
munimine  duximus  roborandas.  Datum  anno  Domini  m*  cc°  quadra- 
gesimo  octavo,  mense  octobri. 

Original  sur  parchemin,  auquel  ne  reste  qu'un  petit  fragment  du 
sceau  en  cire  blanche,  de  la  comtesse  Marguerite  p.  à  d.  q.  d.  p. 

Au  dos  :  «  de  donc  scolarum  de  Pontibuz  supra  Sambram,  de  Bel- 
lomonte in  Haynonia  et  Braina  Wihotica  que  pertinent  decano  et 
capitulo  béate  Marie  ad  Aulam.  » 

Fonds  du  chapitre  de  Saint-Géry,  à  Valenciennes;  Archives  du 
Nord,  à  Lille. 


I04  LES    CHAPITRES    ECCLÉSIASTIQUES 


II 


Acte  constatant  la  désignation  par  le  chapitre  de  la 
Salle,  à  \^alenciennes,  d'un  écolàtre  à  Braine-le-Comte. 

i8  octobre  1539 

In  nomine  Domini  amen.  Tenorc  presentis  instrumenti  puhlici 
CLinctis  pateat  evidenter  et  sit  notum  quod  anno  Domini  millesimo 
quingentesimo  tricesimo  nono,  indictione  duodecima,  mensis  octobris 
die  décima  octava,  pontificatus  sanctissimi  in  Cliristo  et  domini  nostri, 
domini  Pauli,  divina  providentia  pape  tertii,  anno  quinto,  in  mei  nota- 
rii  publici  testiumque  subscriptorum,  ad  hoc  vocatorum  specialiter  et 
rogatorum,  presentia  personaliter  constitutus  discretus  vir  Magist'.r 
Vicentius  Pétrin,  scolasticus  oppidi  de  Brania  Comiiis  in  Hanonia, 
sicut  per  patentes  litteras  sigillo  ecclesie  collégiale  béate  Marie  vir- 
ginis  in  Aulam  comiîis  Valenchenensis  munitas  sufficienter  docuit, 
principaliter  principaliter  pro  se  ipso,  citra  tamen  procuratorum  suo- 
rum  hactenus  per  eas  constitutorum  revocationem  fecit,  constituit, 
creavit,  nominavit  et  soiemniter  ordinavit  suos  veros  certos  continuos 
et  icdubitatos  procuratores  et  negociorum  suorum  infrascriptorum 
ministres  générales  et  spéciales.  Ita  tamen  quod  specialitas  qualitati 
non  deroget  nec  c  contra.  Ita  etiam  quod  non  sit  melior  conditio  pri- 
mitus  occupantis  nec  deterior  subsequontis,  seJ  quod  unus  eorum 
inceperir,  aiter  valeat  prosequi,  medinre  et  finire  cuni  effectu;  vestros 
honorabiles  ac  discretos  viros  dominum  Johannem  Nigri,  decanum 
prefate  Aule  comitis  Valenchenensis,  mngistrum  Johannem  Fabri, 
magistnnn  Jacobum  Labbe,  dominum  johannem  Placquet,  prefate 
Aule  comitis  Valenchenensis  canonicos.  Et  specialiter  ad  ipsius  consti- 
tuentis  nomine  tt  pro  eo  coram  veiierabilibus  ac  circumspectis  viris 
et  dominis  decano  et  capilulo  ecclesie  collegiate  Marie  Virginis  ad 
Aulam  comitis  Valenchenensis,  Cameracensis  diocesis,  in  eorum  loco 
vel  congregatione  capituli  comparendum;  ibique  dictam  scolastriam 
oppidi  de  Brania  Comitis  in  manus  prefatorum  dominorum  in  favorem 
magistri  Michaelis  de  la  Motte  cum  omnibus  juribus  et  pertinentis 
illius  universis  resigjj^dum  et  dimittendum.  Necnon  solemnitates 
ad  hoc  requisitas  faciendum  et  agendum  ac  etiam  litteras  dcsuper 
fieri  petendum  et  obtinendum  omniaque  alia  faciendum,  dicendum  e.st 
exercendum  quecumque  ipse  constituens  faceret  si^^resens  adesset. 


DANS    l'enseignement    AUX    PAYS-BAS  Io5 


Promittens  idem  constituens  se  ratum,  gratum  et  firmum  perpétue 
habiturum  quodcumque  per  dictos  procuratores  aut  unum  illorum 
de  premissis  actum  fuerit  seu  quodlibet  procuraturum  sub  ypotheca 
et  ob!i,i:atione  omnium  bnnorum  suoriim  mobilium  et  immobilium 
presentium  et  futurorum  eosque  relevaturum  indemnes  cum  cettris 
clericis  ntcnon  et  opportunis.  Acta  fuerunt  haec  Sonegiis  in  domo 
Nicola}-  Planchon,  laici,  anno,  indictione,  mense,  die  et  pontificatu 
prescriptis,  presentibus  ibidem  honorandis  viris  dominis  ac  magistris 
Mattheo  Picquavet  et  Nicolao  le  Bastenier,  presbiteris  Cameracensis 
diocesis,  testibus  ad  premissa  vocatis  atque  requisitis. 

Acte  sur  parrh.  avec  maniue  de  Claudius  Ryraée,  prêtre,  notaire 
apostoli(iue  et  impérial.  Fonds  du  chapitre  St-Géry  de  Valen- 
ciennes.  Archives  du  Nord  à  Lille. 


I06  LES    CHAPITRES    ECCLÉSIASTIQUES 

DOCUMENTS 
concernant  l'Ecolâtrie  de  St=Rombaut,  à  Malines 


13    septembre    i448 

In  nominc  Doniini.  Amen.  Pcr  hoc  presens  publicum  instrumentum 
ciinctis  patent  evidcnter  et  sit  notum,  quod  anno  a  nativitate  eiusdem 
millesimo  quadringentesimo  quadragesimo  octavo,  indictione  unde- 
cima,  die  vero  tercia  décima  mensis  septembris,  pontificatus  sanctis- 
simi  in  Christo  patris  et  domini  nostri,  domni  Nicolai,  divina  provi- 
dentia  pape  quinii,  anno  secundo,  in  nui  notarii  publici  et  testium 
infra  scriptorum,  ad  hoc  speciaHter  vocatorum  et  rogatorum,  presentia 
personaHter  constitutis  venerabilibus  et  circumspectis  viris  dominis 
Anthonio  Sanctus,  decano,  proprio  et  magistri  Johannis  de  Haren, 
Rumoldo  de  Winketo,  cantore,  etiam  proprio  et  magistri  Johannis  de 
Boechcm,  canonicorum  pro  tune  absentium,  nominibus,  Johanne  de 
Platea,  scolastico,  Johanne  Paumeti,  Jacobo  Lanen  et  Johanne  Tra- 
hukier,  coUegiate  ecclesic  sancti  Rumoldi  MachHniensis,  Cameracensis 
diocesis,  canonicis  capitulum  dicte  ecclesie  pro  tune  focientibus  et 
representantibus,  in  eorum  loco  capitulari,  capitulo  ad  hoc  indicto,  ad 
infra  scripta  capitulariter,  ex  una,  nec  non  magnificis  et  providis  viris 
Phihppo  de  Mayeghem,  magistro  comnuinitatis,  Gerardo  de  Cuyck, 
Johanne  de  Langhe,  Johanne  Rodants,  Henrico  de  Bock,  scabinis, 
Johanne  Ysewyn,  receptore,  et  Theoderico  de  Loen,  secretario  opidi 
MachHniensis,  propriis  et  aliorum  consulum  et  proconsulum  prefati 
opidi  MachHniensis  ac  totius  opidi  dicte  diocesis  nominibus,  ibidem 
simiHter  congregatis  et  adunatis,  ac  per  eosdem  consules,  proconsules 
et  opidum  ac  ab  eisdem  ad  infrascripta  deputatis,  partibus  ex  aUera, 
prefati  vero  deputati  exposuerunt  quaHter  ipsi  pluribus  et  diversis 
vicibus  super  regimine,  dispositione  et  ordinatione  uberiori  scolarum 
Machliniensium  que  tempore  labente  in  suppositis  et  aHas  satis  decre- 
verunt  cum  eisdem  dominis  capitulo  et  scolastico  sive  pcr  eosdem 
deputatis  coUoquia  amicabilia  mutuo   habuere,  sperantes,  si  prefati 


DANS    LENSEIGNEMENT   AUX    PAYS-BAS  IO7 


domini  capitulum  et  scolasticus  in  hoc  consentire  vellent,  quod  pre- 
libati  consules  et  proconsules  memorati  opidi  Machliniensis  regimem 
dispositionem  ac  ordinationem  scolarum  hujusmodi  habere  possent, 
ac  eligendi,  recipiendi,  conducendi,  et  nominandi  rectores  sive  gu- 
bernatores  earumdem  scolarum  utiles  et  ydoneos  potestatem,  et  eorum 
auctoritatem  eis  concedere  dignarentur  et  vellent  quod  ex  illis  con- 
sensu  pariter  et  assensu  ac  auctoritate  in.prefato  opido  afférent  mul- 
tiplicem  fructum,  ac  ibidem  brevi  tempore  salubribus  apud  Deum  et 
homines  scolares  tam  in  moribus  quam  scientia  et  virtutibus  profice- 
rent  incrementum,  maxime  ex  eo  quia  prefati  consules  et  proconsules 
notabilem  domum,  in  qua  hujusmodi  scolares  morum  et  scientiarum 
incrementa,  Deo  dante,  sub  utilibus  rectoribus  et  gubernatoribus,  ac- 
quirere  possent,  erigere  et  edificari  facere,  ac  utiles  et  ydoneos  guber- 
natores  et  rectores  propriis  eorum  denariis  stipendiare  proponunt. 
Quapropter  prelibati  deputati  consulum  et  proconsulum  ac  opidi, 
nominibus  quibus  supra,  eosdem  dominos  capitulum  et  scolasticum 
premissis  et  pluribus  aliis  rationabilibus  causis  per  eos  ibidem  allegatis 
attentis  in  Domino  caritative  exhortabantur  quatenus  eis  in  premissis 
super  regimine,  dispositione  et  ordinatione  scolarum  Machliniensium 
hujusmodi  suum  assensum  pariter  et  consensum  prebere,  ac  ipsis 
unum  aut  plures  utiles  et  ydoneos  rectores  et  gubernatores  earumdem 
eligendi,  conducendi,  recipiendi  et  nominandi,  scolastico  perpetuis 
futuris  temporibus  inantea  quem  seu  quos  prefatus  scolasticus  pro 
tempore  existens  prefatis  dominis  capitulo  presentare,  ac  capitulum 
presentatum  seu  presentatos  hujusmodi  dummodo  ydoneus  seu  ydonei 
fuerit  seu  fuerint,  admittere  habeant  et  teneantur,  et  nullatenus  recu- 
sare  facultatem  pariter  et  eorum  auctoritatem  elargiri  gratiose  et  con- 
cedere dignarentur.  Quiquidem  domini  capitulum  et  scolasticus  habita 
per  et  inter  eos  aliquamdiu  matura  deliberatione  super  premissis  singu- 
lisque  attentis  que  fuerint  attendenda,  cupientes  summopere  regimini 
hujusmodi  scholarum  quantum  possunt,  utilius  providere,  attendentes 
premissa  fore  justa  ac  rationi  consona,  scholasticus  vero  primo  ut 
scolasticus  ac  deinde  capitulum  prefati  nominibus  quibus  supra  omni- 
bus melioribus  modo  via  jure  causa  et  forma  quibus  melius  et  efficatius 
potuerunt  et  debuerunt  ac  quilibet  eorum  potuit  et  debuit  ac  ex  eorum 
certa  scientia  et  animo  plene  deliberato  ex  antefatis  et  pluribus  aliis  ra- 
tionabilibus de  causis  animos  eorum  ad  id  moventibus  ut  asseruerunt 
prefatis  consulibus  et  proconsulibus  ac  opido  instantibus  et  petentibus 
de  et  super  regimine  scolarum  hujusmodi,  ac  earum  dispositione  et 
ordinatione,  nec  non  unum  aut  plures  rectores  ydoneos  scolarum  hujus- 
modi eligendi,  conducendi,  recipiendi  et  scolastico  pro  tempore  existenti 


I08  LES    CHAPITRES    ECCLÉSIASTIQUES 


nominandi  suos  conscnsum  pariter  et  assensum  perpetuis  futuris  tem- 
poribus  extunc  inantea  quantum  in  ipsis  fuerit  prebuerunt,  dederunt 
et  contribuerunt,  prout  prebent,dant  et  contribuunt  per  présentes,  pre- 
fatis  tamen  scolastico  pro  tempore  existent!  presentatione,  et  capitule 
hujusniodi  admissione  suis  in  premissis  ut  prefertur  semper  salvis,  ac 
etiam  eisdem  consulibus  et  proconsulibus  dicti  opidi  pro  tempore 
existentibus  desuper  eorum  facultatem  pariter  et  auctoritatem  perpe- 
tuis futuris  temporibus  extunc  inantea  premissis  presentatione  et 
admissione  semper  salvis  ut  prefertur,  gratiose  concesserunt  pariter 
et  elargiti  fuerunt,  quantum  in  eis  fuerit,  prout  concedunt  et  elargiun- 
tur  per  présentes.  Et  nichilominus  prefati  domini  scolasticus  primo  et 
deinde  capitulum,  nominibus  quibus  supra,  pro  se  et  suis  successoribus, 
promiserunt,  et  quilibet  eorum  promisit,  fide  média  in  manibus  mei 
notarii  publici  infrascripti  solemniter  stipulantis  et  recipientis  propter 
hoc  corporaliter  prestita,  conscnsum,  assensum,  facultatem  et  auctori- 
tatem predicta  ac  omnia  et  singula  premissa  tenere,  attendere,  obser- 
vare  et  observari  facere  perpetuis  futuris  temporibus,  et  non  contra- 
venire,  in  toto  vel  in  parte,  per  se  vel  alium  seu  alios,  publice  vel 
occulte^  directe  vel  indirecte,  quovis  quesito,  ingenio  vel  colore,  om- 
nibus remediis  juris  et  facti  cessantibus,  renuntiantes  nominibus  qui- 
bus supra,  et  quilibet  eorum  renuncians,  pro  se  et  suis  successoribus, 
in  premissis  omnibus  et  singulis  exccptionibus  doli,  mali,  vis,  metus, 
fraudis,  lesionis,  circumventionis,  non  sic  celebrati  contractus,  aliter 
fuisse  dictum,  recitatum,  stipulatum  quam  scriptum,  et  econverso, 
ignorantie  juris  et  facti,  omnique  juris  tam  novi  quam  veteris  auxilio, 
consilio,  bentficio,  subsidio  seu  favori,  omni  appellationis  seu  alterius 
proclamationis  autprosecutionis  remedio,ceterisqueprivilegiis,  juribus, 
constitutionibus,  indultis  apostolicis  et  imperialibus,  a  canone  vel  a  lege 
aut  alio  jure  scripto  homine,  seu  gratiis,  litteris,  statutis  municipalibus 
et  consuetudinibus,  factis  seu  Rendis,  datis,  concessis,  seu  dandis  et 
concedendis,  ac  omnibus  aliis  et  singulis  immunitatibus,  juribus,  defen- 
sionibus,  remediis,  et  exccptionibus  quibuscunque,  quibus  medianti- 
bus  contra  premissa  vel  eorum  aliquod  facere,  dicere  vel  venire 
possent,  aut  aliquis  eorum  posset,  aut  se  in  aliquo  juvare,  defendere 
quomodolibet,  vel  tueri  per  se,  alium  seu  alios,  publice  seu  occulte, 
directe  vel  indirecte,  quacumque  ratione  vel  causa,  aut  quovis  ingenio 
vel  colore,  et  specialiter  juridicenti  generalem  renuntiationem  non 
valere  nisi  precesserit  specialis.  De  et  super  quibus  omnibus  et 
singulis  premissis  tam  preifcati  domini  scolasticus  et  capitulum  quam 
memorati  deputati  consulum  et  proconsulum  sibi  a  me  notario  publico 
infrascripto  unum  vel  plura  publicum  seu  publica  fieri  petierunt  in- 


DANS    l'enseignement    AUX    PAYS-BAS  lOQ 


strumenta.  Acta  fuerunt  hec  Machlinie,  in  loco  capitulari  predicto, 
sito  ibidem  ad  latus  chori  prefate  ecclesie  sancti  Rumoldi,  sub  anno, 
indictione,  meiise,  die  et  pontificatu  quibus  supra,  presentibus  ibidem 
discretis  viris,  domino  Godefrido  Speelberch,  presbytero,  receptore, 
et  Jacobo  Speelberch,  villico  prefatorum  dominorum  Capituli  Ma- 
ciiliniensis  laico,  Cameracensis  diocesis  prefate,  testibus  ad  premissa 
vocatis  specialiter  et  rogatis. 

(Monogramme).  Et  ego  Theodericus  Grimmaer,  presb3'ter  Camera- 
censis diocesis,  publicus  Apostolica  auctoritate  notarius,  quia  premissis 
omnibus  et  singulis  dum,  sic  ut  prefertur,  fièrent  et  agerentur,  una  cum 
prenominatis  testibus,  presens  interfui,  eaque  sic  fieri  vidi  et  auJivi, 
idcirco  presens  publicum  instrumentum,  manu  alterius  fideliter  scrip- 
tum,  exinde  confeci,  subscripsi  et  in  hanc  publicam  formam  redegi, 
signoque  et  nomine  meis  solitis  et  consuetis  signavi  in  fidem  et  testi- 
monium  omnium  et  singulorum  premissorum,  rogatus  et  requisitus. 
Original,  sur  parchemin,  aux  Archives  de  la  ville  de  Malines. 

24  juillet  1450 

Universis  et  singulis  présentes  litteras  visuris  et  audituris  decanus 
et  capitulum  ecclesie  sancti  Rumoldi,  nec  non  magistri  communitatis, 
scabini  et  consules  ville  Machliniensis,  Cameracensis  diocesis,  salutem 
in  omnium  Salvatore.  Cum  jam  pluribus  et  diversis  vicibus  et  retro- 
actis  temporibus  super  salubri  regimine  seu  disposiiione  scolaruni 
dicte  ville  Machliniensis  que  plurimum  in  suppositis  et  alias  decreve- 
runt  tam  a  nobis  quam  predecessoribus  nostris  avisamenta  plurima  et 
conceptus  varii  habita  sunt,  res  tamtn  ipsa  nisi  modernis  temporibus 
ad  eftectum  perduci  potuit  votivum,  et  quominus  etiam  nuper  sanc- 
tissimus  in  Christo  pater  et  dominus  noster,  domnus  Nicolnus,  divina 
providentia  papa  quintus,  venerabili  et  circumspecto  viro  domino 
archidiacono  Antwerpiensi  in  ecclesia  Cameracensi  reformation  .*m  et 
plenariam  executionem  negocii  hujusmodi  per  ^uas  litteras  apostoli- 
cas  commiserit  ac  dédit  in  mandatis  quorum  vigore  revcrendus  pater 
dominus  et  magister  Willelmus  Bont,  utriusque  juris  doctor,  d'cti 
domini  nostri  pape  capellanus  et  ipsius  sacri  palatii  auditor,  ac  archi- 
diaconus  Antwerpiensis  in  dicta  ecclesia  Cameracensi  executor  et 
commissarius  in  eisdem  litteris  apostolicis,  ut  premittitur,  deputatus, 
inter  cetera  ad  unionem,  annexionem  et  incorporationem  fructuum, 
reddituum  et  proventuum  scholastrie  dicte  ecclesie  mense  capitulari 
ipsius  ecclesie,  necnon  ad  reservationem  juris  presentandi  rectorem 
seu  rectores  scolarum  eiusdem  ville  magistri  communitatis  scabinis 


IIO  LES    CHAPITRES    ECCLÉSIASTIQUES 


consulibus  ipsius  ville  pro  tempore  existentibus  juxta  vim  formam  e; 
tenorcm  litterarum  apostolicarum  hujusmodi  processerit  aliasque 
fecerit  ac  egerit  prout  et  quemadmodum  in  litteris  et  processibus 
desuper  confectis  latius  habetur  et  continetur,  nichilhominus  tamen 
ncc  iittere  ipse  apostolice  neque  processus  ipsius  domini  executo- 
ris  desuper  habiti  piis  nostris  votis  sufficiunt  neque  ad  plénum  de 
mutuis  conventionibus,  conditionibus  et  promissionibus  de  proborum 
et  jurisperitoruni  consilio  in  bac  re  amicabiliter  habitis,  factis  et  pro- 
missis  narrare  aut  mentionem  facere  videntur  quibus  omissis  seu 
oblivioni  datis  verisimiliter  inter  nos  imposterum  aliqualis  materia 
questionis  posset  suboriri,  quod  absit,  propter  ea  nos  decanus, 
capitulum,  magistri  communitatis,  scabini  et  consules  memorati  affe- 
ctantes summe  mutuam  caritatera  et  conventiones,  conditiones  ac 
promissiones  mutuo  amicabiliter  quoque  ac  rite  fjclas,  habitas  et 
promissas  firmiter  tenere  et  inviolabiliter  observare,  ideo  eisdcm  in 
omnibus  et  per  omnia  adherendo  et  inherendo  pro  maiori  declaratio- 
ne,  et  ne  imposterum  questionis  materia  insurgat  mutuo  ac  de  novo 
accordati  conventionati,  condicti,  condicionati  et  promi^si  sunt  et 
fuerunt  articuli  subséquentes.  Primo  videlicet  quod  rector  sive  redo- 
res scolarumMachliniensium  pro  tempore  existentium  per  legislatores 
dicte  ville  sem^l  presentatus  sive  presentati,  et  per  decanum  et  capi- 
tulum admissus  seu  admissi,  quamdiu  de  voluntate  legislatorum  dicte 
ville  rector  sive  rectores  dictarum  scolarum  permanserint.  Habebit 
seu  habebunt  et  obtinebunt,  de  ordinatione  et  consilio  tamen  dicto- 
rum  legislatorum  dicte  ville,  qui  pro  tempore  fuerint,  plenariam  et 
omnimodam  dispositionem  tt  ordinationem  omnium  et  quarumcum- 
cumque  scolarum  Machliniensium,  tam  parvarum  quam  magnarum, 
absque  aliqua  contradictione  seu  intermissione  decani  et  capituli  pro 
tempore  existentium  predictorum.  Item,  quod  rectore  sive  rectoribus 
ydoneo  sive  ydoneis  per  legislatores  édicté  ville  prejentato  sive  pre- 
sentatis  decanus  et  capitulum  prefati  tenebuntur  immédiate  ad  admis- 
sioncm  eiusdem  sive  eorurndem  rectoris  seu  rectorum,  alioquin  ipsius 
seu  ipsorum  exercitium  in  scolis  nullatenus  poterit  impediri.  Tenebi- 
tur  tamen  rector  talis  presentatus  seu  rectores  presentati  tenebuntur 
jurare  et  juramentum  prestare  dictis  dominis  decano  et  capitule 
quod  cooperabuntur  et  exhortabunt  scolares  ad  frequentandum  cho- 
rum  ipsius  ecclesie  et  ad  continuendum  cantum,  ne  ecclesia  ipsa  in 
divinis  patiatur  detrimentum.  Item,  quod  legislatores  dicte  ville  qui 
semper  pro  tempore  fuerint,  nomine  dicte  ville  imperpetuum  ad 
habendum  et  recuperandum  bonos,  ydoneos,  notabiles  et  sufficientes 
rectores  in  scolis  antedictis,  et  ad  illos,  si  opus  fuerit,  stipendiandos 


DANS    RENSEIGNEMENT   AUX    PAYS-BAS  III 


erunt  astricti  et  tenebuntur.  Insuper  mutuo  concordatum  est,  con- 
ventum,  conditionatum  et  promissum,  casu  quo  imposterum  con- 
tingat  de  novo  erigi  seu  alias  dotari  ac  fundari  novam  scolastriam  in 
dicta  ecclesia  sancti  Rumoldi  Machliniensi,  quod  extunc  et  eo  casu 
magistri  communitatis,  scabini  et  consoles  ville  predicte  pro  tempore 
existentes  imperpetuum  habebunt,  et  reservabunt  jus  nominandi  seu 
nominationem  rectoris  seu  rectorum  hujusmodi,  que  nominatio  débet 
fieri  scolastico  pro  tempore  existenti,  qui  ulterius  eundem  rectorcm 
seu  eosdein  rectores  tenebitur  presentare  dominis  decano  et  capitulo, 
et  domini  ipsi,  decanus  et  capitulum,  tenebuntur  admittere  juxta  con- 
ditiones  preexpressas  litteris  et  processibus  apostolicis  hujusmodi 
in  aliquo  non  obstantibus,  eisdem  tamen  in  aliis  omnibus  semper  sal- 
vis  fraude  et  dolo  seclusis.  Hinc  est  quod  nos  decanus  et  capitulum, 
ex  una,  ac  magistri  communitatis,  scabini,  et  consules  dicte  ville  pre- 
notati,  partibus  ex  altéra,  volentes  servare  fidem  pro  nobis  et  nostris 
successoribus,  conventiones,  conditiones  et  articules  supra  scriptos, 
promisimus,  et  tenore  presentium  promittimus  bona  fide  imperpe- 
tuum ratas,  gratas,  atque  firmiter  tenere  et  inviolabiliter  observare,  et 
contra  easdem  nunquam  facere,  dicere,  proponere  vel  allegare  per  nos, 
alium  seu  alios,  directe  vel  indirecte,  publice  vel  occulte,  quovis  que- 
sito,  colore,  renunciantes  pro  nobis  et  nostris  successoribus  in  pre- 
missis  omnibus  et  singulis  exceptionibus  doli,  mali,  vis,  metus,  fraudis, 
lesionis  omnique  juris  auxilio,  canonici  et  civilis,  aliisque  privilegiis, 
juribus,  constitutionibus,  indultis  apostolicis  et  imperialibus,  graiiis, 
litteris,  statutis,  et  consuetudinibus  factis  seu  fiendis,  datis  et  conces- 
sis,  seu  dandis  et  concedendis,  ac  omnibus  aliis  et  singulis  juribus, 
defensionibus,  remediis  et  exceptionibus  quibuscumque,  quibus  me- 
diantibus  contra  premissa  facere,  dicere  vel  venire  possemus,  aut  in  ali- 
quo nos  juvare,  defendere  quomodolibet  vel  tueri  quacumque  occasione 
vel  causa,  et  specialiter  juridicenti  generalem  renunciationem  non 
valere  nisi  processerit  specialis.  In  quorum  omnium  et  singulorum 
premissorum  robur  et  testimonium  sigilla  nostra  ad  c.iusas  presenti- 
bus  litteris  duximus  appendenda,  datis  et  confectis  vicesima  quarta 
die  mensis  julij  anno  Domini  millesimo  quadringentesimo  quinqua- 
gesimo.  Et  ulterius  has  easdem  litteras  in  majoris  roboris  firmitatem  per 
fidèles  nostros  scribas  et  notarios,  dominum  Theodericum  Grymmaer 
et  Walterum  Storm  subscribi  et  signari  mandavimus,  rogantes  etiam 
attente  prenominatum  dominum  archidiaconum  commissarium  qui 
fulminando  processum  antedictum  premissis  conditionibus  et  con- 
ventionibus  nostris  interfuit  quatenus  in  majorem  premissorum  tuitio- 
nem  sigillum  suum  presentibus  appendere  dignetur.  Et  nos  Willelmus 


112  LES    CHAPITRES    ECCLESIASTigUES 


BiMi',  archiJiiiconus  tt  commissaiins  supraJictus,  quia  prcmissis  con- 
ditii)nibus  et  conventionibus,  ac  dictorum  articulorum  ordinationibus 
inttrfuimus,  caque  sic  per  partes  premissas  Heri  vidimus  et  audivimus, 
idcirco  presentibus  litteris  ad  requestam  earumdem  partium  sigillum 
nostrum  appendi  fecimus,  anno,  mense  et  die  prescriptis,  in  evidens 
testimonium  premissorum  (i). 

Et  ego  Tlieodericus  Grimmaer,  presbyter  Cameracensis  diocesis, 
publicus  Apostolica  auctoritate  notarius,  dictorumque  venerabilium 
dominorum  meorum  decani  et  capituli  scriba  et  secretarius,  de  man- 
dato  eorumdem  dominorum  meorum  decani  et  capituli  his  présentes 
patentes  litteras  manu  propria  subsciipsi,  et  ipsas  signo  meo  manuali 
signavi,  requisitus,  in  evidens  testimonium  veritatis  premissorum. 

Et  ego  Walterus  Storm,  de  Machlinia,  clericus  CameracMisis  dioce- 
sis, venerabilium  dominorum  meorum  legislatorum  dicti  oppidi  Ma- 
chliniensis  scriba  et  secretarius,  ac  publicus  Imperiali  auctoritate 
notarius,  de  mandato  eorumdem  dominorum  meorum  legislatorum 
hanc  presentem  litteram  manu  propria  subscripsi  et  eandem  signo 
meo  manuali  signavi,  requisitus,  in  tvidentius  testimonium  vi.'ritatis 
premissorum. 

W.  Storm. 


Original,  sur  parchemin,  aux  A  rchivcs  de  la  ville  de  Maliites. 


(i)  Le  sceau  de  l'archidiacre  n'a  jamais  été  appendu  à  la  pièce.  Elle  n'a 
été  scellée  que  par  le  chapitre  et  par  le  magistrat  de  Malines;  leurs  sceaux 
s'y  trouvent  encore  attachés. 


Plrinrho  I. 


II 


)2?->.tli!')i^^  ttfitt  tn''ïi.  (lj?ûûtfaX\flf 


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pian  C)u  Palais  destiné  ai 

les  travauy,  commences  en  I52ô,  furent  acict;.-  .n  1534 


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III 


nlUlCII  11  H  U!  H  liliJI 


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Li  (^rau^  C(onseil  ^e  jO^alines 

le  ïceain  original  est  conscivi  auv  archives  ^c  la  Willc 


ancien  J^alais  bu  ©ranb  O^^^^^^l 


A  MALI  NES 


(NOUVEL    HOTEL    DES    POSTES) 


EPUis  la  ruine  de  la  Draperie,  l'ancienne  Halle 
de   Malines   était   demeurée   sans  destination 
particulière.    Les    quatre   ailes   de    bâtiments 
entourant  la  cour  intérieure,  a\aient  été   em- 
ployées comme  ateliers  ou  magasins. 

L'aile  principale  regarde  la  Grand'  place.  L'entrée  est 
percée  dans  le  soubassement  du  beffroi  dont  la  construc- 
tion est  inachevée.  A  l'extrémité  gauche  de  la  façade, 
s'élève  un  pignon  bâti  au  xvii"''  siècle,  lorsqu'une  partie 
de  l'aile  latérale  fut  convertie  en  remise  pour  les  Géants, 
les  chars  et  autres  objets  de  cavalcade.  Ce  local  fait 
aujourd'hui  partie  du  Musée  communal  et  renferme  une 
belle  collection  de  portraits  anciens. 

L'aile  opposée,  longeant  la  rue  de  Beffer,  fut  sacri- 
fiée, en  i526,  pour  la  construction  du  palais  destiné 
au  Grand  Conseil,  dont  l'érection  avait  été  décrétée, 
le  23  décembre  1473,  par  le  duc  Charles  le  Téméraire. 


114       ANCIEN   PAI-AIS  DU   GRAND  CONSEIL,  A  MALINES 

L'institution  de  cette  Cour  de  justice  eut  lieu  à  Malines, 
au  mois  de  janvier  suivant,  dans  la  maison  échevinale. 
Cette  installation  ne  pouvait  être  que  provisoire.  Le 
magistrat  ne  se  décida  cependant  pas  si  tôt  à  prendre 
sur  lui  les  frais  d'une  construction  nouvelle.  Le  trésor 
n'était  que  trop  épuisé  par  les  subsides  donnés  aux 
grands  personnages,  pour  l'achèvement  de  leurs  hôtels, 
et  par  les  dépenses  déjà  faites  pour  le  palais  de  la  Gou- 
vernante, non  encore  terminé.  Mais  pressés  par  l'empe- 
reur, les  éclfevins  sacrifièrent  une  partie  des  Halles  et 
commcncèient  l'érection  du  nouveau  Palais.  L'empereur 
voulut  y  coopérer  aussi  selon  ses  moyens,  et  il  promit 
d'intervenir  dans  les  frais,  pour  une  somme  de  six  mille 
florins  Carolus,  à  prélever  sur  la  moitié  des  confiscations 
et  amendes  arbitraires  qui  seraient  adjugées  par  le  Grand 
Conseil. 

Rombaut  Keldermans,  fils  d'Antoine  deuxième  du 
nom,  devenu  architecte  de  la  Ville  après  le  décès  de 
son  père,  en  janvier  i5i6,  fut  chargé  de  faire  le  plan  du 
nouveau  Palais  (voyez  planche  I). 

Installé  à  Anvers  depuis  iSig,  il  se  faisait  aider  dans 
ses  divers  travaux  par  son  neveu  Laurent.  Il  est  à  croire 
que  ce  dernier  coopéra  pour  une  bonne  part  à  la  confec- 
tion du  plan.  En  effet,  le  compte  de  la  Ville,  de  i53o- 
i53i,  nous  apprend  qu"il  reçut  trois  huitièmes  du  salaire, 
tandis  que  cinq  huitièmes  sont  payés  à  l'oncle.  Cette 
particularité  est  à  signaler.  Eneffet,  si  Laurent  avait  été 
un  simple  dessinateur  au  service  de  son  oncle,  celui-ci 
aurait  dû  lui-même  payer  les  gages,  ou  le  salaire,  de  son 
employé.  Mais  Laurent  reçoit  directement  du  Tréso- 
rier de  la  Ville,  une  livre  et  demie,  pour  son  travail,  vocr 
zynen  arbeyt  ;  tandis  que  deux  livres  et  demie  sont  payées 
à  Rombaut,  pour  la  peine  qu'il  s'est  donnée,  voer  zyn 
moyte.  Il  faut  en  conclure  que  le  premier  était  déjà  con- 


NOUVEL    HOTEL    DES    POSTES  Il5 


sidéré  quasi  comme  sous-architecte,  chargé  du  soin  des 
constructions,  en  remplacement  de  l'oncle  absent,  dont  il 
était  le  collaborateur.  Ce  qui  corrobore  notre  opinion, 
c'est  qu'après  le  décès  de  Dominique  de  Waghemakere, 
en  i527,  Laurent  devient  aussi  l'associé  de  Rombaut 
Keldermans,  pour  l'achèvement  de  l'hôtel  de  ville  de 
Gand  ;  et  nous  le  voyons  s'occuper  seul  de  ce  monument 
après  la  mort  de  son  oncle. 

Ces  considérations  ne  nous  empêchent  pas  de  regarder 
Rombaut  Keldermans  comme  auteur  du  plan.  Mais  nous 
ne  partageons  pas  l'avis  de  ceux  qui  soutiennent  que  le 
style  de  ce  plan  lui  est  entièrement  et  exclusivement 
personnel.  Ce  style,  ou  plus  exactement,  cette  majiière 
de  traiter  l'architecture  décorative,  était  déjà  en  usage  à 
la  fin  du  xv"'"  siècle.  Au  commencement  du  xv!"""  siècle, 
les  architectes  s'affranchirent  davantage  de  la  tradition, 
pour  développer  le  nouveau  système  avec  plus  de  fan- 
taisie, mais  aussi  avec  moins  de  logique.  Ils  semblent 
avoir  voulu  proscrire,  autant  que  possible,  l'usage  de  la 
règle  et  du  compas.  De  là,  dans  les  portiques,  ces 
essais  d'arcades  trilobées,  soutenues  la  plupart  du  temps 
par  des  ancrages  mal  dissimulés,  ces  frontons  à  con- 
tre-courbes, ces  réseaux  à  jour,  couvrant  toutes  les  sur- 
faces des  murs  (voyez  planche  II);  ces  charpenteries 
en  pierre,  exagérées,  aux  rempants  des  gables  et  aux 
crétages  des  toits.  Il  n'y  a  qu'à  voir  le  plan  du  Grand 
Conseil  pour  être  convaincu  de  la  justesse  de  cette  re- 
marque. 

Rombaut  Keldermans,  tout  en  suivant  la  tendance 
générale  de  son  époque,  a  peut-être  beaucoup  contribué 
à  la  développer  dans  ce  qu'elle  avait  de  capricieux,  et 
à  pousser  l'architecture  du  moyen  âge  vers  sa  chute,  par 
une  exagération  et  un  superflu  de  l'ornement,  qui  carac- 
térisent ses  œuvres  jusqu'à  un  certain  point,  sans  pourtant 
lui  être  exclusivement  propres.  Il  semble  influencé  par 


Il6       ANCIEN  PALAIS  DU  GRAND  CONSEIL,  A  MALINES 

ce  système  jusque  dans  sa  signature,  que  nous  donnons, 
à  titre  de  curiosité,  d'après  une  pièce  originale  tirée  d'un 


registre  de  la  gilde  des  Arbalétriers,  appelé  Doodschnlden, 
Dettes  des  Morts.  Les  membres  de  la  Gilde  y  in- 
scrivaient, de  leur  propre  main,  comme  un  codicille  tes- 
tamentaire. Par  cet  acte,  tout  à  fait  libre,  et  auquel  les 
règlements  de  la  Gilde  ne  l'obligeaient  point,  le  confrère 
déclarait  qu'après  sa  mort,  ses  héritiers  seraient  tenus 
de  payer  une  somme  déterminée,  au  profit  de  la  Gilde. 
Keldermans  lui  légua  douze  florins  Philippe  (i). 

La  signature  de   Laurent  Keldermans  est  du  même 
genre  que  celle  de  son  oncle.  La  voici  telle  que  nous  la 


trouvons  au  bas  de  l'expertise  des  travaux  exécutés  au 
palais  du  Grand  Conseil,  faite  le  g  octobre  i532,  à  la  de- 
mande du  Magistrat.  Cette  similitude  de  paraphe  semble 
encore  un  appui  à  l'opinion  :  que  les  architectes  du 
moyen  âge  suivaient  avant  tout  la  tradition  et  les  usages. 


(i)  Le  florin  Philippe,  Philips  g ulden,  valait  environ  fr.  i,63.  Voici  le  texte 
de  la  déclaration  écrite  par  Rombaut  Keldermans  lui-même,  dans  le  registre 
des  Dettes  des  Morts  du  Serment  de  la  Grande  ou  Vieille  Arbalète. 

3c  IRombaut  'Rel^crman8  als  ijulbcbrortcc  van  bon  ©uben  .iSogbc  te  i»ccbel«n,  bclovc 
Scrsclvcr  (Bulbe  te  latene  naei  m^n  toot  be  somme  vaii  twelve  pbHips  gulbcn.  3n  hennisse 
mçns  bantehcns  blet  ontcr  geteçfcent  opten  ïïilj'"'»  april  H"  ï^c  ïvj. 

(Signé)  Ikclbermans. 

Rombaut  Keldermans  mourut  à  Anvers,  le  i5  décembre  i53i.  Sa  Dette 
de  mort  fut  payée  au  serment,  environ  deux  ans  plus  tard.  Cela  résulte 
de  la  note  marginale  inscrite  dans  le  registre  précité,  et  ainsi  conçue  : 

Sert  Staes  beeft  Ht  ontfangbcn  bç  banben  van  ^agiel  Bsewçns,  ben  t(ij«  Hugusti 
Bo  jv=  tïïiij. 


NOUVEL    HOTEL    DES    POSTES  II7 

et  ne  cherchaient  pas,  comme  ceux  de  la  Renaissance,  à 
imprimer  à  leurs  œuvres  un  cachet  de  personnalité  qui 
permit  de  les  distinguer. 

Les  Keldermans,  en  particulier,  ont  formé  une  dynastie 
plutôt  qu'une  école.  Leur  œuvre  forme  un  groupe  très 
important  d'édifices  empreints  d'un  caractère  déterminé. 
Si  vous  enlevez  le  décor  flamboyant  des  monuments 
qu'ils  ont  élevés,  il  reste  des  constructions  sveltes  et  so- 
lides d'une  grande  valeur  technique. 

C'est  ce  que  nous  avons  déjà  fait  remarquer  dans  notre 
article  :  Le  vrai  plan  de  la  tour  de  Saint-Rombaiit  (i).  Les 
difl'érents  Keldermans  qui  se  succédèrent  pendant  soi- 
xante-quinze ans  comme  architectes  de  la  tour,  n'ont  pas 
apporté  le  moindre  changement  au  premier  modèle.  Ils 
se  sont  contentés  de  modifier  les  détails,  les  parties  dé- 
coratives, selon  les  usages  et  le  goût  de  leur  époque. 

Leur  fidélité  à  la  tradition  ne  rendait  pourtant  pas  ces 
architectes  stationnaires.  Ils  progressaient,  sans  doute, 
mais  vers  la  décadence,  et  sans  s'en  rendre  compte,  pour 
ainsi  dire.  Le  développement  successif  se  faisait  avec 
une  certaine  logique  et  sans  soubresauts.  Aussi,  quand 
l'imagination  fiévreuse  des  architectes  ne  pouvaient  plus 
rien  produire,  le  règne  de  l'architecture  gothique  finit-il 
brusquement  et  presque  sans  transition.  A  moins  que 
l'on  rx  veuille  appeler  ainsi  la  première  Renaissance,  qui 
se  ressent  évidemment  de  l'influence  de  la  période  ogi- 
vale, en  ce  qu'elle  paraît  avoir  conservé  la  taille  humaine 
comme  mesure  des  proportions,  et  préféré  le  système  de 
multiplication  à  celui  d'agrandissement. 

Il  ne  nous  a  pas  été  possible  de  relever  tous  les  détails 
historiques  de  la  construction  du  Parlement;  les  comptes 
de  la  Ville  ne  les  donnent  point.  Ils  étaient,  sans  aucun 


(i)  Bulletin  du  Cercle  Archéologique,  tome  VIII,  p.  233,  Malines  1898. 


Il8       ANCIEN   PALAIS  DU  GRAND  CONSEIL,  A  MALINES 

doute,  consignés  dans  un  des  registres  spéciaux  dits  Wis- 
stibockcn,  qui  ont  disparu  de  nos  archives  au  commence- 
ment de  ce  siècle.  Monsieur  l'archiviste  V.  Hermans,  avec 
sa  serviabilité  bien  connue,  nous  a  communicjué  quelques 
notes  originales  y  relatives,  dont  nous  donnons  le  texte 
dans  l'appendice,  sous  les  numéros  I  à  VII  (p.  i25  à  i33). 

Le  i8  avril  i526,  après  Pâques,  le  Magistrat  fit  con- 
trat avec  Eustache  Le  Prince,  pour  la  fourniture  des 
colonnes  destinées  au  portique  longeant  la  rue  de  Beffer. 
Elles  devaient  être  en  pierre  d'Ecaussines  oud'Arquennes. 
Les  détails  très  intéressants  de  ce  contrat  nous  sont 
connus  par  l'expertise  des  travaux  faite  par  Laurent  Kel- 
dermans,  le  g  octobre  i532  (n°  I  de  l'appendice,  p.  i25). 

Nous  y  voyons  que  le  gros  pilier  du  coin,  près  de  la 
grand'  place,  den  grootcn  hoock  pilaar,  a  coûté  86  francs, 
achte  pondcn  grootc  Vlcms  gelts.  Le  pilier  placé  à  l'autre 
bout  de  la  colonnade,  contre  la  maison  voisine,  fut  payé 
53,75  frs.  L'expert  signale  encore  spécialement  les  deux 
colonnes  de  la  grande  entrée,  et  les  deux  demi-colonnes 
engagées  du  côté  de  la  cour  (daer  men  met  wagens  in  de 
Halle  ryen  sal),  entreprises  pour  la  somme  de  107,25  frs. 
Les  seize  autres  colonnes  du  portique  furent  payées 
5 16  francs.  Les  payements  se  firent,  de  i526  à  i532,  par 
à  comptes  dont  la  liste  est  également  conservée  aux 
archives  (n°  II  de  l'appendice,  p.  127). 

Le  total  des  payements  s'élève  à  la  somme  de  464 
livres  et  7  escalins  (3320  francs).  Un  dernier  solde  de 
compte,  pour  fournitures  supplémentaires,  eut  lieu  le 
16  mai  1534. 

Le  contrat  pour  la  livraison  du  bois  fut  fait  le  3i 
jarivier  i535  (n»  III  de  l'appendice,  p.  128).  On  y  stipule 
les  dimensions  des  poutres  et  autres  pièces  nécessaires  à 
la  charpente  du  toit.  Le  tout  fut  soldé  par  à  comptes,  de 
i535  à  1541  (no  IV  de  l'appendice,  .p.  12g). 

La  fourniture  des  pierres  avait  donné  lieu  à  un  diffé- 


Planche  II. 


palais  Destiné  au  ©vaiù 


oa.id  îc  la  paitic  coiis 


Qouseil  î)e  CHalincs 


litc  ^C  1526  à  1334) 


NOUVEL    HOTEL    DES    POSTES  IIQ 

rend.  Dans  un  écrit,  postérieur  à  1647,  conservé  aux 
archives,  Antoine  de  Vleeschouwer,  tailleur  de  pierres, 
se  plaint  de  la  lenteur  avec  laquelle  les  paiements  ont 
été  faits,  de  i535  à  i53g,  et  il  ajoute  que,  jusqu'en  1547, 
il  n'a  pas  tout  reçu,  mais  qu'il  lui  revient  encore  une 
somme  de  cent  florins,  dix  sous  et  un  demi-liard.  Il 
déclare,  en  outre,  qu'à  la  demande  des  Receveurs  de  la 
Ville,  il  a  préparé  une  quantité  de  pierres,  pour  les  arcs 
des  fenêtres,  dont  le  mesurage  n'a  pas  été  fait.  Il  n'a  pu 
l'être,  parce  que  ces  pierres  n'avaient  pas  été  transpor- 
tées à  pied  d'œuvre,  à  cause  de  la  neige  et  de  la  gelée 
(n"  V  de  l'appendice,  p.  i3o). 

y 

Ce  différend  n'était  pas  réglé  à  la  mort  de  de  Vleesch- 
ouwer, car,  en  i56o,  sa  veuve  Marguerite  Robyns,  rema- 
riée à  Egide  Ver  Wyckt,  présente  au  Magistrat  une 
requête,  à  fin  d'obtenir  le  paiement  d'un  solde  de  compte 
de  septante-huit  florins  Carolus,  dix  sous  et  trois  liards, 
dû  par  la  Ville,  d'après  les  notes  délaissées  par  feu  An- 
toine de  Vleeschouwer.  Dans  cette  demande,  il  est  aussi 
fait  mention  d'une  grande  quantité  de  pierres  abandon- 
nées clans  la  cour  des  Halles.  Les  requérants  supplient 
le  Magistrat  de  vouloir  leur  faire  remettre  la  somme 
mentionnée  plus  haut,  et  de  payer  également  les  pierres, 
après  mesurage  équitaLlc.  Cette  affaire,  ajoutent-ils  en 
terminant,  est  depuis  trop  longtemps  en  souffrance,  au 
grand  détriment  des  orplielins  qui  ont  leur  part  dans  la 
créance  (n»  VI  de  l'appendice,  p.  i32). 

Dans  la  requête  ci-dessus,  les  suppliants  Egide  Ver 
Wyckt  et  son  épouse  Marguerite  Robyns,  appellent  au 
témoignage  de  Rombaut  van  Aken,  alias  Zoetmont,  déjà 
invoqué  dans  la  réclamation  d'Antoine  de  Vleeschouwer. 
Ce  témoignage  ne  leur  est  pas  favorable.  D'après  la  dé- 
claration du  dit  Rombaut  Zoetmont  (n^  VII  de  l'appen- 
dice, p.  i33),  il  paraît  certain  que  la  Ville  n'avait  pas  fait 


I20       ANCIEN   PALAIS  DU  GRAND  CONSEIL,   A  MALINES 

une  commande  de  pierres  si  grande,  qu'elle  n'aurait  pu, 
selon  toute  apparence,  employer  à  vingt  ans  de  là,  zal 
mogclyk  noch  in  twintich  jacrcii  uyct  nrbcsicht  wordcn.  Ces 
pierres,  d'ailleurs,  étaient  de  mamaisc  (]ualité,  cl  elles 
n'avaient  pas  assez  de  queue.  D'un  autre  coté,  le  témoii: 
certifie  qu'en  vciité  une  partie  des  pierres  n'a  pas  été 
mesurée,  mais  qu'elles  sont  de  mauvaise  qualité,  et  que 
l'on  ne  saurait  les  employer  avec  les  autics.  Le  témoin 
r,e  croit  pas  que  la  A'ille  ait  encore  la  moindie  obliga- 
tion envers  les  requérants.  S'il  en  était  ainsi,  ajoute-t-il, 
Antoine  de  Vleeschouwer  aurait  bien  fait  valoir  ses  droits. 
Ce  dernier,  du  reste,  a  déclaré,  en  présence  de  témoir.s, 
qu'il  avait  reçu  tout  ce  qui  lui  était  dû. 

Nous  supposons  c^ue  le  différend  s'est  terminé  là.  Il 
nous  a  paru  inutile  de  faire  des  recheichcs  ultérieures 
pour  un  sujet  qui  n'entre  pas  précisément  dans  le  cadre 
de  ce  travail. 

Charles-Quint,  avons-nous  dit  (page  114),  voulut  pren- 
dre à  sa  charge  une  part  des  dépenses  énormes  qu'occa- 
sionnerait la  construction  de  ce  somptueux  palais,  destiné 
au  P-arlement.  Il  avait  accordé  à  la  Ville,  la  somme  de  six 
mil  earolus  dor  à  prcnre  et  à  avoir  de  luy  par  les  mains  de  soji 
Receveur  des  exploix  présent  et  advenir,  sur  la  moitié  des  con- 
fiscations et  amendes  arbitraires  qui  se  adjugent  an  Grant  Con- 
seil de  sa  majesté  de  par  deçà.  L'empereur  a-t-il  payé  cette 
somme?  Nous  ne  le  pensons  pas.  Aux  archives  de  la  Ville 
existent  les  copies  authentiques  de  quatre  quittances 
seulement,  portant  respectivement  les  dates  :  2  mars, 
29  et  3o  avril  i535,  et  28  avril  i536.  Comme  les  textes 
de  ces  documents  ne  diffèrent  que  par  la  spécification 
de  la  somme  payée,  et  du  personnage  qui  avait  encouru 
l'amende,  nous  n'avons  transcrit  que  la  première  quit- 
tance, du  2  mars  i535  (n^  VIII.de  l'appendice,  p.  134).  Il 
y  est  fait  mention  d'un  paiement  de  six  cens  livres  du  pris 


NOUVEL    HOTEL    DES    POSTES  121 

de  quarctitc  gros  momioie  de  Flandre.  Cette  monnaie  avait 
la  même  valeur  que  600  Carolus  d'or.  En  effet,  la  seconde 
quittance  constate  un  paiement  de  cent  cinquante  carolus 
d'or  du  pris  de  quarante  gros  monnoie  de  Flandres  le  carolus. 
Le  troisième  à  compte  est  de  cincquant  carolus  dor  seule- 
ment, et  le  quatrième,  de  quattrc  cens  livres.  Jusqu'au  28 
avril  i536,  l'empereur  avait  donc  payé  en  tout,  1200  livres 
ou  Carolus  d'or,  c'est-à-dire,  le  cinquième  du  subside 
promis.  Les  travaux  furent  probablement  arrêtés  à  cette 
époque.  L'état  de  ses  finances  ne  permettait  pas  à  l'em- 
pereur d'intervenir  lui-même  plus  directement  par  des 
subsides,  et  la  Ville  se  trouvait  seule  à  porter  cette  lourde 
charge.  Elle  continua  pourtant,  jusqu'en  1541,  à  payer  par 
à  comptes,  les  bois  livrés  pour  la  charpente,  par  les  frères 
Jean  et  Lambert  van  Gyssel  (n^^  IV  de  l'appendice,  p.  129). 

Les  choses  en  lestèrent  là.  Le  nouveau  palais  était 
condamné  à  la  ruine;  mais  on  ne  laissa  pas  au  temps 
seul  le  soin  de  l'achever.  Des  marchands  reçurent  l'auto- 
risation d'établir  leurs  échoppes  sous  le  portique.  On 
leur  permit  même  de  fermer  les  entre-colonnements  et 
de  s'y  faire  une  habitation,  moyennant  une  redevance 
annuelle.  Il  y  a  plus  de  vingt  ans,  en  faisant  des  re- 
cherches sur  les  noms  des  rues  de  Malines,  nous  avons 
découvert  dans  un  ancien  registre  de  la  Ville  (appelé 
Chao?,  parce  qu'il  renferme  des  copies  d'actes  divers 
sans  relation  d'ensemble,  ou  Registre  Mutilé,  parce 
qu'il  n'est  plus  complet),  trois  contrats  relatifs  à  l'éta- 
blissement de  magasins  et  habitations  sous  le  portique 
du  Grand  Conseil.  Il  y  est  stipulé  expressément  que  la 
concession  n'est  pas  perpétuelle  et  qu'elle  peut  être  révo- 
quée en  tout  temps,  au  gré  du  Magistrat,  alst  Mynheeren 
bclieven  sal.  Cette  réserve  prudente  était  faite  en  vue  de 
la  possibilité  éventuelle  de  l'achèvement,  Cela  ressort 
des  termes  mêmes  de  la  concession. 


122       ANCIEN  PALAIS  DU  GRAND  CONSEIL,  A  MALINES 

Le  plus  ancien  de  ces  contrats  est  du  12  mai  i55i.  Il 
y  est  question,  pensons-nous,  de  la  première  travée  ou 
arcade  près  de  la  Grand'  place,  à  l'entrée  de  la  rue  de 
Beffer  :  sckcr  plactskcn  gcstacn  opt  hoccxken  van  de  Bcjfer- 
stratc  binncn  de  Halle.  Elle  est  louée  à  Pierre  Symoens, 
tourneur  en  bois,  au  gré  des  Trésoriers  de  la  Ville,  et  à 
la  condition  que  le  locataire  abandonnera  la  place  dès 
qu'on  voudra  la  lui  reprendre  et  l'approprier  pour  l'achè- 
vement du  Palais,  ou  pour  tout  autre  motif  approuvé 
par  Sa  Majesté.  Dans  ce  cas,  le  locataire  pourra  enlever 
toutes  les  constructions  qu'il  aurait  lui-même  élevées 
en  cet  endroit.  La  location  se  fait  pour  une  redevance 
annuelle  de  quatre  florins  Carolus,  à  partir  de  la  Saint- 
Jean  i55i  (no  IX  de  l'appendice,  p.  i35). 

Le  deuxième  acte,  du  i5  janvier  i564,  se  rapporte 
également  à  la  première  place  sous  le  portique,  entre 
les  deux  premières  colonnes.  Cependant,  les  conditions 
de  location  ne  sont  plus  tout  à  fait  les  mêmes.  Au  lieu 
d'une  redevance  de  quatre  florins  Carolus,  la  Ville 
n'exige  plus  qu'un  cens  de  trente  sous;  mais  elle  conserve 
aussi  une  plus  grande  liberté  pour  la  reprise  de  la  place. 
Ell-e  se  réserve  le  droit  de  pouvoir  renoncer  au  contrat 
quand  elle  le  voudra,  sans  considération  de  personnes, 
alst  hcmlieder  goet  duncken  ende  believen  sal,  zoiider  ycmavts 
aensien  (no  X  de  l'appendice,  p.  i36). 

Le  troisième  acte,  du  26  septembre  de  la  même  année 
(1564),  permet  au  savetier  Jean  de  Beckere,  de  se  bâtir 
un  atelier  dans  le  portique  des. Halles,  tiisschcn  de  blauivc 
pilacren,  mais  rien  n'indique  l'endroit  précis  visé  dans  le 
contrat.  Le  bail  se  fait  aussi  pour  un  cens  annuel  de 
trente  sous,  avec  la  même  réserve  de  la  part  de  la  Ville, 
de  pouvoir  dédire  quand  bon  lui  semblera  (n''  XI, 'de 
l'appendice,  p.  iSy). 

Si  le  Magistrat  s'était  contenté  de  permettre  aux  mar- 


NOUVEL    HOTEL    DES    POSTES  123 

chands  d'installer  des  boutiques  sous  le  portique  du 
Grand  Conseil,  le  mal  eût  été  facile  à  guérir.  En  effet, 
les  maçonneries  dont  on  a  entouré  les  colonnes,  ont 
admirablement  protégé  les  chapiteaux  en  certains  en- 
droits. Le  fouillé  des  sculptures  ferait  douter  si  c'est 
bien  de  la  pierre  taillée  que  l'on  a  sous  les  yeux.  La 
planche  II  donne  les  deux  arcades  ouvertes  l'an  dernier, 
d'après  une  photographie  de  notre  confrère,  M.  Franz 
Schippers. 

Au  XVII""-'  siècle,  et  aussi  au  xviii™%  le  vandalisme  ne 
connut  plus  de  bornes.  L'idée  de  vouloir  un  jour  achever 
le  beau  monument  des  Keldermans  ne  pouvait  plus 
venir  à  personne,  à  ces  époques  où  le  style  ogival  parais- 
sait un  péché  d'architecte.  On  en  arriva  donc  à  aliéner 
même  le  fond.  Les  acquéreurs  avaient  ainsi  toute  lati- 
tude. Huit  travées  du  portique  furent  démolies  par  ces 
destructeurs,  pour  être  remplacées  par  des  constructions 
du  type  le  plus  vulgaire,  sauf  une  façade  en  rococo,  belle 
en  son  genre,  mais  que  l'on  aurait  pu  facilement  élever 
ailleurs.  Nous  faisons  des  vœux  pour  que  cette  dernière 
soit  réédifiée  à  la  Grand'  place.  Elle  y  fera  bon  effet, 
dans  la  rangée  de  pignons  qui  s'v  trouvent  déjà. 

La  dévastation  était  arrivée  à  son  comble.  Le  palais 
inachevé  du  Grand  Conseil  est  devenu  une  ruine.  Nous 
venons  de  voir  que  la  main  des  hommes  a  fait  la  grande 
part  dans  cette  œuvre  de  destruction.  Les  injures  du 
temps  n'ont  pas  encore  trop  détérioré  les  sculptures  de 
cette  façade  commencée  il  y  a  bientôt  quatre  siècles,  et 
dont  les  troubles  politiques  ont  arrêté  l'achèvement. 
Nous  n'avons  jamais  passé  à  coté  de  ces  vieux  murs  sans 
regretter  profondément  leur  état  de  désolation,  et  sentir 
au  cœur  l'espérance  de  les  voir  au  moins  protéj^és  pour 
l'avenir.  Jamais,  cependant  nous  n'aurions  pu  croire  qu'un 
jour  on  ferait  mieux  encore  que  d'en  empêcher  la  ruine 
complète.  Les  grands  frais  que  nécessiteraient  la  recon- 


124       ANCIEN  PALAIS  DU  GRAND  CONSEIL,  A  MALINES 


stiiiction  partielle  de  la  partie  du  monument,  élevée  au 
xvi™'  siècle,  et  son  achèvement,  nous  avaient  toujours 
paru  une  difficulté  insurmontable,  et  elle  l'était,  en  effet, 
pour  les  finances  d'une  ville.  L'Etat  seul  pouvait  songer 
efficacement  à  réaliser  cette  entreprise.  Il  l'a  fait;  et  ce 
souhait  que  d'aucuns  taxaient  d'insensé,  et  que  d'autres, 
plus  intelligents,  considéraient  comme  une  illusion  d'ar- 
chéologue, née  d'un  enthousiasme  exagéré  pour  l'ancien, 
*ce  souhait  va  se  réaliser.  Le  Gouvernement  belge  a  fait 
l'acquisition  des  ruines  de  l'ancien  palais  du  Parlement 
ou  Grand  Conseil  de  Malines,  pour  en  faire  une  restau- 
ration complète,  et  exécuter  entièrement  le  plan  de  Rom- 
baut  et  Laurent  Keldermans. 

G.  VAN  Caster. 


APPENDICE 


Pièces  justificatives 

I 

Expertise  des  colonnes  et  mitres  pierres  fournies  par  Eus- 
tache  Le  Prince  d'Ecaussines,  faite  sur  ordre  du  Magistrat, 
par  Laurent  Keldcr?nans. 

9  octobre  1532 

le  Lauwereins  Keldermans  hebbe  gewysentert  ende  oversien  ten 
bevele  van  mynen  heeren  de  opperrentmeesteren  der  stadt  van  Me- 
chelen,  heer  Aerde  van  Diest  ende  heer  Ariaen  Muichs  (i)  reddere  etc., 
die  blauwe  pielaeren  van  der  Hallen  die  gecomeschapt  zyn  geweest 
van  myn  voerstide  iieeren,  den  xviij''"  dach  van  apryle  anno  xv*"  zesse 
enlwintich,  naer  passchen,  aen  Staesstn  de  Prinsse  copman  ende  leve- 
raer  van  blauwen  steene  van  Scausynis  of  Arkenis,  ende  hebe  bevon- 
den  als  hier  naer  volcht  : 

Item  ierst  heeft  den  voers  Staessen  de  Prinsse  geleevert  naer 
inhoudt  zynder  voerwaerden  geschiet  ten  voers.  dage,  eenen  grooten 
hoockpielaer,  staende  op  den  hoock  -vander  befferstraten  den  wel- 
cken  gecomescapt  es  van  mynen  voers.  heeren  voer  achte  ponden 
groote,  vlems  gelts.  Valent  xij  L.  brab. 

Item  noch  heeft  den  selven  Staessen  gelevert  achtervolgende  zyn- 
der voerwaerden,  eenen  hoock  pielaer  staende  in  de  befferstrate  aen 
huys  van  den  potgieter;  ende  es  gecomerscapt  van  mynen  voers. 
heeren  voer  vyve  ponden,  ten  pryse  voers.     Valent  vij  L.  x  sch.  br. 


(i)  Adrien  van  den  Broecke,  alias  Musch,  était  échevin  en  i5i8,  et  bourg- 
mestre en  i52o. 


126       ANCIEN  PALAIS  DU  GRAND  CONSEIL,  A  MALINES 

Item  noch  heeft  den  selven  Staessen  gelevert  buyten  synder  voer- 
waerden  eenen  hoeck  pilaer  stande  bynncn  der  Hallen  an  huys  van 
den  potgieter,  naer  dbert,  ende  vander  selver  grooten  als  den  voers. 
pielaer  in  de  befferstrate  an  huys  van  den  potgieter.  Alsoo  mogen  de 
voers,  heeren  \\e\  betaelen  den  voers.  pielaer  als  den  hoockpielaer  aen 
huys  vanden  potgieter  in  de  befferstrate  voers.  ten  pryse  van  vyve 
ponden  groot  vlems.  raient  vij  L.  x  sch.  br. 

Item  noch  heeft  den  selven  Staessen  gelevert  naer  in  bout  synder 
voerwaerden  twee  geheele  groote  pielaeren  staende  inde  befterstrate 
ande  halle,  ende  twee  halve  die  comen  sullen  bynnen  der  hallen,  daer- 
men  met  wagens  inde  halle  ryen  sal;  ende  myn  voers.  heeren  hebben 
elcken  van  dese  geheele  pielaeren  bestaedt  voer  vier  ponden  ten  pryse 
voers.,  ende  die  twee  halve  naer  advenant  van  de  geheele  voers. 

Valent  xv  L.  br. 

Item  noch  heeft  den  selven  Staessen  gelevert  buyten  zynder  voer- 
waerden eenen  halven  pielaer  vander  selven  grooten  als  die  voers. 
halve  pielaers,  den  welcken  pielaer  staede  bynnen  der  hallen  aen 
dopen  gadt  naest  dat  huys  vanden  potgieter;  den  welcken  halve  pie- 
laer myn  voers,  heeren  wel  mogen  betaelen  als  sy  er  vande  voers. 
halve  pilaers  betaelen  sullen.  Valent  lij  L.  br. 

Item  den,  selven  Staessen  heeft  noch  geleevert  naer  inhoudt  zijnder 
voerwaerden  xvj  geliecl  pielaers  met  viere  clysteren  die  stacn  ande 
halle  in  de  beftestraete;  ende  elcke  van  desen  pielaers  hebben  myn 
voers.  heeren  bestadt  voer  drye  ponden  ten  voers.  pryse. 

Valent  Ixxij  L.  br. 

Item  noch  heeft  den  selven  Staescn  aengtnomen  naer  inhoudt 
zynder  voerwaerden  xxxv  geheele  pielaers  die  comen  zullen  in  de 
lacken  halle  ende  onder  die  kappelle  ende  pk-ytcamer;  ende  elcke  van 
desen  pielaers  hebben  mynen  voers.  heeren  bestaedt  voer  drye  en 
dertich  schellingen  vier  groot  vlams.        Valent  Ixxxvij  L.  x  sch.  br. 

Ende  van  welcke  xxxv  pielaers  ic  maer  en  bevynde,  met  die  twee 
die  de  weduwe  van  den  Broeck  gehalt  heeft,  dan  xxxj  basschementen. 
Alsoe  soude  daer  noch  resten  iiij  basschementen  ende  ock  resten 
daer  noch  aende  selve  pielaers  vyve  kapetelen;  ende  die  ronde  spyllen 
vande  voers,  pilaers  synder  al.  Van  welcker  reesten  van  de  bassche- 
menten en  voers.  kapetelen  wylt  den  voers.  leeveraer  seggen  dat  hij 
die  voile  leverynge  gedaen  heeft  in  presentie  van  meester  Peeter  den 
metsser  van  der  stadt  voers. 

Item  noch  heefc  den  selven  Staessen  gelevert  buyten  voerwaerden 
twee  blauwe  poerten  daer  deen  af  gemoest  staedt,  ende  dander  legt 
inde  halle  gegoijet;  ende  houden  aile  beye  redite  staven  en  boogen 


NOUVEL    HOTEL    DES    POSTES  I27 

samen  die  mnerkens  àst  gelegen  Ixxxv  voeten,  ende  voer  elcke  voet 
-zullen  mynen  voers.  heeren  betak-n... 

Item  den  selven  Staessen  heeft  noch  geleevert  buyten  voerwacrdcn 
xxviij  stucktn  steens  groot  int  cruyse  iij  voeten,  die  leggen  onder  die 
pielaers  buyten  ende  bynntn,  op  vij  naer  die  nocli  ongelyt  syn;  ende 
voer  elcke  stucke  sullen  mynen  voers  heeren  betaelen 

Voer  al.  i.x  L.  ij  sch.  hrab. 

Item  de  selven  Staessen  hceft  noch  gelevert  onder  die  vier  groote 
pielaers  van  der  hallen  viere  stuckcn  steens  van  iiij  5  voet  in  cruyse 
ende  voer  elcke  stuck  suUcn  myn  voers.  heeren -bctalen 

Val  ij  L.  ij  sch.  hr. 

Actum  te  Mechelen  den  ix*^"  dach  van  october  A"  xv-"  Iwee  ender- 
tijch.  bij  mij 


En  marge  se  trouve  :  Somma  ij-^  xv  L.  xiiij  sch.  des  inné  gcrekent 
de  ij  bogen  van  den  porten. 

II 

Payements  faits  à  Eus  tache  Le  Prince,  pour  livraison  de 
pierre  bleue. 

1526  à  1534 

Dit  zyn  die  betalinghe  van  Staessen  die  Prince  op  zyn  leveringhe 
vandcr  blauwcn  wercke. 

Item  lerst  in  a''  (xV)  xxvi  ende  xxvii.  ij  L.  br. 

lerst  int  boeck  van  xv-"  xxvi  ende  xxvn.  clxxxvlj  L.  x  se. 

Dwelck  inde  Rekeninghe  by  de  Rentmeesters  gere- 

kent  es,  maer  moet  Staessen  afgtcort  wordden. 
Item  bet.  den  selven  xvij  aprilis  xv"  xxviij,  naer 

paesschen  :  xxv  L. 

Item  ultima  octobris  noch  bet.  xxv  L. 

Item  in  a°  xxviii  ende  xxix.  xlj  L.  xvij  sch. 

Item  in  a°  xxix  ende  xxx.  hj  L.  x  s. 

Item  in  a°  xxx  ende  xxxj.  xv  L.  xiij  s. 

Item  in  a°  xxxi  ende  xxxij,  fol.  xxxix.  xiij  L.  xviij  s. 

Summa  iiij*^  Ixiij  L.  vij  s. 


128       A-NCIEN   PALAIS  DU  GRAND  CONSEIL,   A  MALINES 


Item  siin  betaelt  den  xxiij  dach  van  septembris  xvc  xxxiij.  xii  L.  x  se.  br. 
compt  noch  met  ander  betalinge  tsamen  op  L  L.  br.  die  hy  seer  die  hem 
quamen  by  slot  van  rekeninge. 

Ende  siin  noch  na  gelevert,  dit  al  door  de  leveringhe  van  my  vrouwen 
hove. 

Ende  die  na  leveringhe  moet  ghesciet  syn  na  de  voers.  leste  betalinge  die 
ghesciede  in  a"  xxxj  ende  xxxij  den 

Welc  naderhant  te  weten  opten  xvj  dach  van  mey  a°  xv^  xxxiiij  al  afge- 
rekent  wert  van  al  tal  dat  hy  totten  selven  daghe  gelevert  hadde  ende 
quam  noch  boven  aile  betalinghe  afgecort  omtrent  xlj  L.  br. 

Jn  verso  du  feuillet  :  Besceet  van  der  leveringen  van  ghehouwen 
steene  aen  de  Halle,  aengande  Stassen  De  Prinsse,  van  den  blauwen 
wercke. 

III 

Accord  pour  la  fourniture  du  bois  de  charpente  nécessaire 
au  palais  du  Grand  Conseil. 

3i  janvier  i535 

Opten  xxx)^"  dach  Januarij  a°  xv'  ende  vyf  ende  dertich  zoe  h'eb- 
ben  heer  Philippus  Schoefs  ende  heer  Jacop  Schoefs,  ridders  ende 
trésoriers  der  steden  van  Mechelen  bestaeyt  aen  Janne  ende  Lam- 
brecht  van  Ghyssel  aile  alsulckcn  houtwerck  als  die  zelve  stadt  be- 
hoeven  zal  totten  nyeuwt-n  pallaise,  in  die  halle,  voer  dit  jaer  te  leve- 
ren  ten  scerppen  tante,  sonder  gedraeyt  rysschcllich  gnade  wecren 
61m  root  oft  \vit,  ende  anders  van  zulcken  dut  chJen  ende  grootten 
alzoe  hier  voight  : 

lerst  vier  balcken  elck  stuk  lanck  westnde  xliij  voe- 
ten,  twintich  duymen  hooghe,  ende  zesthien  ende  eenen 
halven  duymen  breet  metlen  baesschen,  vier  ende  eenen 
halven  duymen  dicke,  ende  acht  voeten  lanck  gelyck 
spannende  vier  duymen  al  zonder  gebreck  als  boven;  elck 
val.  cxx  kg.  stuck  voer  dertich  karolus  gulden. 

Item  noch  thien  balcken,  elck  stuck  lanck  xxxv  voetai 
derthien  duymen  dicke  ende  xvj  duymen  hooghe  met 
heuren  baesschen  vin  zeven  voeten  lanck  ende  drye 
duymen  dicke;  ende  die  balcken  gelyck  spannen  diye 
duymen,  elck  stuck  te  leveren  als  boven  voer  twaelf  ka- 
val.  cxx  kg.  rolus  gulden. 

Ite  viii'^  voeten  filieren,  alzoe  langhe  als  men  die  gecry- 
ghen  kan,  thien  duymen  viercant;  ende  noch  iiij'--  voeten 


NOUVEL    HOTliL    DES    POSTES  I29 


scheren  van  vij  1/2  duymen  viercanr,  elck  hondert 
■val.  cxx  kg.  deen  doer  dandere  voer  thien  karolus  gulden. 

Item  XXV)  gordels  van  xj  voeten  lanck  ende  acht 
duymen   hreet  ende  vij   1/2  duymen  dicke,  tstuck 
i7.  xi  kg.  I  st.        voer  viii  1/2  st. 

Item  xxvj  gordels  vander  zelfder  linghden  van 
vij  1/2  duymen  breet  ende  vij  duymen  dicke,  tstuck 
vl.  xi  kg.  I  st.        als  voien  voer  viij  1/2  st. 

Item  noch  xxvj  gordels  vander  zelfder  linghden 
van  vij  duymen  breet  ende   vj    1/2  duymen  dickê 
vl.  xi  kg.  I  st.       elck  stuck  oick  voer  viij  1/2  st. 

Item  vij"-"  rebben  elck  stuck  xj  voeten  lanck  ende 
v    1/2  duymen  viercant,  oick  sonder  gebreck   als 
boven,  schoen  om  schaven  ten  herden  cante,  elck 
vl.  \y  X  kg.  hondert  voer  dertich  karolus  gulden. 

Item  uf  aenvelders  lanck  xxv  voeten  ende  iiij  1/2 
duvmen  viercant  ende  iij^"  sperren  lanck  xxij  voeten 
ende  iiij  1/2  duymen  viercant  beneden,  ende  iiij  duy- 
men viercant  boven,  elck  stuck  voer  acht  stuivers 
vl.  Y]:  Iv  kg  X  st.  ende  eenen  halven  st. 

Aile  welcke  houten  die  voers.  jan  ende  Lambrecht 
zullen  moeten  leveren,  al  sonder  gebreck  als  boven, 
te  twee  reysen  :  te  weten  dierste  scep  drye  weken 
naer  paeschen,  ende  dander  acht  daghen  naer  Sint 
Jansmisse  naestcomende  ombegrepen,  al  met  me- 
chelscher  mate  te  leveren. 
Jan  Van  Gysselt  X  Lambrecht  \'an  Gysselt. 


IV 

Payements  faits  à  divers,  pour  tivraison  et  transport  du  hois. 
1535  à  i54i 

En  marge  :  Dese  bctalinghen  zijn  gerekent  in  libro  xV  xxxv  ende 
xxxvi. 

Op  ten  xxix"'  Januarij  a'^  voers.  betaclt  den 
voers.  Jan  ende  Lambrecht,  op  die  voers.  toeco- 
mende  leveringhe  die  somme  van  1\  L.  br. 

Item  den  viij™  Junv  xv-^  xxxvi  bet.  xij  L.  x  st. 

9 


l30       ANCIEN  PAT, AÏS  DT^   GRAND  CONSKII.,    A  MALINES 


Item  den  w""  July  xv^"  xxxvi  betiielt  voer  die 
scepvrachte  v  L.  x  s. 

Item  bet.  den  selven  in  volkomen  hetalinghen 
op  dierstc  scip.  vij  July  xxxvi.  ix  L.  viij  s.  xj  d. 

Item  noch  ^^eleent  don  selven  op  dander  scip  dat 
comen  sal  die  uts.  xxv  L. 

En  marge  :  Van  hier  voorts  nioet  dit  gestelt  worden  in  de  reke- 
ninghe  van  den  jare  xV   xxxix  ende  xl. 

Item  den  selven  bet.  van  schepvrachte  iiij  febr. 
xxxviii.  X  L. 

Item  aen  beyden  schepen  hout  te  lossen  uts... 

Item  XV'  novenibris  xv-"  xxxix  bet.  aen  de  scep 
vracht  by  lo  van  den  Eynde.  x  L.  x  s. 

Item  eod.  die  bet.  Jan  Ghyssels.  xxv  L.  br. 

Item  XX  decembris  xxxix  bet.  heer  Jan  Fraeys 
van  huyshueren  xxxiiij  s.  iij  d. 

Item  xxv'  martij  xv-"  xxxix  ante  passcha  bet. 
Janne  Ghyssels.  iij  L. 

Item.  bet.  aen  dat  die  houten  ergher  bevonden 
waren  dan  die  voerweerde,  ende  dat  inde  iij*^  leve- 
ringhe  v  L. 

Item  aende  Wehr  van  den  dorpe  xx  L.  xv  s. 

Item  xvij  apriHs  xv-'  xl  bet.  Janne  van  Ghysselt 
in  volder  betalinge  van  de  iij'^  jeveringhe.  viij  L.  xix  st.  vj  d. 

over  inde  Rekeninghe  van  den  jaerc  xl  ende  xll.. 

Àii  verso  :  voerweerde  van  den  houte  dienendc  totten  palleyse. 


Antoine  de  Vleeschouwer,  tailleur  de  pierres,  réclame  une 
somme  de  cent  florins,  dix  sous,  un  demi-liard,  qui  lui  reste 
due  après  tout  décompte. 

après  i547 

Op  den  iersten  dach  van  October  a''  xV  xxxv  es  ghedane  de  me- 
tinghe  vanden  witten  steenwerke  van  der  Hallen  duer  versoeck 
vande  heeren  Rentmeesteren  der  stadt  van  Mechelen;  ende  der 
comm.  nr'  Machiel  ijsewyns  ende  Nicolaus  de  Vleeschouwer  ende 
Anthonis  de  Meeschonwer  ins^heseten  der  voorsevdér  stad. 


NOrVEL    HOTia.    DES    POSTES  l3l 


Zoo  es  bevonden  naer  wyt  wysen  der  selver  brieve  daer  af  vande 
nieters,  dat  de  gheheel  somme  ghedroegh  dry  duysent  viij^"  xxxiiij 
gui.  xi)  st.,  een  half  blancke.  Compt  het  derde  pairt  van  Anthonis  de 
Vleeschouwer  xij^"  Ixxviij  gulden  iiij  st  ix  den. 

Item  bevonden  dat  ic  Anthonis  iiierop  ontfanghen  hebbe  van  der 
stadt  om  bewys  soo  op  den  inghele  met  noch  Ixxij  1/2  gui  lier  Rom- 
baut  Soetmont  van  mynen  wegen  ontfanghen;  ende  noch  van  pont- 
ghelt  by  Cornclis  van  der  Eyke  ontflmghen  op  my  iij''  gui  xiij  1/2  st.; 
ende  dit  toet  a°  xxxix  toe  dlcstc,  den  xxvii""  (ebruary,  naer  styl  van 
Wytricht,  de  somme  van  xi'  Ixxvij  gl.  xiii  1/2  st.  dit  afghecorten  rest 
mij  noch  net  hondert  gulden  ende  x  st.  ecnen  1/2  braspenning. 

Item  heeft  her  Roinbout  Soetmont  hier  op  van  mijnent  weghen 
noch  van  der  stadt  ontfanghen  op  den  nieuwe,  waer  at  ic  eegheen 
verclaringhe  en  hebbe;  biddende  ootmoedelyck  myn  goeder  heeren 
die  rentmeesteren,  verclaringhe  daer  af  te  doene;  ende  voorts  onse 
rekeninghe  wel  ende  recht  te  fiinaerne,naer  der  redenen  noch  bevon- 
den dat  her  Rombout  noch  ontvanghen  heefc  xxij'^  gui.  van  mynen 
weghen. 

Item  noch  leyt  voer  de  duere,  van  my  Anthonis  voirseid  een  geel 
deel  boghen  die  ghemaect  hebbe  duer  dbelasten  van  die  rentmeesteren, 
ende  meester  wercklieden  die  die  bovcn  voîrnoemd  de  cruysvensters 
ende  dese  en  syn  niet  niede  ghemeten  in  de  metinghe,  want  sy  op  die 
tvt  noch  nict  op  den  pcel  highen  ende  ter  groote  cost  soude  hebben 
moeten  bringhen  c>vcrmidts  de  groote  snecuw  ende  vorst,  soo  inden 
winter  was. 

Memorie  my  giieven  ende  om  my  te  beclaghene  dat  naer  de  me- 
tinghe ende  rekeninghe  ons  soo  quaden  bctalinghe  ghedaen  was  van 
a''  xxxv  toet  xxxix  toe,  ende  nu  noch  dees  reste  noch  toet  xlvi j  toe, 
ic  soude  immers  wel  meer  afghcqueten  hebben. 

Item  noch  hebben  wy  bevoorwaert,  ende  staet  inde  voorwerde, 
seker  perceele  van  stynen  by  ons  over  ghenomen  ende  en  hebben 
niet  willen  hebben  dat  wijse  ghemaeckt  souden  hebben,  ende  heb- 
bense  anderlieden  doen  maken  als  wy  het  costelyckste  ghemaect 
hadden,  hebbense  ons  vorwerde  ghenomen  ende  over  ghebroken  om- 
dat  wij  wat  gelt  toen  ghehadt  souden  hebben. 

Item  ons  voorwerde  bout  dat  men  ons  alioes  betalen  soude  naer 
advenant  van  der  leveringhe,  dwelck  niet  alsoo  gheweest  en  es  soo 
blyct  naer  de  rekeninghe. 

Au  verso  :  Item  A"'  xv-'  xxxv,  den  xv  deceirber,  soo  es  volbracht 
uheweest  de  metin^ne  van  den  witten. 


l32       ANCIEN  PALAIS  DU  GRAND  CONSEIL,   A  MALINES 


VI 

Requête  présentée  au  magistrat  de  Malines,  par  Egide  Ver- 
wyckt  et  son  épouse  Marguerite  Robyns,  veuve  d'Antoine  de 
Vleeschouwer. 

1560,  10  mars 

Aen  niyn  heeren  den  Wedhouderen  deser  stede  van  Mechelen. 

Vertoonen  ende  gheven  zeer  ooitmoedelyc  te  kennen  Gillis  Ver 
wyckt  als  man  ende  momboir  van  Margriete  Robyns  achtergelatene 
weduNve  wylen  Anthonis  de  Vleeschouwere  midsgaeders  heer  Jacob 
Kobyns  ende  Rombout  Poelmans  als  momboirs  van  den  ombejaerden 
kinderen  desselfs  wylen  Anthonis  de  Vleeschouwere  :  hoe  dat  eertij- 
den  die  voirgenoemden  Anthonis  als  coopman  van  steene  opgebracht 
ende  ghelevert  heeft  den  Regenten  ofte  Rentmeesters  des  voirschre- 
ven  stede  van  Mechelen  doen  ter  tydt  wesende,  diversche  soorten 
ende  quantiteyt  van  ghehomven  oft  ghesnedenen  witten  steene,  ende 
datte  al  tôt  behoefne  ende  ten  ghebruycke  vander  fabrijken  ofte  edi- 
ficatien  van  der  Hallen  alhier. 

Ter  causen  van  welcken  leveringe  van  steene  (te  wetene  dije  ghe- 
meten  es  ende  aende  binnen  edificie  geappliceert  ende  gewrocht 
geweest)  die  voirschreven  Regenten  den  voirnoemden  wylen  de 
Vleeschouwere,  by  slote  van  geliquideerde  rekeninge  schuldich  ende 
ten  achteren  bleven,  ende  alsnoch  in  der  qualiteyt  als  vore  resterende 
syn  de  somme  van  Ixxviij  kar.  gnlden  x  st.  ende  3  braspeyiningen,  ge- 
lyck  als  tzelffde  blykende  es  ende  claerlyck  bevonden  wordt  by  des 
voirnoemden  wylen  Anthonis  schedullen  ende  billetten  van  memorien 
daer  aff  zynde,  hier  aene  ghehecht,  alzoo  oick  tgene  des  voirschreven 
es  eenighen  van  uwen  een,  naemelyken  den  heer  Rombout  van  Aken 
aliàs  Zoetmonts,  als  noch  wel  kenlycken  ende  indachtich  wesen  mach. 
Es  oick  waerachtich  alsdat  die  voirnoémde  de  Vleesschouwere  den 
persoonen  ende  tôt  behoeffne  alsvoren  hierenboven,  noch  ghelevert 
heeft  eenen  grooten  hoop  ende  quantiteyt  van  ghelycke  steene,  de 
welcke  over  veel  stanen  gelegen  hebben  ende  als  noch  liggende  zyn 
binnen  der  voirseide  hallen,  tôt  groote  scaeden,  achterdeele  ende  pery- 
cele  vanden  suppliant,  gemerckt  de  zelfde  steenen  nyet  en  wassen 
nocht  en  augmenteren,  gelyck  uwen  Eerw.  dat  wcl  considereren  con- 
nen.  Welcke  steenen  tôt  noch  toe  nyet  ghemeten,  nyet  gherekendr, 
noch  n\ct  betaelt  en  zvn.  Hier  b^■  ghevoecht  ende  geconsidereert  dat 


NOUVEL    HOTEL    DES    POSTES  l33 


men  ter  tyt  van  nu  elcken  voedt  van  den  voirnoemde  steene  op  xij  st. 
nae  meer  nyet  zoe  goeden  coop  en  zoude  connen  becostigen  oft  ghe- 
leveren,  ten  pryse  ende  somme  van  ghelde,  zoo  dyen  alsdoen  bevoir- 
weerdt  was  ende  gelevert  es.  Verzoecken  daeromme  die  voirnoemde 
supplianten  ende  nyet  min  oidmoedelycken  supplicerende  dat  uwen 
Eerw.  believen  wille  te  ordonneren  myn  iieeren  den  trésoriers  deser 
stede  van  Mechelen  hen  supplianten  promptelyck  op  te  leggene  ende 
te  betalene  :  lerst  die  voirschreve  reste  ende  geliguideirde  somme  van 
Ixxviij  k  ^iil.  X  st.  3  brasp.  toecomende  alsvore.  Ende  voirts  iemanden 
te  commiteren  van  uwen  Eerw.  ofBcieren  zoe  ulieden  dat  goetdunc- 
ken  ende  te  raede  vinden  zult,  omme  den  voirscreven  onghemeten 
steen  te  coUigeren  ende  finalyken  te  meten  gelyck  ende  alzoo  dat 
behoiren  zal.  Ende  de  somme  die  ten  eynde  vander  maten  achtervol- 
gen  den  pryze  van  der  voirscreven  vuerweirden  bevonden  worden 
zal  te  beloopene;  ende  hen  supplianten  te  compereren  by  ordonnancie 
als  boven  henlieden  opgeleyt  ende  betaelt  te  worden.  Aile  dwelck 
uwen  eerw.  beliefven  zal  corttelycken  te  expedieren,  bizonder  aenge- 
merct  ende  geconsidereert  de  lanckheyt  ende  verloop  van  den  tyde 
dat  de  supplianten  haere  penningen  ghederiït  hebben,  ende  oick  mede 
dat  die  voirnoemde  schult  weezen  aengaet  ende  eensdeels  compete- 
rende  es.  Ende  des  doende  zult  wel  doen. 


VII 


Déclarai  ion  de  Rombaiil  van  Akcn  alias  Zoctmout,  inter- 
pellé comme  témoin  dans  la  requête  ci-dessus. 

Rommont  Zoetmont  gesien  hebbende  de  requeste  van  weghen 
Gielis  Verwyct,  als  man  ende  momboir  van  Margriete  Robbyns,  met 
syn  consoirtcn,  mvnen  heeren  gepresenteert,  opten  x"-"  martij  xV  en 
de  tzestich,  Seet  ende  verclaert  hoe  dat  hy  in  zynen  tyde  als  rent- 
meester  van  deser  stadt  van  Mechelen,  metten  anderen  heeren  rent- 
meesteren  doen  wesende,  heeft  neven  ende  by  geweest  alwaer  ten 
versoeke  van  Anthonis  de  Vleeschouwer  niet  zynen  consorten,  ende 
nyet  ten  versoeke  vande  voerscreve  beeren  rentnieesters,  gemeten  es 
geweest  den  steen  inder  requesten  van  den  voerscreven  Gielis  ge- 
mêntioneert;  ende  dat  als  doen  den  voerscreven  de  Vleeschouwer 
met  zynen  consorten,  by  mvnen  voerscreven  heeren  de  rentniees- 
ters doen  wesende,  geseyt  ende  verclaert  werdt  tnaervolgende.  «  Wy 


l34       ANCIEN  PALAIS  DU  GRAND  CONSEIL,  A  MALINES 


hectt  u  dcscn  stcen  ducn  makcn?  hv  en  z.il  ir.(\^cl\ck  noch  in  twin- 
tich  jaeren  n\-et  verbcsicht  wordden;  want  liy  dicnt  achtcr  ncndc 
halle,  noch  en  es  oick  niet  IcverbaLr  »;  ciuL'  dal  al.s  docn  dcr  stadt 
meesterwercknian  seyde  :  «  M3^nheeren  hct  es  waer,  hy  en  es  nyet 
leverbiier,  noch  en  es  oick  niet  genoch  gesteert,  ende  en  zal  van  niy 
nyet  geset  wordden  ».  Ende  aengaende  dat  zy  supplianten  zeggen 
datter  noch  steen  es  ongemeten  die  hen  noch  restcren  zoude,  es 
waerachtig. 

Ende  en  zyn  niaer  quade  stucken  liggende  neven  het  voerscreven 
gemeten  werck  als  tôt  gheenen  prouffvtte  oft  oirboir  van  de  gemeten 
wercken  dienende.  Voerts  dat  z}-  supplianten  seggen  dat  hen  noch. 
penningen  zoude  resteren,  ter  causen  vande  leveringhen  in  zyn 
requesten  gementioneert,  verclaert  die  voerscreve  Zoetmont  dat  maer 
een  geraetsel  en  es,  ende  dat  zy  supplianten  in  dier  qualiteyt  raeer 
dan  betaelt  syn;  ende  dat  de  voerscreve  wylen  Anthonis  wel  vocr 
zulcx  was,  hadden  hem  noch  vander  stadt  penningen  iecomen,  hy 
zoude  de  zelve  wel  vervolght  hebben.  Ende  om  aile  tgeene  des  voer- 
screve stadt  te  verificeren  seeght  de  voerscreve  Zoetmont  dat  hy 
neven  ende  by  geweest  es  alwaer  de  voerscreve  wylen  Anthonis 
verclaert  heeft  dese  oft  gelycke  woerden  :  «  Ja  ick  hebbe  de  stadt 
wel  gehadt,  ick  hebbe  emmers  gecreghen  dat  mv  vander  zelver  zoude 
mojzhen  comen  ». 


VIII 


Quittances  des  à  comptes  donnés  par  l'empereur,  en  déduction 
sur  la  somme  du  subside  de  6000  florins  carolus  qitil  s'était 
engagé  à  payer,  pour  sa  part  dans  les  frais  de  construction  du 
palais  du  Grand  Conseil. 

2  mars  i535 

Nous  communcniaistres  eschevins  Rentmaistres  et  Conseil  de  la 
Villl"  de  Malines  confessons  avoir  reçu  de  maistre  Nicolas  Faurel 
secrétaire  et  receveur  des  exploits  ordinaire  de  lempereur  nre  sgn""  la 
somme  de  six  cens  livres,  du  pris  de  quarante  gros  monnoie  de  Flan- 
dres la  livre,  sur  et  entantmoins  de  la  somme  de  six  mil  carolus  dor 
que  le  dict  seigneur  empereur  a  accordé  à  la  dicte  ville  de  prenre  et 
avoir  de  luy,  par  les  mains  de  sond  Receveur  des  exploix  présent  et 


NOUVEL    HOTEL    DES    POSTES  l35 


advenir,  sur  la  moietie  des  confiscations  et  amendes  arbitraires  qui  se 
adjugent  au  grant  conseil  de  sa  majesté  de  par  deçà,  tant  et  jusques  a 
ce  que  la  dicte  ville  sera  satisfaicte  et  payée  desdicts  vi'"  carolus,  pour 
et  en  advanchement  du  palais  et  maison  de  conseil  que  la  dicte  ville 
a  encommenchié  faire  et  y  fait  encoires  ouvrer  journellement;  ou  elle 
y  mect  de  gros  deniers  procedans  et  venans  les  dicts  vi^"  L.  dues  pris 
entantmoins  de  la  moictié  de  quattre  mil  carolus  d'or.  En  quoy  Jehan 
Baers  alias  olislager,  a  le  \^  jour  de  juing  xv-"  trente  quattre  de  la 
poursuyte  du  procureur  gnal.  esté  condempne  envers  et  au  prouftyt 
de  limperiale  maiesté,  par  messieurs  du  grant  conseil  de  sa  dicte 
maiesté,  en  luy  intermant  les  lettres  de  remission  par  luy  obtenues 
dicelle  sa  maiesté  pour  raison  de  certains  mes  par  lui  commis  et  par- 
petrez,  dont  nest  besoing  icy  faire  aucune  mention.  Et  ce  oultre  et 
pardessus  la  somme  de  ij'  L.  dudict  pris  et  ou  nom  de  la  dicte  ville 
avons  receu  du  dict  Receveur  des  exploix  venant  dautres  condemp- 
nez,  entantmoins  des  susdits  vi""  carolus,  comme  par  copie  autenticque 
des  susdictes  1res  patentes  de  don  de  ce  faisant  mention  peult  plus 
aplain  apparoir,  de  laquelle  somme  de  vi"  L.  des  pris  monnoie  et  pour 
la  cause  que  dessus  nous  communemaistres  eschevins  rentmaistres  et 
conseil  de  la  dicte  ville  de  Malines,  pour  et  ou  nom  dicelle  ville, 
sommes  contens  et  bien  payez  et  en  quittons  lempereur  le  dict  Rece- 
veur des  exploix  et  tous  autres  à  qui  quitance  en  appartient.  En  tes- 
moign  de  ce  nous  avons  fait  appendre  le  scel  aux  causes  dicelle  ville 
à  ces  présentes,  le  second  jour  de  mars  lan  mil  chincq  cens  et  trente 
chincq. 

Gecollationeert  by  my  opt  doriginal. 
Orssele. 


IX 

Extraits  du  Registre  Mutilé  touchant  les  permis  d'occu- 
pation dans  les  galeries  du  nouveau  palais  du  Grand  Conseil 
dont  la  construction  avait  été  interrompue. 

1551,  12  mai 

Op  den  xij^"  mey  xv'  eenenvyftich  soo  hebben  myne  heeren  de 
trésoriers  van  der  stadt,  heer  Gielies  van  Gottengnyes  heer  Pauweles 
de  Mypere  enJ  heer  Jacob  Robyns  verhuert  zeker  plaetsken  gestaen 


l36        ANCIEN   PALAIS   D{'   (iKAND  CONSEIL,   A  MALINES 


opt  hoecxken  van  de  betïerstrate  binnen  de  halle  Pieteren  Symoens 
draseler  /oe  langhe  als  by  mynhceren  gelieven  zal.  Ymmers  dat  myn- 
heeren  van  noode  en  bedwinghen  zullen  zyn  tselve  plaetsken  ott 
halleken  wederommc  nae  heur  te  nenien  en  te  properieren  totten 
opmaken  van  der  hallen,  ofte  andere  notoire  end  merkelijke  rede  daer 
toe  xylieden  van  der  Key  nV  wegen  zouden  bevinden  van  noode  te 
zyne  te  gebruykene.  Dieen  zoe  zal  de  voorz.  Pieter  Symoens  also  en 

in  dien  gevalie  't  zynen oncost  ende  fundringhe  aen 

't  selve  bij  hem  gedaen  nemen  end  behouden  tôt  zynen  proutfytc. 
Hndc  mits  huere  daer  voir  betalen  der  voorn.  stadt  de  somme  van 
vier  karolus  gulden  beginnende  ende  innegaende  S'  jans  misse 
a°  XV"  eenen  vyftich,  en  deerstc  jaer  daer  af  verschynende  S'  Jans 
misse  a"*  xv""  tweeenvyftich.  —  Actum  ut  supra. 

(Root bock,  fol.  65). 


X 
i564,  15  janvier 

Op  den  XV  dach  der  maendt  ianuary  in  den  jaren  xv^  vierentsestich 
hebben  mynheeren  de  trésoriers  bovengeschreven  te  wetene  heeren 
Lanceloot  vanGottingnys  ende  joncheerFranchois  van  Cats  desgelycx 
gegundt  ende  gegeven  jannen  Bournon  tôt  behoef  van  Lysbeth  Bour- 
non  zyner  wettiger  dochtere,  dierste  plaetse  tusschen  de  twee  blauw 
pileeren  van  voeren  in  der  betîersirate.  Omme  oeck  die  zelve  plaetse 
by  hem  te  mogen  betymmeren  oft  metsene  propijs  ende  brquatie 
tôt  alsulcken  neeringe  die  te  makene  als  hem  dat  goetduncken  ende 
believen  sal.  Ende  dieselve  als  dan  te  mogen  gebruycken  op  zynen 
cost,  mits  der  stadt  daer  jaerlycx  voerçn  betalener  een  chys  van  dcritich 
stuvers  als  voren.  Behoudelycke  nochtans  zoe  reede  de  voorz.  stadt 
beliefde  voer  den  toecomen.  tyt  de  voerz.  plaetse  te  haerweerts  te 
nemen  ende  die  te  willen  gebruycken  ter  voerz.  stadbehoef,dat  zylieden 
doet  tallen  tyden  sullen  moegen  doen  alst  hem  lieder  goet  duncken 
ende  believen  zal,  zonder  yemants  aensiei.  Dies  sal  die  voers.  Bour- 
non oft  zyn  voers,  dochter  als  dan  ongehouden  zyn  van  der  voers, 
chyns  van  derttich  stuuvers  voers.  aile  dingen  zonder  hargelist. 


(Roothoek,  ibid.,  fol.  78,  verso). 


NOUVEL    HOTEL    DES    POSTIj:S  ld>y 


XI 

i564,  26  septembre 

Op  den  26  sept.  Wc  i.xiiij  hebben  mynheeren  trésoriers  te  weten 
h.  Lanceloot  van  Gottingnys  en  jonchh  Franchois  van  Cats  eenen 
jannen  de  Beckerc,  oude  schoenniaker,  gegundt  ende  toegelaten  cen 
plaetse  tusschen  de  blauw  pilaeren  achter  de  halle  omme  de  zelve 
plaetse  bij  hem  die  nldaer  te  moegen  gebruycken  betymmeren  oft 
nietsene  propiis  ener  broquarie  tôt  /^ynder  neeringe  te  makene  op 
zynen  cost,  mits  der  stadt  daer  jaerlycx  voere  genoenide  een  ch\s  van 
derttich  stuvers  met  conditien  nochtans  oft  die  stadt  beliefde  voer  die 
toecomen.  tyt  de  voorz.  plaetse  te  haerwaerts  te  nemen  ende  die  te 
willen  gebruycken  ter  stadt  behoef,  dat  zij  lieder  dat  tallen  tyden 
tselver  sullen  moegen  doen  alst  huerlider  goetduncken  ende  believen 
sal,  zonder  yemants  aensiene.  Dies  sal  die  voerz.  jan  als  dan  ongehou- 
den  zijn  van  den  voergenoemden  chvns  van  derttich  stuvers  jaerl3fcx. 
Aile  dingen  zonder  ergelist. 

(Rootboek,  loi.  78,  verso). 


Numismatique  Malinoise 


Catalogue  descriptif  des  Monnaies,  Méreaux,  Jetons  et  Mé- 
dailles frappes  à  Opalines  ou  ayant  trait  à  son  histoire. 


u  moment  où  le  Cercle  Archéologique  de  notre 
ville  vient  de  mettre  au  concours  la  rédac- 
tion d'une  histoire  générale  de  Malines,  nous 
^2A^^)^  croyons  qu'il  sera  intéressant  de  mettre  sous 
les  yeux  de  nos  lecteurs,  la  suite  chronologique  des  por- 
traits des  Seigneurs  et  gouverneurs-généraux  qui  ont  joué 
un  rôle  souvent  remarquable  dans  notre  histoire  locale. 
Beaucoup  d'entr'eux  ont  toujours  eu  une  prédilection 
marquée  pour  notre  ville,  où  ils  aimaient  de  faire  de  fré- 
quents et  longs  séjours,  d'établir  même  leur  résidence, 
leurs  tribunaux,  leurs  officines  de  monnaies  et  leurs 
Chambres  des  comptes.  A  vrai  dire,  notre  ville  a  été 
considérée  pendant  un  siècle  et  demi  comme  la  capitale 
des  provinces  unies  des  Pays-Bas, 

Le  rôle  important  qu'a  tenu  dans  l'histoire  la  seigneu- 
rie de  Malines  est  d'ailleurs  prouvé  par  les  treize  cent 
nonante-neuf  lettres  missives  conservées  aux  archives, 
par  les  chartes,  octrois  et  autres  pièces  administratives 


140  NUMISAlATIQUE    MALINOISE 


réunis,  en  dix  volumes,  par  les  éminents  archivistes  Van 
Doren  et  Hermans. 

Les  médailles-portraits  que  nous  faisons  figurer  dans 
notre  volume  n'ont  pas  été  frappés  spécialement  pour 
notre  Seigneurie,  elles  appartiennent  à  l'histoire  géné- 
rale; mais,  elles  peuvent  être  considérées  comme  ayant 
trait  à  notre  histoire  locale,  en  ce  sens  qu'elles  ont  été 
émises  pour  commémorer  les  successions,  les  prises  de 
possession,  les  mariages  et,  partant,  les  joyeuses  entrées 
de  nos  différents  souverains  dans  leurs  nouveaux  états. 

A  ce  titre,  ces  médailles,  qui  n'ont  aucune  indication 
précise  de  destination,  peuvent  être  revendiquées  aussi 
bien  pour  notre  Seigneurie  que  pour  les  autres  pro- 
vinces des  Pays-Bas.. 

Malines,  surtout,  tenait  à  fêter  avec  grand  éclat  les 
premières  visites  de  ses  Seigneurs  étrangers  ou  leurs 
gouverneurs  préposés  au  gouvernement  général. 

Constamment  nous  rencontrons  dans  nos  archives,  les 
noms  de  ces  grands  personnages. 

Nous  avons  donc  jugé  que  ces  quelques  médailles  ne 
dépareront  pas  notre  Catalogue  descriptif  de  la  numis- 
matique malinoise  (i). 

Cette  première  série  est  suivie  d'une  autre;  celle-là, 
appartenant  exclusivement  à  Malines,  donne  les  portraits 
de  quelques  célébrités  malinoises;  puis  viennent  les 
médailles  frappées  en  l'honneur  des  archevêques,  les 
médailles  émises  à  l'occasion  de  faits  mémorables  arrivés 
dans  notre  localité;  la  collection  complète,  sous  le  rap- 
port du  type,  des  médailles  accordées  à  titre  de  récom- 
pense, aux  élèves  de  nos  académies  de  dessin  et  de 
musique;  les  médailles  distribuées  lors  de  nos  jubilés  et 
de  nos  cavalcades,  tant  réputés  pour  leur  faste  et  leur 


(1)  Les  mcdailles  qui  peuvent  être  considérées  comme  ayant  été  frap- 
pées spécialement  pour  Malines,  seront  indi(]uccs  i)ar  un  astérisque. 


NUMISMATIQUE    MALINOISK  I4I 

correction.  Pendant  la  période  de  i825  à  i85o,  Malines 
comptait  quelques  bons  orfèvres,  qui  nous  ont  légué  une 
série  de  médailles  destinées  à  nos  sociétés  de  tir  à  l'arc 
au  berceau,  à  la  perche,  et  dont  quelques-unes  consti- 
tuent de  véritables  objets  d'art;  toutes  ces  pièces  ont  été 
reproduites  dans  notre  ouvrage  ;  ajoutons  encore  les  mé- 
dailles pour  l'ouverture  d'expositions,  d'inauguration  de 
drapeaux,  les  médailles  religieuses,  les  témoignages  de 
satisfaction  décernés  par  nos  magistrats  aux  sociétés 
qui  se  sont  distinguées  sur  le  terrain  de  l'art  musical  ou 
dramatique,  et  nous  arrivons  à  une  collection  inappré- 
ciable, qui  fournit  aux  historiens  des  monuments  précieux 
pour  l'authenticité  de  l'histoire  de  Malines. 

La  série  des  jetons  frappés  pour  notre  Seigneurie,  con- 
stitue également  un  auxiliaire  utile  pour  l'écrivain;  ce 
sont  des  documents  parlants  et  contemporains  des  grands 
faits  de  notre  histoire. 

Lkopold  Van   den   Bergii. 


1^.2  \m;mism.\  l'ioui':  malinoisI' 


rkOlSIÈME    PARTIE 


^I^c^aillcô  ^C6  Scioncure 
et  iiouvcrncnre^ocncraujc  bc  ni>alincci 

Dans  la  série  numismatique  liégeoise,  nous  rencontrons 
quelques  petites  mailles,  qui  donnent  imparfaitement  les 
bustes  de  certains  princes-évêques  qui  ont  eu  notre  sei- 
gneurie sous  leur  juridiction. 

Par  les  sceaux  figurés  dans  l'ouvrage  de  Van  den 
Kynden,  Tableau  chronologique  des  écoutètes,  des  bourg- 
mestres, et  des  échevins,  nous  faisons  la  connaissance  des 
puissants  seigneurs  de  Cirimbergen,  les  Berthout  avoués 
de  Malines,  auxquels  les  Princes-évèciues  avaient  confié 
la  Seigneurie;  la  numismatique  flamande  et  brabançonne 
nous  font  connaître  les  comtes  de  Flandre  et  les  ducs  de 
Brabant  qui  ont  régné  sur  notre  pays. 

Mais  à  partir  de  Philippe  le  Bon,  jusqu'au  règne  de 
notre  roi  actuel,  Léopold  II,  nous  pouvons  offrir  une 
série  ininterrompue  de  médailles  avec  portraits,  des  sei- 
gneurs et  gouverneurs-généraux  de  Malines.  Ces  pièces 
rarissimes,  gravées  par  les  plus  habiles  artistes  des  diffé- 
rentes époques,  sont  disséminées  dans  toutes  les  collec- 
tions de  l'Europe,  et  aucun  collectionneur,  même  au  prix 
des  plus  grands  sacrifices,  ne  parviendrait  à  les  acqué- 
rir (i).  C'est  ce  qui  nous  a  engagé  à  les  reproduire  dans 
notre  ouvrage. 


y  on  Van  Mii':pis  et  Vax  Loon,  Nedcriamîsche  Hisforn'f'iin/iuf.'c'u. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  I43 


Philippe  le  Bon 

Philippe  de  Bourgogne,  surnommé  le  Bon,  fils  unique 
de  Jean  sans  Peur  et  de  Marguerite  de  Bavière,  naquit 
à  Dijon,  le  21  juin  i3g6.  En  1419,  il  succéda  à  son  père 
et  fit  son  entrée  solennelle  dans  notre  ville,  le  8  octobre, 
en  qualité  de  seigneur.  Le  duc  ne  fut  pas  complètement 
étranger  au  gouvernement  de  notre  contrée,  attendu  que 
son  père  avait  déjà  confié  à  ses  soins  la  Filandre,  l'Artois 
et  Malines,  pendant  la  guerre  qu'il  eut  à  soutenir  contre- 
la  France,  en  1412. 

Lors  de  son  inauguration  dans  notre  ville,  il  profita 
de  la  circonstance  pour  y  réunir  les  principaux  membres 
de  la  maison  de  Bourgogne  et  prendre  secrètement  des 
dispositions  pour  venger  la  mort  honteuse  de  son  père, 
assassiné. 

Le  duc  a  toujours  eu  une  préférence  marquée  pour 
notre  seigneurie,  qu'il  combla  de  toutes  sortes  de  faveurs  ; 
ce  fut  lui  qui,  le  premier,  renseigna  sur  ses  monnaies  le 
titre  de  seigneur  de  Malines  (Dominus  Machliniense). 

En  troisièmes  noces,  il  épousa  Isabelle  de  Portugal,  le 
10  janvier  1480,  et  pour  rehausser  la  splendeur  de  cette 
fête,  il  institua  le  même  jour,  à  Bruges,  l'ordre  de  la 
Toison  d'or,  qui,  dans  la  suite,  tint  plusieurs  réunions  à 
l'église  de  Saint- Rombaut,  à  Malines. 

La  même  année  de  son  mariage,  le  duc,  avec  sa  femme 
et  toute  leur  suite,  rendirent  une  visite  à  Malines  et  y 
restèrent  pendant  les  mois  d'août  et  septembre  ;  à  cette 
occasion,  de  grandes  fêtes  furent  données. 

En  1455,  Philippe  le  E'on  institua  dans  notre  ville,  la 
chambre  du  Conseil  privé,  aussi  appelé  Grand  Conseil, 
composé  d'un  certain  nombre  de  gentilhommes  et  de 
savants,  sous  la  présidence  du  chancelier  de  Bourgogne. 
Ce  tribunal  était,  en  outre,  composé  d'un  vice-président, 
de  quatre  chevaliers,  treize  conseillers,  quelques  maîtres 


144  NUMiSMATigLE    MALINOISK 


dos  re(|uètcs,  un  procureur-général  et  d'autres  employés. 
Ils  avaient  à  juger  les  différends  qui  se  présentaient  dans 
les  états  du  duc,  aussi  bien  pour  les  grands  personnages 
(jue  pour  les  plus  pauvres  sujets. 

Autrefois,  il  se  trouvait  au  palais  du  Grand  Conseil, 
actuellement  le  palais  de  justice,  un  tableau  représen- 
tant une  réunion  des  Conseillers,  tous  habillés  en  rouge. 
Au  bas  du  tableau  on  lisait  cette  inscription  : 

«  Le  Grand  Conseil  avant  le  Parlement,  où  présidait 
le  Grand  Chancelier,  aïant  à  son  côté  gauche  le  chef  et 
les  quatre  Chevaliers  du  Conseil,  et  à  sa  droite  les  six 
^^laîtres  des  Requestes  :  et  vis-à-vis  sur  trois  bancqs  mis 
en  mi-cercle,  les  i3  Conseillers  ordinaires.  Devant  les 
ouvertures  aux  deux  bouts  du  bancq  d'au  milieu,  se 
tenaient  à  pied  et  tète  nue,  les  Advocats  playdoïants  ; 
pendant  que  le  premier  Huissier  gardait  la  clôture  du 
Parcquet  ou  les  Parties  exhiboient  leurs  escripts  au 
Secrétaire. 

»  Les  Seigneurs  ayant  présidé  successivement  au  Grand 
Conseil  decy  dessus  en  qualité  de  Chanceliers  et  de 
chefs  Chanceliers,  Nicolas  Rollin,  Ambassadeur  en  Arras, 
l'an  1435;  N.  De  Goux,  Seigneur  de  Wedergrete;  Ciuil- 
laume  Hugonet,  Seigneur  de  Saijlant;  Chefs  Jean,  Sei- 
gneur de  Lannoy  ;  Gérard  De  Plaines,  Seigneur  de  Fiene  ; 
Guillaume  Fillatre,  Evesque  de  Tournay.  » 

La  médaille  ci-après  a  été  frappée  à  l'occasion  de 
son  troisième  mariage  et  de  l'institution  de  la  Toison 
d'or.  L^n  grand  nombre  de  jetons  ont  été  frappés  pour  la 
chambre  des  Comptes,  à  Malines. 

PHILIPP  g  D  g  G  g  DVX  S  BURG  ê  LOT  g  BRA  S 
CO  l  FLA  ?  Dans  le  champ  le  buste  du  duc,  orné  de 
la  toison  d'or.  Ce  bijou  consiste  en  un  collier  d'or,  auquel 
est  suspendue  une  toison,  également  en  or. 

Rv.    -  A\'TRF  NARAY  A\^TRF  NARAY  o  A\'TRF  . 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  145 

NARAY.  Dans  le  champ,  un  briquet  sur  une  croix  de 
Saint  André,  surmonté  d'une  couronne;  le  tout  entouré 
d'étincelles. 

Bronze.  PL  A,  n^  i. 

Charles  le  Téméraire 

Après  la  mort  de  Philippe  le  Bon,  son  fils  Charles, 
surnommé  le  Téméraire,  lui  succéda. 

Le  14  octobre  1454,  il  épousa,  à  Lille,  Isabelle,  fille 
de  Charles  P"",  duc  de  Bourbon,  et  de  Agnès  de  Valois; 
elle  mourut  à  Bruxelles,  le  25  septembre  1465  ;  de  ce 
mariage  naquit  une  fille,  Marie  de  Bourgogne. 

Le  3  juillet  1467,  le  duc  -fit  son  entrée  solennelle  dans 
Malines,  en  qualité  de  seigneur,  accompagné  d'une  suite 
nombreuse,  et  y  prêta  serment;  de  grandes  fêtes  et  des 
cortèges  furent  organisés,  et  rien  ne  fut  négligé  pour 
rendre  son  séjour  aussi  agréable  que  possible  dans  cette 
ville,  qu'il  a  tant  favorisée  dans  la  suite. 

Aux  archives  de  la  ville  se  trouve  l'acte  public,  rédigé 
lors  de  la  joyeuse  entrée  du  duc.  Ce  document  confirme 
les  privilèges  et  franchises  accordés  précédemment  à 
cette  ville  ;  le  voici  : 

«  Charles  par  la  grâce  de  Dieu  Duc  de  Bourgoingne, 
de  Lothier,  de  Brabant,  de  Lembourg,  de  Luxembourg, 
Comte  de  Flandres,  d'Artois,  de  Bourgoingne,  Palatin 
de  Haynnau,  d'Hollande,  de  Zélande,  de  Namur,  Mar- 
quis du  Saint-Empire,  Seigneur  de  Frise,  de  Salins  et 
de  Malines.  Savoir  faisons  à  tous  présents  et  à  venir  que 
comme  après  le  décès  de  feu  nostre  très  Chier  Seigneur 
et  Père  Monseigneur  le  duc  de  Bourgoingne,  de  Bra- 
bant et  de  Lembourg,  Comte  de  Flandres,  d'Artois  et 
de  Bourgoingne,  Palatin  etc.,  et  Seigneur  de  Malines  et 
des  appertenences,  nouvellement  trespassé,  cui  Dieu 
pardoint. 


146  NUMISMATIQUE    MALINOISE 

»  Nous  qui  sommes  son  seul  héritier,  et  à  ceste  cause 
succédez  entre  autres  choses  à  la  Seigneurie  dudit  Ma- 
lines  soyons  aujourd'huy  troisième  jour  de  ce  présent 
mois  de  juillet  venuz  en  ceste  nostre  ville  de  Malines  et 
y  fait  nostre  entrée  comme  seigneur  d'icelle,  et  à  ce  jour 
meismes  les  Bourgeois  et  habitans  dilecques  communau- 
lument  nous  ont  fait  serement  en  flameng  tel  et  selon 
que  bons  et  loyaulx  subgetz  doivent  faire  à  leur  Seigneur, 
auxquelz  nous  avons  repromis  et  juré  en  vérité  et  loyauté 
de  tenir  et  garder  et  faire  tenir  et  garder  bons  privilleges, 
libertez,  franchises,  coustumes  et  usages  tant  anciens 
que  nouveaux,  en  la  manière  accoustumée,  desquels 
serement  et  promesse,  par  nous  ainsi  fait  en  flameng, 
la  forme  sensuit  en  françois  : 

»  Nous  Charles,  Duc  de  Bourgoingne,  de  Lothier,  de 
Brabant,  de  Lembourg  et  de  Luxembourg,  Comte  de 
Flandres,  d'Artois,  de  Bourgoingne,  Palatin,  de  Hayn- 
nau,  d'Hollande,  de  Zélande  et  de  Namur,  Marquis  du 
Saint-Empire,  Seigneur  de  Frise,  de  Salins  et  de  Ma- 
lines. Telz  foy  et  loyauté  que  nos  bonnes  gens  de  nostre 
ville  de  Malines  nous  ont  fait  et  promis,  leur  repromet- 
tons à  tenir  avec  tous  leurs  droitz,  franchises,  privil- 
leges, coustumes  et  usages  vielz  et  nouveaux,  selon  ce 
quilz  les  ont  accoustumez,  et  avecques  toutes  autres  pro- 
messes et  convenances,  lesquelles  nous  leur  avons  pro- 
mises et  en  convient  bien  et  loyaument  tenir  et  accom- 
plir, se  Dieu  nous  aid  et  ses  sains  et  tous  les  sains  de 
Paradiz. 

»  Nous,  par  la  teneur  de  ces  présentes,  à  l'umble  sup- 
plication des  bonnes  gens  d'icelle  nostre  ville  de  Malines, 
avons  confirmé  et  approuvé,  confirmons  et  approuvons, 
et  en  oultre  leur  promettons  tenir  et  garder,  et  faire 
tenir  et  garder  fermes  et  estables  de  point  en  point  leur 
droitz,  previlleges,  franchises,  libertez,  coustumes  et 
usages  vielz  et  nouveaux,  aussi  comme  silz  estoyent  ycy 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  I47 

escriptes  et  exprimez  de  mot  à  mot,  et  de  non  venir  ou 
faire  venir  en  aucune  manière  au  contraire.  Et  afin  que 
ce  soit  chose  ferme  et  estable  a  tous  jours  mois,  Nous, 
en  tesmoignage  de  ce,  avons  fait  mettre  nostre  scel  a  ces 
présentes,  sauf  en  autres  choses  nostre  droit  et  lautruy 
en  toutes. 

»  Donné  en  nostre  dite  ville  de  Malines,  ledit  troi- 
sième jour  de  Juillet,  l'an  de  grâce  Mil  CCCC  soixante 
et  sept.  —  Ainsi  signé  sur  la  ployé  :  Par  Monseigneur  le 
Duc.  J.  Gros.  » 

Un  an  après  son  inauguration,  soit  le  2  juillet  1468, 
le  duc  Charles  épousa  en  secondes  noces,  Marguerite 
d'Yorck,  sœur  du  roi  d'Angleterre,  et  fille  de  Richard, 
duc  d'Yorck. 

La  médaille  commémorative  ci-après  a  été  frappée  à 
cette  occasion. 

DVX  KAROLVS  BVRGVNDVS.  La  tête  laurée  du 
duc. 

Rv.  Dans  une  couronne  de  lauriers,  la  toison  d'or, 
accostée  de  deux  briquets  portant  l'inscription  AV- 
REYM-VELLVS;  au-dessus  :  lE  LAI  EMPRINS;  et 
au-dessous  :  BIEN  EN  AVIENGNE;  le  tout  entouré 
d'étincelles. 

Bronze.  PI.  A,  n°  2. 

Le  7  août  1468,  le  duc  Charles  céda  à  sa  femme  Mar- 
guerite, l'apanage  de  la  ville  et  de  la  Seigneurie  de 
Malines;  elle  y  fit  son  entrée  solennelle,  le  24  avril  1470, 
au  milieu  de  fêtes  splendides,  organisées  en  son  honneur. 

A  la  mort  de  Charles  le  Téméraire,  sa  veuve  acheta 
le  palais  de  Cambrai,  à  Malines,  et  l'habita  pendant  dix 
ans;  puis  elle  occupa  le  palais  du  Grand  Conseil,  jus- 
qu'à sa  mort,  en  i5o3.  Son  corps  fut  inhumé  dans  l'église 
des  Récollets,  près  de  la  rivière  la  Mélane. 


148  NUMISMATIQUE    MALINOISE 

Ce  fut  aussi  Charles  le  Téméraire,  qui  réinstalla  à 
Malines,  le  Parlement  ou  Grand  Conseil,  par  lettres 
patentes  datées  du  23  décembre  1473,  de  Thionville,  et 
ainsi  conçues  : 

«  Charles  par  la  grâce  de  Dieu  Duc  de  Bourgogne,  de 
Lothier,  &%..  Scavoir  foisons  que  pour  consideracion 
des  choses  dessus  dittes...  Avons  ordonné,  institué  et 
estably,  et  par  la  teneur  de  ces  présentes  ordonnons,  in- 
stituons et  établissons  notre  Parlement  et  Cour  Souve- 
raine de  tous  nos  duchez,  comtés,  pays  et  seigneuries  de 
pardeça  estre  tenu  à  tous  jours  en  notre  ville  de  Ma- 
lines. 

))  Lequel  Parlement  et  Cour  Souveraine  après  Nous 
et  aussi  les  personnes  cy  après  nommées,  assavoir  de 
notre  Chancelier,  du  Chief  de  notre  Grand  Conseil,  en 
son  absence  des  deux  des  Présidens,  quatre  Chevaliers 
ordonnez  pour  notre  dit  Grand  Conseil  et  six  maîtres 
des  requêtes  ordinaires  de  nostre  hostel,  et  de  vingt  Con- 
seillers tant  gens  d'Eglise  que  Layz,  en  nombre  de  huit 
gens  d'Eglise  et  douze  Layz,  qui  sont  en  tout  pour  le 
corps  de  notre  ditte  Cour  trente  cinq  personnes.  » 

L'installation  du  parlement  eut  lieu  en  grande  pompe, 
le  3  janvier  1474. 

Les  traits  d'un  des  premiers  présidents  du  Grand  Con- 
seil, Jean  Carondelet,  ont  été  reproduits  sur  une  médaille 
très  rare,  que  voici  : 

g  lOHANNES  CARONDELETVS  PRAES  BVR- 
GVND  g  Le  buste  du  président  du  Grand  Conseil  ;  sous 
la  coupure  de  l'épaule,  le  millésime  1479. 

Rv.  MARGARITA  DE  CHASSE.  Le  buste  de  sa 
femme,  qui  était  la  fille  du  chevalier  Hugues  de  Chasse. 
Carondelet  meurt  en  i5oi  et  est  inhumé  à  l'église  de 
Saint-Rombaut. 

Bronze.  PI.  F,  no  10. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  14g 


Marie  de  Bourgogne 

succéda  à  son  père,  Charles  le  Téméraire,  qui  avait 
trouvé  la  mort  devant  les  murs  de  Nancy,  en  1477. 

A  son  avènement  au  pouvoir,  elle  trouva  le  gouverne- 
ment de  ses  différents  états  complètement  désorganisé. 

Le  roi  de  France,  Louis  XI,  chercha  par  tous  les 
moyens  à  rentrer  en  possession  du  duché  de  Bourgogne 
et  des  villes  principales  de  la  Picardie. 

D'un  autre  côté,  le  peuple  flamand  était  plus  ou  moins 
dégoûté  de  l'administration  sévère  de  la  maison  de  Bour- 
gogne et  se  montrait  fort  peu  disposé  à  défendre  les 
intérêts  de  Marie. 

La  duchesse  se  trouva  donc  obligée  de  confirmer  les 
privilèges  accordés  par  les  seigneurs  précédents,  et  qui 
avaient  été  retirés  par  des  circonstances  imprévues. 

Le  25  juin  1477,  la  duchesse  fit  sa  joyeuse  entrée  dans 
notre  ville,  en  qualité  de  Dame  de  Malines.  Elle  fut 
reçue  sans  grand  apparat,  prêta  le  serment  en  flamand 
et  confirma  de  nouveau  les  privilèges  des  Malinois. 

Les  Goedenis  boeken  de  nos  archives,  font  mention  de 
cette  fête  :  a  Op  den  woensdach  van  XXV'""  dach  van 
junio  anno  LXXVIJ  quam  Marye  Hertoghinne  van 
Bourg. nen  van  Brab.  etc.  hier  in  der  stad  savents  tôt 
IX  ueren,  ende  sy  waert  corts  daer  nair  ende  op  de  selve 
dach,  alhier  gehult  in  portien  van  den  Hertoge  van  Cleve, 
van  de  Busscop  van  Metz  ende  van  Hertoge  Lodewyck 
van  Beyeren  ende  van  meer  ande  Edelder  Heen  en 
Mane  ». 

La  duchesse,  ne  sachant  pas  tenir  tête  à  tous  ses  enne- 
mis, songea  bientôt  à  chercher  un  mari  capable  de  dé- 
fendre ses  droits. 

Un  mariage  d'amour  fut  conclu  le  18  août  1477,  avec 
le  jeune  archiduc  Maximilien  d'Autriche,  fils  unique  de 


l5o  NUMISMATIQUE   MALINOISE 

l'empereur  Frédéric  III,  et  le  g  janvier  1478,  il  fit  son 
entrée  solennelle  dans  la  ville  de  Malines. 

La  médaille  ci-après  a  été  frappée  à  l'occasion  de  ce 
mariage. 

MAXIMILIANVS  DVX  AVSTRIAE  g  BVRGVND. 
La  tête  de  l'archiduc,  à  longue  chevelure,  ceinte  d'une 
couronne  de  myrte. 

Rv.  l  MARIA  DVX  BVRGVNDIAE  AVSTRIAE.  La 
tête  diadémée  de  l'archiduchesse,  le  cou  paré  d'un  col- 
lier. 

Bronze.  PI.  A,  n°  3. 

De  cette  heureuse  union,  qui  ne  devait  pas  durer  de 
longues  années,  trois  enfants  naquirent  : 

Le  22  juillet  1478,  vint  au  monde  Philippe  le  Beau, 
et  le  10  janvier  1480,  Marguerite  vit  le  jour;  un  troi- 
sième enfant,  nommé  Charles,  ne  vécut  que  peu  de 
temps. 

Avec  la  mort  de  Marie  de  Bourgogne,  survenue  le  28 
mars  1482,  la  Seigneurie  de  Malines  passe  de  la  maison 
de  Bourgogne  à  celle  d'Autriche. 

Maximilien 

A  la  mort  de  Marie  de  Bourgogne,  l'archiduc  Maximi- 
lien fut  nommé  tuteur  de  son  fils  mineur  Philippe  le 
Beau;  il  confia  son  éducation  à  Marguerite  d'Yorck,  qui 
tenait  alors  sa  cour  à  Malines,  où  le  jeune  duc  fut  reçu 
avec  enthousiasme. 

Le  16  février  i486,  l'archiduc  Maximilien  fut  procla- 
mé empereur  des  Romains,  et  couronné  à  Aix-la-Cha- 
pelle. Il  existe,  aux  archives, de  la  ville,  une  lettre  de 
Maximilien,   par  laquelle  il  annonce  au   magistrat   de 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  l5l 

Malines,  qu'il  a  été  élu  roi  des  Romains  et  les  requiert 
de  lui  faire  un  prêt  de  looo  livres,  du  prix  de  40  gros  de 
Flandre  la  livre,  avec  promesse  de  leur  laisser  déduire 
cette  somme  de  l'aide  consentie  ou  à  accorder  (i). 

Trois  mois  après  son  couronnement,  Maximilien,  qui 
tenait  beaucoup  aux  Malinois  pour  leur  fidélité,  leur 
rendit  visite  le  g  juillet. 

La  médaille  ci-après  rappelle  le  couronnement  de 
l'empereur,  qui  fit  frapper  dans  notre  atelier  moné- 
taire, des  monnaies  à  son  nom  et  à  celui  de  son  fils 
Philippe. 

§  gu^xio^  -  I  o  PRiD  o  III  o  piL  o  siisarr  °  rou) 

o  lO^P  o  ^x?R  «  0)  °  aaaa  «  LX>^^VI,  légende  exté- 
rieure. 

o  ïVDiaii  °  aRçnaR  «  kdpsr  -  aoRDinnoR,  lé- 
gende intérieure.  Dans  le  champ,  l'empereur,  à  mi- 
corps,  couvert  du  manteau,  la  tête  couronnée;  il  tient 
de  la  main  droite  le  sceptre,  et  de  la  main  gauche  une 
palme. 

Rv.  *  mnmR  °  œjïr  °  bvrg  s  dvo:  s  Fium  -  vma 

°  lODPSR^nnOR  °  V>^OR.  Le  buste,  à  mi-corps,  de  son 
épouse  décédée  et  que  l'empereur  a  voulu  associer,  même 
après  sa  mort,  aux  honneurs  de  son  élection;  elle  a  la 
tête  couronnée,  le  cou  orné  d'un  collier  et  la  main  droite 
sur  la  poitrine. 

Bronze.  PI.  B,  n^  4. 

Comblé  d'honneur  dans  les  états  de  son  père,  l'empe- 
reur-roi  n'en  subit  pas  moins  des  humiliations  dans  les 
états  de  son  fils;  le  9  février  1488,  il  fut  fait  prisonnier 
par  les  Brugeois  et  les  Gantois,  qui  l'enfermèrent  dans 
le  château  de  Cranenberg,  à  Bruges. 


(i)  Inventaire  des  archives,  par  Van  Doren. 


t52 


NUMISMATIQUE    MALINOISE 


Il  fallut  l'intervention  de  toutes  les  provinces  restées 
fidèles  à  l'empereur,  et  même  celle  de  son  père  Frédéric 
III,  pour  le  faire  relâcher  après  trois  mois  de  réclusion. 

Par  lettres,  Maximilien  exprimait  sa  gratitude  aux 
Malinois,  les  dispensa  du  paiement  de  certaines  taxes, 
pour  leur  dévouement  et  les  bons  soins  qu'ils  donnaient 
à  son  fils  Philippe. 

L'empereur  Frédéric  III,  père  de  Maximilien,  tenait 
surtout  à  récompenser  les  Malinois  des  bons  services 
qu'ils  avaient  rendus  à  l'empire  et  à  Maximilien. 

Par  un  diplôme,  daté  du  lo  janvier  1490,  de  Linz, 
l'empereur  d'Allemagne  érigea  en  Comté  les  ville  et  dis- 
trict de  Malines,  et  augmenta  ses  armoiries,  composées 
d'un  écu  à  trois  pals  de  gueules,  d'un  écusson  d'or  à 
l'aigle  de  sable,  placé  dans  le  cœur  (figure  n^  i). 


i 

1 

i 

n| 

m 

r 

Fig.  n°  I 

En  même  temps,  il  accorda  le  titre  de  Comte  à  Maxi- 
milien, à  Philippe  et  à  tous  leurs  descendants. 

Nous  avons  tenu  à  faire  figurer  dans  notre  ouvrage,  le 
portrait  de  celui  qui  éleva  Malines  à  cette  dignité  et  la 
combla  constamment  de  faveurs.  La  médaille  ci-après 
nous  sert  à  souhait. 


C&  DD.  PRiDSRiavs  III. °  p^rr  o  snn  ^  m^^imi- 

hmUVB  °  FIL  -  "ROm  -  imPP'.  Dans  le  champ,  les 
bustes  de  l'empereur  Frédéric  et  de  son  fils  Maximi- 
lien; le  premier  la  tête  couverte  d'un  turban,  orné  de 
pierreries,  et  le  second,  portant  au  cou  la  chaîne  de  la 
Toison  d'or. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  l53 

Rv.  iiJiiVsrrRiss  z  Domvs  «  JîvsrrRmc^s  o 

IRSIGRIM.  Les  armoiries  de  la  maison  d'Autriche,  cou- 
ronnées et  soutenues  par  deux  anges. 

Bronze.  PI.  B,  n»  5. 

L'original  du  diplôme  par  lequel  Frédéric  III  élève 
au  rang  de  Comté  la  ville  de  Malines  et  son  district, 
repose  aux  archives  de  la  ville  ;  il  est  encore  muni  du 
grand  sceau,  avec  contre-sceau  en  pâte  blanche.  Le  texte 
a  été  reproduit  par  M.  le  Chanoine  van  Caster,  dans 
son  Histoire  des  mes  de  Malines. 


Philippe  le  Beau 

La  mort  de  l'empereur  Frédéric  III  en  1493,  obligea 
Maximilien  à  s'établir  en  Allemagne.  Le  jeune  archiduc 
Philippe  venait  d'entrer  dans  sa  seizième  année  et  fut 
obligé  d'administrer  ses  états,  ce  en  quoi  il  fut  aidé  par 
des  Conseillers  dévoués. 

Le  27  mars  1495,  il  fut  inauguré  solennellement  à 
Malines,  où  il  continua  à  tenir  sa  résidence;  deux  ans 
après,  le  21  octobre,  il  épousa,  à  Lierre,  la  princesse 
Jeanne,  Infante  d'Espagne,  surnommée  la  folle,  fille  de 
Ferdinand  le  Catholique,  roi  d'Aragon,  de  Naples  et  de 
Sicile,  et  d'Isabelle,  reine  de  Castille,  de  Léon  et  de 
Grenade.  Un  des  premiers  actes  en  faveur  de  Malines, 
fut  le  rétablissement  de  la  chambre  des  comptes,  en  1497. 

De  leur  mariage  naquit,  à  Gand,  où  Philippe  avait 
établi  sa  cour,  l'archiduc  Charles,  connu  plus  tard  sous 
le  nom  de  Charles-Quint,  le  24  février  i5oo.  —  L'archi- 
duc Philippe,  dans  le  but  de  se  familiariser  avec  le 
peuple  qu'il  devait  gouverner  plus  tard,  entreprit  un 
voyage  en  Espagne,  au  mois  de  novembre  i5oi,  après 
avoir  confié  ses  trois   enfants   :    Eléonore,    Isabelle   et 


l54  NUMISMATIQUE    MALINOISE 

Charles,  à  sa  grand'mère,  Marguerite  d'Yorck,  la  douai- 
rière de  Charles  le  Téméraire, 

La  mort  de  sa  belle-mère  le  plaça  sur  le  trône  d'Es- 
pagne plus  tôt  qu'il  ne  l'avait  espéré. 

Le  4  janvier  i5o5,  il  assista,  dans  l'église  Ste-Gudule, 
à  Bruxelles,  au  service  funèbre  de  sa  belle-mère,  et  aus- 
sitôt après  il  fut  proclamé  roi  de  Castille,  de  Léon,  de 
Grenade  et  de  Tolède.  La  médaille  ci-après  a  été  frappée 
pour  commémorer  ce  fait  historique. 

C&  PHILIPVS  D  G  REX  CASTELIE  EC  °  ARCHI- 
DVX  AVS  ETC.  Le  buste  de  l'archiduc,  portant  au  cou 
le  collier  de  la  Toison  d'or. 

Rv.  o  ILLA  o  IMMOTA  c  MANET  o  Dans  le  champ, 
Pallas,  déesse  de  la  Sagesse,  nue,  debout  au  milieu  des 
flots  écumants. 

Bronze.  PI.  C,  n°  7. 

Philippe,  premier  de  ce  nom,  roi  d'Espagne,  ne  put 
malheureusement  pas  jouir  longtemps  de  son  élévation 
à  la  royauté;  il  mourut  à  Burgos,  le  25  septembre  i5o6, 
âgé  de  28  ans. 

La  présence  de  Philippe  le  Beau  à  Malines  avait 
beaucoup  contribué  à  sa  prospérité;  aussi  notre  ville 
pouvait-elle  être  considérée  comme  la  capitale  des  Pays- 
Bas.  Les  grands  seigneurs  3^  établirent  leur  résidence  et 
un  grand  nombre  de  palais,  dont  nous  pouvons  encore 
contempler  les  restes,  surgirent  de  terre. 

La  numismatique  nous  a  légué  le  portrait  d'un  person- 
nage remarquable,  Nicolas  Ruter,  qui,  lui  aussi,  a  beau- 
coup contribué  au  développement  de  notre  cité. 

Luxembourgeois  d'origine,  il  a  passé  une  grande  partie 
de  sa  vie  à  faire  partie  du  Grand  Conseil  ;  il  fut  nommé 
évêque  d'Utrecht,  et,  en  cette  qualité,  il  célébra  le  ser- 
vice funèbre  de  Philippe  le  Beau. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  l55 

Successivement,  il  avait  été  le  conseiller  de  Charles  le 
Téméraire,  Marie  de  Bourgogne  et  Philippe  le  Beau, 
et  la  médaille  ci-après  lui  accorde  le  titre  de  secrétaire 
de  Maximilien. 

Il  mourut  à  Malines,  le  ig  décembre  i5og,  et  fut 
enterré  à  l'église  de  Saint-Rombaut. 

NICOLAVS  RVTER  MAXIMILIANI  SECRETA- 
RIVS.  Le  buste  du  conseiller. 

Rv.  INGENI  VMPIETAS  ET  FIDES,  en  4  lignes, 
dans  un  cercle  perlé,  entouré  d'une  couronne  de  laurier. 

Bronze.  PL  B,  n"  6. 

Il  existe  un  jeton  pour  Malines,  au  nom  de  Nicolas 
Ruter. 


Marguerite  d'Autriche 

A  sa  mort,  l'archiduc  Philippe  le  Beau,  roi  d'Espagne, 
laissa  une  veuve  avec  six  enfants  en  bas-âge.  Leur  grand- 
père,  Maximilien,  consentit,  après  avoir  beaucoup  hési- 
té, à  administrer  les  biens  des  orphelins.  Marguerite 
d'Autriche,  sœur  de  Philippe,  s'était  établie  à  Malines  ; 
elle  fut  nommée  gouvernante  des  Pays-Bas  et  accepta  la 
tutelle  des  enfants  mineurs  ;  jamais  choix  ne  fut  mieux 
justifié;  c'est  que  notre  Marguerite  avait  tous  les  talents 
d'un  homme  d'état  de  premier  ordre,  et  employait  toute 
son  énergie  pour  faire  prospérer  le  pays  en  général  et  la 
ville  de  Malines  en  particulier.  Cependant,  cette  femme 
extraordinaire  avait  déjà  rencontré  beaucoup  de  contra- 
riétés dans  la  vie. 

A  l'âge  de  trois  ans  et  quelques  mois,  elle  épousa  le 
dauphin,  qui  plus  tard  devint  roi  de  France,  sous  le 
nom  de  Charles  VIII. 


l56  MUMISMATIQUE    MALINOISE 

Quand  elle  se  rendit  à  Paris,  pour  recevoir  une  édu- 
cation dans  le  goût  de  la  cour  de  Louis  XI,  elle  fut  ac- 
cueillie avec  le  plus  grand  enthousiasme;  des  intrigues 
politiques  firent  annuler  ce  mariage  et  le  dauphin  rom- 
pit en  1491,  pour  épouser  Anne  de  Bretagne. 

Par  cette  rupture,  Marguerite  rentra  en  possession  de 
la  Bourgogne,  son  apanage. 

En  secondes  noces,  elle  épousa  Don  Juan,  hls  de  Fer- 
dinand le  Catholique,  roi  d'Espagne. 

Pendant  la  traversée  qu'elle  entreprit  pour  rejoindre 
son  époux,  une  violente  tempête  surgit;  tous  ceux  qui 
étaient  à  bord  prévoyaient  leur  fin  prochaine;  la  jeune 
princesse,  âgée  de  dix-sept  ans,  eût  le  courage  de  com- 
poser l'épitaphe,  connu  de  tous  les  historiens,  dans 
laquelle  elle  faisait  allusion  à  son  premier  mariage  man- 
qué, et  au  second,  dans  lequel  elle  n'avait  pas  beaucoup 
de  confiance  : 

Cy-gist  Margot,  la  gente  damoiselle 
Qu'eust  deux  maris  et  sy  mourut  pucellc. 

Cependant  l'orage  passa  et  la  princesse  put  débarquer 
sur  la  côte  d'Espagne;  le  mariage  eût  lieu,  mais  déjà  la 
même  année,  en  1498,  elle  devint  veuve  pour  la  deu- 
xième fois. 

Marguerite,  ne  tenant  pas  au  pays  qui  lui  rappelait 
tant  de  tristes  souvenirs,  quitta  l'Espagne  et  revint  à 
Malines,  vers  1499. 

En  i5oi,  alors  qu'elle  n'avait  que  vingt-et-un  ans,  elle 
fut  demandée  en  mariage  par  Philibert  II,  duc  de  Savoie; 
la' cérémonie  nuptiale  eût  lieu  à  Genève,  où  de  grandes 
fêtes  furent  organisées  en  son  honneur. 

La  médaille  ci-après,  d'une  dimension  peu  ordinaire, 
frappée  à  l'occasion  de  leur  mariage,  donne  les  portraits 
des  jeunes  mariés. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  iS^J 

Dans  le  champ,  parsemé  de  lacs  et  de  marguerites,  les 
bustes  affrontés  de  Philibert  et  de  Marguerite. 

Légende  g  PHILIBERTVS  o  DVX  o  SABAVDIE  o 
VIII  °  MARGVA  o  MAXI  -  CAE  «  AVG  °  FI  °  D  «  SA. 

Rv.  g  GLORIA  IN  ALTISSIMIS  o  DEO  ET  IN 
TERRA  FAX  o  HOMINIBVS  g  BVRGVS.  Dans  le 
champ,  les  armoiries  de  la  maison  de  Savoie,  accos- 
tées de  lacs  et  de  marguerites,  et  des  lettres  divisées 
FE  —  RT,  le  tout  surmonté  d'un  lac. 

Bronze.  PI.  D  et  E,  n°^  8  et  g. 

Son  bonheur  ne  devait  pas  être  de  longue  durée,  atten- 
du que  trois  ans  après,  elle  perdit  encore  son  bien-aimé 
mari. 

Cet  événement  douloureux  a  donné  occasion  à  la  frappe 
de  la  médaille  ci-après  : 

MARGAR  o  CAROLI  o  VIII  o  REG  o  FRA  o  ET  - 
PHIL  o  SABAVD  «  DV.  Marguerite  à  mi-corps,  riche- 
ment habillée,  tient  dans  les  deux  mains  des  bou- 
quets de  fleurs,  faisant  allusion  à  son  nom;  sur  cette 
médaille  il  n'est  pas  fait  mention  du  nom  de  son  second 
mari. 

Rv.  SPOLIAT  MORS  o  MVNERE  o  NOSTRO  ° 
Dans  le  champ,  un  arbre  menacé  par  la  foudre,  pour 
faire  allusion  à  cette  mort  subite. 

Bronze.  PI.  F,  n"  ii. 

Elle  se  retira  momentanément  en  Allemagne,  auprès 
de  son  père  Maximilien,  et  fit  son  entrée  solennelle  à 
Malines,  comme  gouvernante,  le  7  juillet  iSoy.  Nous 
trouvons  dans  la  chronique  d'AzEVEDO,  la  courte  relation 
de  cette  joyeuse  entrée  : 

«  op  den  7  van  de  maend  julii  wirdt  de  princesse  Mar- 
guerite van  Savoyen  binnen  Mechelen  als  Gouvernante 


l58  NUMISMATIQUE    MALINOISE 

gehult,  by  commissie  van  keyser  Maximilianus.  Alsdien 
wordt  van  stads-wegen  haer  een  présent  gedaen  van  ses 
silvere  schalen  met  vergulde  boorden,  wegende  i8  marc- 
ken,  elck  marck  koste  dry  ponden,  vyf  schellingen  be- 
dragende  te  samen  91  ponden  en  thien  schellingen  )>. 

Malgré  les  plus  brillantes  offres  qui  lui  furent  faites 
pour  se  remarier,  la  gouvernante  refusa  et  prit  pour 
devise  ces  mots  :  FORnnVRS  mPORHnVRS  PORrrvnS. 

Incontestablement,  Marguerite  d'x^utriche  occupe  le 
premier  rang  dans  l'histoire  de  Malines;  l'érection  d'une 
statue  à  cette  femme  d'élite  est  un  acte  de  gratitude 
auquel  elle  avait  droit. 

Durant  sa  vie,  elle  encouragea  les  lettres,  les  sciences 
et  les  arts;  son  palais  était  ouvert  aux  artistes  et  savants, 
qui  ne  sortirent  jamais  de  là  sans  avoir  reçu  un  accueil 
bienveillant. 

Elle  rendit  le  dernier  soupir  le  3o  novembre  i53o,  et 
sa  mort  plongea  notre  ville  dans  un  deuil  profond. 

Nous  ne  pouvons  passer  sous  silence  le  nom  d'un 
homme  éminent,  Nicolas  Everardi,  ou  Claes  Everaerts, 
un  des  meilleurs  jurisconsultes  de  son  époque.  Une 
médaille  due  au  burin  de  son  fils,  Jean  second,  nous  a 
conservé  les  traits  de  ce  savant,  qui  a  joué  un  rôle  remar- 
quable dans  notre  histoire.  Après  avoir  rempli  les  fonc- 
tions de  membre  du  Conseil,  il  fut  nommé,  en  1627,  pré- 
sident du  Grand  Conseil  de  Malines.  Dans  la  première 
période  de  sa  résidence  dans  notre  ville,  il  épousa  Elisa 
Bladella,  qui  lui  donna  huit  enfants,  dont  Jean  second, 
le  célèbre  graveur.  La  médaille,  uniface,  représente  le 
président  revêtu  d'un  habit  à  large  col  orné  de  fourrure; 
il  a  la  tête  recouverte  d'un  bonnet. 

La  légende  MDXXXI  —  10.  SE.  P.,  puis  une  feuille. 
Bronze.  PI.  P,  n°  12. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  iSq 


Charles -Quint 

Quand  l'archiduc  Charles  eut  atteint  sa  quinzième 
année,  son  grand-père,  l'empereur  Maximilien,  jugea  le 
moment  opportun  pour  émanciper  le  jeune  prince  et  le 
charger  du  gouvernement  de  ses  états;  le  5  février  i5i5, 
il  fit  sa  joyeuse  entrée  dans  notre  ville,  comme  seigneur 
de  Malines.  iVprès  avoir  reçu  le  serment  des  bourgeois, 
il  jura  à  son  tour  fidélité  au  peuple  et  le  maintien  de 
tous  les  droits  et  privilèges  accordés  par  Charles  le 
Téméraire,  Philippe  le  Beau  et  l'empereur  Maximilien. 
A  cette  occasion,  de  grandes  fêtes  furent  organisées  et  la 
ville  de  Malines  se  montra  très  généreuse  dans  la  distri- 
bution des  cadeaux  usuels. 

Par  suite  de  la  mort  de  son  grand-père  maternel,  Fer- 
dinand le  Catholique,  Charles  devint  roi  d'Espagne  en 
i5i6,  et  sa  présence  était  grandement  nécessaire  dans 
ses  nouveaux  états.  Il  rassembla,  en  juin  i5i7,  les  états 
généraux  et,  d'accord  avec  son  grand-père  l'empereur 
Maximilien,  il  confirma  les  pouvoirs  accordés  à  Margue- 
rite d'Autriche,  comme  gouvernante  des  Pays-Bas. 

La  médaille  ci-après  a  été  frappée  à  cette  occasion  ; 
elle  nous  donne  les  traits  de  Maximilien,  qui  aima  tant 
notre  ville  et  y  repassa  tous  les  ans,  pour  suivre  de  près 
la  régence  de  Marguerite;  au  revers,  elle  nous  donne  le 
buste  de  notre  jeune  seigneur  Charles,  qui  devint  plus 
tard  le  puissant  empereur  Charles-Quint. 

MAXIMILIANVS  o  CAESAR.  Le  buste  de  l'empe- 
reur Maximilien,  orné  du  bijou  de  la  Toison  d'or. 

Rv.  KAROLVS  o  REX  o  CATOLICVS.  Le  buste  du 
roi  Charles,  également  paré  de  la  Toison  d'or. 

Bronze.  PI.  G,  n»  i3. 


l60  NUMISMATIQUE    MALINOISE 

A  son  retour  d'Espagne,  Charles  rentra  à  Malines  au 
mois  de  juin  i52o;  il  y  séjourna  quelque  temps  et  se 
rendit  ensuite  à  Aix-la-Chapelle,  pour  recevoir  la  Cou- 
ronne impériale,  laissée  vacante  par  la  mort  de  son  grand- 
père  Maximilien. 

Le  lo  janvier  i526,  il  prit  pour  épouse  Isabelle,  fille 
aînée  du  roi  Emmanuel  de  Portugal,  qui  lui  donna  un 
fils,  Philippe. 

Marie  de  Hongrie 

L'empereur  Charles-Quint,  que  ses  absences  fréquentes 
obligèrent  de  confier  le  gouvernement  des  Pays-Bas  à 
des  mains  étrangères,  mit  à  profit  les  capacités  de  sa 
sœur  Marie,  veuve  de  Louis  II,  roi  de  Hongrie  et  de 
Bohème,  et  l'institua,  le  5  juillet  i53i,  gouvernante  des 
Pays-Bas.  Le  26  septembre  suivant,  elle  fit  déjà  son 
entrée  solennelle  à  Malines,  où  on  lui  offrit  une  coupe 
en  vermeil  et  du  vin  du  Rhin,  suivant  l'usage  de  l'époque. 
La  médaille  ci-après  a  été  frappée  en  l'honneur  de 
Marie  : 

Av.  ^  MARIA  o  REGINA  o  VNG  o  VIDVA  o  CARO- 
LI  o  CESA  g  ET  o  FERDI  o  REG  §  SOR.  Le  buste  de 
Marie. 

Rv.  ^  IN  o  PACIENCIA  o  POSSIDEBITIS  «  ANI- 
MAS o  VESTRAS  °  LVCE  «  XXI.  Dans  le  champ,  la 
patronne  de  la  gouvernante,  Marie-Madeleine. 

Bronze.  PI.  H,  n"  14. 

Comme  gouvernante,  elle  représentait  son  frère  l'em- 
pereur aux  séances  du  Grand  Conseil,  et  dirigea  le  Con- 
seil des  finances  pour  ce  qui  concerna  les  ressources  du 
pays.  L'explosion  de  la  poudrière,  dite  Santpoorte,  fit 
beaucoup  de  dégâts  à  son  palais,  qui  devint  presque  in- 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  l6l 


habitable  ;  la  gouvernante  s'en  plaignit  à  l'empereur,  qui 
l'autorisa  à  s'établir  à  Bruxelles,  à  l'ancien  palais  des 
ducs  de  Brabant,  et  à  y  transférer  le  siège  du  gouver- 
nement. Ce  fut  une  perte  pour  notre  ville;  néanmoins 
le  Grand  Conseil  continua  à  tenir  ses  assises  à  l'ancien 
palais,  qui  sert  actuellement  de  dépôt  à  nos  importantes 
et  nombreuses  archives. 

Marie  profita  de  l'abdication  de  Charles-Quint  pour 
donner  sa  démission  de  gouvernante,  position  qu'elle 
avait  acceptée  par  déférence  pour  son  frère,  mais  qu'elle 
n'entendit  nullement  conserver  sous  le  règne  de  son  neveu 
Philippe  II.  Elle  fut  remplacée  dans  ses  fonctions,  par 
le  duc  Emmanuel  Philibert  de  Savoie,  qui  ne  remplit 
que  peu  de  temps  ce  poste  important.  La  médaille  ci- 
après  nous  donne  le  portrait  de  ce  personnage. 

Av.  PHILIBERTVS  -  DVX  SABAVDIE.  Dans  le 
champ,  le  buste  du  gouverneur-général. 

Rv.  INFESTVS  INFESTIS.  Eléphant  en  compagnie 
d'un  troupeau  de  moutons. 

Bronze.  PI.  H,  n^  i6. 


Philippe  II 

Charles-Quint  abdiqua  en  i555,  en  faveur  de  son  fils 
Philippe  II,  né  à  Valladolid,  le  21  mai  1527. 

Déjà,  lors  de  la  réunion  des  Etats  généraux,  en  154g, 
l'empereur  avait  été  autorisé  à  faire  une  tournée  avec  son 
fils  Philippe,  dans  ses  différents  états,  pour  lui  assurer 
sans  contestation  la  possession  des  dix-sept  provinces  des 
Pays-bas.  Notre  ville  reçut  la  \isite  du  prince,  le  6  sep- 
tembre 154g,  entouré  d'une  suite  nombreuse. 

L'empereur,  c^ui  l'accompagna,  proposa  au  magistrat, 
de  bien  vouloir  inaugurer  son  fils  comme  futur  Seigneur 


102  NUMISMATIQUE    MALINOISE 


de  Malines;  un  accueil  très  favoraVjle  fut  accordé  à  cette 
demande,  et  de  grandes  fêtes  furent  organisées  à  cette 
occasii^n  ;  le  jeune  prince  prêta  le  serment  en  latin,  et  un 
acte  public  de  l'épociue  nous  donne  la  relation  suivante 
de  cette  joyeuse  entrée  : 

c<  Aujourdhuy  VIII  de  septembre  X\"''  quarante  neuf 
après  que  les  Communemaistres,  Eschevins,  Trésoriers, 
Conseil  et  Communaulte  de  la  Ville  et  Srie  de  Malines, 
suvvant  l'intention  et  bon  plaisir  de  l'Empereur  Nre  sou- 
verain Sr  et  Prince  naturel  oussent  consenti  rec»  voir  et 
jurer,  Monseigneur  Nre  Prince  Messre.  Phle,  Prince 
d'Espaingne,  des  deux  Sicilles,  de  Jhlem,  etc.,  Archiduc 
cl'Autrice,  Duc  de  Bourgouigne,  etc.  Comte  de  Habs- 
purgh,  de  P'iandres,  etc.,  pour  futur  Sr.  et  Prince  de  lad. 
\'illc  et  Srie  de  Malines,  après  le  décès  de  sa  Maté., 
Impie.,  que  Dieu  par  Sa  beningne  Grâce  veuUe  conser- 
ver en  santé  et  longue  vye,  led.  Sr.  Prince  se  transporta 
devant  la  Maison  Eschevinalle  dicelle  Ville  et  feist  illecq 
le  serment  en  latin,  tel  c|u'il  s'ensuyt  : 

'(  Ego  Philippus,  Dei  Gratia  Princeps  Hispaniarum, 
utriusque  Siciliae,  Ilierusalem,  etc.  Archidux  Austriae 
Dux  Burgundiae,  etc.  Cornes  Habspurgi,  Flandriae,  etc. 
Dominus  Civitatis,  Franchisae  et  Territorii  Mechlinien- 
sis.  Promitto  et  Juro,  quod  in  adventu  meo  ^t  successione 
hujus  Oppidi,  Franchisiae  et  Territorii,  ero  bonus  et 
Justus  Dominus,  et  observabo  et  observari  faciam  bene 
et  fideliter,  omnia  eorum  Privilégia,  Franchisias,  Leges, 
Libertates,  Consuetudines  et  Jura,  et  omnia  faciam,  quae 
fidelis  Dominus  Civitatis,  Franchisiae  et  Territorii  prae- 
dicti  facere  tenetur,  sic  me  Deus  adjuvet  et  omnes  Sancti 
éjus  ».  Et  en  après  lesd.  Communemaistres,  Eschevins, 
Trésoriers,  Conseil,  Bourgois,  Manans  et  Habitans  de 
lad.  Ville  de  de  Malines  firent  leur  Serment  aud.  Sr, 
Prince,  en  la  formé  qu'il  s'ensuyt  :  «  Wy  aile  ghemeyn- 
lick  ende  elck  van  ons  besundere,  gheloven,  sekeren  ende 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  l63 

sweeren  den  Duerluchtigen  Prince,  onsen  toecomende 
gherechtigen  Heere,  ende  natuerlicken  Princen  der 
Stadt,  \'ryhe3't,  ende  Lantschap  van  Mechclcn,  Phils. 
b}'  der  Gratien  Godts  Prince  van  Spaengnen,  von  byder 
Sicilien,  van  Jhlm.,  etc.  Artshertoghe  van  Oistenryck, 
Hertoghe  van  Bourgoingnen,  etc.  Grave  van  Habspurgh, 
van  Vlaendren,  etc.  hier  Pnt.  ende  voir  ooghen,  ende 
synen  Erfven  ende  Nacomelinghen. 

»  Dat  wy  naer  den  overlyden  van  der  Key.  Mateyt. 
onsen  Heere  en  natuerlicken  Prince,  dien  Godt  willege 
sparen  in  een  lanck  gelucksamich  Leven,  Hem  goet  ende 
ghetrauwe  wesen  suUen,  syn-e  schaden  weeren,  syn  vrome 
naken,  ende  voirts  al  doen  dat  goede,  ghetrauwe  en  on- 
derdarîighe  Ondersaten  hueren  gherechtighen  Heere 
schuldigh  syn  van  doene,  alsoo  moet  ons  Godt  helpen 
en  aile  syne  Heylighen.  «  Dont  lesd.  de  Malines  ont 
requiz  avoir  acte.  Ce  que  led.  Sr.  Prince  leur  a  accordé, 
•  Assavoir  certes  ainsi  faict  et  passé  les  jour  et  an  susd.,  y 
pns.  le  Prince  de  Piémont,  le  Duc  d'x\lva,  grant  Mre 
d'Ostel,  Chlrs  de  l'Ordre,  le  Marquiz  d'Asturge,  le  Rme. 

»  Evesques'd'Arras  Messre  Jehan  de  St  Maurys,  Sr  de 
Montbarry,  Président  du  Conseil  d'Estat,  Maistre  Es- 
tienne  le  Clercq,  Conseillier  et  Maistre  des  Requestes  de 
rilostel  de  l'Empereur  et  plusieurs  aultres;  ainsy  soubz- 
signé  :  Phle  et  des  soubz  estait  escript  :  Moi  Pnt  a  Con- 
tresigné par  l'Audencier,  Verreycken.  A  cette  occasion  la 
ville  offrit  au  Prince,  à  la  reine,  à  la  gouvernante  et  a 
toute  leur  suite  des  cadeaux  d'une  richesse  incroyable.  » 

Cette  visite  aux  Pa3's-Bas  a  donné  lieu  à  la  frappe  de 
la  médaille  que  voici  : 

o  IMP  c  CAR  o  V  ^  ET  o  PHI  o  PRINC  o  ISP  o.  La 
tète  laurée  de  l'empereur  Charles  \',  à  côté  de  celle  de 
son  fils  Philippe  H. 

Rv.    Les    colonnes    d'Hercule,    entourées    d'un    cercle 


1^4  nt^mismatiqt;e  malinoise 

formé  de  britiuets.  l' ne  banderole,  relie  les  deux  colonnes 
v{  p(^rte  la  devise  PL\'S  OVLTl^E. 

PI.  H,  n»  i5. 

Le  3t  décembre  i556.  Philippe  II  confirma  le  serment 
provisoire  cpi'il  avait  prêté  en  i54g,  et  devint  définiti- 
vement Seigneur  de  Malines. 

Marguerite  de  Parme 

jMari^uerite  de  l^arme,  sœur  de  Philippe  II,  était  fille 
naturelle  de  l'empereur  Charles-Quint  et  de  Marguerite 
Vander  Cihenst,  dame  noble  d'Audenarde.  Elle  naquit 
en  i552  et  fut  élevée,  jusqu'à  l'âge  de  huit  ans,  à  la  Cour 
de  Marguerite  d'Autriche,  puis  à  celle  de  Marie  de  Hon- 
grie, établie  à  Malines.  Elle  maria  en  premières  noces, 
Alexandre  de  Medicis,  duc  de  F'iorence,  et  en  secondes 
noces,  Octave  Farnèse,  duc  de  Parme. 

Le  duc  Emmanuel  Philibert  de  Savoie  étant  rentré  en 
possession  de  ses  états,  Marguerite  fut  rappelée  d'Hala, 
par  son  frère,  avec  lequel  elle  s'était  brouillée;  la  récon- 
ciliation eût  lieu,  et  elle  succéda  à  Philibert,  comme 
Gouvernante  des  Pays-Bas. 

La  médaille  ci-après  a  été  frappée  pour  commémorer 
cette  réconciliation. 

Az'.  Dans  une  couronne,  le  buste  de  Philippe  IL 

Rv.  Dans  une  même  couronne,  le  buste  de  Marguerite 
d'Autriche,  orné  d'un  collier  de  perles,  entouré  de  cette 
inscription  :  MARGARITA  AVSTRIA. 

Bronze.  PI-  J?  n*^'  19. 

Cette  femme,  d'un  caractère  rare,  faisait  l'admiration 
de  tous,  par  ses  connaissances  administratives,  qu'elle 
avait  acquises  à  la  Cour  de  sa  tante,  Marguerite  d'Au- 
triche; dans  maintes  circonstances,  elle  montra  un  cou- 
rage mâle  et  sut  résister  aux  plus  dures  contrariétés. 

Alors  que  toutes  les  provinces  des  Pays-Bas  reçurent 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  l65 


un  gouverneur,  Marguerite  administra  seule  Malines  et 
le  Brabant.  Avant  son  départ  pour  l'Espagne,  Philippe  II 
présida  une  séance  du  Grand  Conseil,  à  Malines  ;  il 
était  assisté  d'Antoine  Perrenot  de  Granvelle,  évèque 
d'Utrecht,  et  de  \'iglius  de  Zuichem  d'Aytta,  président 
du  Conseil  privé,  deux  personnages  qui  dans  la  suite 
jouèrent  un  grand  rôle  dans  notre  histoire  politique  et 
religieuse.  Le  roi  d'Espagne  proposa  au  pape  la  nomi- 
nation d'Antoine  Perrenot  de  Granvelle  comme  arche- 
vêque de  Malines.  Ce  choix  fut  ratifié  par  Pie  IV,  qui 
le  nomma  déjà  cardinal  au  Consistoire  tenu  à  Rome,  en 
i56i.  Il  fit  son  entrée  solennelle  comme  cardinal,  pre- 
mier archevêque  de  Malines  et  primat  des  l'ays-Bas; 
il  prêta  serment  à  l'église  et  reçut  l'hommage  de  l(jut  le 
clergé  de  son  diocèse. 

Nous  donnons  ci-après  deux  médailles  consacrées  au 
Président  Viglius. 

Av.  VIGLIVS  ZVICHEMVS  o  PK.ESES  -  SEC  - 
CON  -  C.î:S  -  'Z  ^  REG  -  MA.  Dans  le  champ,  le  buste 
de  Mglius,  tète  nue,  à  droite,  entouré  de  la  légende 
indiquant  son  titre  de  président  du  Conseil  privé  de  Sa 
Majesté  Impériale  et  Royale. 

Rv.  o  VITA  -  MORTÂLIVM  -  VIGILIA. 

Table  sur  laquelle  se  trouve  un  iiambeau  allumé,  un 
sablier  et  un  livre  ouvert;  sous  la  table,  un  cartouche 
en  style  renaissance,  portant  le  iPiillésime  i556. 

Cette  médaille  nous  donne  l'âge  de  Viglius,  49  ans. 

Bronze.  ^.  PI.  I,  n"  17. 

Av.  Le  même  que  la  médaille  précédente. 

Rv.  Dans  le  champ,  les  armoiries  de  Viglius,  entourées 
de  sa  devise  ordinaire  :  «  \'ITA  °  MORTALIVM  ° 
VIGILIA. 

Bronze.  PL  I,  n«  18. 


l66  NUMISMATIQUE    MALINOISE 

Les— médailles  frappées  en  l'honneur  de  Granvelle 
figurent  dans  la  série  des  archevêques  de  Malines. 

En  i55g,  Philippe  H,  avant  son  départ  définitif  pour 
l'Espagne,  présenta  sa  sœiir  Marguerite  d'Autriche,  du- 
chesse de  Parme,  comme  gouvernante  à  la  Convocation 
des  états-généraux;  à  cette  occasion,  ceux-ci  firent  com- 
prendre au  roi,  qu'ils  ne  tenaient  pas  à  avoir  dans  le  pays 
les  soldats  étrangers  envoyés  pour  combattre  la  France, 
et  qu'ils  devenaient  une  charge  pour  nos  provinces; 
Malines,  surtout,  eut  à  souffrir  de  la  présence  des  soldats 
espagnols  dans  ses  murs;  ce  ne  fut  que  deux  ans  après 
que  Philippe  les  retira.  Néanmoins,  le  peuple  resta 
mécontent  à  cause  de  la  politique  implacable  du  roi 
d'Espagne;  aussi  la  gouvernante,  embarrassée  par  les 
exigences  continuelles  des  hérétiques,  s'en  plaigniticlie 
à  son  frère.  Ce  n'est  que  sur  les  instances  de  Vigi- 
lius  de  Zwichem,  qu'elle  consentit  à  rester  encore  dans 
le  pays. 

Le  duc  d'Albe 

Le  mécontentement  devenant  général,  Philippe  II 
arrêta  son  choix  sur  le  duc  d'x\lbe,  Ferdinand  Alvarez 
de  Tolède,  pour  dompter  les  rebelles.  La  gouvernante, 
qui  avait  en  horreur  la  politique  rigoureuse  du  nouveau 
gouverneur,  demanda  son  rappel  et  quitta  le  pays  au 
mois  de  février  i568. 

La  numismatique  nous  a  conservé  les  traits  du  duc 
d'Albe,  dont  on  prononce  encore  le  nom  avec  mépris 
à  Malines,  et  qui  a  semé  la  terreur  dans  notre  pays,  par 
Tinstitution  de  son  Conseil  des  troubles  ou  tribunal  de 
sang.  Il  envoya  son  fils,  Frédéric  de  Tolède,  à  Malines, 
et  laissa  saccager  notre  ville,  le  i"'  octobre  1572. 


NUMISMATIQUE,  MALINOISE  167 


Les  cruautés  commises  dans  notre  cité  par  les  Espa- 
gnols, sur  l'instigition  du  duc  d'x\lb3,  ont  été  relatées 
par  un  témoin  oculaire,  le  doyen  de  l'église  métropoli- 
taine, Rombaut  Verglicest.  —  Une  lettre  indiquant  les 
présents  offerts  pai-  le  magistrat  au  duc  d'Albe  et  à  son 
entouraizerse  trouve  encore  dans  nos  archives. 

Av.  FERDIN  o  TOLET  o  ALB.E  o  DVX  ^  BELG  - 
PR.E^F  o  Dans  le  champ,  le  buste  cuirassé  du  gouver- 
neur. 

Rv.  DEO  PATRVM  NOSTROR.  Un  autel  enflammé 
entre  deux  panoplies. 

Bronze.  PI.  J,  n"  20. 

Il  existe  dans  nos  archives  une  ordonnance  de  I4ii'i  ^pc 
II,  datée  du  g  novembre  1576,  par  laquelle  il  défend 
aux  habitants  de  Malines  d^  quitter  leur  viib  pour 
aller  s'établir  ailleurs  et  se  s;)ustraire  aux  rigueurs  de 
son  règne,  sous  peine  de  confiscation  de  tous  leurs  biens, 
meubles  et  immeubles. 

D'autres  lettres  très  importantes  de  Marguerite  de 
Parme,  du  duc  d'Albe  et  du  roi  Philippe  II  sont  encore 
conservées  dans  nos  archives. 

Philippe  II  s'aperçevant  un  peu  tard  que  son  gouver- 
neur, le  duc  d'-V'jj,  s'y  élait  mal  p.is  pour  apaiser  les 
Pays-Bas,  le  rappela  et  lui  donna  comme  successeur  don 
Louis  de  Requesens,  qui  fit  son  entrée  à  Bruxelles,  le 
28  novembre  iSyS. 

Ce  personnage,  dont  nous  n'avons  pu  retrouver  aucune 
médaille,  a  laissé  une  lettre,  datée  du  14  octobre  15/4, 
adressée  au  seigneur  de  ville,  gouverneur  de  Malines,  et 
au  conseiller  Louis  del  Rio,  leur  donnant  pouvoir  de 
dissoudre  l'administration  provisoire  à  Malines,  et  de  la 
remplacer  par  un  corps  de  magistrats  élus  comme  avant 
les  troubles. 


l68  NUMISMATIQUE    MALINOISE 


Don  Juan  d'Autriche 


Requesens  meurt  à  Bruxelles,  le  5  mars  iSyô;  il  eut 
pour  successeur  don  Juan  d'Autriche,  fils  naturel  de 
Charles-Quint. 

La  médaille  uniface  ci-après  nous  donne  les  traits  de 
ce  gouverneur  général. 

Av.  lOANNES  -  AVSTR  -  CAROLI  »  V  -  FIL. 
Médaille  ovale,  portant  dans  son  champ  le  buste  de  don 
Juan. 

Bronze.  PI.  J,  n«  21. 

Une  lettre,  que  nous  possédons  dans  nos  archives, 
nous  édifie  sur  la  conduite  de  cet  archiduc;  elle  est  adres- 
sée au  magistrat  de  Malines  pour  protester  contre  l'inten- 
tion, qu'on  lui  prête,  de  commencer  la  guerre;  il  déclare 
en  outre  n'avoir  proposé  aux  états  généraux  que  le  main-- 
tien  de  la  religion  catholique  romaine,  l'obéissance  au 
roi  et  l'exécution  du  traité  de  Pacification,  connu  sous  le 
nom  d'édit  perpétuel.  En  attendant  la  résolution  des 
états  sur  ces  points,  il  conjure  le  magistrat  de  rester 
fidèle  à  la  religion  et  au  roi,  et  de  ne  pas  céder  aux  sol- 
licitations du  prince  d'Orange  et  de  ses  affiliés,  qui  ne 
cessaient  d'exciter  le  peuple  à  la  révolte  (i). 

On  s'aperçut  bien  vite  que  les  déclarations  de  l'archi- 
duc n'étaient  pas  sincères,  attendu  qu'il  engagea  secrè- 
tement Philippe  II  à  lui  envoyer  des  troupes  pour 
reconquérir  certaines  villes  et  notamment  Namur,  où  il 
s'établit  en  iSyy.  Il  mourut  le  i"'  octobre  1578. 


(i)  Inventaire  des  archives. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  lÔQ 


L*archiduc  Mathias 

Les  états  mécontents  appelèrent  au  gouvernement 
général  l'archiduc  Mathias,  frère  de  l'empereur  Ro- 
dolphe II  ;  il  accepta  ce  poste,  mais  il  ne  fut  pas  reconnu 
par  le  roi  Philippe  II. 

Nous  possédons  un  grand  nombre  de  lettres-missives 
concernant  cet  archiduc,  dont  une  du  Conseil  d'Etat, 
adressée  au  magistrat  de  Malines,  pour  l'informer  que 
le  paiement  du  traitement  de  l'archiduc  Mathias,  qui 
était  déjà  arriéré  de  six  mois,  sera  supporté  par  les  pro- 
vinces ;  il  requiert  le  magistrat  d'envoyer  sans  délai, 
la  quote-part  de  la  ville.  Ce  fut  l'archiduc  qui  approuva 
le  contrat  affectant  au  service  du  culte  réformé,  l'église 
de  la  Commanderie  de  Pitzembourg. 

La  médaille  ci-après  a  été  frappée  lors  de  son  inaugu- 
ration comme  gouverneur-général  à  Bruxelles,  le  i8  jan- 
vier 1578. 

Al'.  MATHIAS  DG  ARCHI  AVST  D  HVRG  CO 
TY.  GVBER  CAP  GRLBE.  Dans  le  champ,  le  buste 
cuirassé  de  l'archiduc,  tète  nue. 

Rv.  AMAT  VICTORIA  CVRAM.  Dans  le  champ, 
Andromède  attachée  à  un  rocher  menacée  d'être  dévorée 
par  un  monstre  qui  surgit  des  eaux.  Dans  les  nuages 
apparaît  Persée,  pour  la  délivrer;  ceci  pour  indiquer 
la  faiblesse  des  Pays-Bas,  qui  mettaient  tout  leur  espoir 
en  l'archiduc  pour  les  sauver. 

Bronze.  PI.  K,  n    22. 

L'archiduc  Mathias  reçut  une  pension  des  états  et 
retourna  chez  son  frère  l'empereur. 


170  NUMISMATIQUE    MALINOISE 


Alexandre  Farnèse 

Don  Juan  d'Autriche  eut  pour  successeur  dans  les 
Pays-Bas,  Alexandre  Farnèse,  fils  de  Marguerite  de 
Parme. 

Un  des  premiers  actes  de  ce  gouverneur  général,  fut 
l'envoi  d'une  lettre  au  magistrat  de  Malines,  le  félicitant 
de  sa  réconciliation  avec  le  roi;  il  promit  de  recomman- 
der notre  ville  à  son  souverain,  d'une  manière  toute  spé- 
ciale. 

Il  existe  encore  une  autre  lettre  de  ce  prince,  adressée 
aux  gildes  de  Malines,  par  laquelle  il  loue  leur  atta- 
chement au  roi  et  à  la  religion  catholique;  il  les  exhorte 
à  persévérer  dans  ces  sentiments,  sans  se  laisser  séduire 
ni  par  les  menaces  ni  par  les  promesses  des  sectaires. 

Les  traits  du  prince  Alexandre  ont  été  donnés  sur  une 
médaille  frappée  en  son  honneur,  après  le  siège  de  Maes- 
tricht;  nous  avons  reproduit  celle-là,  n'a^'-ant  pu  trouver 
une  médaille  concernant  sa  nomination  au  poste  de  gou- 
verneur. 

Av.  S^  ALEXANDER  o  FARNESIVS  o  j^  Le  buste 
du  prince;   à  la   coupure  du   bras,   le   nom   du    graveur 

IVLIAN.   F.   F. 

Rv.  «5  INVITVS  fS>   INVITOS  fî>  Dans  le  champ,  le 
plan  de  la  ville  de  Maestricht,  entouré  de  canoiis. 
Bronze.  _  PL  K,  n«  23. 

François  d*Anjou,  duc  d'Alençon  et  de  Brabant 

Le  26  juillet  i58i,  les  provinces  Unies  refusèrent  for- 
mellement d'obéir  à  Philippe  II  et  proclamèrent  l'indé- 
pendance des  Pays-Bas,  qui  allaient  être  divisés  en  trois 
parties;  les  provinces  septentrionales  choisirent   à  leur 


i 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  I71 


tête  le  prince  Guillaume  d'Orange;  les  autres,  alliées 
aux  provinces  réconciliées  offrirent  la  souveraineté  à 
François  d'Anjou,  qui  l'accepta. 

Un  fait  dans  l'histoire  de  ce  duc  :  il  passa  en  Angle- 
terre pour  conclure  son  mariage  avec  Elisabeth  ;  on  pro- 
céda à  l'échange  des  anneaux  des  fiançailles,  et  déjà  on 
fêta  dans  ses  provinces  cette  heureuse  alliance,  qui  n'eut 
jamais  lieu.  En  effet,  Elisabeth  refusa  de  s'unir  au  duc 
d'Anjou. 

Il  revint  dans  les  Pays-Bas  et  fut  couronné  duc  de 
Brabant,  à  Anvers;  le  duc  devint  donc  marquis  du 
Saint-Empire  et  Seigneur  de  Malines.  Nos  magistrats  se 
rendirent  à  Anvers,  pour  assister  à  sa  joyeuse  entrée;  ils 
eurent  une  entière  confiance  dans  ce  personnage  étran-  ^ 
gcr,  qui  avait  une  figure  monstrueuse,  marquée  de  la 
petite  vérole;  mais  aussi  ils  ont  pu  constater  dans  la 
suite  combien  ils  avaient  été  joués  par  celui  qui  voulut 
asservir  son  pays,  dont  il  n'était  en  définitif  que  le  défen- 
seur; il  fut  obligé  de  retourner  en  France,  où  il  mourut 
en  1584. 

Nous  rencontrons  dans  nos  archives,  une  lettre  de  ce 
personnage,  datée  d'Anvers,  du  xii"''  jour  de  novembre 
i5o2,  adressée  au  magistrat  de  Malines,  lui  faisant 
défense  de  brûler  les  châteaux  et  villages  dans  les  envi- 
rons de  la  ville;  d'autres  lettres  nous  édifient  sur  les 
agissements  louches  du  duc?  La  médaille  ci-après  a  été 
frappée  lors  de  son  inauguration  à  Anvers. 

Av.  FRAN  o  F  o  FRAN  °  FRA  -  VNIC  -  REG  -  D  o 
G  ^  DVX  °  BRA  ^  Le  buste,  recouvert  du  manteau  ducal, 
tète  coifi"ée  d'un  bonnet. 

Rv.  FOVET  o  ET  -  DISCVTIT;  à  l'exergue,  i582. 
Dans  le  champ,  un  soleil  transperçant  les  nuages  au-des- 
sus d'une  mer  agitée. 

Bronze.  PI.  L,  n^'  24. 


172  .NUMISMATIQUE    MALINOISE 


Après  la  disparition  du  duc  d'Anjou,  le  prince  de 
Parme  reparut  sur  le  théâtre  de  la  guerre;  il  reprit  plu- 
sieurs villes  flamandes  et  obtint  en  outre  la  reddition  de 
Malines,  le  ig  juillet  i585;  il  mourut  le  3  décembre  i5g2. 


L'archiduc  Ernest 


fils  de  Maximilien  II,  et  frère  de  l'empereur  Rodolphe  II, 
succéda  à  Alexandre  Farnèse,  Nous  trouvons  dans  un 
des  Privilcgie-Boeken,  aux  archives,  une  lettre  datée  du 
3o  novembre  iSgS,  de  Philippe  II,  roi  d'Espagne,  par 
laquelle  il  fait  savoir  au  magistrat  de  Malines,  qu'il  a 
nommé  Ernest  au  gouvernement  des  Pays-Bas,  en  rem- 
placement du  duc  de  Parme,  décédé;  une  autre  lettre  y 
figure,  datée  du  14  février  1594,  par  laquelle  l'archiduc 
Ernest  notifié  lui-même  sa  nomination  au  magistrat  de 
Malines. 

\\  fit  son  entrée  solennelle  à  Bruxelles,  en  janvier  i5g4  ; 
la  même  année,  il  passa  par  Malines,  y  séjourna  une 
nuit,  et  de  là  se  rendit  à  Lierre  et  à  Anvers.  Il  mourut 
le  20  février  iSgS,  âgé  de  42  ans. 

La  médaille  ci-après  a  été  frappée  lors  de  sa  nomina- 
tion. 


Av.  ERNEST  o  D  '^  G  '^  ARCHIDVX  -  AVST  - 
BELG  °  PROVINC  -  GUB  -  Le  buste,  cuirassé,  tète 
nue. 

Rv.  Deux  branches  de  laurier  et  de  palmier  reliées 
par  deux  couronnes.  Dans  le  champ,  SOLI  DEO 
GLORIA. 

Bronze.  PI.  L,  n^-  25. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  lyB 


Albert  et  Isabelle 


Albert,  archiduc  d'Autriche,  né  en  iSSg,  était  fils  de 
Maximilien  II  et  de  Marie  d'Autriche;  il  fut  destiné  à 
l'Église  et  devint  Cardinal-Archevêque  de  Tolède.  Sa 
nomination  comme  gouverneur,  en  iSgô,  fut  un  soula- 
gement général  pour  les  Pays-Bas.  Jamais  Philippe  II 
n'aurait  pu  faire  un  choix  plus  judicieux  pour  se  faire 
remplacer.  En  iSgS,  il  renonça  à  la  pourpre  romaine, 
pour  épouser  Elisabeth  d'Autriche,  fi  lie  de  Philippe  II 
et  d'Elisabeth  de  France,  qui  lui  apporta  comme  dot  la 
possession  des  Pays  Bas.  Le  25  août  iSgS,  l'archiduc 
Albert  prêta  serment  au  nom  de  sa  femme;  les  archi- 
ducs visitèrent  les  différentes  provinces  des  Pays-Bas  et 
firent  leur  joyeuse  entrée  à  Malines,  en  qualité  de  Sei- 
gneurs, au  mois  de  décembre  i5gg. 

La  médaille  ci-après  a  été  frappée  lors  de  leur  ma- 
riage. 

/li\  ALBERT  o  D  o  G  o  ARCHI  o  D  o  AVST  o  D  o 
BVRG  o  BRA  o  CO  -  PL  o  HOL  <-  ^.  Dans  le  champ, 
le  buste  de  l'archiduc,  portant  au  cou  le  bijou  de  la  toi- 
son d'or;  à  la  coupure  du  bras  con  o  bloc  o  f  <- 

Rv.  ELISABETA  o  D  o  G  <,  INF  o  H  ISP  o  D  o  BVR  « 
BRA  o  CO  o  FL  o  MOL  o  ZE  o  Le  buste  de  l'archidu- 
chesse, portant  une  riche  coiffure  de  diamants 

Argent.  PI.  L,  n^  26. 

Cette  médaille  est  l'œuxre  du  célèbre  graveur  Conrad 
Bloc. 

Des  jetons  spéciaux  ont  été  distribués  au  peuple  pour 
commémorer  cet  événement  (i). 

il)  Iiiiventaive  des  Archives  de  Malines. 


174  NUMISMATIQUE    MALINOISE 


Une  relation  de  cette  inauguration  est  donnée  dans  le 
livre  des  ordonnances  de  1599-1604. 

u  Op  deu  Y""  dach  van  december  a"  X\'-'  XC'IX  deden 
haer  bl3'de  innecojnpste  binnen  deser  stadt  van  M(^chelen 
de  aertshertoglien  Albertus  en  de  Isabella  Clara  Euge- 
nia,  infante  van  Spaingnien,  onse  ghenadighc  Heercn 
énde  Princen,  wesende  deselve  inneconnpste  ghcscliii  t 
in  der  mannieren  naervolghende.  jeerst  zynde  haerlie- 
der  Hoocheden  jeghens  ghereden,  tôt  outrent  de  Bous- 
brugghe.  Mynen  heere  den  schauteth  Joncheer  Jan  van 
Lathem,  mitsgaders  Joncheer  Nicolaes  van  der  Laen 
ende  Joncheer  Jan  van  Wachtendonck,  communemees- 
ters,  met  de  gheheele  weth-ende  officieren  der  selver 
alsdoen  dienende,  ghecleet  wesende  :  die  van  de  poorte- 
rye,  met  swerte  flaweelen  tabblarts  ende  die  van  de 
ambachten,  met  armozyne  tabblarts  ghevoyert  met  een 
sorte  van  violet  armosyn.  Met  de  voors  wethauderen  zyn 
oyck  Hacr  voirs,  Hoocheden  jeghens  ghegaen  de  vyf 
gulden  tôt  V'  in  ghetael,  elck  hebbende  op  thooft  eenen 
witten  hoet  met  pluymen  van  dry  derande  coleui  en  als  te 
weeten  :  wit,  root  ende  blauw  ;  ghelyck  oyck  van  dieu 
coleuren  waren  de  vyf  bondclen. 

»  Aen  Doverste  poorte  ver\vachten  Haer  voiis  Hooche- 
den mynen  eerweerdichsten  Heer  den  Eertsbischop  deser 
stadt,  Her  Mathias  vanden  Hove,  met  de  gheheele 
clergie  deser  selver  stede,  die  voor  Haer  voirs.  Hooche- 
den zyn  in  de  stadt  ghecomen  processie  wys.  Ende  in  de 
selve  poorte  zyn  Haer  voirs.-  Hoocheden  te  peerde  geseth, 
ende  boven  Haerlieder  is  ghedraghen  een  baldequin  van 
ses  der  voirs,  wethauderen,  ende  zyn  zoo  ghereden  tôt  in 
•S.  Romboutskercke,  ende  van  daer  voirts  naer  het  hoff 
van  Hoochstraten. 

»  Op  de  passagien  waren  ghemaekt  dry  principale  arcus 
triumphalcs  :  den  eenen,  voor  het  paleis- van  .den  Grooten 
Rade,  den  tweeden  ende  den  grootsten,  int  innecomen 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  lyS 

van  de  Befferstrate,  ende  den  derden  voor  tvoors.  hoff 
van  Hoochstraten.  Ende  tsanderdachs,  wesende  St-Nico- 
laes  dach,  deden  Haer  voors.  Hoocheden  op  een  groot 
tanneel  voor  het  stadthuys  den  cet.  » 

Après  avoir  guerroyé  pendant  une  dizaine  d'années, 
l'archiduc  travailla  à  la  paix  de  ses  provinces;  une  trêve 
de  huit  mois  fut  conclue  en  1607,  et  une  autre  de  douze 
ans,  en  i6og,  ce  qui  lui  valut  l'estime  de  tous  ses  sujets. 

A  la  mort  de  l'archiduc  Albert,  en  1621,  Ferdinand, 
frère  du  roi  Philippe  I\',  fut  adjoint  à  l'infante  Isabelle 
pour  lui  succéder  après  sa  mort,  qui  arriva  en  i633. 

Philippe  IV 

Philippe  IV,  fils  de  Piiilippe  III,  nacjuit  en  i6o5  et 
succéda' à  son  père  sur  le  trône  d'Espagne,  en  1621.  La 
même  année,  il  recueillit  la  succession  des  provinces  des 
Pays-Bas,  cédés  })ar  Philippe  II  à  sa  iille  Isabelle," 
mariée  à  l'archiduc  Albert,  cjui  mourut  sans  laisser  d'hé- 
ritiers directs. 

La  médaille  ci  après  a  été  frappée  poui-  commémorer 
ce  fait  historique. 

Av.  o  PHILIPPVS  o  IIII  o  KISPANIAR  «  REX.  o 
Le  buste  du  nouveau  roi. 

Rv.  LVSTRAT  HT  o  FOVi':T.  Dans  le  champ,  Appo- 
lon  conduisant  son  char,  attelé  de  (juatre  chevaux;  au 
bas,  le  globe  terrestie. 

Bronze.  PI.  M,  n^  27. 

François  de  Moncada 

Tout  en  promettant  à  ses  sujets  de  venir  les  voir  per- 
sonnellement, Philippe  envoya  dans  le  pays,  comme 
gouverneur  général,  le  marquis  d'A3^tona,  lequel  ne  par- 


T76  NTÎMISMATIQTTK    MAMNOISE 

vint  pas  à  calmer  les  provinces  flamandes,  qui  cher- 
chaient par  tous  les  moyens  à  s'affranchir  du  joug  espa- 
gnol. 

Lors  de  sa  nomination,  la  médaille  ci-après  a  été 
frappée. 

Av.  FRANC  l  DE  o  MONCADA  -  MAR  S  D'AYT  : 
BELG  o  PROV  î  GVB  «  Le  buste  du  marquis  dans  le 
champ. 

Rv.  o  SECRETA  o  DVCVM  o  C()NSILL\  o  Dans  le 
champ,  un  centaure  armé  d'un  bouclier  et  d'une  massue. 

Bronze.  PI.  M,  n<^  2S. 


Le  cardinal  Ferdinand 


En  1634,  le  marquis  d'Aytona  prépara  dans  les  Pays- 
Bas,  la  réception  de  Ferdinand,  frère  de  Philippe  IV', 
nommé  gouverneur  général  après  la  mort  de  l'arclii- 
duchesse  Isabelle. 

Il  résida  dans  notre  pa3's  pendant  sept  ans,  et  mourut 
à  Bruxelles,  le  g  novembre  1641. 

La  médaille  ci-après  représentant  le  gouverneur  en 
habit  sacerdotal,  a  été  frappée  à  l'occasion  de  son  entrée 
dans  les  différentes  provinces  des  Pays-Bas. 

Av.  FERD  ï  HISP  g  INFANS,o  S  o  R  o  E  o  CARD  2 
PROV  l  BELG  g  GVB  o  Le  buste  du  Cardinal-gou- 
verneur. 

Rv.  Dans  le  champ,  un  beau  soleil  jetant  ses  rayons 
lumineux  sur  les  terres  et  les  mers;  en  haut  l'inscrip- 
tion :  IN  o  commvnp:  o  BONVS  o. 

PI.  X,  n«  2g. 


NUMISMATIQUE    MALINOISË  I77 


Don  François  de  Melos 

Après  la  mort  du  Cardinal  Ferdinand,  Philippe  I\' 
nomma  don  Francisco  de  Melos,  gouverneur  général 
provisoire,  en  attendant  l'arrivée  de  don  Juan  d'Autriche, 
fils  naturel  du  roi  Philippe,  auquel  il  ne  plut  pas  beau- 
coup de  prendre  immédiatement  en  mains  le  gouverne- 
ment des  Pays-Bas;  il  attendit  douze  ans  pour  y  faire 
son  entrée. 

Castel  Rodrigo  et  Picolomini 

Philippe  IV  se  fit  remplacer  par  le  marquis  de  Castel- 
Rodrigo,  pour  les  affaires^politiqucs,  et  par  le  général 
Picolomini,  pour  le  commandement  des  armées.  Vu  leur 
grand  mérite,  ces  deux  personnages  ont  eu  l'honneur  de 
voir  reproduire  leurs  traits  sur  les  médailles  ci-après  : 

Av.  OCTAVIVS  o  PICOLOMINI  o  DE  >  ARAGO- 
NIA  o  DVX  o  AMAL  o  FI  o  MDCXLIX.  Dans  le  champ, 
le  buste  du  ministre. 

Rv.  SVPER  BONOS  ET  MALOS,  inscription  faite 
sur  un  ruban  enroulant  la  lune. 

Médaille  ovale,  bronze.  PI.  N,  n"  3o. 

Av.  D  o  FRAN  o  DE  o  MOVRA  o  MAR  o  CAS  o  RO- 
DERICI  o  GVB  o  GEN  «  BEL.  Le  buste  du  gouverneur 
général  Castel-Rodrigo,  avec  une  longue  chevelure. 

Rv.  Dans  le  champ,  les  armoiries  du  marquis. 

Bronze.  PI.  N,  n"  3i. 

L'archiduc  Léopold 

Par  suite  d'un  changement  de  gouvernement  en  Hol- 
lande, survenu  par  la  mort  du  stadhouder  Frédéric- 
Henri,  le  marquis  Emanuelde  Castel  Rodrigo  fut  rappelé 


178  NUMISMATIQUE    MALINOISE 

en  Espagne,  en  1647,  et  remplacé  dans  les  Pays-Bas,  par 
l'archiduc  Léopold,  fils  de  l'empereur  Ferdinand  II. 

Il  eut  à  soutenir  une  guerre  contre  la  France,  affaiblie 
par  les  guerres  civiles  de  la  Fronde,  et  rencontra  un  rude 
concurrent  dans  le  prince  de  Condé,  qui,  pour  se  venger 
de  son  emprisonnement  au  château  de  Vincennes,  prit 
un  engagement  au  service  des  Espagnols. 

Il  existe  dans  nos  archives,  une  lettre  de  ce  gouver- 
neur, de  i653,  par  laquelle  il  informe  la  ville  de  Malines, 
qu'on  peut  retenir  sur  le  premier  subside  que  la  Ville 
accordera  au  roi,  l'argent  prêté  à  une  personne  (|uel- 
conque  pour  pouvoir  livrer  les  grains  nécessaires  à  l'ali- 
mentation de  sa  garnison,  pendant  un  mois. 

Les  traits  de  l'archiduc  Léopold  ont  été  reproduits 
sur  la  médaille  ci-après,  frappée  à  l'occasion  de  sa  nomi- 
nation comme  gouverneur  des  Pays-Bas. 

Av.  Dans  le  champ,  le  buste  de  l'archiduc,  portant 
une  longue  chevelure,  entouré  de  la  légende  :  LEO- 
POLDVS  o  GVILIELMVS  S  D  g  G  o  ARCHIDVX  o 
AVSTRI/E. 
•  Rv.  Une  croix  longue,  ornée  de  deux  branches  de  lau- 
rier, accostée  des  mots  TIMORE-DOMINI.  Au  bas  de 
la  croix,  un  lion  et  un  mouton. 

Bronze.  PI.  O,  n^  32. 

Don  Juan  d'Autriche 

Léopold  étant  retourné  dans  ses  états  en  Silésie,  Don 
Juan  d'Autriche  était  obligé  de  venir  prendre  en  mains 
le  gouvernement  des  Pays-Bas,  en  l'année  i656.  Entouré 
d'une  suite  nombreuse,  il  fit  son  entrée  solennelle  à  Bru- 
xelles, le  II  novembre  de  la  même  année.  Des  festivités 
eurent  lieu  pendant  trois  jours,  et  le  magistrat  s'aper- 
çevant  qu'il  allait  prendre  à  cœur  le  gouvernement  de 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  17g 

nos  provinces,  lui  offrit,  comme  don  de  joyeuse  entrée, 
la  somme  de  25,ooo  florins.  On  trouve  aux  archives,  la 
lettre  de  Don  Juan  d'Autriche  au  magistrat  de  Malines, 
lui  notifiant  sa  nomination  de  gouverneur-général  des 
Pays-Bas. 

Une  médaille  fut  également  frappée  en  son  honneur. 

Av.  lOANNES  o  AVSTRIACVS  o  PHI  o  IV  o  REG  o 
HISP  o  FIL  o  BELG  o  GVB.  Dans  le  champ,  le  buste 
du  gouverneur,  avec  une  longue  chevelure. 

Rv.  Ses  armoiries,  surmontant  la  croix  de  l'ordre  de 
Saint  Jean  de  Jérusalem,  dont  il  était  chevalier. 

Bronze.  PI.  O,  n^'  33. 

Louis  de  Tolède 

Au  bout  de  trois  ans,  notre  gouverneur  était  déjà  fati- 
gué de  ses  fonctions  et  exprima  le  désir  d'en  être  débar- 
rassé ;  un  gentilhomme  de  Madrid  vint  lui  annoncer  que 
le  roi  d'Espagne  le  déchargea  de  son  emploi,  et  désigna 
en  même  temps,  pour  son  remplaçant,  le  marquis  Louis 
de  Tolède. 

Vu  le  mauvais  état  dans  lequel  se  trouvait  le  pa3^s,  il 
fit  son  entrée  à  Bruxelles,  sans  grande  cérémonie;  il  fut 
néanmoins  reçu  par  les  gildes,  et  une  médaille  commé- 
morative  fut  frappée  à  cette  occasion. 

Av.  LVD  o  DE  BEN  o  CAR  o  ET  o  T(3L  o  MAR  o 
DE  o  FRO  o  CAR  ^  o  BELG  o  PROV  o  GVB  o  Le  buste 
du  gouverneur. 

Rv.  NISI  o  DNVS  o  .EDIFICAVERIT  o  DOMVxM 
IN  o  VANVM  o  LABORAVERVNT  o  QVI  o  .l:DIFI- 
CANT  o  EAM  o  Dans  le  champ,  la  maison  du  Seigneur; 
au  bas  l'inscription  DOAIVS  o  DNT  o 

Bronze.  PI.  O,  n^  34. 


l80  NUMISMATIQUE    MALINOISE 


Charles  II 

Philippe  IV,  mort  en  i665,  institua  comme  héritier 
universel,  son  fils  Charles,  âgé  de  quatre  ans,  sous  la 
tutelle  de  sa  mère,  Maria- Anne,  fille  de  l'empereur  Fer- 
dinand III.  On  leur  adjoignit  comme  conseils,  le  comte 
de  Peneranda,  archevêque  de  Tolède,  et  le  marquis 
d'Aytone,  que  nous  connaissons  déjà  par  sa  médaille. 
Tout  en  procédant  à  son  installation,  en  Espagne,  ordre 
fut  donné  aux  Pays-Bas,  de  fêter  d'une  façon  solennelle, 
dans  la  personne  du  gouverneur-général  Castel  Rodri- 
go, l'inauguration  du  jeune  duc. 

Une  médaille  a  été  frappée  à  l'occasion  de  cet  évé- 
nement. 

Av.  GAROLVS  o  II  -  D  °  G  g  HISP  g  ET  «  INDIAR  o 
REX.  Le  buste  du  roi. 

Rv.  MARIANNA  o  D  g  G  g  HISP  g  ET  o  INDI  ï 
REGI N A  o  GVBERt.  Le  buste  de  la  mère  du  roi,  en 
costume  religieux. 

Bronze.  PL  P,  n°  35. 

Après  le  marquis  Castel  Rodrigo,  les  Pays-Bas  ont  eu 
pour  gouverneurs  le  comte  de  Monterey,  le  duc  de  Villa- 
Hermosa,  Alexandre  Farnèse,  le  marquis  de  Grana  et 
le  marquis  de  Castagna.  Nous  ne  connaissons  aucune 
médaille  de  ces  personnages  concernant  leur  nomination 
comme  gouverneur,  mais  nous  possédons  dans  nos  ar- 
chives :  1°  du  duc  de  Villa-Hermosa,  un  décret  par 
lequel  il  ordonne,  à  la  requête  de  la  ville  de  Malines, 
que  frère  François  de  la  Croix  ait  à  se  conformer  à  l'acte 
du  9  mars  1674,  et  qu'en  conséquence  il  paye  l'imposi- 
tion sur  le  bétail;  2°  une  requête  présentée  au  duc,  par 
le  magistrat  de   Malines,  et  tendant  à  ce  que  le  sieur 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  l8l 

Van  Blincken  soit  tenu,  en  sa  qualité  de  docteur  de  l'hô- 
pital royal,  de  payer  le  vingt-cinquième  denier  de  sa 
maison,  avec  apostille  favorable  du  gouverneur  géné- 
ral (i);  3°  une  lettre  de  Charles,  roi  d'Espagne,  datée  de 
Madrid,  du  3i  juillet  1680,  au  magistrat  de  Malines, 
par  laquelle  il  l'informe  qu'il  a  nommé  Alexandre  Far- 
nèse,  son  lieutenant,  gouverneur  et  capitaine  général 
des  Pays-Bas;  4°  du  marquis  de  Castagna,  gouverneur 
général  des  Pays-Bas,  un  ordre  de  passer  outre  sur  les 
difficultés  faites  pour  laisser  inscrire  dans  le  compte  de 
la  ville  de  Bruxelles,  le  donatif  de  4000  florins,  fait  par  le 
magistrat  de  Malines,  à  feu  le  marquis  de  Grana,  à  l'oc- 
casion de  son  mariage. 

Charles  II  épousa  en  premières  noces,  Marie-Louise 
d'Orléans,  et  en  secondes,  Marie-Anne  de  Bavière. 

La  médaille  ci-après  a  été  frappée  dans  les  Pays-Bas, 
à  l'occasion  de  son  premier  mariage. 

Av.  CAROL  o  II  o  D  o  G  o  HISP  o  ET  o  IND  o  REX. 
Le  buste,  tête  nue,  à  longue  chevelure. 

Rv.  MARIA  o  LVISA  0  D  o  G  o  HISP  o  ET  o  IND  o 
REGINA.  Le  buste  de  la  reine. 

Bronze.  PL  P,  n°  36. 

Cette  médaille  est  l'œuvre  de  Philippus  Rottiers. 

Maximilien-Emanuel 

L'électeur  de  Bavière,  Maximilien-Emanuel,  succéda, 
en  1692,  au  marquis  de  Castagna,  comme  gouvQi'neur 
dans  les  Pays-Bas;  une  médaille  a  été  frappée  pour 
commémorer  cette  nomination. 


(i)  Van  Doren,  Archives  de  Malines. 


102  NUMISMATIQUE    MALINOISE 


Av.  AUSPICIIS  MAXIM  g  EMAN  l  ELECT  S  BA- 
VAR  S  Le  buste  cuirassé  du  gouverneur. 

Rv.  o  QUAM  o  MARTIS  o'  MACTARUNT  o  TELA  o 
RESURCiET.  La  carte  géographique  du  pays  dont  il  a 
le  gouvernement;  le  nom  de  notre  ville  y  est  indiqué 
en  allemand  :  mechlen. 

Bronze.  PL  F,  n^  3y. 

Charles  II  meurt  en  1700,  sans  laisser  des  héritiers 
directs.  C'est  sous  son  règne  que,  par  octroi  daté  du 
3  avril  1675,  le  conseil  des  finances,  au  nom  du  roi 
mineur,  permet  à  la  ville  de  Malines  de  voûter  la  partie 
du  ruisseau  entre  les  Bailles  de  fer  et  la  Boucherie,  et 
celle  entre  la  boucherie  et  le  vieux  palais. 


Philippe  V 

Par  un  testament  daté  du  2  octobre  1700,  Charles  II 
institua  son  héritier  universel,  Philippe  de  France,  duc 
d'AiTJou,  second  fils  du  Dauphin.  Le  roi  Louis  XIV 
consentit  à  cette  succession  et  vint  même  au  secours  de 
son  petit-fils,  pour  le  maintenir  dans  ses  états,  que  lui 
disputaient  l'Angleterre  et  la  Hollande. 

Philippe  fut  proclamé  roi  d'Espagne  à  Versailles,  le 
16  novembre  1700.  Son  inauguration  à  Malines  eut  lieu 
le  21  février  1702.  La  médaille  .ci-après  a  été  frappée  à 
l'occasion  de  cette  succession. 

Av;  PHILIPPVS  o  V  o  HISPANIAR  o  INDIAR  o 
REX  o  CATHOL  o  Le  buste  du  roi. 

i?î;.MONARCH  o  HISPANIAR  o  SVB.  CVRATELA. 
Le  roi,  assis  sur  son  trône,  tient  le  sceptre  de  la  main 
droite   et   le  globe  de  la  main  gauche;  à  ses  pieds  est 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  l83 

agenouillée  une  femme,  représentant  l'Espagne,  appuyée 
sur  l'écusson  de  ce  pays;  à  l'exergue  mdcc. 

Bronze.  PI.  Q,  n^  38. 

Le  26  janvier  1702,  le  roi  Philippe  V  lance  déjà  un 
décret  défendant  de  rapporter  et  de  décider  des  procès 
dans  l'assemblée  de  police  de  Malines,  attendu  que  ce 
droit  appartient  aux  échevins  réunis  en  «  vierschaere  » 
ou  en  chambre,  et  le  19  octobre  de  la  même  année,  nous 
recevons  les  lettres  exécutoires,  de  l'octroi  qui  précède, 
données  au  nom  du  roi.  Il  existe  encore  aux  archives,  un 
règlement  original,  au  nom  de  Philippe  V,  dans  le  but 
d'améliorer  la  situation  financière  de  Malines. 

Il  rencontra  un  rude  concurrent  dans  la  personne  de 
l'empereur  Léopold  I,  qui  voulut  la  monarchie  espagnole 
pour  son  fils  l'archiduc  Charles.  Dans  ce  but  il  se  ligua 
avec  l'Angleterre  et  la  Hollande  et  parvint  à  le  faire 
nommer  roi  d'Espagne,  sous  le  nom  de  Charles  III, 
en  1703.  Pour  approuver  cette  nomination,  il  a  été 
frappé  une  médaille. 

Av.  CAROLUS  o  III  HISPANIARVM  o  REX  o  Le 
buste  du  roi. 
Rv.  IVSTITIA  o  ET  o  PAX  o  OSCVLANTVR  o  SE  o 

Dans  le  champ,  la  justice  et  la  paix  s'embrassent. 
Argent.  P.  Q,  n^  3g. 

Nous  possédons  à  notre  musée  communal,  le  portrait 
en  pied  de  notre  seigneur  Philippe  V. 

La  reine  Anne  d'Angleterre  n'était  pas  restée  étran- 
gère à  cette  effroyable  lutte;  pour  preuve,  les  médailles 
ci-après,  frappées  lors  de  la  reddition  des  villes  de  Bru- 
xelles, Anvers,  Louvain,  Malines,  Tirlemont,  Lierre, 
Gand,  Bruges,  Audenarde,  Ostende,  Menin  et  Ath, 
après  la  bataille  de  Ramillies. 


184  NUMISMATIQUE    MALINOISE 


Av.  ANNA  o  D  o  G  o  MAG  o  BR  o  FR  o  ET  o  HIB  o 
REGINA.  Le  buste  de  la  reine. 

Rv.  Dans  le  champ,  la  victoire,  portant  une  palme 
et  une  couronne;  à  côté,  une  panoplie  surmontée  d'un 
bouclier,  portant  l'inscription  :  CLx^DES  GALLOR 
IN  BRAB  23  MAIL  A  l'exergue,  XII  o  VRBES  CVM 
PROVINCIIS  INTRA  XV  D.  RECEPT.E  1706. 

Au-dessus,  en  cercle,  CVRA  PVGNACIS  FACTA 
MINERV.E^.  Le  tout  est  renfermé  dans  douze  cercles 
renseignant  les  noms  des  villes  rendues;  celui  de  Malines 
figure  dans  le  deuxième  cercle  à  droite,  en  haut  de  la 
médaille. 

Argent.  PL  R,  n»  40. 

Av.  LVDOVICVS  MAGNVS  ANNA  MAIOR.  Dans 
le  champ,  le  roi  Louis  XI\^,  habillé  en  guerrier  romain, 
terrassé  par  la  reine  d'Angleterre,  revêtue  du  costume  de 
Pallas.  , 

Rv.  Le  même  que  celui  de  la  médaille  n*^^'  40. 

Argent.  PI.  R,  n"  41. 

Charles  VI 

Charles  VI,  prétendant  à  la  couronne  d'Espagne,  sous 
le  nom  de  Charles  III,  succéda  en  1711,  à  son  frère 
l'empereur  d'Allemagne,  Joseph  I. 

La  médaille  ci-après  a  été  frappée  à  l'occasion  de  cet 
événement. 

Av.  CAROLVS  VI  o  D  o  G  o  ROM  o  IMP  o  S  o  A  o 
HISPAN  o  HVNG  o  et  BOHEM  o  REX.  Le  buste 
cuirassé  du  nouvel  empereur. 

Rv.  A  lOVE  ET  IMPERIO  FATIS  VOTISQVE 
PETITVS.  L'aigle  impérial  à  deux  têtes,  surmonté 
d'une  couronne  ;  il  tient  dans  les  pattes  le  sceptre  et  la 


'*  % 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  lo^J^      ^%î^> 


"% 


foudre  ;  à  l'exergue,  mdccxi  ;  l'aigle  est  entouré  des 
écus  armoriés  des  sept  électeurs  qui  ont  assisté  à  la 
proclamation  de  l'empereur. 

Bronze.  PI.  S,  n^  42. 

Une  missive,  datée  du  i3  avril  171 2,  nous  apprend 
que  Charles  VI  s'occupe  de  la  seigneurie  de  Malines. 
Par  lettres  patentes,  l'empereur  des  Romains,  roi  d'Es- 
pagne, permet  au  magistrat  de  Malines,  de  déplacer  et 
de  réparer  la  route  (herbaen)  de  Louvain  à  Boortmeer- 
beeck.  Le  portrait  en  pied  de  notre  Seigneur  se  trouve 
à  notre  musée  communal. 

L'empereur  travailla  surtout  à  assurer  à  la  maison 
d'x\utriche  la  possession  à  perpétuité  des  Pa3^s-Bas;  mais 
entretemps  le  roi  Philippe  V,  voulant  contrecarrer  les 
projets  de  Charles,  fit  don  à  Maximilien-Emanuel,  élec- 
teur de  Bavière,  de  toutes  les  provinces  des  Pays-Bas 
espagnols  dont  il  était  gouverneur-général;  cette  dona- 
tion fut  confirmée  par  lettres  patentes  datées  de  Madrid, 
le  2  janvier  1712.  Déjà  le  6  juillet  1711,  Maximilien- 
Emanuel  avait  fait  son  entrée  solennelle  à  Malines,  en 
qualité  de  seigneur;  il  existe  un  jeton  frappé  à  cette 
occasion. 

Maximilien-Emanuel  a  fait  frapper  des  monnaies  sur 
lesquelles  il  renseigna  le  titre  de  seigneur  de  Malines. 

Av.  ii  MAX  o  EMANUEL  o  D  o  G  o  U  o  B  o  S  o  P  o  B  o 

L  o  L  o  &  G  o  DUX  o  Le  buste  de  l'électeur. 

Rv.  COM  o  P  o  R  o  S  o  I  o  AR  o  &  ELE  o  L  o  L  o  COM  o 
F  o  H  o  &  N  o  MAR  o  S  o  R  o  I  o  D  o  M  o  (Dominus 
Mechliniae). 

Ecu  argent.  PI.  S,  n-^  43. 

Il  existe  un  demi  et  un  quart  d'écu  avec  le  même 
titre. 


V 


l86  NUMISMATIQUE    MALINOISE 


Eugène  de  Savoie 

L'empereur  Charles  VI  mourut  à  Vienne,  le  20  octobre 
1740.  Pendant  son  règne,  il  avait  été  habilement  secondé 
par  le  prince  Eugène  de  Savoie,  nommé  gouverneur 
général  de  la  Belgique,  en  récompense  des  services  émi- 
nents  qu'il  avait  rendus  à  la  maison  d'Autriche. 

Nous  trouvons,  dans  nos  archives,  un  compliment 
adressé,  en  1706,  au  prince  Eugène  et  au  duc  de  Marl- 
boroug,  au  nom  de  la  ville  de  Malines,  par  le  pension- 
naire Horace  van  Milanen,  à  l'occasion  de  la  défaite 
complète  qu'ils  infligèrent,  à  Ramillies;  à  une  armée  de 
100,000  Français,  sous  les  ordres  de  l'électeur  de  Bavière 
et  du  maréchal  de  Villeroy7 

La  médaille  ci-après  a  été  frappée  en  l'honneur  du 
prince  de  Savoie,  lors  de  la  délivrance  de  la  capitale  de 
ses  propres  états. 

Av.  VICTOR  o  AMADEVS  II  o  D  o  G  o  DUX  SA- 
BAUD  o  PRINC  o  PIEMONT  o  REX  CYPRI  o  Son 
buste  cuirassé. 

Rv.  GALETS  PROFLIGAT  «  VALLO  PERRUP- 
TO  o  CASTRIS  CUMRE  TORMENTAR  -  DIREP- 
TIS.  A  l'exergue,  AVGVSTA  TAVRINORVM  TRI- 
MESTRI  OBSIDIONE  LIBERATA  1706.  Dans  le 
champ,  la  ville  de  Turin  délivrée  ;  dans  les  nues,  la 
victoire  ailée. 

Sur  la  tranche  de  la  médaille,  on  lit  :  res  gerere  o  et 

CAPTOS  OSTENDERE  CIVIBUS  HOSTES. 

Bronze.  PI-  T,  n^  44. 

Le  marquis  de  Prié,  qui  remplaçait  le  prince  Eugène 
de  Savoie  dans  le  gouvernement  général,  s'était  surtout 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  187 


rendu  impopulaire  par  les  grandes  levées  d'impôts  dont 
il  frappait  les  villes;  de  graves  séditions  eurent  lieu  à 
Malines  à  ce  sujet,  et  il  fallut  l'arrivée  de  la  sœur  de 
l'empereur,  l'archiduchesse  Marie- Elisabeth,  nommée 
gouvernante,  pour  apporter  un  peu  d'apaisement  dans  le 
pays. 

Le  jeton  ci-après  nous  donne  le  portrait  de  cette  gou- 
vernante bien-aimée,  qui  fit  son  entrée  dans  notre  pays 
en  1725. 

Av.  eLIsabetha  arChIDUX  beLgarUM  gUberna- 
trIX.  Le  buste  de  la  gouvernante;  au  bas,  la  lettre  R 
(Roettiers). 

Rv.  Dans  le  champ,  une  armée  de  soldats,  commandée 
par  un  général,  A  l'exergue,  sistit  iter.  populumque 
beat  mora. 

Cuivre.  PI.  T,  n^  45. 

Nous  trouvons  dans  nos  archives,  des  lettçes  patentes 
dépêchées  sous  le  sceau  du  Conseil  de  Brabant  et  sous 
la  signature  de  l'archiduchesse,  autorisant  la  ville  de 
Malines,  moyennant  payement  d'une  somme  de  3o,ooo 
florins  de  construire  une  chaussée  qui  réunit  notre  ville 
à  celle  de  Louvain  (1730);  un  décret  de  la  gouvernante, 
daté  du  14  décembre  1737,  déclare  que  l'entreprise  des 
voitures  qui  font  le  service  entre  Louvain  et  Malines 
appartient  à  cette  dernière  ville. 


Marie -Thérèse 

Le  i5  mai  1726,  fut  publiée  à  Bruxelles,  la  pragma- 
tique sanction  par  laquelle  Charles  VI  admettait  à  la 
succession  de  ses  pays  héréditaires,  les  archiduchesses 
ses  filles,  à  défaut  de  descendance  masculine. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE 


Marie-Thérèse,  sa  fille  aînée,  fut  donc  appelée,  en 
1740,  pour  le  succéder. 

A  son  avènement  au  pouvoir,  elle  trouva  bien  des 
obstacles  à  surmonter;  mais  elle  fut  surtout  aidée  par  le 
génie  de  son  beau-frère,  Charles-Alexandre  de  Lorraine. 

L'impératrice  fit  son  entrée  solennelle  dans  notre  ville, 
le  4  mai  1744,  en  qualité  de  Dame  de  Malines. 

Il  existe  dans  nos  archives,  une  relation  de  cette  céré- 
monie :  «  Solemnele  inauguratie  van  H.  M.  Maria  The- 
resia  in  qualiteydt  als  Vrouwe  van  Mechelen,  gecele- 
breert  den  4  mey  1744  ». 

Une  médaille  a  été  frappée  à  l'occasion  de  son  inau- 
guration dans  les  principales  villes  de  Flandre  et  de 
Brabant. 

Av.  MAR  g  TH  g  D  g  G  §  R  ê  HUNG  g  BO  g  D  g 
BRAB  .^  G  g  FL  s  INAUGURATA,  1744.  Le  buste  de 
l'impératrice. 

Rv.  HJEC  ARA  TUEBITUR  OMNES.  Dans  le 
champ,  un  bûcher  enflammé  sur  un  autel;  au-dessus, 
deux  mains  jointes  sur  un  caducé,  accosté  de  deux 
palmes. 

A  l'exergue,  fides  publica. 

Or.  ^  PI.  T,  no  46. 

Cette  médaille  a  été  gravée  par  Roettiers. 

Charles  de  Lorraine 

Ce  fut  Charles  de  Lorraine  qui  succéda  comme  gou- 
verneur général  à  Marie-Elisabeth,  morte  le  26  août  1741. 
Il  avait  marié  l'archiduchesse  Mari^Anne,  le  7  janvier 
1744,  et  le  25  mars  suivant,  ils  firent  leur  joyeuse  entrée 
dans  Malines. 

Aux  archives  de  notre  ville,  on  trouve  le  procès-verbal 
de  cette  cérémonie  :  «  Solemnele  ende  blyde  incomste 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  189 

van  Hunne  Senerissime  Hoogheden  Maria-Anna  van 
Oostenryck...  ende  van  Charles  Alexandre,  prince  van 
Lorreynen  ende  Bar,  stathouder  luitenant-gouverneur 
der  Nederlanden ,  geschiedt  binnen  Mechelen ,  den 
25  Maert  1744  ». 

La  médaille  frappée  en  l'honneur  de  Charles  de  Lor- 
raine, pour  le  creusement  du  canal  de  Louvain,  nous 
donne  le  portrait  de  ce  grand  bienfaiteur  de  la  Belgique. 

Av.  CAR  o  ALEX  o  LOTH  o  ET  BAR  o  DUX 
GUB  o  BELG.  Buste  cuirassé  du  gouverneur  général  à 
droite,  orné  du  cordon  de  la  Toison  d'or. 

Rv.  Vue  à  vol  d'oiseau  du  tracé  du  canal;  dans  le  ciel. 
Mercure  planant  au-dessus  d'un  paysage  où  l'on  distingue 
la  tour  de  Saint-Rombaut.  INDE  OPES.  A  l'exergue, 
FOSSA  LOVANiENS  M  o  DCC.Liii.  Au-dcssous,  R  (Roettiers), 
nom  du  graveur. 

^Argent.  PI.  U,  n«  47. 

Même  exemplaire  en  bronze. 

Il  existe  encore  difterentes  médailles  de  ce  person- 
nage, que  nous  reproduisons  dans  la  série  frappée  pour 
Malines. 

L'époux  de  Marie-Thérèse  fut  élu  empereur  à  Franc- 
fort, sous  le  nom  de  François  I,  en  1745;  entretemps,  le 
roi  Louis  XV,  à  la  tête  d'une  armée  de  100,000  français, 
envahit  la  Belgique,  soumit  plusieurs  villes  importantes 
et  entra  dans  Malines,  malgré  une  défense  énergique. 

U  existe  dans  nos  archives,  un  «  Journal  de  ce  qui  s'est 
passé  à  Malines,  tandis  que  Louis  XV  en  était  le  maître, 
depuis  le  12  mai  1746  jusqu'au  25  janvier  1749,  de  la 
main  de  Carolus  Major,  chanoine  de  Malines  ».  Les 
français  marchaient  de  succès  en  succès  et  ce  n'est  qu'en 
vertu  du  traité  signé  à  Aix-la-Chapelle,  que  Marie-Thé- 


igO  NUMISMATIQUE    MALINOISE 


rose  put  rentrer  en  possession  des  Pays-Bas.  L'archiduc 
Charles  de  Lorraine,  qui  avait  toujours  loyalement  sou- 
tenu l'impératrice,  mourut  à  Tervueren,  le  4  juillet  1780. 


Archiduchesse  Marie- Christine  et  Albert  de  Saxe 

Marie-Thérèse  avait  à  peine  nommé  l'archiduchesse 
Marie-Christine  et  son  époux,  le  duc  de  Saxe,  gouver- 
neurs de  la  Belgique,  en  remplacement  de  Charles, 
qu'elle  rendit  le  dernier  soupir  le  2g  novembre  1780, 
regrettée  de  tous  ses  sujets. 

La  médaille  octogone  ci-après  donne  les  portraits  des 
nouveaux  gouverneurs. 

Av.  MAR  o  CHRIST  o  AVST  o  ALB  0  CAS  o  SAX  o 
DVX  o  BELG  o  PRAEF  o  Les  deux  époux  se  regardent. 

Rv.  PRINCIPES  OPTIMI  BRAB  o  CIVIT  o  DO- 
NATI  MDCCLXXXVI  o  Au-dessus,  une  couronne; 
au-dessous,  les  armoiries  du  Brabant,  accostées  de  guir- 
landes. 

Argent.  PI.  U,  n"  48. 

Joseph  II 

Cet  empereur,  qui  avait  succédé  nominativement  à 
son  père  mort  en  1765,  n'entra  en  possession  de  la  Bel- 
gique qu'à  la  mort  de  sa  mère,  en  1780;  il  fut  inauguré 
à  Malines,  en  1781.  —  Cet  homme  instruit  voulut  intro- 
duire et  réformer  tant  de  choses  dans  notre  pays,  que 
les  provinces  se  soulevèrent,  décrétèrent  leur  indépen- 
dance et  se  constituèrent  en  Etats-Belgique-Unis. 

Les  médailles  devenant  assez  rares,  en  Belgique,  pour 
cette  période  troublée  de  l'histoire,  nous  avons  reproduit 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  IQI 

l'écu  frappé  par  Joseph  II,  pour  ses  provinces  de  Flandre 
et  de  Brabant;  son  buste  y  est  très  bien  reproduit. 

Av.  lOSEPH  o  II  o  D  o  G  o  R  o  IMP  o  S  o  A  o  GER  o 
HIER  o  HUNG  o  B  o  H  o  REX  o  La  tête  à  longue  che- 
velure. 

Rv.  17  (tète  d'ange)  83  ARCH  o  AVST  o  DUX  Bl^RG  o 
LOTH  o  BRAB  COM  o  FLAN  o  Dans  le  champ,  la 
croix  de  Saint-André,  superposée  du  briquet,  auquel  est 
suspendu  la  Toison  d'or;  la  croix  est  cantonnée  en  haut 
de  trois  couronnes  fermées. 

Argent.  PL  U,  n^  4g. 

Au  musée  communal  se  trouve  encore  le  fauteuil,  en  bois 
sculpté  et  doré,  dans  lequel  se  sont  placés  les  empereurs 
autrichiens  lors  de  leur  inauguration  dans  notre  ville. 


Léopold  II 

Ce  prince  succéda  à  l'empereur  Joseph  II,  mort  le 
20  février  1790.  Dès  le  mois  suivant,  il  informa  le  ma- 
gistrat de  Malines,  qu'il  maintint  les  archiducs  Marie- 
Christine  et  Albert-Casimir  dans  leurs  fonctions  de  gou- 
verneurs généraux  des  Pays-Bas. 

En  1791,  le  12  juillet,  Joseph  II  fit  sa  joyeuse  entrée 
cfans  notre  ville;  il  existe  dans  nos  archives,  un  récit  très 
détaillé  de  cette  fête. 

L'empereur  promit  aux  états  de  remettre  tout  dans  son 
ordre  primitif;  ceux-ci  montrèrent  une  certaine  méfiance, 
ce  qui  l'obligea  à  reprendre  les  armes.  Les  Autrichiens 
entrèrent  dans  toutes  les  grandes  villes,  y  comprise  celle 
de  Malines,  et  soumirent  toute  la  Belgique  en  1791.  Le 
jeton  ci-après  donne  le  portrait  de  ce  personnage;  il  a  été 
frappé  à  l'occasion  de  son  inauguration  dans  les  diffé- 
rentes provinces. 


ig2  NUMiSMATiyUE    MALINOISE 

Av.  LEOPOLD  o  II  o  AVG  o  DVX  BVRG  o  BRAB  - 
COM  o  FL  o  La  tête  laurée  du  prince. 

Rv.  Une  couronne  formée  d'une  branche  de  laurier  et 
d'une  palme,  entoure  la  légende  BELGICx\E  ^  SALVS  ^• 
AYGVSTO  o  DATA  o  FIDE  MDCCXCI  o 

Bronze.  PI.  V,  n=  5o. 


François  II 

Léopold  II  mourut  le  i  mars  1792  et  eut  pour  succes- 
seur son  fils  François  ;  ce  prince  eut,  dès  le  début  de  son 
règne,  à  soutenir  une  guerre  contre  les  Français,  qui 
tenaient  à  propager  leurs  nouveaux  principes  d'égalité  et 
de  fraternité;  la  bataille  de  Jemmapes  fut  décisive,  ils 
conquérirent  toutes  les  grandes  villes.  En  1793,  les 
Autrichiens,  après  la  sanglante  bataille  de  Neerwinden, 
reprirent  les  villes  de  Tirlemont,  Louvain,  Bruxelles, 
Malines,  Mons,  Namur  et  Gand,  pour  devoir  les  relâcher 
une  deuxième  fois,  le  26  juin  1794,  après  la  bataille  de 
Fleurus,  en  faveur  de  la  France  républicaine. 

L'inauguration  de  François  II  dans  notre  ville  a  eu 
lieu  en  1792;  une  relation  succincte  de  cette  cérémo- 
nie figure  dans  nos  archives.  L'écu  qu'il  a  fait  frapper  à 
Bruxelles,  pour  ses  états,  donne  son  portrait. 

Av.  FRANC  o  II  o  D  o  &c  R  o  IMP  o  S  o  A  o  GER 
HIER  HUNG  o  BOH  o  REX.  La  tête  laurée. 

Rv.  ARCH  o  AUST  o  DUX  o  BURG  o  LOTH  >^ 
BRAB  o  COM  o  FLAN  17  (tête  d'ange)  94.  Dans  le 
champ,  la  croix  de  Saint-André,  reliée  par  le  briquet 
auquel  est  suspendu  la  Toison  d'or  ;  trois  couronnes  se 
trouvent  entre  les  bras  de  la  croix. 

Argent.  PI.  V,  n^  5i. 


NUMISMATIQUE    MALlNOISE 


igB 


Il  existe,  dans  nos  archives,  des  lettres  de  François  II, 
contenant  confirmation  et  ratification,  pour  ceux  de  la 
ville  et  du  ressort  de  Malines,  des  dettes  qu'ils  ont  con- 
tractées pendant  les  troubles,  et  autorisant  la  levée,  à 
charge  de  leurs  administrations,  des  sommes  qui  man- 
quaient pour  les  acquitter. 


Napoléon 

Le  peuple  belge,  consulté  sur  le  projet  d'annexion  à 
la  France,  se  prononça  en  faveur  d'une  union  avec  le 
grand  pays;  la  loi  du  g  vendémiaire  an  IV  (lo  octobre 
1795),  confirma  cette  fusion  des  deux  états,  sans  que 
François  II  put  s'y  opposer.  Napoléon,  qui  n'avait  que 
le  titre  de  premier  consul,  ne  trouva  guère  le  temps  de 
s'occuper  immédiatement  de  nos  provinces;  il  établit  à 
Malines  un  archevêché,  dont  Jean-Armand  Bessuejouls 
de  Roquelaure  devint  le  titulaire.  Par  décret  du  17  mai 
i8og,  l'empereur  changea  aussi  les  armoiries  de  notre 
ville  (i).  Voici  le  blason  cju'il  nous  réserva  (fig.  n«  2). 


Fier.  n°  2 


En  tSii,  l'empereur  Napoléon  I  fit  sa  joyeuse  entrée 
dans  notre  cité;  au  musée  communal  se  >trouve  encore  le 
drapeau  de  la  garde  d'honneur,  composée  de  vingt  per- 
sonnes, qui  devait  recevoir  le  souverain. 


(i)  Les  armoiries  des  Berthout  d  de  Malines,  par  Th.  de  Raadt. 


i3 


194  NUMISMATIQUE    MALINOISE 

Nous  rencontrons  son  portrait  sur  la  médaille  ci- 
après,  frappée  pour  notre  ville. 

Av.  NAPOLÉON  L'EMPEREUR  DES  FRAN- 
ÇAIS ROI  D'ITALIE.  La  tète  laurée,  gravée  par 
Dumarest. 

Rv.  Dans  une  couronne  formée  de  deux  branches  de 
laurier,  l'inscription  suivante  gravée  :  Mechliniae 
OB  ITER  MusicuM  Teneramunda  MDCCCXI. 

Après  la  bataille  de  Waterloo,  Napoléon  était  envoyé 
en  exil  à  File  de  Ste-Hélène,  où  il  mourut  en  182 1. 

^Argent.  PI.  V,  n^^  52. 

Guillaume  I 

Le  i"  août  1814,  Guillaume  fut  appelé  à  gouverner 
provisoirement  la  Belgique,  à  laquelle  on  joignit  les  Pays- 
Bas,  pour  ne  former  qu'un  seul  royaume.  Le  21  sep- 
tembre 181 5,  il  fut  inauguré  à  Bruxelles.  La  médaille 
commémorative  ci-après  a  été  frappée  à  cette  occasion. 

Av.  WILH  g  NASS  S  BELG  S  REX.  LUXEMB  Z 
MAGN  l  DUX.  La  tête  du  roi. 

Rv.  SALUS  POPULI  SUPREMA  LEX.  Le  roi, 
drapé  du  manteau  royal,  debout  sur  son  trône,  prend  la 
constitution  que  lui  présente  la  déesse  Minerve  ;  au  pied 
du  trône,  les  armoiries  des  Pays-Bas.  A  l'exergue,  bru- 

XELLIS  D.  XXI  SEPTEMBRIS  MDCCCXV. J.  P.  SCHOUBERG  F., 

le  nom  du  graveur. 

Bronze.  PI.  W,  n^  53. 

A  notre  hôtel  de  ville  se  trouve  le  portrait  en  pied  de 
Guillaume  I,  peint  par  Verhulst,  en  181 9.  Dans  la  col- 
lection de  numismatique  malinoise,  nous  rencontrons  le 
buste  du  roi  sur  les  médailles  décernées  aux  élèves  de 
l'académie  de  dessin.  Avec  la  chute  de  Napoléon  I,  il 


NUMISMATIQUE    MALINOISE 


igS 


fallait  aussi  songer  à  modifier  nos  armoiries;  Guil- 
laume I  nous  gratifia  de  l'écu  surmonté  d'une  couronne 
comtale  (fig.  n^  3). 


Ce  roi,  qui  n'envisageait  que  le  bonheur  du  peuple 
hollandais,  finit  par  indisposer  contre  lui  les  Belges,  qui 
se  révoltèrent  et  le  chassèrent  du  pays,  après  les  mémo- 
rables journées  de  septembre.  Une  partie  de  son  armée 
opéra  sa  retraite  par  Malines  et  traversa  le  pont  de  Wael- 
hem.  Ce  fait  historique  a  donné  lieu  à  la  frappe  d'une 
médaille  que  nous  reproduisons  dans  notre  ouvrage  (i). 


Léopold  I 

Après  le  départ  des  Hollandais,  la  Belgique  fut  pro- 
clamée indépendante,  par  le  Gouvernement  provisoire. 
Le  4  juin  i83i,  Léopold,  prince  de  Saxe-Cobourg,  fut 
élu  roi  des  Belges  par  le  Congrès  national  ;  il  prêta  ser- 
ment à  Bruxelles,  le  21  juillet  suivant. 

La  médaille  ci-après  a  été  frappée  à  cette  occasion. 

Av.  LEOPOLD  I  ROI  DES  BELGES.  Le  buste, 
tète  nue. 

Rv.  Dans  une  couronne  :  ÉLU  PAR  LE  CONGRÈS 
NATIONAL  —  LE  IV  JUIN  MDCCC  XXXI. 

Bronze.  PI.  W,  n^  64. 


(i)  Voir  planche  XXVIII,  n°  48. 


196  NUMISMATIQUE   MALINOISE 

Par  arrêté  ro3^al  du  6  février  1837,  le  roi  Léopold 
autorisa  Malines  à  porter  le  blason  que  nous  rencon- 
trons sur  toutes  nos  médailles  officielles,  et  qui  est  le 
plus  correctement  reproduit  sur  les  médailles  de  notre 
académie  de  dessin. 

Léopold  II 

Après  la  mort  du  roi  Léopold  I,  survenue  le  10  dé- 
cembre i865,  son  fils  Léopold  II  monta  sur  le  trùne 
de  Belgique,  le  17  du  même  mois,  après  avoir  prêté  le 
serment  constitutionnel. 

Une  médaille  rappelle  cet  événement  national. 

Av.  LEOPOLD  II  ROI  DES  BELGES.  La  tête 
du  roi;  au  bas,  le  nom  du  graveur  léopold  wiener. 

Rv.  Le  roi,  debout  sur  son  trône,  prête  le  serment  en 
levant  la  main  droite;  la  gauche  est  appuyée  sur  son 
épée;  il  est  recouvert  du  manteau  royal  et  porte  sur  la 
poitrine  quatre  décorations;  dans  une  niche,  au  fond,  se 
trouve  la  statue  de  Léopold  I.  Devant  lui,  la  Belgique, 
sous  la  forme  d'une  femme,  entourée  d'une  banderolle 
renseignant  le  mot  legislatio  ;  elle  est  appuyée  sur  une 
table  portant  les  mots  lex  belgica  ;  à  ses  pieds  se  trouve 
l'urne  portant  le  mot  vote,  et  une  couronne  avec  la  date 
de  i83o;  du  côté  gauche  figure  la  date  de  la  prestation 
de  serment  :  17  décembre  i865,  et  le  nom  du  graveur 

léopold  WIENER. 

Bronze.  PI.  X,  n^  55. 

Lors  de  son  mariage  avec  l'archiduchesse  d'Autriche, 
Marie-Henriette,  le  roi  Léopold  II,  qui  n'était  alors  que 
duc  de  Brabant,  a  été  complimenté  à  son  passage  dans 
la  gare  de  Malines,  par  le  bourgmestre  de  Pauw  et  par 
le  cardinal-archevêque  Sterckx. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  igj 


3llU6tratton0  flDalinoise^  et  leure  nl^c^aiUc0 


_  Julie 

Jean  second,  surnommé  de  Malines,  parce  qu'il  a 
passé  une  partie  de  sa  jeunesse  dans  notre  ville,  ne  nous 
a  pas  légué  seulement  des  œuvres  poétiques  parfaites, 
mais  aussi  des  médailles  remarquables,  dues  à  son  burin 
d'habile  graveur. 

Outre  la  médaille  dédiée  à  son  père  Claes  Everaerts, 
président  du  Grand  Conseil  de  Malines  (i),  Jean  second 
a  gravé  une  autre  pièce  reproduisant  les  traits  de  sa 
maîtresse  Julie,  réputée  être  la  plus  belle  femme  de  sa 
ville  natale;  l'auteur  lui-même  nous  apprend,  dans  une 
de  ses  élégies,  qu'elle  était  Malinoise,  et  il  a  pris  un  de 
ses  vers  pour  servir  de  légende  à  la  médaille. 

Av.  VATIS  AMATORIS  IV  —  LIA  SCVLPTA 
MANV.  Buste  de  profil  à  gauche,  avec  une  chevelure 
abondante  et  bien  soignée;  les  épaules  sont  couvertes 
d'un  vêtement  laissant  à  nu  le  cou  et  une  partie  de  la 
poitrine. 

Médaille  uniface. 

Etain.  PI.  III,  n"  i. 

Jean  second  eut  pour  maître  Rumold  Steenemeulen, 
de  Malines,  probablement  un  parent  de  Segeren  van 
Steynemolen,  qui  grava  le  grand  sceau  et  le  contre-sceau 
de  Malines,  de  1490,  portant  en  cœur  les  armoiries  de 
l'empereur  Frédéric  III,  et  le  grand  sceau  et  contre- 
sceau  aux  rentes  héritables  et  viagères. 


(i)  Voir  planche  F,  n°  12. 


igS  NUMISMATIQUE    MALINOISE 


Alexandre  Colin 

naquit  à  Malines  en  i527;  ce  célèbre  sculpteur  a  tra- 
vaillé pendant  huit  ans  aux  bas-reliefs  qui  ornent  le  tom- 
beau de  Maximilien  I,  à  Innsbruck,  et  qui  sont  une 
merveille  de  sculpture  et  de  composition  ;  l'Autriche 
possède  encore  plusieurs  de  ses  œuvres,  notamment  les 
tombeaux  de  l'archiduc  Ferdinand  et  de  son  épouse,  le 
tombeau  de  l'évêque  Jean  Nas  et  d'autres  monuments 
funéraires,  dont  celui  de  Colin  lui-même. 

La  tête  et  les  mains  du  géant  «  Grootvader  »,  qui 
figure  dans  nos  cavalcades,  ont  été  sculptées  par  notre 
Malinois.  Une  médaille  a  conservé  les  traits  de  ce  grand 
artiste. 

Av.  ALEXANDRE  —  COLIN.  Le  buste  de  Colin, 
tête  nue,  habillé  d'une  tunique  à  brandebours  avec  collet 
rabattu;  à  gauche,  trois  lettres  ppr,  probablement  la 
signature  du  graveur. 

Rv.  Mercure,  tenant  un  caducée,  plane  dans  les  airs; 
à  gauche,  un  coq;  au  bas,  la  légende,  en  deux  lignes, 

VIRTVS    VIGILAT. 

Plomb.  PI.  III,  n«  2. 

Guillaume  Vanden  Broeck 

naquit  à  Malines,  vers  i53i.  Obéissant  à  la  manie  de 
l'époque,  de  latiniser  les  noms  de  famille,  notre  conci- 
toyen se  fit  appeler  Paludanus;  il  excella  surtout  dans 
la  sculpture  des  images. 

Vanden  Broeck  semble  avoir  eu  une  prédilection  pour 
la  ville  d'Anvers,  où  il  fut  reçu  comme  bourgeois,  le 
i5  décembre  i55g. 

Une  médaille  reproduit  les  traits  de  ce  personnage. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  IQQ 

Av.  GVILHEL  o  PALVDANVS  -  SCHVLPTOR  ° 
MECH  o  A  o  i577  °  Le  buste,  tète  nue,  à  droite;  la 
barbe  coupée  en  pointe;  le  cou  est  orné  d'une  fraise 
tuyautée.  x\u  bas  du  buste,  l'inscription  .ets  46. 

Médaille  uniface. 

Bronze.  PI.  III,  n^  3. 

Il  mourut  le  2  mars  iSyg,  et  fut  enterré  dans  l'église 
Saint- Jacques,  à  Anvers,  où  l'on  trouve  encore  son  épi- 
taphe  en  langue  flamande  : 

MERCT 

WIE  RUST  HIER  DOOR  DE  DOOT  SUBIECT? 

r  IS  GUILLIAM  PALUDANUS  BELDSNYDER  GHEPRESEN 

INT  LEVEN  OUWT  ONTRENT  L  JAEREN  PERFECT 

STERF  DEN  II  MEERT  SOO  ELC  MAG  LESEN 

GODT  WILT  DOOR  CHRISTUM  SYN  SALIGHEIT  WESEN 

MDLXXIX 

Sa  médaille  a  donc  été  frappée  deux  ans  avant  sa  mort, 
alors  qu'il  avait  46  ans. 

Philippus  de  Monte 

Dans  une  réfutation  avec  pièces  authentiques  à 
l'appui  (i),  notre  confrère  le  docteur  Van  Doorslaer  a 
détruit  la  légende  qui  attribuait  à  Philippe  de  Monte 
(en  flamand  Van  den  Berghe  ou  Van  Berghe)  une  ori- 
gine montoise;  il  cite  entr'autre  le  témoignage  de  Dla- 
bacz,  auteur  allemand  d'un  Dictionnaire  des  artistes  de  ta 
Bohème,  i8i5,  où  il  est  dit  :  «  De  Monte  (Philippe),  cha- 
noine et  trésorier  à  Cambrai,  célèbre  compositeur,  est 
né  en  i5'.<;i,  à  Malines,  et  non  à  Mons,  dans  le  Hainaut, 


(i)  Bulletin  du  Cercle  Anhéoloqique  de  Malines,  de  1894,  tome  V,  page  147. 


200  NUMISMATIQUE    MALINOISE 

ainsi  que  le  fait  voir  la  liste  des  musiciens  de  la  cha- 
pelle impériale  de  l'année  i582,  où  il  est  nommé  Phi- 
lippe de  Monte,  de  Malines  ».  Notre  musicien  est  l'auteur 
de  plusieurs  compositions,  qui  dénotent  chez  lui  une 
solide  instruction  musica'e.  —  Lors  de  l'audition  de 
musique  ancienne,  organisée  en  iS-^y,  en  l'honneur  des 
membres  du  Congrès  Archéologique  tenu  à  Malines,  il 
nous  a  été  donné  d'entendre  un  madrigal  pour  chœurs 
mixtes,  de  cet  artiste,  intitulé  Quand  dans  l'azur  des  deux, 
d'un  charme  inexprimable. 

Grâce  au  burin  du  non  moins  célèbre  médailleur 
Conrad  Bloc,  nous  pouvons  reproduire  les  traits  de 
notre  Malinois. 

Av.  PHIL  o  DE  o  MONTE  o  HORI  o  MVSl  o 
C^ES  °  PR^EF.  Le  buste  de  Philippe;  sous  la  coupure 
de  l'épaule,  jet.  63  c.  b.  f. 

Rv.  p  NON  o  OMNIBVS  o  La  date  1584  au-dessus  de 
deux  spires  séparées  par  une  rosace  et  un  serpent  qui  se 
mord  la  queue.  Il  avait  donc  63  ans  en  1584. 

Plomb.  PL  m,  n«4. 

Rembert  Dodoens 

naquit  à  Malines,  le  29  juin  i5i8;  c'est  dans  notre  ville 
que  Dodonaeus  commença  ses  études,  qu'il  acheva  à 
Louvain;  il  s'adonna  de  préférence  à  la  médecine  et 
obtint  le  grade  de  docteur  à  lage  de  18  ans.  Désireux 
de  se  perfectionner  dans  l'art  de  guérir,  il  parcourut  les 
plus  célèbres  universités  d'Allemagne,  de  France  et 
d'Italie.  Il  revint  à  Malines  et  fut  nommé  médecin, 
en  1541,  au  moment  où  la  lèpre  avait  fait  son  apparition 
dans  notre  ville.  —  Pendant  son  séjour,  il  s'occupa  des 
études  de  botanique  et  composa  plusieurs  ouvrages  sur 
le  règne  végétal.  Viglius,  Président  du  Grand  Conseil, 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  20I 

son  ami  dévoué,  travailla  beaucoup  pour  le  faire  aller  à 
Madrid,  où  il  aurait  pu  occuper  à  la  Cour,  la  place  lais- 
sée vacante  par  le  célèbre  André  Vésale.  Rembert,  à 
cause  de  ses  opinions  politiques,  préféra  se  rendre  en 
Allemagne,  en  i5y4,  où  il  devint  le  médecin  de  l'empe- 
reur Maximilien  II,  et  de  son  fils  Rodolphe.  Après  une 
absence  de  huit  années,  il  revint  dans  son  pays,  pour 
s'occuper  de  la  publication  de  ses  travaux;  puis,  il  se 
rendit  à  Leyde,  où  il  fut  chargé  des  cours  de  pathologie 
et  de  thérapeutique.  Il  n'occupa  ce  siège  que  pendant 
deux  ans  et  mourut  le  lo  mars  i585,  âgé  de  67  ans. 

Nous  rencontrons  le  buste  de  ce  savant  sur  une  mé- 
daille uniface,  en  plomb,  sans  légende;  la  tête  est  tour- 
née à  droite;  les  deux  lettres  R  (Rembert)  D  (Dodo- 
naeus)  sont  frappées  en  creux  sur  cette  pièce. 

Plomb.  PI.  IV,  no  5. 

Une  deuxième  médaille  a  été  gravée  par  Fonson,  un 
élève  du  graveur  Simon. 

Av.  REMBERTUS  DODON.EUS.  Le  buste  du 
botaniste. 

Rv.  NATUS  MECHLINL^  AN.  M.  D.  XVIII 
OBIIT  AN.  M.  D.  LXXXV. 

Bronze.  PL  IV,  n^  6. 

Une  troisième  médaille,  due  au  burin  de  M.  Jouvenel, 
donne  une  notice  biographique  de  notre  célèbre  médecin. 

Av.  R.  DODOENS  DE  MALINES.  Son  buste,  le 
cou  orné  d'une  collerette  tuyautée. 

Rv.  En  haut  des  livres,  une  coupe  remplie  de  fleurs. 

LA  BELGIQUE  OU  L'ON  AIME  TANT  LES  FLEURS  S'HO- 
NORE D'AVOIR  VU  NAITRE  DODONAEUS  QUI  FIT  FAIRE  A 
LA  BOTANIQUE  SES  PREMIERS   PROGRÈS    i554   IL   PUBLIE 


202  NUMISMATIQUE    MALINOISE 

SON  HERBIER  A  ANVERS  i558  IL  REFUSE  LA  PLACE  DE 
MÉDECIN  DE  LA  COUR  A  MADRID  1574  IL  ACCEPTE  CELLE 
DE  MÉDECIN  DE  MAXIMILIEN  II  ET  SE  REND  A  VIENNE 
i58o  IL  REVIENT  DANS  SA  PATRIE  ALORS  DÉSOLÉE  PAR  LA 
GUERRE  ET  BIENTOT  IL  VA  PROFESSER  LA  MÉDECINE  A 
LEYDE   OU   IL   MEURT   EN    i585. 

Bronze.  PI.  IV,  11°  7. 

Il  existe  des  médailles  d'une  dimension  moindre  que 
la  précédente,  en  bronze  et  en  cuivre  jaune  ;  elles  ont 
34  millimètres  de  diamètre. 

La  Société  d'horticulture  de  Malines  a  fait  frapper 
des  médailles  pour  ses  expositions  et  concours,  au  buste 
de  Rembert  Dodoens,  avec  la  tête  tournée  à  gauche. 

La  Société  Dodonée,  d'Uccle,  qui  a  pour  devise  qui 
s'arrête  recule,  a  fait  frapper  une  médaille  en  l'hon- 
neur du  savant,  avec  son  buste  à  gauche,  gravée  par 
J.  Wurden  (i). 

Nous  rencontrons  encore  le  buste  de  Dodoens  sur  les 
deux  médailles  à  petits  médaillons,  que  l'Académie 
Royale  de  Médecine  de  Belgique  a  fait  frapper  en  l'hon- 
neur de  quelques  célébrités  médicales. 

Ernest  de  Mansfeld 

guerrier  intrépide,  était  fils  naturel  du  comte  Pierre- 
Ernest  Mansfeld,  gouverneur  général  des  Pays-Bas;  il 
naquit  à  Malines,  où  son  père  tenait  sa  résidence,  en 
i58o,  selon  les  uns,  et  en  i585, 'selon  les  autres. 

Ce  capitaine  redoutable  ne  possédait  pas  un  lopin  de 
terre  et  sut  cependant  mettre  sur  pied  un  corps  de  mer- 
cenaires qui,  moyennant  finances,  défendait  le  pays  de 
n'importe  quel  souverain.  Nous  reproduisons  ci-après 
trois  médailles  de  ce  Malinois. 


(i)  Voir  planche  VI,  n°  i3. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  203 

Av.  ego  ERNEST  -  PR  «  ET  <>  CO  »  MANS  «  MAR  o 
CAS  o  N  o  E  o  BV  o  B  o  HELD  o  Le  buste  de  Mans- 
feld,  tête  nue,  portant  un  habit  à  col  rabattu. 

Rv.  ^  FORCE  ^^  M'EST  ^  TROP  cg.  Dans  le  champ, 
les  armoiries  du  comte. 

Bronze.  PL  V,  n"  8. 

Av.  ERNEST  o  PR  o  ET  o  CO  o  MANS  o  MAR  o  CAS  o 
N  o  E  o  BV  o  HELD.  Le  buste  du  comte  tourné  à  droite, 
recouvert  d'une  riche  armure,  à  laquelle  tient  une  écharpe 
flottante. 

Rv.  OBSTANTIA  o  ROBORE  o  RVFIT  o  Plus  bas, 
en  petits  caractères,  hanibal.  Dans  le  champ,  Hannibal, 
debout,  tient  de  la  main  droite  une  torche  enflammée  et 
de  la  main  gauche  un  vase  d'où  s'échappe  une  liqueur 
qui  retombe  sur  les  rochers. 

Cuivre.  PI.  V,  n^  g. 

Une  troisième  médaille,  frappée  en  son  honneur,  fait 
partie  de  la  série  numismatique  de  Durand. 

/^t'.  ERNESTVS  MANSFELDT.  Le  buste  cuirassé 
du  comte,  tourné  à  gauche;  à  la  coupure  du  bras,  wolt  f. 

Rv.NATUS  MECHLINIAE,  IN  BELGIUM  AN» 
M  o  D  o  LXXX.  OBIIT  AN  o  M  o  DC  o  XXVL  En  petits 
caractères,    séries    numismatica    universalis    virorum 

ILLUSTRIUM  M  o  DCCC  o  XXVI    DURAND    EDIDIT. 

Bronze.  PI.  V,  n'^  lo. 

Michael  Coxie  ou  van  Coxyen 

naquit  à  Malines,  en  149g.  H  fut  élève  de  son  père,  nom- 
mé comme  lui  Michel  Coxie,  qui  lui  apprit  les  premiers 
éléments  de  la  peinture;  il  continua  ses  études  sous  la 
conduite  du  maitre  Bernard  Van  Orley,  qu'il  imita  telle- 


204  NUMISMATIQUE    MALINOISE 

ment  bien  dans  sa  manière  de  peindre,  que  l'on  confon- 
dit bien  souvent  les  copies  avec  les  originaux.  Il  quitta 
sa  patrie  et  entreprit  un  voyage  à  Rome,  où  il  copia 
les  œuvres  du  grand  Raphaël;  il  se  maria  en  Italie, 
avec  Ida  Van  Hasselt,  et  revint  dans  son  pays.  Devenu 
fort  riche,  il  se  fit  construire  à  Malines  trois  superbes 
maisons,  qu'il  enrichit  de  ses  tableaux.  Il  excella  sur- 
tout à  peindre  les  femmes,  auxquelles  il  savait  donner 
beaucoup  de  grâce.  Malgré  son  grand  talent,  on  le 
soupçonna  d'avoir  peu  de  génie  pour  la  composition, 
ce  qui  n'empêcha  pas  le  roi  François  I  de  l'appeler  en 
France  et  d'être  nommé  le  peintre  de  Philippe  II.  Les 
plus  beaux  tableaux  de  Coxie  se  trouvent  en  Espagne. 
Ce  peintre  jouit  d'une  grande  réputation  durant  sa  vie  ; 
il  peignit  à  Rome,  dans  l'église  Saint-Pierre,  une  Ascen- 
sion qui  lui  valut  l'admiration  de  tous. 

La  légende  dit  que  Michael  Coxie,  occupé  à  la  déco- 
ration de  l'hôtel  de  ville  d'Anvers,  fut  enfermé,  pour 
qu'il  n'abandonnât  pas  son  ouvrage,  et  qu'il  se  laissa  tom- 
ber de  son  escalier,  pour  échapper  à  cette  séquestration. 
Il  mourut  peu  de  jours  après  cette  chute,  en  1592. 
L'église  de  Saint-Rombaut  possède  un  tableau  de  ce 
maître. 

Les  traits  du  grand  artiste  ont  été  reproduits  sur  une 
médaille  moderne,  gravée  par  Simon. 

Av.  MICHAEL  COXIE.  Son  buste,  portant  au  cou 
une  collerette  tuyautée. 

Rv.  NATUS  MECHLINIAE  AN.  M.  CCCCXCVII. 
OBIIT  AN.  M.  DXCII.      . 

Bronze.  PI.  VI,  n»  11. 

La  médaille  de  Simon  donne  comme  date  de  nais- 
sance l'année  1497,  alors  que  plusieurs  biographes 
donnent  1499. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  2q5 


Christophe  de  Longueil 

célèbre  latiniste  et  bon  écrivain,  naquit  à  Malines,  en 
1488  et  mourut  à  Padoue,  en  i522. 

Nous  possédons  une  médaille  de  cet  illustre  Malinois, 
due  au  burin  de  Simon. 

Av.  CHRISTOP  DE  LONGUEIL.  Le  buste  de 
Christophe. 

Rv.  NATUS.  AN.  MCCCCLXXXVIII.  OBIIT. 
PATAVII  AN.  MDXXIL 

Bronze.  PI.  VI,  n^  12. 

Les  deux  médailles  qui  précèdent  font  partie  de  la 
galerie  métallique  des  hommes  qui  ont  illustré  les  Pays- 
Bas. 

La  médaille  de  Dodoens,  qui  a  été  frappée  par  la 
Société  d'Horticulture  d'Uccle,  ayant  pour  devise  «  qui 
s'arrête  recule  »  figure  à  la  planche  VI. 

Bronze.  PI.  VI,  n^  i3. 

François -Egide  Verbeeck 

naquit  à  Malines,  en  1779.  C'est  à  Gand  qu'il  acquit  les 
premières  notions  de  la  médecine,  après  avoir  terminé 
brillamment  ses  humanités;  de  là  il  se  rendit  à  Paris, 
pour  compléter  ses  études  en  médecine  et  en  chirurgie, 
et  revint  se  fixer  à  Gand,  pour  y  pratiquer  l'art  de  guérir. 
Il  fut  appelé  à  l'université  de  cette  ville,  pour  y  professer 
successivement  la  botanique,  l'anatomie,  la  physiologie 
et  la  pathologie.  En  outre,  il  remplit  plusieurs  fonctions 
honoraires  dans  les  commissions  médicales  instituées 
dans  la  première  moitié  du  xix""  siècle;  il  mourut  à 
Gand,  le  14  novembre  1848. 


2o6  NUMISMATIQUE    MALINOISE 


Une  médaille,  due  au  burin  de  Ch.  Onghina,  nous  a 
conservé  les  traits  de  cet  enfant  de  Malines  (i). 

Av.  Le  buste  de  face. 

Rv.  FRANÇOIS  EGIDE  VERBEECK,  NÉ  A  MA- 
LINES, EN  1779,  MORT  A  GAND,  le  14  NO- 
VEMBRE 1848. 

Baron  de  Stassart 

Av.  G.  DE  STASSART  PRESIDENT  DE  L'A- 
THÉNÉE DE  VAVCLUSE  A  F.  PETRARQUE. 
MDCCCXI.  Une  couronne  de  feuilles  de  chêne  à  l'inté- 
rieur de  la  légende. 

Rv.  Une  femme  nue,  la  tête  couronnée,  est  couchée 
au  bas  d'un  rocher,  le  bras  droit  est  appu3'é  sur  un  vase 
d'où  émerge  l'eau  qui  coule  dans  une  rivière;  derrière 
elle,  une  lyre  adossée  à  un  piédestal,  sur  lequel  sont 
déposées    des    couronnes.    A    l'exergue,    mugis    artibus 

ARVIS  M.DCCC.XI. 

Le  baron  de  Stassart  est  né  à  Malines,  le  2  septembre 
1780;  il  fut  nommé  préfet  de  Vaucluse,  en  1S09.  Cette 
médaille  a  été  gravée  par  Andrieu. 

Bronze.  PI.  VII,  n°  14. 

Av.  G^  J"  A^'  B"^  DE  STASSART  D^^  DE  NAMUR 
AUX  ETATS  G^"^.  Le  buste  du  baron  de  Stassart, 
gravé  par  Barbier. 

Rv.  Dans  une  couronne  de  branches  de  chêne  :  AU 
COURAGEUX  DÉFENSEUR  DES  LIBERTÉS 
PUBLIQUES  —  8  JAN   i83o.   Cette   médaille  a  été 


(i)  Cette  médaille  a  été  décrite  par  Kluyskens;  nous  n'avons  pu  nous  pro- 
curer l'exemplaire,  qui  doit  être  uniciue. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  207 

frappée  à  titre  de  reconnaissance  publique,  à  la  suite  du 
retrait  de  la  pension  dont  jouissait  le  baron  de  Stassart, 
du  gouvernement  des  Pays-Bas,  pour  services  rendus.  Il 
fut  nommé  gouverneur  de  Namur,  en  i83o. 

Bronze.  PI.  VII,  n»  i5. 

Av.  RESURGENS  TENEBRAS  VERA  LUCE  DI- 
MOVET.  Dans  le  champ,  un  Phénix  tenant  dans  son 
bec  une  branche  d'acacia;  sous  ses  pattes,  il  tient  un 
compas  et  une  règle  ;  le  soleil  darde  ses  rayons  à  travers 
les  nuages  qui  entourent  l'oiseau;  dans  le  fond,  deux 
socles  portant  chacun  une  des  lettres  J  B  ;  sur  le  côté,  le 
nom  du  graveur  Jouvenel. 

Rv.  A  G  .-.  J  .-.  A  .-.  DE  STASSART  GR  .-.  M  .-.  DE 
BELGIQUE  BRUXELLES  2""  :.  J  :.  3^  .-.  M  /.  5835 
inscrit  en  deux  cercles.  Dans  le  champ,  une  table  por- 
tant l'inscription  :  LA  xMAÇONNERIE  SURVIT  A 
TOUS  LES  TEMPS  DIEU  LE  VEUT.  Au-dessus 
de  la  table,  entouré  de  rayons  lumineux,  figure  un 
triangle  portant  les  signes  177 177. 

Médaille  frappée  en  l'honneur  du  baron  de  Stassart, 
nommé  grand  maitre  national  de  la  maçonnerie  de 
Belgique. 

Bronze.  PI.  VII,  n"  16. 

Av.  G^  J"  A^  BARON  DE  STASSART.  Le  buste  du 
baron  de  Stassart,  revêtu  de  son  uniforme  de  sénateur, 
sur  la  poitrine,  plusieurs  décorations  ;  à  l'épaule  du  bras 
gauche,  hart  f. 

Rv.  En  haut,  trois  couronnes  de  feuilles  de  laurier, 
enlacées  et  reliées  par  des  rubans.  LES  libéraux  belges 

AU  BARON  DE  STASSART,  ÉLU  SÉNATEUR  PAR  LES  ARRON- 
DISSEMENTS DE  BRUXELLES  NAMUR  ET  NIVELLES  LE 
II  JUIN  1839,  DESTITUÉ,  LE  17,  DES  FONCTIONS  DE  GOUVER- 
NEUR DU  BRABANT  PAR  LE  MINISTÈRE  DETHEUX  EN 
HAINE  DE  CETTE  TRIPLE  ÉLECTION  *.  Le  baron  de  Stas- 


208  NUMISMATIQUE    MALINOISË 

sart  avait  posé  sa  candidature  pour  le  Sénat  dans  les  trois 
districts  de  Bruxelles,  de  Namur  et  de  Nivelles,  et  il  fut 
élu  pour  les  trois  sièges. 

Bronze.  PI.  VIII,  n»  17. 

Il  existe  une  épreuve  de  cette  médaille  avant  l'inscrip- 
tion. 

Même  avers  que  le  numéro  17. 

Rv.  PREC  .-.  MAC  .-.  (c  Adore  le  G:.  Arch:.  de  l'un.  — 
»  Aime  ton  prochain.  —  Ne  fais  point  de  mal.  —  Fais  du 
»  bien.  —  Laisse  parler  les  hommes.  —  Le  culte  le  plus  agré- 
»  able  au  G.'.  Arch.'.  consiste  dans  les  bonnes  mœurs  et  dans 
»  la  pratique  des  vertus.  —  Fais  donc  le  bien  pour  l'amour 
«  du  bien  lui-même.  —  Tiens  toujours  ton  âme  dans  un  état 
»  assez  pur  pour  paraître  dignement  devant  le  G.'.  Arch.'.  qui 
»  est  Dieu.  —  Aime  les  bons,  plains  les  faibles,  fuis  les 
»  méchants,  mais  ne  hais  personne.  —  Parle  sobrement  avec 
»  les  grands,  prudemment  avec  tes  égaux,  sincèrement  avec  tes 
))  ami'',,  doucement  avec  les  petits,  tendrement  avec  les  pauvres. 
»  —  Ne  flatte  point  ton  frère,  c'est  une  trahison;  si  ton  frère 
^^' te  flatte,  crains  qu'il  ne  te  corrompe.  — -  Ecoute  toujours  la 
»  voix  de  ta  conscience.  Sois  le  père  des  pauvres,  chaque  soupir 
»  que  ta  dureté  leur  arrachera,  augmentera  le  nombre  des 
»  malédictions  qui  tomberont  sur  ta  tête.  —  Respecte  l'étran- 
»  ger  voyageur,  aide-le;  sa  personne  est  sacrée  pour  toi.  Evite 
))  les  querelles,  préviens  les  insultes,  mets  toujours  la  raison  de 
n  ton  côté.  —  Respecte  les  femmes,  n'abuse  jamais  de  leur  fai- 
»  blesse,  et  meurs  plutôt  que  de  les  déshonorer.  —  Si  le  G.'. 
»  Arch.'.  te  donne  un  fils,  remercie-le,  mais  tremble  sur  le 
»  dépôt  qu'il  te  confie;  sois  pour  cet  enfant  l'image  de  la  divi- 
»  nité.  Fais  que  jusqu'à  10  ans  il  te  craigne,  que  jusqu'à  20  2I 
»  t'aime,  que  jusqu'à  la  mort  il  te  respecte.  Jusqu'à  10  ans 
»  sois  son  maître,  jusqu'à  20  ans  son  père,  jusqu'à  la  mort 
»  son  ami.  Pense  à  lui  donner  des  bons  principes  plutôt  que 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  209 

))  des  belles  manières;  qu'il  te  doive  une  droiture  éclairée 
))  et  non  pas  une  frivole  élégance;  fais-le  honnête  homme 
»  plutôt  qu'habile  homme.  —  Si  tu  rougis,  de  ton  état,  c'est 
»  orgueil;  songe  que  ce  n'est  pas  ta  place  qui  t'honore  ou  te 
))  dégrade,  mais  la  façon  dont  tu  l'exerces.  —  Lis  et  profite, 
»  vois  et  imite,  réfléchis  et  travaille;  rapporte  tout  à  l'utilité 
»  de  tes  frères  ;  c'est  travailler  pour  toi-même.  —  Sois  content 
»  partout,  de  tout  et  avec  tout.  —  Réjouis-toi  dans  la  justice; 
))  courrouce-toi  contre  l'iniquité,  souffre  sans  te  plaindre.  — 
»  Ne  juge  pas  légèrement  les  actions  des  hommes;  loue  peu  et 
w  blâme  encore  moins;  c'est  au  Gr.'.  Arch.'.  de  VU.'.,  qui 
»  sonde  les  cœurs,  à  apprécier  son  ouvrage  ». 

Même  avers  que  le  numéro  17. 

Rv.  ^  GRAND  ORIENT  DE  BELGIQUE  ^  RÉ- 
COMPENSE MAÇONNIQUE.  Dans  le  champ,  un 
serpent  se  mordant  la  queue,  entouré  d'auréoles  et  for- 
mant un  cercle;  dans  ce  cercle,  un  autel  allumé;  sur  le 
devant,  un  œil  entouré  de  7  étoiles,  un  pélican  nouris- 
sant  ses  jeunes;  à  droite  de  l'autel,  une  sphère,  une 
palette  avec  pinceaux,  une  branche  d'olivier;  à  gauche, 
une  ruche  entourée  d'abeilles,  une  lyre  et  une  branche 
de  chêne.  A  l'exergue,  une  couronne  traversée  par  deux 
palmes. 

Médaille  gravée  par  Hart. 

Bronze.  PL  VIII,  n°  18. 

Même  avers  que  le  numéro  17. 

Rv.  Trois  couronnes  de  laurier  entrelacées  et  traver- 
sées par  un  ruban.  Le  champ  est  uni  et  destiné  à 
recevoir  une  inscription. 

Bronze.  PI.  VIII,  n^  19. 

Même  avers  que  le  n«  17. 

Rv.  *  LA  MAC  .-.  VIVRA  i  DIEU  LE  VEUT  * 


2TO  NUMISMATIQUE    MALINOISE 


GR  ,".  OR  .*,  DE  BELGIQUE  5838.  Dans  le  champ,  un  ser- 
pent mordant  une  lime,  emblème  de  l'impuissance. 

Médaille  gravée  par  Hart. 

Bronze.  PI.  VIII,  n*^  20. 

Av.  GOSWIN  JOSEPH  AUG^'  BARON  DE  STAS- 
SART.  La  tête  de  M.  de  Stassart  tournée  à  droite;  au- 
dessous,  le  nom  du  graveur  leopold  wiener. 

Rv.  NÉ  A  MALINES  LE  2  SEPT  1780.  —  MORT 
A  BRUXELLES  LE  10  OCT.  1854.  Deux  palmes 
enroulées  d'un  ruban  forment  une  couronne  qui  retient  en 
haut  l'écusson  aux  armes  de  M.  de  Stassart,  surmonté 
de  la  couronne  du  baron  ;  au-dessous,  la  devise  semper 
FiDELis.  Dans  le  champ,  une  notice  biographique  du 
grand  homme. 

INT^  DU  TYROL  DE  KOENIGSBERG  DE  BERLIN  i8o5 

PRÉFET  DE  VAUCLUSE  1809 

DES  BOUCHES  DE  LA  MEUSE  xSio 

MEMBRE  DES  ÉTATS  GÉNÉRAUX  1821 

PRÉS^  DU  COMITÉ  DE  L'INTÉRIEUR 

VICE  PRÉS^  DV  CONGRÈS  i83o 

PRÉSIDENT  DU  SÉNAT  i83i. 

GOUVERNEUR  DE,  NAMUR  i83o 

DU  BRABANT  1834 

PRÉS^  DE  L'ACAD"^  ROY-^^  DE  BELGIQUE  i835 

^jBRE  qt  de  L'INSTITUT  DE  FRANCE  1837 

MINISTRE  PLÉNIPOT-^B 

1840 

Médaille  dédiée  à  la  mémoire  du  baron  de  Stassart, 
par  souscription. 

Argent.  PI.  IX,  n°  21. 

•Il  existe  un  exemplaire  de  cette  médaille  en  bronze  et 
une  épreuve  avant  la  lettre. 

Les  inscriptions  sur  les  médailles  frappées  en  l'hon- 
neur de  ce  savant,  nous  renseignent  suffisamment  sur  sa 
valeur  comme  homme  politique. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  211 

Les  ouvrages  littéraires  qu'il  nous  a  légués  sont  aussi 
hautement  appréciés.  Il  existe  dans  les  collections  de  la 
ville,  un  volume  grand  in-8^  des  œuvres  diverses  du 
baron  de  Stassart,  adressé  par  l'auteur  à  M.  Ketelaers, 
échevin  de  la  ville  de  iMalines.  Ses  «  fables  »  eurent  huit 
éditions  et  furent  traduites  en  hollandais,  en  flamand, 
en  suédois  et  en  anglais. 

Le  baron  de  Stassart  figure  comme  président  du 
Sénat  sur  la  médaille  frappée  lors  de  l'installation  des 
Chambres,  par  le  roi  Léopold  I,  le  8  septembre  i83i. 

Armand  de  Perceval 

naquit  à  Malines  en  1818.  Il  représentait  l'arrondisse- 
ment de  Malines  à  la  Chambre  des  représentants.  Les 
différents  discours  prononcés  par  le  jeune  député  sur  la 
situation  des  classes  laborieuses  en  Belgique,  le  firent 
porter  aux  nues  par  les  ouvriers,  qui  organisèrent  une 
manifestation  en  son  honneur. 

La  médaille  ci-après  a  été  frappée  pour  en  commémo- 
rer le  souvenir,  et  un  exemplaire  fut  remis  à  de  Per- 
ceval. 

Av.  ARMAND  DE  PERCEVAL  NÉ  A  MALINES 
EN  r8i8.  Dans  le  champ,  la  tête  du  député,  tournée  à 
gauche;  au  bas,  jouvenel. 

Ru.  ÉLU  EN  1848  MEMBRE  DE  LA  CHAMBRE 
DES  REPRÉSENTANTS  PAR  L'ARR^  DE  MA- 
LINES. Dans  le  champ,  l'inscription  LIBERTÉ  ET 
SOLIDARITÉ,  entourée  de  deux  branches  de  laurier 
formant  couronne. 

Bronze.  PI.  X,  n»  22. 

Il  existe  une  variété  de  cette  médaille,  frappée  seule- 
ment à  six  exemplaires,  avec  un  revers  d'un  naturalisme 
choquant. 


212  numismatiqup:  malinoise 


Léopold  Pluys 

Av.  Les  armoiries  de  la  ville. 

Rv.  Dans  une  couronne  de  laurier  :  TÉMOIGNAGE 
DE  SATISFx\CTION  DÉCERNÉ  A  MONSIEUR 
PLUYS  MÉDAILLÉ  A  L'EXPOSITION  D'AM- 
STERDAM i885. 

Médaille  offerte  par  le  Conseil  communal  de  Malines 
à  M.  Léopold  Pluys,  artiste-peintre  verrier.  Notre  Mali- 
nois  est  fils  de  J.-F.  Pluys,  le  rénovateur  de  la  peinture 
sur  verre  en  Belgique. 

Bronze.  PL  XI,  n^  23. 

Pierre- Joseph  Van  Beneden 

naquit  à  Malines,  le  ig  décembre  1809,  dans  la  maison 
appelée  «  De  Geit  »,  formant  le  coin  des  rues  de  la 
Chèvre  et  du  Bruel.  L"ne  notice  biographique  de  ce 
savant  naturaliste,  par  le  professeur  M.  Van  Reusel,  a 
paru  dans  le  premier  fascicule  du  tome  V  de  l'annuaire 
du  Cercle  Archéologique;  une  nomenclature  de  ses 
ouvrages  figure  dans  cet  opuscule. 

Le  magistrat  de  Malines  offrit  à  Van  Beneden,  une 
médaille  en  bronze,  en  1877;  une  manifestation  impo- 
sante eut  lieu  à  l'hôtel  de  ville,  où  ses  anciens  élèves 
malinois  lui  offrirent  une  couronne  en  or. 

Av.  ^  CIVI  SUO  PR.ECLARO  P.  J.  VAN  BENE- 
DEN PER  ANNOS  XL  IN  UNIV.  LOV.  DOCENTI 
SCIENTIIS  NATVRALIBVS  DOCTISSIMO  CIVI- 
TAS  MECHLIENSIS  DEDICAVIT  A^  MDCCC 
LXXVII  *. 

Rv.  Les  armoiries  de  la  ville  de  Malines. 

Bronze.  PI.  XI,  n»  24. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  2l3 

En  1866,  l'Université  de  Louvain  fêta  le  cinquante- 
naire de  son  entrée  comme  professeur.  Le  5  juillet  de  la 
même  année  une  réception  brillante  l'attendit  dans  sa 
ville  natale;  son  buste,  une  œuvre  remarquable  de  notre 
confrère  Joseph  Willems,  fut  placé  à  l'hôtel  de  ville. 

La  médaille  ci-après  a  été  frappée  en  l'honneur  du 
savant  universellement  apprécié. 

Av.  Le  buste  de  Van  Beneden,  gravé  par  Ed.  Geerts, 
dans  un  cercle  perlé. 

Rv.  Une  couronne  de  laurier,  que  traverse  une  palme 
entourée  d'un  ruban,  portant  les  inscriptions  PALÉON- 
TOLOGIA-ANATOML\  ZOOLOGIA;  au-dessous,  en 
7  lignes  :  VIRO  DOCTISSIMO  ET  CELEBER- 
RIMO  P.  J.  VAN  BENEDEN  PER  DECEM  JAM 
LUSTRA  IN  UNIVERSITATE  CATHOLICA  LO- 
VANIENSI  PROFESSORI;  plus  bas,  en  arc  de  cercle, 
MDCCCXXXVI-MDCCCLXXXVL 

Bronze.  PI.  XII,  n°  25. 

Un  exemplaire  en  or,  un  en  argent  et  un  en  bronze 
furent  remis  à  M.  Van  Beneden. 

Le  Conseil  communal  de  Malines  a  fait  frapper  une 
médaille,  en  i852,  en  l'honneur  de  l'illustre  professeur, 
lorsqu'il  obtint  le  grand  prix  de  sciences  physiques  à 
l'académie  de  Paris. 

Une  statue  a  été  élevée  à  cet  homme  éminent,  dans 
le  Square  Léopold,  à  Malines. 


Jean-François  Dusart 

Av.  BONAPARTE  PREMIER  CONSUL  DE  LA 
RÉPUBLIQUE  FRs^  Dans  le  champ,  le  buste  gravé 
par  Andrieu. 


214  NUMISMATIQUE    MALINOISE 


Rv.  Dans  une  couronne  de  fleurs,  en  lettres  gravées 
formant  un  cercle  :  jean  François  dusart;  dans  le 
champ,  L.ETA  DICat  MeChLInIa,  formant  un  chrono- 
gramme. 

Argent.  PI.  XIII,  n"  26. 

Médaille  de  récompense,  à  bélière,  au  buste  de  Napo- 
léon, consul,  offerte  à  Jean-François  Dusart,  receveur 
communal,  en  1802. 

Rv.  LEGE  SERVATA  VIRT\TE  ET  CONSTAX- 
TIA  DELEGATIS  BENE  MERITIS  D.  D.  S.  P.  Q. 
M.  MDCCXCIII.  Au  bas,  l'écu  de  Malines  sur  deux 
branches  de  laurier.  Le  coin  de  cette  médaille  se  trouve 
à  l'hôtel  des  Monnaies,  à  Bruxelles. 

Projet  de  médaille  pour  récompenser  de  leurs  -services 
les  représentants  du  peuple,  pendant  l'occupation  des 
des  troupes  françaises;  l'avers  devait  porter  le  buste  de 
l'empereur  François  II,  avec  l'inscription  FRAXCIS- 
CUS  II  VER.^  LIBERTATIS  VIXDEX. 

Elle  devait  être  en  argent.  PL  XIII,  n"  27. 

Dans  les  registres  appelés  Notitie-boeckcn  van  de  lieercn 
thresoricrs,  il  est  fait  mention  de  la  commande  de  cette 
médaille  à  Théodore  Van  Berckel. 

«  Aen  den  heere  van  Berckel,  over  by  requisitie  van 

het  magistraet  gemaekt  te  hebben  een  paer  stempels  tôt 

medalien,  om  gepresenteert  te-worden  aen  de  gewesene 

■  representanten  des  volks   ten    tyde    der   occupatie    der 

fransche  trouppen  —  i3i  —  5  ». 

La  résolution  suivante  du  magistrat,  datée  du  7  oc- 
tobre 1793,  autorisa  le  paiement  de  la  somme  : 

«  Eodem  (7  october  1793)  is  gelesen  den  brief  van 
d'Heer  van  Berckel,  met  gevoeghde  specificatie  over 
verschotten  ende  arbeidsloon  int  graveren  vande  stem- 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  2x5 

pels  tôt  geordonneerde  medaillen  om  gedistribueert  te 
worden  aen  de  Membres  uitgemaeckt  hebbende  de  repre- 
sentatie  van  het  volk  van  Mechelen  ten  tyde  van  laeste 
fransche  occupatie  beloopende  de  voors.  specificatie  tôt 
i3i-5-o,  die  de  heeren  trésoriers  geauthoriseert  zijn 
geworden  te  betaelen  ende  den  heere  Raedpensionnaris 
Goubau  gelast  hem  te  versoeken  van  ons  deze  stempels 
te  willen  toe  senden.  » 

Goubau  ne  réussit  pas  à  obtenir  la  frappe  de  cette 
médaille  ;  aucun  exemplaire  n'ayant  été  retrouvé,  il  est 
à  supposer  que  le  magistrat  a  dû  renoncer  à  son  projet 
de  récompense. 


Charles  Brias 

Av.  Médaille  à  bélière,  portant  dans  le  champ,  en 
lettres  gravées,  sur  neuf  lignes  :  à  Monsieur  Charles  Brias 
premier  de  la  peinture  du  genre  au  grand  Coneours  de  Bru- 
xelles la  Soeiéfé  de  Malines  pour  l' encourageinent  des  Beaux- 
Arts  MDCCCXXIV. 

Rv.  Une  couronne  formée  de  branches  d'olivier. 

Argent.  PI.  XIII,  n°  28. 

Charles  Brias  est  né  à  Malines,  en  1798. 

Av.  Un  serpent,  qui  se  mord  la  queue  dans  un  cercle 
orné.  Dans  le  champ,  en  lettres  gravées  :  Dédiée  à  Ch' 
Brias  en  mémoire  dit  1"  Prix  de  Conversation  remporté  le 
*"  1S24  à  Bruxelles. 

Rv.  Dans  une  couronne  formée  d'une  branche  de  chêne 
et  d'une  branche  d'olivier,  ciselées  et  appliquées,  se 
trouve  en  lettres  gravées,  l'inscription  suivante  :  Par  un 
Ami  des  Arts  le  (^  a-'"'  /cS'i'^  à  Malines. 

Médaille  à  bélière,  en  argent.  PI.  XIV,  n"  2g. 


2l6  NUMISMATIQUE    MALINOISE 

Av.  Dans  le  champ,  à  gauche,  sur  un  piédestal,  la 
statue  de  Rubens,  comme  il  est  indiqué  sur  le  socle,  par 
les  lettres  P.  P.  R.  Une  palette  est  entourée  d'une  cou- 
ronne de  laurier;  à  droite  se  trouve  l'écu  de  Malines, 
surmonté  d'une  couronne  comtale,  accosté  d'une  branche 
de  chêne;  en  haut,  une  étoile  lance  des  rayons  lumi- 
neux; au  bas,  un  médaillon;  le  tout  est  gravé. 

Rv.  En  lettres  gravées,  sur  onze  lignes  :  LA  VILLE  DE 

MALINES  A  CHARI  ES  BRIAS,  PEINTRE  NÉ  A  MALINES.  - 
HOMMAGE  A  SON  TALENT,  ET  SOUVENIR  DE  LA  MÉDAILLE 
D'OR  QUI  LUI  FUT  DÉCERNÉE  A  L'EXPOSITION  DE  BRU- 
XELLES EN  AOUT  1S42. 

Médaille  en  vermeil.  PI.  XV,  n»  3o. 

Av.  Dans  un  cercle  perlé,  l'inscription  suivante  gra- 
vée   :   LA   VILLE    DE    MALINES   a  F.  JonghlIiaUS   DE    MALINES 

Premier  Prix  de  Chant  au  Conservât"  R.  de  Musique  bc 
Bvuïelles  —  Concours  de  184'j  —  3  Aoiit  —  Délibération 
du  Conseil  Communal  du  7  Août  184J.  Au  bas,  en  demi- 
cercle  :  SOUVENIR    ET    TÉMOIGNAGE    DE    SATISTACTION. 

Rv.  Les  armoiries  estampées  de  la  ville,  sont  appli- 
quées sur  la  médaille  à  bélière. 

Vermeil.  PI.  XVI,  n°  3i. 

Av.  KUNST  «  EN  LETTERLIEVENDE  °  KRING 
^  DE  «  EIKEL  ^  Dans  le  champ,  une  branche  de 
chêne  surmontée  de  l'écu  de  Malines;  un  ruban  attaché 
à  la  branche  porte  le  nom  de  la  ville  MECHELEN  ;  le 
tout  dans  un  cercle  orné. 

Rv.  Une  couronne  de  laurier. 

Métal  blanc.  PI.  XVII,  n«  32. 

Cette  miédaille  a  été  frappée  par  la  Société  artistique 
et  littéraire  De  Eikel,  pour  être  décernée  à  titre  de 
récompense  à  ses  membres  qui  se  sont  distingués  dans 
les  concours. 


JMUMISMATIQUE    MALINOISE  217 


Un  dragon  est  couché  sur  un  ruban  portant  l'inscrip- 
tion DE  STAD  MECHELEN;  il  tient  clans  la  gueule 
une  branche  d'olivier  et  soutient  avec  ses  ailes  relevées 
une  banderole  sur  laquelle  se  trouve  en  relief  les  armoi- 
ries de  la  ville  et  l'inscription  suivante   :  Aan  den  be- 

KROONDEN    VlAAMSCHEN    ScHRIJVER    M'    FrANS    VaN    DEN 

Bergh  2.5  JuLi  1899. 

Plaque  en  vermeil,  offerte  par  la  ville,  à  l'écrivain 
flamand  François  Van  den  Bergh,  pour  son  ouvrage 
primé  au  concours  d'histoire  nationale  institué  par  l'aca- 
démie flamande, 

PI.  XVIII,  no  33. 

Ce  bijou  sort  des  ateliers  de  notre  concitoyen  et 
habile  orfèvre  François  Louckx. 

Av.  s?  SOCIÉTÉ  DE  SECOURS  MUTUELS 
AMOUR  FRATERNEL  FONDÉE  EN   1859. 

Rv.  Sous  LA  Présidence  d'Honneur  ^  de  M'  FRANK 
GILLIS. 

Cuivre.  PI.  XVIII,  n^  34. 

Il  existe  un  exemplaire  en  nickel  de  ce  jeton. 


fll^c^aiUcî?  bce  HvchevèQues 


Perrenot  de  Granvelle 

Antoine  Perrenot  de  Granvelle,  premier  archevêque 
de  Ivlalines,  est  né  à  Ornans,  en  Bourgogne,  en  i5i7;  il 
devint  évèque  d'Arras  en  i543,  archevêque  de  Malines, 
en  juillet  i56o  et  cardinal  le  26  février  i56i. 

Cet  homme,  d'un  talent  remarquable,  jouit  de  toute 


2i8  '-Numismatique  malinoise 


la  confiance  de  Philippe  II,  mais  il  se  fit  beaucoup 
d'ennemis  par  la  rigueur  excessive  de  ses  conseils  et  sa 
résistance  opiniâtre  contre  les  nouvelles  doctrines. 

En  i56i,  il  fit  l'acquisition  du  palais  de  Marie  de 
Hongrie,  actuellement  le  Palais  de  Justice,  qui  l'avait 
abandonné  à  cause  des  nombreux  dégâts  que  subit  le 
bâtiment  lors  de  l'explosion  de  la  poudrière  Santpoorte. 
Le  cardinal,  qui  craignait  beaucoup  ses  ennemis,  avait 
pour  toute  sécurité,  fait  voûter  et  blinder  les  portes  de 
la  chambre  où  il  se  tenait  habituellement. 

Il  se  démit  du  siège  de  Malines,  entre  les  mains  de 
Grégoire  XIII,  le  24  janvier  i583,  et  obtint  plus  tard 
l'archevêché  de  Besançon. 

Il  mourut  à  Madrid,  le  24  septembre  i586. 

Les  médailles  ci-après  ont  été  frappées  en  son  hon- 
neur. 

Av,  ANT  j^  S  j^  R  j^  E  j^  PBR  ^  GARD  j^  GRAN- 
VELLANVS.  Le  buste  du  cardinal  tête  nue. 

Rv.  Le  crucifiement  du  Christ;  Jésus  entre  les  deux 
larrons;  au  pied  de  la  croix,  Marie-Madeleine,  un  grand 
nombre  de  personnages  agenouillés,  et  des  cavaliers. 

Argent.  PI.  XIX,  n*^  35. 

Av.  ANT  o  S  o  R  o  E  o  PBR  o  GARD  o  GRANVEL- 
LANUS.  Le  buste  du  cardinal. 

Médaille  uniface,  bronze.  PI.  XX,  n"^  36. 

Il  existe,  dans  les  collections  de  la  ville,  un  exem- 
plaire en  étain  émaillé  du  numéro  36. 

Av.  ANT  -  S  o  R  o  E  °  PBR  -  GARD  °  GRANVE- 
LANUS.  Le  buste  du  cardinal. 

Rv.  Un  navire  luttant  contre  la  tempête;  il  a  le  grand 
mât  brisé;    au-dessus,    le   mot    DVRATE,    accosté   de 


NUMISMATIQUE    MALIN  OISE  2ig 

figures  d'anges  représentant  le  vent  soufflé  en  tempête; 
au-dessus,  des  nuages. 

Médaille  ovale,  argent.  PI.  XX,  n«  ij. 


Av.  ANT  o  PERRENOT  o  S  o  R  o  E  o  PBR  o 
CARD  o  GRANVELLAN.  Le  buste  du  cardinal. 

Rv.  Un  navire  à  trois  mâts  luttant  contre  les  vagues, 
tourmenté  par  le  dieu  des  vents,  Eole;  au-dessus,  le 
mot  DVRATE  (persévérez). 

Argent.  PI.  XX,  n^  38. 

Av.  ANT  o  PERRENOT  o  S  o  R  o  E  o  PBRI  c 
CARD  o  ARCHIEPI  "  MECHL  o  Le  buste  du  car- 
dinal, tête  nue,  à  droite;  sous  la  coupure  du  bras,  le 
millésime  i56i. 

Rv.  Un  navire  qui_fait  naufrage;  des  matelots  se  pré- 
cipitent à  la  mer  et  deviennent  la  proie  des  monstres 
marins;  d'autres  grimpent  dans  les  mâts  qui  surgissent 
encore  de  l'eau;  à  côté,  Neptune,  dieu  de  la  mer,  dont 
le  vaisseau  est  conduit  par  deux  chevaux-marins,  menace 
Eole  de  son  trident;  le  tout  surmonté  d'un  arc  en  ciel  et 
du  mot  DVRATE. 

Bronze.  PI.  XXI,  n°  Sg. 

Il  existe  une  variété  de  cette  médaille  où  le  cardinal 
est  coiffé  d'un  béret. 

Bronze.  PI.  XXII,  11°  40. 

Av.  ANT  o  S  o  R  o  E  c  PBR  o  CARD  o  GRANVE- 
LANYS  o  Son  buste  à  gauche,  la  tête  découverte. 

Rv.  Un  navire  luttant  contre  les  vagues  et  tourmenté 
par  les  vents;  au-dessus,  le  mot  DVRATE. 

Bronze.  PI.  XXII,  n^  41. 


220  NUMISMATIQUE    MALINOISE 


François-Antoine,  Prince  de  Méan 

naquit  au  château  de  Saive,  le  6  juillet  lySô;  il  fut  sacré 
évoque  le  ig  février  1786,  par  son  oncle  nnaternel  de 
Hoensbroeck,  prince-évèque  de  Liège,  auquel  il  succéda 
le  16  août  1792.  A  la  révolution  française,  il  fut  expulsé; 
le  28  juillet  1817,  il  obtint  de  Pie  VII  le  siège  métropo- 
litain de  Malines,  dont  il  prit  possession  le  22  septembre 
suivant.  Le  prince  de  Méan  mourut  à  Malines,  le  i5  jan- 
vier i83i,  et  son  corps  fut  déposé  dans  le  caveau  des 
archevêques,  le  21  du  même  mois. 

Il  a  été  élevé  un  monument  à  la  mémoire  du  prince 
de  Méan,  dans  l'église  de  Saint-Rombaut,  par  les  soins 
de  son  neveu,  M.  le  comte  Eugène  de  Méan,  et  une 
médaille  a  été  frappée  pour  en  perpétuer  le  souvenir. 

L'avers  représente  le  mausolée  en  marbre  blanc, 
adossé  au  pan  du  milieu  de  la  chapelle;  le  pan  de  droite 
est  percé  d'une  fenêtre  reposant  sur  des  colonnes  reliées 
par  des  ogives;  le  pan  de  gauche  n'a  pas  de  fenêtre.  Un 
sarcophage  sur  lequel  sont  sculptées  les  armoiries  du 
prince  se  trouve  dans  la  partie  inférieure  du  mausolée; 
dans  la  partie  supérieure  cintrée  se  trouve  l'archevêque 
agenouillé  devant  un  ange;  le  tout  surmonté  de  l'inscrip- 
tion Jfiut  boluntas  tua;  les  pilastres  du  monument  sont 
ornés  ;  le  cintre  est  orné  d'un  vase  ;  au  bas,  à  l'exergue  : 
INAUG.  LE  19  AOUT  1837. 

Rv.  iF^  ÉRIGÉ  DANS  L'ÉGLISE  MÉTROP.  DE  MALINES  PAR 
EUG.'  DE  MÉAN  ^  LOUIS  JÉHaTTE  SCULPTEUR.  Dans  le 
champ,  A  LA  MÉMOIRE  DE  FR.  ANT.  MAR.  CONST.  DES 
COMTES  DE  MÉAN  DERNIER  PRINCE  ÉVÈQUE  DE  LIÈGE, 
ARCHEVÊQUE  DE  MALINES,  PRIMAT  DE  BELGIQUE,  DÉ- 
CÉDÉ  LE   3l   ÎANV.    l83l. 

Bronze.  PI.  XXIII,  n'^  42. 

Il  existe  un  exemplaire  en  étain  de  cette  médaille. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  221 


Engelbert  Sterckx 

est  né  à  Ophem,  le  2  novembre  1792.  Grégoire  XVI  le 
nomma  archevêque  de  Malines,  le  24  février  i832;  ce 
fut  Mgr  Delplanque,  évèque  de  Tournai,  qui  lui  donna 
la  consécration  épiscopale  le  o  avril  suivant,  et  le  1 3  sep- 
tembre i838,  il  fut  créé  cardinal. 

Une  médaille  a  été  frappée  pour  commémorer  cette 
dernière  nomination. 

Av.  ENGELBERTUS  o  STERCKX  o  ARCHIEP  o 
MECHLIN  o  Le  buste,  à  gauche,  du  cardinal;  en-des- 
sous, J.   LECLERCQ.  F. 

Rv.  PR^SULEM  PIETATE  ^  DOCTRINA  °  PRUDENTIA  ANI- 
MIQUE  o  MANSUETUDINE  o  SPECTATISSIMUM  SS  «  DD  °  GRE- 
GORIUS  o  XVI  CARDINALIUM  o  COLLEGIO  o  ADSCRIPSIT 
XIII  °  SEPT  °  M  o  DCCC  °  XXXVIII. 

Argent.  PI.  XXIV,  n«  43. 

Il  existe  un  exemplaire  de  cette  médaille,  en  bronze  et 
un  en  cuivre  doré,  ainsi  que  trois  exemplaires  d'un  mo- 
dule moindre,  de  42  millimètres  de  diamètre. 

Mgr  Sterckx  mourut  le  4  décembre  1867,  et  ses  restes 
mortels  furent  ensevelis  dans  le  caveau  des  archevêques, 
après  qu'on  les  eût  promenés  sur  un  lit  de  parade  par  les 
rues  de  Stassart,  Saint-Jean,  des  A^aches  et  la  Grand' 
place,  pour  entrer  à  la  Métropole. 

Un  jeton  nous  rappelle  le  souvenir  de  cette  cérémonie 
lugubre  en  plein  hiver. 

Av.  3»c  A.  S.  E.  M''"  LE  Cardinal  Archevêque 
ENGELBERT  STERCKX.  Dans  le  champ  :  pure  et 

BELLE,    IL    RENDIT    SON    AME    AU    CRÉATEUR,    4    x"""'    1867. 

Deux   flambeaux,    reliés  par  une  couronne   mortuaire; 
en-dessous,  tandem  felix! 


222  NUMISMATIQUE    MALINOISE 

Rv.  SOUVENIR  PIEUX  DEUIL  PUBLIC.  Dans  le  champ, 
l'écu  de  Malines  accosté  de  l'inscription  :  ville  de  — 

MALINES. 

Bronze.  PI.  XXIV,  n^  44. 

Le  mémo  jeton  existe  en  étain. 

Av.  KARDIN.  AARTSB.  ENGELB.  STERCKX. 
La  tête  du  cardinal  à  gauche,  et  au-dessous  le  nom  du 
graveur  f.  baetes,  antw. 

Rv.  Dans  un  encadrement  trilobé,  le  corps  du  cardinal 
exposé  sur  un  lit  de  parade;  dans  le  lobe  supérieur,  les 
armoiries  du  prélat,  entourées  du  collier  de  l'ordre  de 
Léopold  de  Belgique;  dans  le  lobe  à  droite,  au-dessous 
de  l'oreiller,  f.  baetes. 

En  deux  lignes  circulaires,  la  légende  suivante  : 

^  GEB0REN  TE  OPHEM  2  NOV  g  I792  >$<  PRIESTER  GE- 
WIJD   i8t5  ^  PASTOR   TE  BOUCHOUT  182I   ^  PASTOR-DEKEN 

VAN  0.   L.  V.   KERK  TE  ANTWERPEN   1824.  AARTSBISSCHOP 

GEWIJD    l832  >$<   KARDINAAL   BENOEMD    l838  >$«    OVERLEDEN 
TE  MECHELEN  4  DECEMBER   1867. 

Bronze.  PI.  XXV,  n''  45. 

Âv.  EMIN.  DNUS.  ENGELBERTUS  STERCKX. 
ARCHIEP.  MECHL.  PRIMAS  BELGII.  La  tète  du 
cardinal  à  droite,  sous  la  tête,  une  croix  tréflée  et  ch. 

WIENER  d'après  J.   P.  GROOLAERS. 

Rv.  Deux  branches  de  laurier  surmontées  des  armes 
du  prélat,  avec  sa  devise  pax  vobis;  plus  bas,  dans  le 
champ,  en  neuf  lignes  :  MEMORLE  EMINENT. 
DNI.  ENGELBERTI  CARDINALIS  STERCKX 
ARCHIEP.    MECHLIN.    BELGII    PRIMATIS    de 

ECCLJîSIA     ET     REPUBLICA     MERITISSIMI     OB     PIETATEM     ET 

doctrinam  a  GREGORIO  PAPA  XVI  purpura  exor- 

NATI.  OBIIT  PRID.   NONAS  DECEMB.   MDCCCLXVII. 

Bronze.  PI.  XXVI,  n"  46. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  ^       223 

Les  légendes  des  deux  médailles  qui  précèdent  indi- 
quent clairement  à  quelle  occasion  elles  ont  été  frappées. 

Il  existe  encore  une  médaille  uniface,  en  argent,  de 
Mgr  Sterckx. 

Victor-Auguste-Isidore  Dechamps 

naquit  à  Melle,  dans  la  Flandre  Orientale,  en  1811. 
Après  avoir  brillamment  terminé  ses  études  à  Louvain, 
il  entra  dans  la  Congrégation  des  Rédemptoristes.  Ses 
grandes  aptitudes  le  mirent  en  évidence,  et  en  i865,  il 
fut  appelé  au  siège  épiscopal  de  Namur.  A  la  mort  du 
cardinal  Sterckx,  il  succéda  au  siège  épiscopal  de 
Malines  et  fut  installé  le  28  janvier  1868. 

Les  sermons,  conférences  et  éloges  funèbres  de  ce 
savant  ont  été  réunis  en  un  volume;  on  y  trouve  l'orai- 
son funèbre  de  notre  première  reine  et  celle  de  S.  E.  le 
cardinal  Sterckx. 

Il  a  été  frappé  une  médaille  en  l'honneur  de  ce  prélat. 

Av.  VICTOR  AUGUST.  ISIDOR.  DECHAMPS. 
CONGR.  S.  S.  REDEM.  ARCHIEP.  MECHLIN. 
PRIMAS  BELGII.  Le  buste  de  l'archevêque  à  gauche; 
au-dessous,  ch.  wiener  et  une  croix  tréflée. 

Rv.  BExNEDICTUS  QUI  VENIT  IN  NOMINE 
DOMINI.  Dans  le  champ,  les  armes  du  prélat  avec  la 
devise  pervia  cœli  porta  mane;  sur  une  banderole,  plus 
bas,  deux  branches  de  chêne  et  la  légende  mdccclxviii 

V.  KALEND.  FEBRUARIAS  ILLUSTR.  IN  CHRISTO  PATER  VIC- 
TOR AUGUSTUS  ISIDORUS  DECHAMPS  AR- 
CHIEPISCOPUS  MECHLINIAM  solemniter  intro- 

DUCITUR    OVANTIBUS    CLERO    CUM    f>OPULO. 

Bronze.  PL  XXVII,  n^  47. 


224  NUMISMATIQUE    MALINOISE 


Lambert  Goossens 

naquit  à  Perck,  dans  la  province  de  Brabant,  le  i8  juil- 
let 1827;  il  fut  élevé  à  la  dignité  d'archevêque  à  Malines, 
le  24  mars  1884,  et  devint,  cinq  ans  plus  tard,  soit  le 
24  mai  i88g,  cardinal-primat  de  Belgique. 

PETR.     LAMB.     CARDINALIS     GOOSSENS    ARCHIEP.     MECHL. 

PRIMAS  BELGii  MDCCCLxxxix.  Lc  bustc  du  Cardinal  à 
droite,  ayant  devant  lui  vSes  armes  avec  la  devise  :  omnia 

ET    IN    OMNIBUS    CHRISTUS. 

Médaillon    uniface,    en    bronze,    par    noppe,    d'après 
J.  Willems;  au  bas,  v.  van  deurex-fris,  mecul. 

Bronze.  Diamètre,  14  centimètres. 

La  dimension  de  cette  plaque  n'a  pas  permis  la  repro- 
duction dans  notre  volume. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  225 


flDébaillcs  commémorativce 


Av.  PRISE  DU  PONT  DE  WALHEM.  Le  pont 
à  gauche  est  occupé  par  les  soldats  poursuivant,  la 
baïonnette  au  canon,  les  hollandais  en  déroute;  ils  sont 
précédés  du  porte-étendard,  qui  plante  son  drapeau  au 
milieu  du  pont.  A  droite,  et  plus  bas,  est  assis  Neptune, 
Dieu  de  la  mer,  tenant  le  bras  droit  sur  un  vase  d'où 
émerge  l'eau  qui  s'écoule  dans  la  Nèthe. 

Rv.  HONNEUR  au  COURAGE  —  général  MEL- 
LINET  —  LES  chasseurs  chasteler  —  LE  BOEUF 
—  PORTE  DRAPEAU. 

Bronze.  PI.  XXVIII,  n^  48. 

Av.  MELLINET.  Son  buste,  à  gauche,  gravé  par 
VEYRAT,  1845. 

Rv.  Dans  une  couronne,  formée  d'une  branche  de 
chêne  et  d'une  branche  de  laurier  reliées  par  un  ruban, 
l'inscription   suivante    :    Bruxelles   walhem    cumptich 

BERCHEM.    NÉ   A   CORBEIL   EN    I768.    l830. 

Bronze.  PI.  XXVIII,  n^  49. 

Cette  médaille  a  été  frappée  en  l'honneur  du  général 
français  Mellinet,  pour  sa  conduite  courageuse  en  pour- 
suivant les  hollandais  ennemis  jusque  dans  leur  dernier 
retranchement  à  Anvers.  Waelhem  est  une  commune 
limitrophe  de  Malines.     - 

Chemins  de  fer 

Av.  LEOPOLD  PREMIER  ROI  DES  BELGES. 
Le  buste  du  roi  à  gauche;,  il  porte  l'uniforme  paré  du 
grand  cordon  de  l'ordre  de  Léopold  et  d'autres  décora- 
tions; au-dessous,  le  nom  du  graveur  braemt. 


226  NUMISMATIQUE    MALINOISE 


Rv.  Le  Commerce,  personnifié  sous  la  figure  d'une 
d'une  femme  assise,  tenant  de  la  main  droite  une  carte 
déroulée  qui  renseigne  les  noms  des  villes  :  Malines, 
Liège,  Cologne,  Anvers,  Gand,  Bruges  et  Bruxelles;  au 
bas  de  la  carte,  iiainaut;  sur  le  devant,  la  colonne  du 
point  central  établie  sur  le  territoire  de  Malines;  la 
figure  tient  de  la  main  gauche  une  corne  d'abondance 
avec  fruits  ;  plus  bas  se  trouve  un  bouclier  avec  le  lion 
belge  ;  à  l'arrière-plan  est  posée  sur  des  rails,  une  grande 
locomotive;  à  l'exergue  :  système  de  chemin  de  fer  — 

LOI    DU    l"'   MAI    1834.    INAUGURATION   5   MAI    l835. 

Médaille  gravée  par  Braemt,  à  l'occasion  du  décret 
pour  la  construction  du  premier  chemin  de  fer  en  Bel- 
gique et  allant  de  Bruxelles  à  Malines. 

Argent.  PI.  XXIX,  n^  5o. 

Il  existe  des  exemplaires  en  bronze  de  cette  médaille. 

Av.  Les  effigies  du  roi  et  de  la  reine,  entourées  de 
l'inscription  LEOPOLD  PREMIER  LOUISE  D'OR- 
LÉANS; au-dessous,  le  nom  du  graveur  borrel. 

Rv.  Une  locomotive,  suivie  d'une  diligence  dans  la- 
quelle se  trouvent  des  voyageurs;  à  l'exergue  :  ouver- 
ture DU  CHEMIN  DE  FER  DE  BRUXELLES  A  MALINES 
5  MAI    l835. 

Médaille  commémorative  de  cette  solennité. 
Bronze.  Pi.  XXIX,  n^  5î. 

Av.  Le  buste  du  roi,  revêtu  du  grand  uniforme  et 
portant  sur  la  poitrine  le  grand  cordon  de  l'ordre 
de  Léopold.  LEOPOLD  PRExMIER  ROI  DES 
BELGES. 

Rv.  Il  est  identique  à  celui  du  n°  5i. 

Bronze.  PI.  XXIX,  n°  52. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  227 


Procès -vei  bal 

de  la  Cérémonie  qui  a  en  lieu  à  l'occasion  de  rinaugitration 
du  chemin  de  fer,  décrété  le  i"  mai  1884. 


Le  cinquième  jour  du  mois  de  mai  1835,  4"'*^  année  du  règne  de 
Léopold  I^"",  Roi  des  Belges,  le  Chevalier  Barthélemi  De  Theux  de 
Meylandt,  Ministre  de  l'Intérieur  du  Royaume  de  Belgique,  accom- 
pagné de  MM.  De  Meulenaere,  Ministre  des  affaires  étrangères  et 
de  la  marine,  Ernst,  Ministre  de  la  justice.  Baron  d'Huard,  Ministre 
des  finances,  Baron  Evain,  Ministre  de  la  guerre,  et  le  Comte  Félix 
de  Merode,  Ministre  d'Etat,  s'est  rendu  à  onze  heures  et  demie  à 
l'endroit  où  commence  le  chemin  de  fer  de  Bruxelles  à  Malines,  près 
de  l'Allée  verte,  où  une  tente  pavoisée  aux  couleurs  nationales  a  été 
érigée  pour  recevoir  les  personnes  invitées  à  la  solennité. 

A  midi,  des  salves  d'artillerie  ont  annoncé  le  départ  du  cortège, 
qui  se  composait  : 

1°  De  sept  voitures,  remorquées  par  la  locomotive  «  La  Flèche  », 
dans  lesquelles  étaient  placés  les  Présidents  des  chambres  de  com- 
merce, les  chefs  des  corps  militaires,  ceux  du  corps  des  Ingénieurs 
des  Ponts-et-Chaussées  tt  des  Mines,  l'Etat-major  général  de  la 
garde  civique,  de  l'armée  et  de  la  place  de  Bruxelles,  les  chefs 
d'Administration  générale,  les  présidents  des  Cours  de  Cassation, 
des  Comptes,  d'Appel  et  de  la  haute  Cour  militaire,  les  secrétaires 
généraux  des  Ministères,  précédés  de  la  musique  des  Guides; 

2°  De  sept  voitures,  remorquées  par  la  machine  locomotive  «  Le 
Stephenson  »,  dans  lesquelles  étaient  placés  les  Ministres  du  Royaume, 
le  corps  diplomatique,  les  présidents  du  Sénat  et  de  la  Chambre  des 
Représentants,  les  Sénateurs  et  Représentants,  le  Général  en  chef  de 
la  garde  civique,  le  Major  général  de  l'armée,  précédées  d'un  wagon 
orné,  contenant  la  musique  de  la  Société  de  la  Grande  Harmonie  de 
Bruxelles; 

3"  De  seize  voitures,  remorquées  par  la  machine  locomotive 
«  l'Eléphant  »,  dans  lesquelles  se  trouvaient  des  fonctionnaires  civils 
et  militaires,  des  ecclésiastiques,  des  artistes  distingués  du  Royaume, 
des  membres  des  diverses  commissions  provinciales,  des  industriels, 
des  professeurs,  des  employés  des  diverses  administrations,  des  gardes 
iviques,  des  blessés  de  septembre   1830,  des   militaires  des  divers 


228  NUMISMATIQUE    MALINOISE 


corps  de  l'armée  et  un  grand  nombre  de  dames  invitées  à  faire  partie 
du  cortège,  précédées  de  la  musique  du  2'"'  régiment  d'infanterie  de 
Ligne;  parmi  ces  voitures,  neuf  d'entr'elles  étaient  décorées  de 
bannières  aux  armes  des  provinces. 

Le  cortège  a  suivi  le  cliemin  en  fer  construit  entre  Bruxelles  et 
Malines,  le  long  duquel  étaient  placés  des  poteaux  ornés  de  drapeaux 
aux  couleurs  nationales  et  d'une  nombreuse  population  accourue 
pour  jouir  du  coup  d'œil  imposant  qu'offrait  cette  solennité. 

Arrivé  à  l'entrée  de  la  ville  de  Malines,  à  l'endroit  où  le  chemin 
doit  traverser  le  canal,  les  voitures  se  sont  arrêtées  et  M.  Ch.  Rogier, 
gouverneur  de  la  province  d'Anvers,  a  reçu  le  cort>ge  à  la  descente 
des  voitures,  l'a  conduit  au  point  central  des  chemins  de  fer  décrétés 
par  la  loi  du  i"  mai  1834,  où  une  tente  était  établie.  Immédiatement 
après  l'arrivée  du  cortège,  qui  s'est  faite  au  bruit  de  l'artillerie  et  aux 
sons  des  musiques  militaires,  le  Ministre  de  l'Intérieur  a  prononcé  le 
discours  suivant  : 

«  Messieurs, 

»  La  présence  d'une  assemblée  si  distinguée  et  si  nombreuse,  assis- 
tant à  la  cérémonie  à  laquelle  le  Roi  m'a  chargé  de  procéder,  est  un 
témoignage  solennel  de  l'importance  que  la  Belgique  et  les  nations 
amies  attachent  à  l'établissement  du  système  de  chemins  de  fer 
décrété  par  la  loi. 

»  Cette  vaste  entreprise,  commencée  dans  la  quatrième  année  de 
notre  régénération  politique,  attestera  à  jamais  ce  qu'on  doit  atten- 
dre d'un  peuple,  ami  de  l'ordre  et  de  la  liberté,  qui,  nonobstant  les 
crises  prolongées  dont  l'établissement  de  son  indépendance  fut  accom- 
pagnée, a  continué  de  se  livrer  avec  la  même  application  à  l'agricul- 
ture, à  l'industrie,  au  commerce,  qui  font  la  splendeur  et  la  force  des 
nations  civilisées  ;  elle  n'atteste  pas  moins  la  sollicitude  du  gouver- 
nement qui,  dès  les  premiers  jours  de  son  existence,  en  a  conçu 
la  pensée. 

»  Je  n'entreprendrai  pas  de  retracer  ici  tous  les  avantages  des 
rhemins  de  fer,  ils  se  résument  en  deux  points  principaux  :  économie 
de  temps,  économie  d'argent;  en  facilitant  d'une  manière  prodigieuse 
les  rapports  des  hommes  entr'eux  et  les  relations  du  commerce,  ils 
augmentent  les  moyens  de  civilisation  et  les  sources  de  prospérité  et 
d'agréments. 

»  Déjà  nous  pouvons  envisager  dans  un  avenir  peu  éloigné,  la 
liaison  de  nos  chemins  de  fer  avec  ceux  projetés  en  Allemagne  et  en 
France.  C'est  alors  surtout  que  k  Belgique  se  trouvant  en  position 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  229 


de  favoriser  les  rapports  commerciaux  entre  plusieurs  peuples,  en 
recueillera  elle-même  d'immenses  avantages  et  acquérera  de  nou- 
veaux titres  à  leur  sympathie. 

»  Le  commerce  et  l'industrie,  ébranlés  par  les  commotions  poli- 
tiques, ont  déjà  repris  leur  essor,  le  passé  n'inspire  plus  de  regrets, 
l'avenir  se  présente  sous  les  auspices  les  plus  heureux,  nos  chemins 
de  fer  leur  assurent  une  prospérité  toujours  croissante.  L'agriculture, 
dont  les  intérêts  s'unissent  aux  vrais  intérêts  industriels  et  commer- 
ciaux, en  recueillera  aussi  sa  part  d'avantages. 

»  Que  la  colonne  que  nous  allons  poser  en  commémoration  de 
l'ouverture  du  chemin  de  fer  soit  en  même  temps  le  symbole  d'une 
union  morale  toujours  croissante  entre  tous  les  Belges! 

))  Vive  le  Roi  !  » 

Ce  discours  a  été  accueilli  par  les  acclamations  de  l'assemblée. 

Le  Ministre  de  l'Intérieur  a  ensuite  procédé  à  la  pose  de  la  pre- 
mière pierre  de  la  colonne  inaugurale,  dans  l'intérieur  de  laquelle  se 
trouvent  scellés  :  i°  une  médaille  en  argent  à  l'effigie  de  Sa  Majesté 
Léopold  P'',  et  portant  au  revers  l'inscription  suivante  : 

LE    5    MAI    1835 
LA   4"^'-^    ANNÉE    DU    RKGNE    DE 

LÉOPOLD  I",  ROI  DES  BELGES 

LE  CHEVALIER  DE  THEUX  DE  MEYLANDT 

MINISTRE  DE  L'INTÉRIEUR 

A   POSÉ   LA   PREMIÈRE   PIERRE  DE   LA   COLONNE   INAUGURALE 

DES  CHEMINS  DE  FER 

décrétés' PAR    LA    LOI   DU    I"''   MAI    1834. 
P.    SIMONS,    C.    DE   RIDDER, 

INGÉNIEURS. 

PI.  XXX,  no  53. 

2°  Des  pièces  de  monnaie  en  or,  argent  et  cuivre,  frappées  pendant 
le  règne  de  Léopold  L''  et  au  millésime  de  1835;  3"  enfin,  une  copie 
du  présent  procès-verbal,  gravée  sur  métal. 

La  cérémonie  étant  terminée,  le  vin  d'honneur  a  été  présenté  par 
les  Ingénieurs  directeurs  des  travaux,  au  Ministre  de  l'Intérieur,  qui 
l'a  offert  aux  principaux  fonctionnaires  invités. 

Des  salves  d'artillerie  et  des  airs  nationaux  ont  annoncé  le  moment 


230  NUMISMATIQUE    MALINOISE 

du  retour  du  cortège  à  Bruxelles,  qui  a  eu  lieu  dans  le  même  ordre 
que  le  départ,  mais  dont  les  trente -voitures  qui  le  composaient  ont 
été  remorquées  par  la  machine  locomotive  «  l'Eléphant  ». 

Le  présent  procès-verbal  fait  les  jours  mois  et  an  que  dessus  a 
été  signé  par  le  Ministre  de  l'Intérieur  et  les  autres  Ministres  du 
Royaume. 

Sif^nè  : 

De  Theux,  Ministre  de  l'Intérieur; 

De  Meulenaere,  Ministre  des  Affaires  étrangères  et  de  la  Marine  ; 

Ernst,  Ministre  de  la  Justice; 

D'Huart,    Ministre    des    Finances; 

Evain,  Ministre  de  la  Guerre; 

Comte  FéHx  de  Merode,  Ministre  d'Etat. 

Un  incendie  ayant  éclaté  dans  la  cabine  d'un  garde- 
excentrique,  l'élément  destructeur,  en  se  propageant,  a 
détérioré  la  colonne  commémorative  du  chemin  de  fer 
qui  se  trouvait  dans  le  voisinage  ;  une  grande  partie  a 
dû  être  remplacée  et  on  a  profité  de  cet  accident  pour 
déplacer  de  quelques  mètres  ce  monument,  qui  était 
devenu  encombrant  par  suite  de  la  grande  extension  qu'a 
prise  notre  railway  dans  ces  dernières  années. 

Au  remontage  de  la  colonne,  on  a  replacé  la  médaille 
et  les  pièces  de  monnaies  en  or,  argent  et  cuivre  men- 
tionnées au  procès-verbal  précité.  Les  sieurs  De  Paepe 
et  Vercaramen,  fonctionnaires  du  Service  des  Voies  et 
Travaux,  ont  procédé  au  scellement  du  petit  trésor,  en 
1898. 

Av.  ROUTE  DU  PROGRÈS.  Un  char  antique  aî'lé, 
portant  une  corne  d'abondance  remplie  de  fleurs  et  de 
fruits;  un  caducé  surmonte  la  corne;  sur  le  devant,  l'em- 
blème de  la  foudre;  derrière  le  char,   un  soleil  levant. 

A  l'exergue,  dans  une  couronne  ornée  de  deux  rubans, 
les  armes  de  la  ville  d'Anvers;  au  bas,  hart  fecit. 

Rv.  <%>  INAUGURATION  DU  CHEMIN  DE  FER 
'%>   RÉGENCE  d'anvers.   Daus  le  champ,   L'AGRICUL- 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  23l 

TURE,  L'INDUSTRIE  ET  LE  COMMERCE  VIVI- 
FIÉS.    III  MAI  MDCCCXXXVI. 

Médaille  commémorative  frappée  à  l'occasion  de 
l'inauguration  du  tronçon  de  chemin  de  fer  de  Malines 
à  Anvers. 

Argent.  PL  XXX,  n«  64. 

Av.  ^  AUSPICE  PATRI/E  ET  RELIGIONIS 
LIBERTATE.  Dans  le  champ,  une  croix  entouré  de 
rayons. 

A  l'exergue,  le  monogramme  de  la  vierge  SMAR; 
au  bas,  deux  petites  branches  d'olivier. 

Rv.  Deux  palmes  reliées  par  un  ruban  forment  une 
couronne;  dans    le    champ     :    Universitas    catholica 

BELGII  RECTOHE  P.  F.  X.  DE  RAM  AB  ARCHIEPISCOPO 
ENGELBERTO  DIE  IV  NOV.  MDCCCXXXIV  MECHLINIA  INAU- 
GURATA. 

Bronze.  PI.  XXXI,   n^  55. 

Médaille  frappée  à  l'occasion  de  l'installation  de 
l'Université  Catholique  à  Malines,  le  4  novembre  1834. 

Le  recteur  magnifique  était  M.  l'abbé  de  Ram,  qui  a 
prononcé  en  latin  le  discours  d'ouverture  à  l'église  de 
Saint-Rombaut. 

Av.  Sept  médaillons,  celui  du  centre  porte,  de  face, 
le  buste  du  Souverain-Pontife;  autour  :  gregorius  xvi, 
PONT.  MAX.  Les  autres  portent,  de  profil,  les  bustes  des 
archevêque  et  évêques  de  Belgique;  autour  de  chacun 
d'eux   on    lit    :    i*^    engelbertus    archiep.    mechl.;  2° 

CORNELIUS  EPISC.  LEOD.;  3°  JOAN.  ARN.  EPISC.  NAMURC.; 
4°  FRANCISCUS  EPISC,  ADM.   BRUG.;   5°   JOAN.   FRANC.   EPISC. 

gand;  6°  JOAN.  jos.  episc.  tornac.  Entre  les  médaillons 
du  tour  se  trouvent  les  écussons  de  chacun  des  évêques, 
ainsi  que  les  devises  suivantes,  écrites  sur  une  bande- 
role :  pour  Liège,  in  trinitate  fortitudo  ;  pour  Namur, 


232  NUMISMATIQUE    MALINOISE 


DEUS    MEUS    IN    TE    CONFIDO  ;  pOUT    BrUgeS,    SEQUERE  ME; 

pour  Gand,  auxilium  meum  a  domino;  pour  Tournai, 
DOMiNus    MiHi    ADjuTOR.   Au-dcssous    dcs   médaillons    : 

JOUVENEL. 

i?Z'.  SMAR.  CATHOLICA  LITT.  UNIVERSITAS  MECHLINLE 
EKECTA    DIE    IV    NOV.    MDCCCXXXIV    LOVANII    SOLEMNI    RITU 

coNSTiTUTA  DIE  I  DEC.  MDCCcxxxv.  Au  bas  de  la  médaille, 
entre  deux  branches  d'olivier,  un  médaillon  présentant 
le  buste  de  Mgr  de  Ram,  recteur  de  l'université.  Autour  : 

p.    F.    X.    DE   RAM.    KECT.    UNIV. 

Frappée   à  l'occasion   du  tranfert    de    l'université    de 
Malines  à  Louvain,  le   premier  décembre  i835. 
Bronze.  PI.  XXXI,  n°  56. 

Av.  Les  armoiries  de  six  évêques  de  Belgique,  disposées 
dans  six  lobes  renseignant  dans  leurs  arcs  les  noms  des 
titulaires  :  engelbert  sterckx,  avec  sa  devise  fax  vobis; 

NICOLAS  JOSEPH  DE  HESSELLE,  pro.  deo  ET  grege  ;  JEAN  BAP- 
TISTE MALOU,  IN  CRUCE  SALUs;  THEOD.  ALEXIS  JOS.  DE 
MONTPELLIER,     omnibus    omnia  ;     LOUIS    JOSEPH    DELEBECQUE, 

MONSTRA  TE  ESSE  MATREM  ;  GASPAR  JOSEPH  LABIS,  FORTUTE  ET  SUA- 
VITE. 

Dans  les  angles  rentrants,  la  première  lettre  des  noms 
des  villes  où  sont  établis  les  évêchés  :  Malines,  N^amur, 
Bruges,  Liège,  Gand  et  Tournai. 

Au  milieu  de  la  médaille,  dans  un  cercle  orné,  est 
placé  le  portrait  du  pape,  à  gauche,  gravé  par  léop. 
WIENER,  PIVS  c  LX  c  PONT  -  MAX  o 

Rv.  COR  ^  UNUM  ^  ET  *  ANIMA  •  UNA,  deux 
branches  ornées  de  fleurs  4e  lys.  Dans  le  champ,  socie- 
tas  catholicorum  primum  apud  belgas  mechliniae 
A  XVIII  AD  XXII  AUG.    mdccclxiii    cœtu    solemni  congre- 

GATA. 

Argent.  PI.  XXXII,  n"  Sy. 

Il  existe  un  exemplaire  en  bronze. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  233 

Av.   SA    SAINTETÉ    PIE   IX   SOUVERAIN-PONTIFE.   Le  bllStC, 

à  droite,  du  pape,  par  Stordeur  et  Dehaen. 

Rv.  Livre  ouvert,  renseignant  sur  deux  pages  les  noms 
des  membres  du  Comité  organisateur  du  Congrès  ;  il  est 
posé  sur  un  trophée  formé  des  instruments  de  la  passion 
et  d'ornements  religieux.  J^fjjfsk  SOUVENIR  DU  CONGRES 

CATHOLIQUE   DE    MALINES    MDCCCLXIII. 

Argent.  PI.  XXXIII,  n^  58. 

Même  exemplaire  en  bronze. 

Ces  deux  médailles  ont  été  frappées  pour  le  Congrès 
catholique  tenu  à  Malines,  du  i8  au  22  août  i863. 

Av.  MAISON  DARRÈT  CELLUL  :  A  MALINES. 
A  l'exergue  :  prosper  cornesse,  ministre  de  la  jus- 
tice   V.    berden.    administ.    des    prisons    a.    marcq 

INSPECT.  DES   CONSTRUCT.  D.  DEKEYSER.  ARCHIT  c.  jeiiottef. 

Au  milieu,   la  prison  cellulaire. 

Rv.  Dans  le  champ,  le  plan  de  la  prison  ;  en  haut,  en 
demi-cercle,  RÈGNE  DE  LÉOPOLD  II  ROI  DES 
BELGES;  en  bas,   1871-1874. 

Bronze.  PI.- XXXIV,  n°  5g. 

Av.  La  tour  de  Saint-Rombaut,  entourée  de  la  légende 
extérieure  :  fondée  au  x  siècle  achevée  1451.  la  tour 
commencée  1452  ÉLEVÉE  A  i35  mètrcs  i5i6. 

Légende  intérieure  :  ÉRIGÉE  EN  ÉGLISE  MÉTROPOLI- 
TAINE 1559  PAR  LE  PAPE  PAUL  IV.  VISITÉE  PAR  LOUIS  XV 
1746.  Au  bas  :  Sx  ROMBAUT  de  MALINES,  J.  et  L.  WIE- 
NER F. 

Rv.   L'intérieur  de  l'église  de  Saint-Rombaut. 

Argent.  PL  XXXIV,  11°  60. 

Il  a  été  frappé  un  exemplaire  en  bronze. 


234  NUMISMATIQUE    MALINOISE 


i£jipoc>itiont?,  3naiuiu rations,  Conorèô,  Concouvô 


Av.  Dans  un  cercle  perlé,  en  lettres  gravées  : 
Exposition    de     iiS4o.     La    société    reconnaissante    entiers 
M.  Jacques  Scheffermeyer ,  sculpteur. 

Rv.  Société  de  Matines  pour  le  soulagement  des  pauvres. 

Médaille  à  bélière. 

Bronze.  PL  XXXV,  n«  6i. 

Il  existe  un  exemplaire  de  cette  médaille,  au  nom  de 
J.-F.   Pluys,   l'artiste  peintre-verrier  bien  connu. 

Av.  ÉGLISE  St  rombaut.  Dans  le  champ,  la  tour  et 
l'église. 

Rv.  VILLE  DE  MALI  NES  EXPOSITION  l883  ECOLES 
CATHOLIQUES. 

Bronze.  PI.  XXXV,  n^  62. 

Le  même  exemplaire  existe  en  étain. 

Av.    LEOPOLD  PREMIER  ROI  DES  BELGES.    La   tête    lau- 

rée  à  gauche.  HART  FECIT. 

Rv.  INDUSTRIE  BELGE.  Un  génie  assis  tient  une  ruche 
sur  les  genoux;  à  l'exergue  :  EXPOSITION  MALINES  1849. 

Etain.  PI.  XXXV,  n^  63. 

Exposition  organisée  lors  de  l'inauguration  de  la  statue 
de  Marguerite  d'Autriche. 

Av.  3*t  INAUGURATION  DE  LA  STATUE  DE  MARGUERITE 
D'AUTRICHE  1849.  Une  branche  de  chêne  et  une  de 
laurier,  formant  couronne,  entourent  l'inscription  en  six 
lignes. 

Rv.  Les  armoiries  de  Malines. 

Argent.  PI.  XXXVI,  n°  64. 

Il  existe  des  exemplaires  en  bronze. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  235 

Av.    SOCIÉTÉ    ROYALE   D'HORTICULTURE    DE    MALINES. 
Le  buste,  à  gauche,  de  Dodoens. 
Même  revers  que  le  numéro  64. 
Argent.  PI.  XXXVI,  n«  65. 

Médaille  frappée  en  1849,  à  l'occasion  de  l'érection  en 
Société  Royale,  de  la  Société  d'horticulture. 

Elle  fut  fondée  en  1837,  P^^'  ^-t-  ^^  Cannart  d'Hamale, 
grand  amateur  de  fleurs,  au  Jardin  botanique  de  Pitzem- 
bourg;  la  présidence  lui  fut  offerte;  il  eut  vite  trans- 
formé ces  terrains  marécageux  en  un  splendide  jardin. 
Les  6,  7  et  8  juillet  1862,  la  société  fêta  son  25'  anniver- 
saire, par  l'organisation  d'une  exposition  horticole  mer- 
veilleuse, A  cette  occasion,  la  statue  de  Dodoens,  par 
Joseph  Tuerlinckx,  fut  inaugurée  dans  le  jardin.  Les 
membres  offrirent  au  président  un  vase  artistique,  et  au 
vice-président,  M.  Reyntjens,  une  médaille  commémo- 
rative. 

# 
Av.   VILLE  DE  MALINES  FESTIVAL    i852.    Inscription 

dans  un  cercle  constellé  d'étoiles. 

Rv.  Le  même  que  le  n^  64. 

Bronze.  PI.  XXXVI,  n"  66. 

Av.  JAARMERK  VAN  VEE  1877,  dans  une  couronne 
de  laurier  et  de  chêne. 

Rv.  Le  même  que  le  n^^  64. 

Bronze.  PL  XXXVI,  n«  67. 

Médaille  commémorative  pour  la  foire  au  bétail. 

Av.  cg)  CLUB  DES  GYMNASTES  MALINOIS.  Dans  le 
champ,  FÊTE  DE  MALINES  7  JUILLET  1878,  inscrit  dans 
un  cercle  perlé. 

Rv.  Les  armoiries  de  la  ville,  avec  la  banderole  por- 
tant la  devise  ln  fide  constans. 


236  NUMISMATIQUE    MALINOISE 


Médaille  décernée  aux  sociétés  (jui  ont  prêté  leur  con- 
cours à  cette  fête  de  gymnastique. 

Bronze.  PI.  XXXVII,  n°  68. 

Av.  Dans  le  champ,  sur  un  cartouche,  CLUB  DES  GYM- 
NASTES MALINOIS,  FETE  DU  25  JUILLET  i886.  Le  cartou- 
che est  placé  sur  un  trophée  formé  d'armes  et  d'instru- 
ments de  gymnastique. 

Rv.  Le  même  que  le  n^  68. 

Il  n'a  été  frappé  que  six  exemplaires  de  cette  médaille 
à  bélière. 

Bronze.  PI.  XXXVII,  n«  69. 

Il  existe  une  médaille  en  métal  blanc  qui  a  le  même 
avers  que  le  n°  6g,  avec  cette,  inscription  en  lettres  gra- 
vées :  XINOORDER  GOUWFEEST  MECHELEN  16  JUNI  iSqS. 
MECHELSCHE   TURNERS  3o  JAAR  BESTAAN  DE  HOOP.    Le 

revers  donne  les  armoiries  du  royaume. 

Av.  CLUB  DES  GYMNASTES  MALINOIS.  Dans  le  champ, 
une'  couronne  de  laurier  renfermant  l'inscription  :  fête 
DE  MALINES;  au  bas,  frappé  au  burin,  le  millésime  i885. 

Rv.  Les  armoiries  de  la  ville. 

Médaille  en  bronze. 

Av.  XVIIDE  NEDERLANDSCH  TAAL  EN  LETTERKUNDIG 
CONGRES  MECHELEN.  En  demi-cercle,  vers  le  bas  :  24, 
25,    26,    27   AUGUSTY    187g. 

Rv.  Le  même  revers  que  le  n°  68. 

Médaille  commémorative  du  XVII""  congrès  flamand, 
tenu  à  Malines  les  24,  25,  26  et  27  août  187g;  il  avait 
comme  haut  protecteur.  Sa  Majesté  Léopold  II,  notre  roi. 

Les  membres  d'honneur  étaient  :  Ph.  Verhaghen, 
bourgmestre  de  la  ville,  président  d'honneur;  Fr.  de 
Cannait   d'Hamale,    sénateur;    Eugène   de    Kerckhove, 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  287 

représentant;  J.  Andries,  F.  Dejode,  L.  Pouppez  de 
Kettenis  et  Ernest  \^ermeulen,  échevins. 

A  l'occasion  de  ce  congrès,  un  cortège  aux  lumières, 
remarquable,  a  été  organisé  en  l'honneur  des  hôtes 
étrangers. 

Bronze.  PI.  XXXVII,  n^  70. 

Av.  Dans  le  champ  :  PREMIER  CONGRÈS  MUSICAL  A 
MALINES  ORGANISÉ  PAR  LA  SOCIÉTÉ  ROYALE  RÉUNION 
LYRIQUE;  le  tout  dans  un  cercle  perlé,  entouré  de  l'in- 
scription :  cip  SOUS  LE  PATRONAGE  DE  SA  MAJESTÉ  LÉO- 
POLD  II  €'  1881. 

Rv.  I.e  même  que  le  n^'  68. 

Ce  congrès  eut  lieu  le  12  septembre  1881. 

PI.  XXXVII,  n.  71. 

Av.  Dans  un  cercle  entouré  d'une  couronne  de  feuilles 
de  chêne,  CLUB  DES  GYMNASTES  MALINOIS  25e  ANNIVER- 
SAIRE 3  AOUT  1865-1890. 

Rv.  Les  armoiries  de  la  ville,  dans  un  cercle  en  forme 
de  corde,  entouré  d'étoiles. 

Bronze.  PL  XXXVIII,  n^  72. 

Le  club  des  gymnastes  malinois  a  été  fondée  en  i865. 

Av.  'O  TENTOONSTELLING  KATHOLIEKE  SCHOLEN  ^ 
MECHELEN,  dans  le  champ.  Dans  un  cercle  perlé  : 
FESTIVAL    16   SEPTEMBER    l883. 

Rv.   Le  même  que  celui  du  n°  72. 

Cuivre.  PL  XXXVIII,  n^  73. 

C^tte  médaille  à  bélière  a  été  distribuée  aux  sociétés 
de  musique  qui  ont  participé  à  la  festivité  musicale 
organisée  lors  de  l'exposition  en  faveur  des  cercles  catho- 
liques. 


238  NUMISMATlyUE    MALINOISE 

. ^ _ 

Av.  ^  VILLE  DE  MALINES  —  FESTIVAL,  inscrit  dans  un 
cercle  en  forme  de  corde,  entouré  d'étoiles  ;  au  bas,  un 
cartouche  destiné  à  recevoir  l'année  de  la  distribution. 

Rv.  Le  même  que  celui  du  n*^  72. 

Projet  de  médaille  à  bélière  à  distribuer  aux  sociétés 
participant  aux  fêtes  musicales  organisées  à  Malines. 

Bronze.  PI.  XXXVIII,  n^  74. 

Av.  Dans  un  cercle  perlé,  ville  de  malines  police, 
entouré  d'un  cercle  d'étoiles. 

Rv.  Le  même  que  celui   du   n°  72. 

Signe  distinctif  que  portaient  les  agents  de  police 
dans  l'exercice  de  leurs  fonctions. 

Bronze.  PL  XXXVIII,  n"  y5. 

Il  existe  une  variété  de  cette  médaille,  portant  à  l'avers 
les  armoiries  de  la  ville  et  au  revers,  en  lettres  gravées, 
Police  Judiciaire  de  la  ville  de  Malines.  Ces  insignes  ne 
sont  plus  utilisés. 

Av.  TÉMOIGNAGE  DE  SATISFACTION  DÉCERNÉ  PAR  LE 
CONSEIL  COMMUNAL  A  LA  SOCIÉTÉ  Rle  LA  RÉUNION 
LYRIQUE  I"  PRIX  DU  CONCOURS  INTERNATIONAL  DE 
BRUXELLES  1880.  Cette  inscription  se  trouve  dans  une 
couronne  de  feuilles  de  chêne. 

Rv.  Les  armoiries  de  la  ville. 

Or.  PI.  XXXIX,  no  76. 

Av.  MECHELSCHE  TENTOONSTELLING  VAN  TUIN  EN 
LANDBOUW  6  SEPTEMBER  1888.  Inscription  entourée 
d'une  couronne  de  feuilles  de  chêne. 

Même  revers  que  le  n^  76. 

Bronze.  PI.  XXXIX,  n^  yy. 

Av.  Dans  une  couronne  de  feuilles  de  chêne,  en  lettres 
gravées,  M.  D'Avoine  Méd.  Expos.   Univ.  d'Anvers  j86'S. 
Même  revers  que  le  n*^  76. 
Vermeil.  PI.  XXXIX,  n^  78. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  289 


M.  D'Avoine  était  grand  amateur  de  fleurs. 

Av.  Dans  une   même  couronne,  l'inscription  gravée  : 
Mcchelcn  OU  DE  EENDRACHT  Peekcnsschicting  1884. 
Rv.  Même  revers  que  le  n^  76. 
Argent.  PI.  XXXIX,  no  79. 

Cette  médaille  appartient  à  la  société  de  tir  à  la 
perche  :  Onde  Ecndracht,  qui  a  son  local  au  Pont  de  fer. 

Av.  Dans  le  champ,  l'inscription  suivante,  entourée 
d'un  cercle  :  gedenkenis  van  de  buildragers  -  car- 
naval 1892,  le  tout  dans  une  couronne  de  laurier,  for- 
mée de  deux  branches  reliées  par  un  ruban  ;  en  haut, 
entre  les  branches,  une  étoile. 

Rv.  Dans  un  cercle  orné,  les  armoiries  de  la  ville. 

Bronze.  PI.  XL,  n»  80. 

Médaille  à  bélière  décernée  par  une  société  de  bien- 
faisance, composée  de  bourgeois  de  la  localité;  ils 
avaient  pris  le  nom  de  «  Buildragers  »  (Portefaix)  ; 
le  siège  de  la  société  était  au  «  Café  de  Munich  »,  Bailles 
de  fer.  En  1892,  le  28  février,  cette  société  a  fait  paraitre 
le  premier  numéro  d'un  journal  humoristique,  sous  le 
titre  :  «  De  Buildrager  —  Serieus,  kurieus,  officieel 
kommercieel,  politiek  zonder  kritiek  en  letterkundig 
blad  voor  gansch  de  stad  ». 

Av.  Une  couronne  de  laurier,  formée  de  deux  branches 
reliées  par  un  ruban,  entoure  un  cercle  dans  lequel  se 
trouve  l'inscription  suivante  en  quatre  lignes  :  PLECHTIGE 
VLAGINZEGNING  i3  SEPTEMBER  1896;  entourée  de  la 
légende  :  VLAAMSCHE  BOND  van  mechelen  vliegt 
DE    BLAUWVOET  STORM  OP  ZEE!! 

Rv.  Le  même  que  le  11°  80. 

Médaille   commémorative    à   bélière,    distribuée   aux 


240  NUMISMATIQUE    MALINOISE 

différentes  sociétés  qui  ont  participé  à  l'inauguration  du 
drapeau  de  la  société  «  De  Vlaamsche  Bond  ». 

Métal  blanc.  PI.  XL,  n«  81. 

Av.  Dans  le  champ,  WERKMANSKRING  tentoon- 
STELLiNG  1891.  Le  tout  dans  un  cercle  perlé,  entouré 
d'une  couronne  de  laurier  et  d'un  deuxième  cercle  perlé. 

Rv.   Le  même  que  le  n»  80. 

Médaille  décernée  aux  participants  de  l'exposition 
industrielle  organisée  en  1891,  à  l'ancien  Pensionnat 
du  Bruel,  actuellement  occupé  par  l'Institut  des  PP. 
Blancs,  des  Missions  d'Afrique. 

Métal  blanc.  PI.  XL,  n^  82. 

Av.   A  LA  Société  L'AURORE  —  LAURÉATE  AU 
CONCOURS  de  Mons  i8g4  dans  une  couronne  de  laurier. 
Rv.   Les  armoiries  de   la  ville. 
Or.   •  PI.  XL,   n"  83. 

Témoignage  de  satisfaction  décerné  par  le  Conseil 
communal  de  Malines  à  la   société  chorale  l'Aurore. 

"Une  médaille  identique  a  été  donnée  à  la  société,  pour 
son  premier  prix  d'excellence  au  Concours  de  chant  à 
Anvers,  en  189g.  Notre  concitoyen  Cyrille  Verelst  dirige 
cette  phalange  musicale. 

Av.  INHULDIGING  van  den  STANDAARD  der  fanfaren  :  EER 

EN    TROUW.  MECHELEN.     l885. 

Médaille  à  bélière  uniface,  en  forme  de  losange,  sur- 
montée d'une  couronne. 

Cuivre.  PI.  XLI,  n^  84. 

Av.  AAN  ONZE  BROEDERS  DOOR  DE  SANSCULOTTEN 
DOODGESCHOTEN  OP  St  ROMBOUTS  KERKHOF  DEN  23  OC- 
TOBER  1798.  DE  MECHELSCHE  AFDEELING  VAN  HET  DA- 
VIDSFONDS  23  OCTOBER  i8q8. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  24I 


Rv.  WIJ   STREDEN  VOOR  ONS  VOLK  EN  VOOR   HETGENE 

ONS  HEILIG  WAS.  Dans  le  champ,  le  christ  en  croix,  qui 
a  été  élevé  au  cimetière  de  Saint- Rombaut,  le  23  octobre 
1898,  à  la  mémoire  des  fusillés  de  Malines. 

Bronze.  PI.  XLL  n°  85. 


3n6ionc6 


Crachat  de  vénérable  de  la  L  .".  (loge)  de  St-Jean. 
Sous  le  titre  dictinctit  de  la  Concorde  à  L'O  .'.  de 
Malines  58 10.  Pélican  nourrissant  ses  jeunes  au  pied 
d'une  croix  entourée  de  rayons  lumineux;  au  centre,  une 
fleur  entourée  de  strass.  Insigne  maçonnique  à  bélière, 
en  vermeil,  orné  de  strass  blancs  et  verts. 

PL  XLII,  no  86. 

Av.  Médaille  ayant  la  forme  d'un  écusson  retenu  par 
deux  anneaux  attachés  à  un  ruban,  le  tout  surmonté 
d'une  couronne  comtale  avec  bélière. 

Dans  le  champ,  une  palme  surmontée  d'une  bande- 
role avec  cette  inscription  :  GEMEENTERAADSLID  m^'<  ; 
puis  le  nom  du  titulaire  en  lettres  gravées. 

Rv.  Même  forme  que  l'avers,  mais  on  y  trouve  en 
relief  les  armoiries  de  la  ville. 

Or.  PI.  XLII,  no  87. 

Nous  avons  renseigné  sur  notre  insigne  le  nom  de 
M.  Henri  Opdebeeck,  parce  que  c'est  lui  qui  a  proposé 
au  conseil  communal  le  port  de  cet  insigne. 

Il  existe  des  exemplaires  en  vermeil. 


242  NUMISMATIQUE    MALINOISR 

Av.  A  25'  ANN"-  DE  L'ENTRÉE  DE  M^  A.  VERHAGHEN 
AU  CONSEIL   COMMUNAL   cg)    58-83   DE  MALINES  —   ^  — 

CONSEILLIiR      COMMUNAL      EN      l858      l'CCIIEVIX     EX      186I      nOURGMESTRK      EX 
1864. 

Rv.  Les  armoiries  de  la  ville. 

Argent.  PL  XLIII,  n^  88. 

Il  existe  un  exemplaire  en  bronze  de  cette  médaille 
avec  une  bélière. 

Av.  VILLE  DE  MALINES  —  POLICE  —  Inspecteur. 
Rv.  L'écusson  de  Malines,  surmonté  du  casque,  dans 
une  couronne  de  feuilles  de  chêne  et  de  laurier. 

Métal  blanc.  •  PI.  XLIII,  n°  89. 

La  même  avec  l'inscription  en  flamand  :  STAD  meche- 

LEN  -  POLITIE  -  74. 

Bronze.  PI.  XLIII,  n^  90. 

Insignes  portés  actuellement  par  les  agents  de  police, 
dans  l'exercice  de  leurs  fonctions. 

Il  existe  un  exemplaire  en  argent  pour  le  commissaire 
de"  police. 

Av.  RÉPUBLIQUE  FRANÇAISE.  Une  femme  représen- 
tant la  république,  debout  sur  un  socle,  qui  porte  les 
emblèmes  de  la  justice;  au  bas  maurisset. 

Rv.  ACTION  DE  LA  LOI  -  TRIBUNAL  DE  PREMIÈRE 
INSTANCE.  Inscription  dans  Urne  couronne  de  chêne  et 
de  laurier. 

Bronze  doré.  PI.  XLIV,  n"  91. 

Insigne  d'un  fonctionnaire  du  palais  de  justice."*^ 

Av.  TRIBUNAL  DE  PREMIÈRE  INSTANCE.  Dans  le 
champ,  dans  une  couronne  de  chêne  et  de  laurier  : 
ACTION  DE  LA  LOI. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  2/^5 


Rv.  Dans  une  couronne,  en  lettres  gravées  :  J.  J.  ver- 
CAMxMEN  HUISSIER  A  MALINES.  Au-dessous,  le  nom  du 
graveur  macrisset. 

Bronze.  PI.  XLIV,  n^  92. 

Av.  RESPECT    A    LA    LOI. 

Rv.    COMM"    du    DIRECTOIRE    EXECUTIF. 

Ces  deux  inscriptions  se  trouvent  dans  une  couronne 
de  laurier  ovale,  celle-ci  est  entouré  d'une  autre  couronne 
à  jour,  formée  de  feuilles  de  chêne,  le  tout  dans  un  cercle 
perlé. 

Médaille  ovale  en  bronze  doré,  à  jour  et  à  bélière;  elle 
était  portée  par  le  Commissaire  du  directoire  exécutif  de 
Malines,  sous  la  république  française. 

PL  XLIV,  ir^  93. 

Av.  En  lettres  gravées  :  loi  du  dix  septembre;  au 
bas,  deux  branches. 

Rv.  Etoile  gravée  :  Inspdciir  du  Poisson.  Deux  branches. 
Médaille  ovale  à  bélière,  ornée. 

Cuivre  doré.  PI.  XLV,  n^  94. 

Le  18  septembre  i858,  le  conseil  communal  de  notre 
ville  créa  un  nouveau  règlement  sur  les  droits  de  place 
et  les  droits  de  pesage,  mesurage  et  jaugeage,  qui  fut 
mis  en  vigueur  le  i"' janvier  1859. 

Ce  règlement  déterminait  les  taxes  à  payer  le  jour  du 
grand  marché,  soit  le  samedi,  pour  toutes  les  marchan- 
dises qui  étaient  présentées  en  vente. 

Ce  marché,  tenu  à  la  grand'  place,  comprenait  en 
outre  le  miarché  aux  grains,  le  marché  aux  lins,  chanvres 
et  étoupes,  le  marché  aux  toiles,  le  marché  au  beurre  et 
le  marché  au  bétail.  Des  droits  de  place  étaient  égale- 
ment exigés  pour  dépôt  sur  les  quais  et  autres  emplace- . 
ments,  ils  étaient  perçus  au  profit  de  la  ville,  soit  par 


244  NUMISMATIQUE    MALINOISE 

les  personnes  préposées  directement  à  cet  effet,  soit  par 
les  adjudicataires  de  la  ferme  des  droits  ou  par  leurs 
préposés,  agréés  par  le  Conseil  des  Bourgmestre  et 
échevins.  De  nos  jours,  ces  services  sont  assurés  par  les 
inspecteurs  et  agents  de  police. 

Les  jours  de  grand  marché,  tous  les  préposés  des  fer- 
miers devaient  porter  au  bras  gauche  une  plaque  en 
cuivre  estampé,  à  l'écusson  de  la  ville,  avec  cette  inscrip- 
tion    :     «     FERME     DES     DROITS     DE     TLACE    MALINES     »  ; 

chaque  plaque  renseignait  un  numéro  d'ordre  donné 
par  la  police;  le  fermier  lui-même  était  porteur  d'une 
plaque  indiquant  ses  fonctions. 

Notre  insigne  porte  le  numéro  35. 

Cuivre.  PI.  XLV,  n^  gS. 


Bca^énue  bee  Beaujc^Brts 

L*académie  fut  créée  le  22  mai  1771,  au  moyen  de  sous- 
criptions, par  les  notabilités  de  la  cité;  placé  immédia- 
tement sous  les  auspices  de  la  ville,  nos  édiles  firent  des 
dém.arches  auprès  de  Jacques  Herreyns,  pour  accepter 
la  direction,  ce  qu'il  fit  de  bon  cœur.  Cet  artiste  était 
professeur  à  l'Académie  d'x\nvers  et  jouissait  déjà  d'une 
réputation  comme  peintre  d'histoire.  A  Malines,  on 
enseigna  le  dessin,  l'architecture,  la  perspective,  la 
peinture  et  la  sculpture;  au  bout  d'un  an,  l'académie 
comptait  près  de  deux  cents  élèves. 

Par  décret  du  23  décembre  1774,  le  grand  protecteur 
des  Arts,  Charles  de  Lorraine,  éleva  notre  institution 
au  rang  d'Académie  Royale  de  peinture  et  de  sculpture, 
A  cette  occasion71es  élèves  rivalisèrent  de  zèle  pour  la 
construction  des  chars  destinés  à  la  cavalcade,  qui  devait 
parcourir  les  rues  de  la  ville. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  246 

L'école  de  dessin  a  occupé  plusieurs  bâtiments.  Au 
début,  la  ville  donna  une  place  à  l'hôtel  de  ville;  en 
1775,  elle  s'établit  dans  une  chapelle  des  Jésuites;  en 
1808,  elle  déménagea  pour  l'ancien  palais;  le  8  novem- 
bre 1846,  on  l'établit  dans  les  locaux  des  halles,  avec  une 
sortie  dans  la  rue  des  Géants;  et  le  i3  juillet  1893,  elle 
alla  occuper  les  nouvelles  installations  du  pensionnat 
communal,  supprimé,  rue  Léopold. 

Actuellement,  les  cours  sont  suivis  par  plus  de  1200 
élèves.  Quatre  artistes-peintres  ont  occupé  la  place  de 
directeur  depuis  son  installation  :  ce  sont  Jacques  Her- 
reyns,  Victor  Vervloet,  Guillaume  Geets  et  Jean  Rosier. 

Il  a  toujours  été  d'usage  d'accorder  des  médailles,  à 
titre  de  récompense,  aux  élèves  couronnés  ;  nous  avons 
réuni  les  différents  spécimens  qui  ont  été  distribués 
depuis  la  fondation  de  cette  institution;  la  première 
distribution  eût  lieu  le  25  avril  1774. 

'  Av.   CAR    o    ALEX    o   LOTH    DUX    BELG    °    PRAEF  o  BustC    de 

Charles  de  Lorraine  à  droite,  portant  au  cou  la  croix  de 
l'ordre  teutonique. 

Rv.  Arbre  portant  quatre  couronnes  de  laurier;  au 
pied  se  trouve  l'écu  de  Malines,  accosté  de  deux  branches 
de  laurier;  à  l'entour  :  crescit  ad  coronas,  la  légende 
du  premier  sceau  de  l'académie. 

Médaille  octogone. 

Argent.  PI.  XLVI,  n^  96. 

Variété  de  la  médaille  précédente;  celle-ci  est  ronde 
et  le  buste  de  Charles  de  Lorraine  est  plus  petit. 
Argent.  PI.  XL VI,  n°  97. 

Av.     CAR  o  ALEX  o  LOTH  ET  BAR  o  DUX  ACAD  o    REG  ° 

MECHLi  g  pROT.  Le  bustc  du  protecteur. 
Rv.  ARTis  DELiNEAT  PREMiuM.   Au  bas,   dcux  petites 


246  NUMISMATIQUE    MALINOISE 

palmes  surmontées  de  l'écu  de  Malines;  dans  le  champ 
de  la  médaille,  trois  génies  symbolisant  la  sculpture,  la 
peinture  et  le  dessin  ;  à  droite,  à  l'avant-plan,  figure  un 
torse;  le  buste  auquel  travaille  le  génie,  à  droite,  repré- 
sente celui  de  Charles  de  Lorraine;  dans  le  fond,  une 
draperie. 

Médaille  à  bélière,  en  vermeil. 

PI.  XLVII,  n"g8. 

Av.    CAROL    o    ALEX    o    LOTH    o    ET    BAR  o   DUX  o    Lc    bustC 

de    Charles -Alexandre,    la    tête    à    droite,    gravé    par 

T.    V.    BERCKEL. 

Rv.     ARTIUM     LIBERALIUM     TUTELA    AC     PRAESIDIUM.     A 

l'exergue,  academiae  belgicae  t.  v.  b.  Dans  le  champ, 
quatre  génies  représentant  les  arts  plastiques,  le  torse 
de  la  médaille  précédente  est  remplacé  par  un  génie 
mesurant  le  chapiteau  d'une  colonne;  le  buste  de 
Charles-Alexandre,  auquel  travaille  le  génie,  est  plus 
achevé.  Cette  médaille  a  été  décernée  à  un  de  nos  con- 
citoyens, Godefroid  Beke,  le  16  février  1789,  qui  rem- 
porta à  notre  académie  le  premier  prix  de  dessin  d'après 
nature;  elle  est  munie  d'une  longue  chaîne  en  cuivre, 
formant  collier. 
Argent.  PI.  XLVIII,  n^  99. 

Av.  La  tête  de  Napoléon  à  droite. 

Rv.  A  l'exergue  :  l'an  iv  de  bonaparte  l'instruction  pub.  est 
ORGANISÉE.  Dans  le  champ,  une  figure  drapée,  étudie  dans 
un  livre,  qu'elle  tient  sur  les  genoux;  elle  est  assise  sur 
un  bloc  portant  l'inscription  :•  denon  direxit  andrieu  fecit. 
A  gauche,  une  palme  ;  au-dessus  une  étoile. 

Cette  médaille  à  bélière  a  été  décernée  à  titre  de 
récompense  par  notre  académie  de  dessin,  à  Jean  Van 
Hoey. 

Argent.  PI.  XLVI,  n''  100. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  247 

Av.     ARTIUM     ALTJMNOS     MECHLINIA    REMUNERANTE.     A° 

MDCccxix.   Inscription  gravée. 

Rv:  Dans  un  cercle  orné  d'étoiles,  en  lettres  gravées. 
Classe  d'après  nature.  Premier  Prix. 

Médaille  à  bélière  décernée  en  1819. 

Cuivre.  PI.  XLIX,  i\^  ici. 

Av.    WILH   S  NASS  î  BELG  g  REX.    LUXEMB  S    M   2    DUX  %    611 

lettres  gravées.  La  tête  de  Guillaume  de  Nassau,  roi 
des  Pays-Bas;  à  gauche  :  simonf. 

Rv.  BOUWKUNDE  BEGiNSELS.  EERSTE  Vati  wcge  de  Stad 
Mechelen  aan  j.  f.  pluys,  Kweekeling  der  Akademie  ;  au. 
bas,  MDcccxxix  en  lettres  gravées. 

Médaille  à  bélière. 

Bronze.  PI.   L,  n°  102. 

La  même  que  la  précédente,  sans  bélière,  mais  elle 
porte  :  teekenkunde  3'  klas.  eerste.  et  a  été  décernée 

à    J.    COSTERMANS. 

Bronze.  PI.  L,  n^  io3. 

Av.  SECOND  de  l'ArchiÉectiire  Régulière  mdcccxxxvh. 

Rv.    DE    LA    PART    DE    LA    VILLE    DE    MALIN  ES    A    F.    CLOT- 

TENS  Elève  de  l'Académie  de  Dessin,  8t  ;  médaille  à 
bélière,  gravée. 

Argent.  PI.   LI,  n°  104. 

Av.  PREMIER  Architecture  Classe  des  Ordres  Infé- 
rieurs   MDCCCXXXV. 

Rv.    DE    LA    PART   DE    LA   VILLE    DE    MALINES    A    F.    CLOT- 

TENS,  Elève  de  l'Académie  de  Dessin. 

Le  modèle  est  plus  petit  que  celui  de  la  pièce  précé- 
dente. Médaille  à  bélière,  avec  inscription  en  lettres 
gravées. 

Argent.  PL  LI,  n^  io5. 


248  NUMISMATIQUE    MAUNOISE 


Av.  Dans  le  champ,  un  laurier  auquel  sont  suspendues 
quatre  couronnes  pour  les  quatre  arts  plastiques  ;  au 
milieu  du  tronc  se  trouve  un  ruban  portant  l'inscription 
cREsciT  AD  cûRo.NAs;  au  plcd  dc  l'arbre,  les  attributs  de 
l'académie. 

Rv.  Dans  un  cercle  parsemé  d'étoiles,  les  armoiries  de 
Malines.  Le  nom  du  lauréat  était  gravé  sur  la  tranche 
de  la  pièce. 

Argent.  PI.  LI,  n^  106. 

Il  existe  des  exemplaires  en  bronze  et  en  étain. 

A  titre  d'encouragement,  on  distribuait  parfois  aux 
élèves  primés,  des  compas  ornés  avec  monture  en 
argent. 

Av.  Académie  de  Malines. 
Rv.  Perspective,  i""  E.  Tambuyser. 
Compas  en  argent  avec  pointes  en  acier;   la  vis  rete- 
nant les  deux  branches  du  compas  forme  une  fleur. 

PI.  LU,  no  107. 

•Av.   PRYSKAMP  1847  ARCH''  COMP'''  l'  J.  F.  CLOTTENS. 

Rv.  Académie  de  Malines. 

Compas  en  argent  avec  pointes  en  acier. 

PI.  LU,  no  108. 

Av.   LÉOPOLD  PREMIER  ROI  DES  BELGES.  Le  bustC  du 

roi  à  gauche,  revêtu  du  grand  uniforme,  braemt  f. 

Rv.  Dans  une  couronne  de  laurier  parsemée  de  fleurs, 
ACADÉMIE  DE  MALINES.  Classc  d'api'ès  natui'c,  dessin.  2"  P.  FES- 
TRAETS.  Concours  1859-1860. 

Médaille  à  bélière,  grand  module,  accordée  par  le 
gouvernement. 

Argent.  PI.  LUI,  n^  109. 

Il  existe  un  petit  modèle  en  argent  de  cette  médaille. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  249 

Av.  Tête  au  trait  2""'  Section  i"  LÉON  CLAES  iSSg-ôo. 
Rv.  ACADÉMIE  DE  MALiNES.  Le  tout  611  lettres  gravées. 
Médaille  à  bélière. 
Argent.  PL  LIV,  n«  iio. 

Av.  Dans  un  cercle  perlé,  i*"  )^nï  P.  Goyvaerts. 

Rv.     ACADÉMIE     MALINES     ORNEMENTS    AU     TRAIT     1867;     aU 

bas,  des  petites  branches,  le  tout  gravé  dans  un  enca- 
drement estampé. 

Médaille  à  bélière. 

Argent.  PI.  LIV,  n^  m. 

Av.  ACADÉMIE  DE  MALINES  l"*  PRIX  ORNEMENTS  OM- 
BRÉES II.  VAN  DER  AUWERA  CoucouTS  1867,  cu  lettres 
gravées. 

Rv.  Les  armoiries  de  la  ville  dans  un  cercle  en  forme 
de  corde  ^t  un  autre  cercle  enfermant  une  rangée  circu- 
laire d'étoiles. 

Médaille  à  bélière. 

Argent.  PI.  LIV,  11°  112. 

Av.     ACADEMIE  VAN  BEELDENDE  KUNSTEN.  DanS  UUC 

couronne   touffue   de    feuilles    de    chêne,    en    lettres   et 

chiffres    gravés     :     l8g5    Teekenint,    Vaste    Lkhamen    a    Ie   Prys 
M'<  Van  den  Bergii  CYRIEL. 

Rv.  Dans  un  cercle  ornementé,  les  armoiries  de  la 
ville. 

Médaille  à  bélière. 

Argent.  PI.  LV,  n^  ii3. 

Av.  Académie  van  Beeldende  Kunsten  —  Mechelen  —  iSqB  ^ff 
Teekexing  —  LEVEN  —  P   Prys.    A   l'exergUC    :    M.    Scheffermeyer 

Robert;    plus    bas,    l.   w.  d'après  t.   v.  b.    Dans    le    champ, 
quatre  génies  symbolisant  les  arts  plastiques. 

Rv.  LÉOPOLD  II  —  ROI  ©ES  BELGES.  La  tcte  à  droite 
de  notre  roi;  au-dessous,  léop.  wiexer. 

19 


25o  NUMISMATIQUE    MALINOISE 

Cette  médaille  est  la  reproduction  de  celle  gravée  par 
Théodore  Van  Berckel,  sous  Charles  de  Lorraine,  et  que 
nous  avons  décrite  à  notre  planche  XLVIII;  le  génie  de 
la  peinture  a  peint  sur  sa  toile  un  autre  ange  que  celui 
qui  figure  à  l'ancienne  médaille. 

Médaille  de  grand  module,  accordée  par  le  gouver- 
nement. 

Argent.  PI.  LVI,  n^  114. 


lEcole  be  cbant  ^  Bcabcmie  be  musique 


L'école  de  chant  a  été  institué  dans  notre  ville  le 
19  février  1842,  dans  le  local  qui  sert  actuellement  de 
dépôt  au  6''  de  ligne,  à  côté  du  palais  de  Justice,  rue  de 
l'Empereur.  Le  deuxième  local  occupé  fut  l'ancien  palais, 
actuellement  le  musée  des  archives;  de  là  l'école  fut 
installée  aux  halles,  au  troisième  étage,  du  côté  de  la 
rue  des  Géants.  C'est  à  partir  de  1869  que  notre  Aca- 
démie de  musique  fut  transférée  au  palais  historique, 
l'hôtel  de  Busleyden,  rue  St-Jean.  Le  compositeur  Gus- 
tave Van  Hoey  fut  le  premier  directeur  de  notre  insti- 
tut musical.  A  quelques  exceptions  près,  les  types  des 
médailles  de  l'académie  de  -Dessin  servaient  aussi  à 
l'académie  de  Musique.  Dans  l'intérêt  de  l'enseigne- 
ment des  Be.aux-x'Vrts,  le  Conseil  communal  réunit,  le 
10  mai  1862,  l'académie  de  Dessin  et  l'académie  de 
Musique  sous  l'ancienne  devise  Crescit  ad  coronas. 

Av.  i""  COURS  i"  PRIX  remporté  par  Charles  i^cr  Clst 
1844.   Le  tout  en  lettres  gravées. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  25l 

Rv.  ECOLE    DE    CHANT    VILLE    DE    MALINES.    DanS    le 

champ,   une  lyre  sur  un  cahier  de  musique,    entourée 
d'une  couronne  de  laurier. 

Médaille  à  bélière. 

Argent.  PI.  LVII,  n°  ii5. 

Av.  Dans  le  champ,    les   armoiries  de   la  ville. 
Rv.  Les  attributs  de  la  musique.  Le  nom  du  lauréat 
était  gravé  sur  la  tranche  de  la  médaille. 

i\rgent.  PI.  LVII,  n^  ii6. 

Av.  LEOPOLD  II  ROI  DES  BELGES.  La  tétc,  à  gatchc,  du 
roi  ;  au-dessous,  léop.  wiener. 

Rv.  Dans  une  couronne  de  feuilles  de  chêne,  l'inscrip- 
tion gravée  renfermée  dans  un  petit  cercle  :  Muziek 
Akademie  Mechelen  Muzieklezing  hoogere  klas 
jSTE  Pj^ys  Leopold  Van  den  Bergh  1870-1871. 

Médaille  de  grand  module,  accordée  par  le  gouverne- 
ment. 

Argent.  PL  LVII,  n'^  117. 


Collège  (Tommunal 

Av.  Excellentiac  Praemiimi  In  classe  eloqiientiae  retulit. 
R.  scHROETER  MDCccxxxviii  en  lettres  gravées. 

Rv.  coLLEGiuM  MUNICIPALE  en  lettres  gravées.  Dans 
le  champ,  l'écu  de  la  ville,  surmonté  de  la  couronne 
comtale. 

Médaille  à  bélière  décernée  à  titre  de  récompense  au 
Collège  de  la  ville,  en  i838.  ^ 

Argent.  LVIII,  n^  118. 


XriM  l'-MA-J'lc 


3ncititut  ^ee1  Bcaiu*='ilit6 

]. 'institut  des  Beaux-Arts  fut  fondé  le  20  novembre 
i838,  par  Charles-Auguste  Wauters  et  quek^ues  ama- 
teurs d'art.  Sans  vouloir  porter  ombrage  à  l'académie 
de  dessin,  le  but  de  l'institut  était  de  donner  l'enseigne- 
ment gratuit  du  dessin  aux  enfants-  des  membres.  On 
y  enseigna  surtout  la  peinture  décorative  et  les  imita- 
tions du  bois  et  du  marbre. 

L'institut  a  occupé  différents  locaux;  d'abord  il  a  été 
installé  rue  de  Stassart,  à  côté  du  local  La  Scala;  puis 
il  a  occupé  la  maison  Hertsens-De  Weerdt,  Marché  aux 
grains;  en  troisième  lieu  on  l'a  établi  aux  Trois  Fon- 
taines, rue  du  Sac,  pour  se  rendre  ensuite  au  local  situé 
rue  des  Beggards,  la  maison  anciennement  occupée  par 
l'imprimerie  Olbrechts. 

Les  médailles  ci-après  ont  été  décernées  à  titre  de 
récompense. 

Av.     INSTITUT    DES    BEAUX-ARTS     DE    MALINES.     DanS    le 

champ,  les  attributs  des  arts  plastiques. 

Rv.  DESSIN    INDUSTRIELLE  COMPOSITION    l"   PRIX.   J.  VER- 

ELST.  1868-1869.  Médaille  à  bélière,  estampée. 

Argent.  PI.  LIX,  n^  ug. 

Av.      INSTITUT      DES      BEAUX-ARTS     A      MALINES      /"     D/V'" 

ImJt""  de  Marbres  /"  P.  A.  Cluytens. 

Rv.  Les  attributs  ■  des  arts  "plastiques  dans  une  cou- 
ronne. Médaille  estampée;  l'encadrement  est  orné  de 
branches,  de  fleurs  et  de  feuilles  ;  elle  est  surmontée 
d'un  cartouche  portant  l'année  1870-1S71,  accosté  de 
deux  cornes  d'abondance. 

Argent.  PI.  LIX,  n"  120. 

Des  médailles  de  petit  module,  avec  les  mêmes  orne- 
ments, ont  été  distribuées. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  253 


Jubilcci  be  Snint^IRombaut  et  ^e  if^otcc^Dame 
^'1ban6^vv)cU 

En  1680,  il  a  été  célébré  dans  notre  ville,  un  jubilé  en 
l'honneur  de  Saint  Rombaut,  patron  de  la  ville,  à  l'église 
métropolitaine. 

A  cette  occasion,  les  marguilliers  ont  fait  couler 
740  médailles  en  argent  et  394  en  cuivre,  dont  voici  deux 
exemplaires. 

Av.  Saint  Rombaut  donnant  la  bénédiction,  tient  une 
croix  de  la  main  gauche;  à  ses  pieds  est  couché  un  des 
assassins  qui  lui  firent  subir  le  martyre. 

Rv.  Saint  Libert,  revêtu  du  costume  de  guerre,  tient 
de  la  main  droite  une  hallebarde  et  de  la  main  gauche 
l'écu  de  Malines. 

Argent.  PI.  LXI,  n^  121. 

Module  plus  grand  de  la  médaille  précédente,  le  saint 
Libert  qui  y  figure  ne  porte  pas  son  manteau. 

Argent.  PI.  LXI,  n°  122. 

Av.      s.     RUMOLDUS      MART     ^     MECHLIN      o     PATRON.     Lc 

buste  du  saint  à  droite. 

Rv.  PraesVLI  sUo  DeVota  JVbILat.  La  pucelle  de 
Malines  tient  dans  le  bras  droit  une  palme  et  une  croix, 
de  la  main  gauche,  un  encensoir  ;  elle  est  appuyée  sur 
un  écu  aux  armes  de  la  ville. 

Argent.  .       PI.  LXI,  n°  i23. 

Il  existe  un  exemplaire  en  cuivre. 

Cette  médaille  a  été  gravée  par  Th.  Van  Berckel;  elle 
a  été  distribuée  en  commémoration  du  jubilé  de  Saint 
Rombaut,  aux  enfants  qui  ont  participé  à  la  cavalcade, 


2  54  NUMISMATIQUE    MALINOISE 

en  1775.  Ce  J£ton  a  été  frappé  en  Hollande,  à  404  exem- 
plaires, pour  lesquels  la  ville  a  payé  une  somme  de 
5ii  florins  i3  sous  le  denier;  il  a  été  également  décerné 
comme  prix  aux  étudiants  du  collège  des  Oratoriens, 
la  fnême  année  du  jubilé. 

Dans  le  but  d'attirer  un  grand  nombre  de  sociétés 
lors  du  Jubilé  de  Saint-Rombaut,  en  1775,  les  gildes 
avaient  organisé  des  concours  de  tir.  Des  médailles 
en  or,  au  nombre  de  six,  furent  distribuées  :  1°  à  la 
gilde  venant  de  la  ville  la  plus  éloignée;  2°  à  la  gilde 
qui  avait  fait  le  plus  luxueusement  son  entrée  dans 
Malines. 

Lierre  reçut  deux  médailles,  dont  une  pour  la  Vieille 
Arbalète  et  une  pour  les  Couleuvriniers,  pour  le  plus 
riche  costume;  à  la  vieille  arbalète  de  Tirlemont  et  aux 
couleuvriniers  de  Termonde  échurent  deux  médailles 
comme  prix  d'éloignement,  les  deux  médailles  restantes 
furent  réservées  aux  deux  gildes  Malinoises  de  la  Vieille 
et  de  la  Jeune  Arbalète. 

Av.    CAR    o  ALEX  o  LOTH  o  DUX  BELG  o  PRAEF   o    BustC  de 

Charles  de  Lorraine  à  droite,  par  R  (Roettiers). 

Rv.     ANNO    JUBILAEI     M     o     DCC     o     LXXV    o    s     o     P    o    Q     o 

MECHLiN.  Les  armes  de  Malines,  entourées  de  branches 
de  laurier,  de  drapeaux,  d'arcs,  de  fusils,  d'épées  et  d'un 
tambour. 

Argent.  PI.  LXI,  n^  124. 

L'exemplaire  que  nous  possédons  est  en  argent,  nous 
avons  également  dans  nos  collections,  un  exemplaire  en 
bronze,  dont  l'avers  porte  le  millésime  1771.  On  sait, 
en  effet,  que  ce  même  coin,  gravé  par  Roettiers,  a  servi 
à  la  frappe  d'un  jeton  pour  le  phare  d'Ostende.  La  date 
n'ayant  pas  été  effacée,  cette  pièce  peut  être  considérée 
comme  une  épreuve. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  255 

Av.  A  MARTYRio  ANNO  ML.  Lc  bustc  de  Saint  Rombaut, 
à  gauche. 

y?z'.  SenatVs  popULUsqUe  rUMoLDo  ConseCrant. 
Dans  le  champ,  la  pucelle  de  Malines,  assise,  appuyée 
sur  l'écu  de  la  ville  ;  elle  tient  une  palme  de  la  main 
droite;  à  l'exergue,  ad.  j. 

Argent.  PI.  LXII,  n^  I25. 

Médaille  commémorative  du  Jubilé  de  i825,  gravée 
par  Jouvenel. 

Av.     cg)     H.     RUMOLDUS    PATROON    DER    STAD     MECHELEN. 

Dans  le  champ,  le  buste  du  saint  à  gauche. 

Rv.  Dans  une  couronne  de  laurier,  JUBEL  FEEST 
MDCccxxv.  Médaillle  du  Jubilé  de  Saint  Rombaut,  en 
1825. 

Bronze.  PI.  LXII,  n^  126. 

Même  exemplaire  en  étain.  Le  Jubilé  de  Saint  Rom- 
baut est  fêté  tous  les  cinquante  ans. 

Av.  NOTRE  DAME  d'hanswyck.  La  viergc  tenant  de  la 
main  droite  le  sceptre;  sur  le  bras  droit  repose  l'enfant 
Jésus.  A  l'exergue,  le  i5  août  i838. 

Rv.  JUBILÉ  DE  85o  ANS.  A  l'exergue,  malixus.  Dans  le 
champ,  l'écu  de  la  ville,  surmonté  de  la  couronne  com- 
tale,  accosté  de  deux  guirlandes  de  fleurs. 

Argent.  PI.  LXII,  n^  127. 

Il  existe  un  exemplaire  en  cuivre  jaune  et  un  en  étain. 

Av.  £?  JUBILÉ  DE  NOTRE  DAME  d'hANSWYCK  A  MA- 
LINES ^  q88-i863.  L'église  d'HanvSwvck. 


256  NUMISMATIQUE    MALINOISE 


Rv.  :g5  MONSTRA  TE  ESSE  MATREM.  tgj  SU  H  TUUM  PRAESI- 
DIUM coNFUGiMus.  La  Vierge,  sous  un  dais  richement 
orné  ;  quatre  petits  drapeaux  flottent  au-dessus  ;  le  nom 
du  graveur  wurden  figure  à  l'exergue. 

Argent.  PI.  LXII,  n»  128. 

Ce  jeton  a  été  frappé  en  pied-fort,  en  argent,  en  bronze 
et  en  étain.  Le  Jubilé  de  Notre-Dame  d'Hanswyck 
est  fêté  tous  les  vingt-cinq  ans;  en  1888,  il  n'a  pas  été 
frappé   de  médaille  commémorative 

Av.  MeChLInIa  JUbILans  exCLIDIt  apostoLo; 
un  petit  écu  de  Malines.  La  légende  forme  un  chrono- 
gramme. Dans  un  cercle,  Saint  Rombaut  instruisant  un 
homme  et  une  femme. 

Rv.  CLerUs  popULUsqUe  sanCto  rUMoLDo;  un 
petit  écu  aux  armes  du  chapitre.  Dans  le  champ,  la 
chasse  de  Saint  Rombaut  ;  le  saint,  en  habits  sacerdo- 
taux est  couché  sur  le  couvercle  ;  sous  la  chasse,  en.  wurden 
et  deux  palmes. 

Bronze.  PI.  LXIII,  n'^  129. 

Médaille  commémorative  du  Jubilé  de  1875. 

Pendant  la  sortie  de  la  cavalcade,  les  camelots  ont 
vendu  dans  les  rues  de  la  ville,  les  trois  petites  médailles 
à  bélière  ci-après  : 

Av.   H.    RUMOLDUS    PATROON    VAN    MECHELEN.    Lc  Saint, 

mitre ,*€^ant  à  ses  pieds  les  ouvriers  qui  l'ont  assassiné. 

Rv.  5o  jARiGE  jujiELFEEst  iSyS.  L'églisc  de  Saint 
Rombaut. 

Cuivre  argenté.  PI.  LXIII,  n*^  i3o. 

Av.  Dans  une  couronne  de  laurier,  les  armes  de  la 
ville,  entourées  de  l'inscription  ville  de  malines. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  sSy 

Rv.    FÊTES    JUBILAIRES     DE    S^    ROMBAUT    PATRON    DE    LA 
VILLE. 

Cuivre.  PI.  LXIII,  n«  i3i. 

Av.    VISITE    DE    LA.  FAMILLE    ROYALE   28    JUIN     1875.    La 

tête  du  roi  Léopold  II  à  droite. 

Rv.    SOUVENIR    DES    FÊTES    JUBILAIRES     DE    S"^    ROMBAUT 

PATRON  DE  LA  VILLE.  L'écu  de  Malines,  surmonté  d'une 
couronne  comtale  et  de  l'inscription  ville  de  malines. 
Cuivre.  PI.  LXIII,  n^  i32. 


fïDébaiUee  be6  (Bilbcs,  flDcticrô  et  Sociétés 
b'agrémcnt 

Ouden  Edelen  Kruysboog 

Av.  Dans  le  champ,  Saint  Georges  terrassant  le  dra- 
gon; applique  estampée  surmontée  de  l'inscription 
REMPORTÉ  PAR  F.  FRAiPONT  ;  à  l'cxergue,  Malines.  Enca- 
drement orné. 

Rv.  Guillaume  Charles  Van  Casier  Reconnaissant  à  la 
Société  bc  IC'arblllète  Sous  la  devise  Union  fait  Force  le 
6  juin  i836. 

Médaille  à  bélière  avec  inscription  gravée. 

Argent.  PI.  LXIV,  11°  i33. 

Av.     MAETSCHAPPY     DEN     OUDEN     EDELEN     KRUYS-BOOG, 

TE  MECHELEN.  Daus  Ic  champ,  une  applique  représen- 
tant Saint  Georges  terrassant  le  dragon. 

Rv.  ,ilomitgs-|3rns  Behaeld  door  W  DE  LA  POITRY 
HOOFDMAN  6'  octobre  icS'Jj.   Inscription  gravée. 

Argent.  PI.  LXV,  n^  134. 


258  NUMISMATIQUE    MALINOISE 

Il  existe  une  variété  de  cette  médaille  au  nom  de 
E.  Van  de  Pocl,  qui  la  remporta  le  27  septembre  1841,  et 
une  autre,  datée  du  8  octobre  1854. 

Av.  Dans  un  encadrement  orné,  une  applique  estam- 
pée représentant  Saint  Georges  terrassant  le  dragon, 
d'une  facture  autre  que  celle  des  planches  LXIV  et 
LXV. 

Rv.  En  lettres  gravées,  gcschenk  van  M.  de  Lapoitry 
hoofdman  1843.  Dans  le  champ,  une  branche  de  rosier 
couverte  de  fleurs  (Rozenprijs),  Cette  médaille  était 
décernée  au  plus  habile  tireur. 

Argent.  PI.  LXVI,  n^  i35. 

Av.     LA     SOCIÉTÉ      OUDEN      EDELEN      KRUYSBOOG     A     LA 

SOCIÉTÉ  s"  CÉCILE.  Daus  le  champ,  en  relief,  les  armoi- 
ries de  la  ville;  la  couronne  comtale  est  ornée  de  dia- 
mants; le  tout  dans  un  encadrement  ciselé  et  orné  de 
pierres  précieuses. 

Rv.  Dans  un  encadrement  identique  à  celui  de  l'avers, 
les  attributs  de  la  gilde,  composés  du  drapeau,  du  tam- 
bour, de  l'arbalète,  du  carquois,  du  chapeau  et  des 
armes,  émaillées,  de  la  société. 

Cette  médaille  à  bélière,  ornée,  constitue  un  objet 
d'orfèvrerie  artistique  fabriqué  par  un  malinois.  Van  de 
Cauter;  elle  a  été  offerte  à  la  société  de  Fanfares  la 
S"  Cécile,  lors  d'une  fête  organisée  par  les  deux  sociétés. 

Argent.  PI.  LXVII,  n°  i36. 

Croix  longue  surmontée  d'une  couronne  royale.  Insi- 
gne de  la  société  :  Ancienne  et  noble  arbalète  «  Ouden 
Edelen  Kruisboog  ». 

Argent.  PI.  LXVIII,  n°  iS;. 

Av.  La  Société  l'Espérance  à  (un  ancre). 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  aSg 

Rv.  A  son  Président  M.  J.-B.  Janssens  1857. 

Médaille  à  bélière. 

Argent.  PI.  LXVIII,  n^  i38. 

La  Société  l'Espérance  s'occupait  surtout  de  l'art  dra- 
matique; c'est  elle  qui  a  fourni  les  premiers  éléments 
pour  former  la  Société  l'Echo  de  la  Dyle. 

Société  de  Oude  Eendragt 

Médaille  frappée  à  l'occasion  du  So""  anniversaire  de  la 
fondation  de  la  Société  de  oude  eendracht. 

Trophée  formé  des  attributs  de  la  société  :  drapeaux, 
arc,  carquois  et  tambour,  le  tout  surmonté  d'une  cou- 
ronne dans  laquelle  sont  gravées  l'année  de  la  fondation 
et  celle  de  l'anniversaire  1796-1846. 

Médaille  en  vermeil,  uniface,  à  bélière. 

Argent.  PI.  LXIX,  n^  iSg. 

Av.  Même  trophée  que  pour  la  médaille  précédente. 

Rv.  *  TÉMOIGNAGE  D'ESTIME  ET  D'AMITIÉ 
sS  La  société  €)ubc  Ceitbntdjt  à  M'  Pansins  membre  zélé 
de  cette  société  pendant  So  Ans  1801-18S1.  malines  le 
5  MAI  i85i. 

Médaille  en  vermeil,  à  bélière. 

PI.   LXIX,  no  140. 

Av.  KONINGS  PRYS  BEHAELT  DOOR  E.  BrANDS  DEN  6 
OCTOBER    1823. 

Rv.  Deux  carquois  en  sautoir  sur  une  branche  de 
chêne,  surmontés  d'un  arc,  le  tout  en  relief,  appliqué 
sur  fond  uni. 

Médaille  en  argent,  à  bélière,  remportée  par  E. 
Brands,  proclamé  roi  des  tireurs  en  i823. 

PI.  LXX,  no  141. 


200  NUMISMATIQUE    MALINOISE 

Av.  Dans  le  champ,  un  trophée  formé  de  drapeaux, 
d'un  arc,  d'un  carquois  et  d'une  couronne  ;  plus  bas,  un 
tambour;  au-dessus,  deux  mains  enlacées,  surmontées 
d'une  couronne;  le  trophée  en  argent  estampé  est  appli- 
qué sur  fond  uni,*  entouré  d'un  cercle  ornementé. 

T^t'.  SOCIETEIT  OUDE  EENDRAGT  MECHE- 
LEN  Koningcn   van    1861  tôt  iSji  :   i  brias   pres^  2  J. 

DAEMS  3  J.  DAEMS  4  J.  W1LL?:MS  5  G.  YANDER  AUWHRA  6 
V.  BURGRAEVE  7  V.  BRIAS  8  VERGEVLEN  Q  E.  PILLAULT  lO 
I.    SUETENS    II    H.    WAUTERS. 

Médaille  en  argent,  à  bélière,  donnant  les  noms  des 
rois  de  la  société,  de  1861  à  1871.  Elle  est  surmontée 
d'une  couronne  avec  bélière. 

Cette  médaille  est  identique  à  celle  qui  figure  au 
n'^'  142  ci-après  et  qui  donne  les  noms  des  rois  de  1872 
à  i883. 

Av.  SOCIETEIT  OUDE  EENDRAGT  MECHE- 
LEN  Koningen  van  18 j 2  tôt  (i883)  f.  scheppers  —  e. 

VANDE  WIELE  —  J.  TAN  SEGVELT  —  E.  VERLINDEX  —  L. 
LONGDOZ  —  J.  VAN  GYSEL  —  L.  BURGGRAVE  —  E.  VER- 
LINDEN  —  E.  VERLINDEN  —  J.  VINCKX  —  G.  DE  SCHANPHE- 
LAERE    —    E.    VERLINDEN. 

Rv.  Les  attributs  de  la  société  formant  un  trophée. 
Médaille  en  argent,  à  bélière,  donnant  les  noms  des 
rois  de  1872  à  i883. 

Argent.  PI.  LXXI,  110142. 

Av.  Les  armoiries  de  la  ville  de  Malines  avec  la  devise 

IN    FIDE    CONSTANS. 

i?Z;.OUDE    EENDRAGT  MECHELEN    KONINGEN    1884 

B.  SCHEPPERS  -  PHILIPPART  -  J.  J.  VAN  GYSEL  -J.  J.  VAN 
GYSEL  —  B.  SCHEPPERS  —  H.  WAUTERS  —  P.  PHILIPPART 
-  G.  GELUYCKENS  —  P.  PHILIPPART  -  F.  RIEMSLAGH  - 
HEYLIGEN  -  H.  JANSSENS. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  201 

Médaille  en  argent,  renseignant  les  noms  des  rois  de 
1884  a  1895;  elle  est  surmontée  d'un  ornement  et  d'une 
couronne  à  bélière. 

PL  LXXII,  n«  143. 

Une  même  médaille  donne  les  noms  des  rois  pour 
les  années  1896  à  1899. 

Av.  Dans  le  champ,  une  caricature  avec  un  visage 
monstrueux,  tient  un  arc  de  la  main  gauche.  Il  est  gravé 
en  cercle,  l'inscription  suivante  :  Dédiée  à  la  société  la  plus 
éloignée  le  3  septembre  1S43. 

Rv.  Dans  le  champ,  les  armoiries  de  la  société  entou- 
rées de  l'inscription  :  Confrérie  de  S'  Sébastien  à  Ingelmun- 
stcr.  —  Fraternité. 

Médaille  satirique,  à  bélière,  remportée  par  la  société 
«  de  Oude  Eendragt  »,  lors  d'un  concours  à  Ingelmunster. 

Argent.  PI.  LXXII,  n^*  144. 

Av.  LA  SOCIÉTÉ  DU  TIR  A  L'ARC  A  LA 
PERCHE  (OUDE  EENDRAGT)  A  monsieur  guill- 

DENYN  SECRETAIRE  DE  LA  SOCIETE  DEPUIS  25  ANS  TE- 
MOIGNAGE D'ESTIME  ET  D'AFFECTION.  Le  tout  dans  un 
encadrement   orné. 

Rv.  MALiNES  LE  19  JUILLET  i859,  au  milicu  d'orne- 
ments gravés. 

Argent.  PL  LXXIII,  n^  145. 

Av.     TÉMOIGNAGE    d'eSTIME    ET     d'aMITIÉ. 

.LA  SOCIÉTÉ  VIEILLE  UNION  a  M"*  GUILLAUME 

DENYN    MEMBRE    ZÉLÉ    DE   CETTE   SOCIÉTÉ    PENDANT 

5o  ANS  1818-1868  MALINES  LE  4  MAI  1868.  Le  tout  dans 
un  encadrement  orné. 

Rv.  Dans  le  champ,  entre  deux  branches  de  chêne,  les 
attributs  de  la  société.  Le  drapeau  portant  le  millésime 


202  NUMISMATIQUE    MALINOISE 

1796,  un  petit  canon,  la  perche,  l'arc,  le  carquois  et  au 
milieu  les  armoiries  de  Malines;  le  tout  surmonté  de 
deux  mains  enlacées  et  d'une  couronne  ;  même  encadre- 
ment que  pour  l'avers. 

Vermeil.  PI.  LXXIV,  n°  146. 

La  société  «  de  Oude  Eendragt  »  possède  encore  ses 
petits  canons  du  siècle  dernier,  qui  annoncent  par  leurs 
salves  les  grandes  fêtes  ;  actuellement,  elle  a  son  local  à 
l'estaminet  «  le  Pont  de  fer  »,  situé  le  long  du  canal  de 
Louvain. 

Av.  EER-PRYS  bchacld  door..,.  den  27  Jidy  1828. 
Cadre  orné, 

Rv.  AMSTERDAMSCHE  MAATSCHAPPY  MECHELEN.  Dans 
le  champ,  une  rose  ouverte,  un  bouton  et  des  feuilles,  en 
argent,  appliqués  sur  un  fond  uni.  Prix  des  roses,  du 
tir  à  la  perche.  Le  local  de  la  société  est  situé  à  la 
chaussée  de  Bruxelles. 

Argent.  PI.  LXXV,  n^  147. 

Médaille  à  bélière. 

Société  Iver  en  Eendracht 

Av.  IVER  EN  EENDRAGT  -  MECHELEN.  Dans  le  champ, 
une  couronne  en  argent,  formée  d'une  branche  de  chêne 
et  d'une  branche  de  laurier  ;  deux  arbalètes  en  sautoir, 
surmontées  d'une  rose. 

Rv.  EER-PRYS.  Behacld  door  J.  B.  Van  De  Caider 
3i  Mey  182g.  Sur  la  tranche  est  gravée  l'inscription  sui- 
vante :  DON  D'ESTIME  ET  D'AMITIÉ  A  LA  SOCIÉTÉ  DE 
PLAISANCE  PAR  UN  DE  SES  MEMBRES  J.  B.  VANDE  CAUTER 
MALINES  LE   5    MAI   l85o. 

Argent.  PI.  LXXVI,  n^  148. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  203 


Société  Allégresse  et  Loyauté 

Av.    SOCIÉTÉ  ALLÉGRESSE  ET  LOYAUTÉ.    ^lix    du    Roi. 

REMPORTÉ  PAR  G.  E.  Luckx  Le  3  Mai  1S46  tir  au 
BERCEAU.  Le  tout  dans  un  cadre  orné. 

Rv.  Les  attributs  de  la  société. 

Argent.  PI.  LXXVII,  n"  149. 

Société  Duc  de  Brabant 

Av.  En  demi-cercle  :  SOCIÉTÉ  DUC  DE  bradant.  — 
PRIX  POUR  la  société  la  plus  nombretise.  —  Malines  le  24 
août  18S1. 

Rv.  Deux  arcs  en  sautoir,  surmontés  d'un  carquois 
rempli  de  flèches,  gravés  dans  le  champ. 

Médaille  à  bélière,  en  argent. 

PI.  LXXVIII,no  i5o. 

Grieksch  Genootschap 

Av.    En   lettres   gravées,    sur  quatre    lignes  :  <^i\e\'i>cÇ^ 

Rv.  &i\p  behaeld  door  ittcct6cdjcij6  vavl  icba^v. 
Médaille  à  bélière  accordée  à  la  société  qui  participait 
avec  le  plus  grand  nombre  de  membres  à  un  concours. 

PI.  LXXVIIl,  n»  i5i. 

Ancienne  et  Noble  Arbalète 

Av.  L'ANCIENNE  ET  NOBLE  ARBALÈTE.  A  l'exergue  : 
Tir  à  l'Oie,  en  lettres  gravées.  Dans  le  champ,  une  oie 
nageant  sur  l'eau. 

Rv.    En  lettres  gravées  sur  6  lignes.   Prix  donné  par 


204  NUMISMATIQUE    MALINOISE 

M.  Docteur  et   remporté  par   E.   Van  de   Poel.    Malincs  le 
<9  Juillet  i83g. 

Médaille  à   bélière,   en  argent. 

PL  LXXVIII,  noi52. 

Société  Mariai 

Av.  (?,cnccf.v|jap  6civ  ©l^aîTaû  Inscription  gravée  dans 
un  encadrement  estampé. 

Rv.  Medaillie  Behaald  door  Meerderheid  van  leden  Me- 
chclen  i3  Juny  i858. 

Médaille  en  argent,  à  bélière,  accordée  à  la  société 
qui  participait  avec  le  plus  grand  nombre  de  membres 
à  un  concours  de  tir  à  l'arc,  en  i858. 

PI.  LXXIX,  no  i53. 

La  société  Mariai  avait  son  local  dans  la  maison  qui 
porte  le  môme  nom  et  qui  est  située  à  la  chaussée  de 
Bruxelles. 

Société  «  Middelbourgh  » 

Av.  En  relief,  deux  arcs  en  sautoir  surmontés  d'un 
carquois  rempli  de  flèches;  le  tout  entouré  d'une  cou- 
ronne de  laurier  et  d'une  bordure  en  zig-zag. 

Rv.  Eer  gift  door  den  Hoofdman  aen  de  Societyt  in  Mid- 
delbourg  behaelt  door  P.  J.  Claes  den  12  f"  1828,  en  lettres 
gravées. 

Médaille  à  bélière,  offerte  par  le  chef  et  remportée 
par  P.  J.  Claes. 

Argent.  PI.  LXXIX,  n^  154. 

L'estaminet  «  Middelbourg  »,  où  la  société  avait  son 
local,  est  situé  au  X"eckerspoel. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  205 


Société  Les  Vrais  Amis 

Av.  Offert  par  le  Président  A'.  U liens  et  remporté  par 
M .  le  2  Juin  iSôi-.  Dans  le  champ,  les  armoiries,  gra- 
vées, du  président. 

Rv.  Deux  mains  enlacées,   entourées  de  l'inscription   : 

SOCIÉTÉ  LES  VRAIS  AMIS   NECKERSPOEL  -  PRIX  ROYAL  — 

GROENE  LINDEN  (local  de  la  société). 

Argent.  PI.  LXXX,  n"  i55. 

Le  Président  de  cette  société,  M.  Ullens,  habite 
actuellement  un  château  à  Aertselaer. 

1 
Société  au  Baekelaer 

Av.  Dans  le  champ,  deux  arcs  en  sautoir,  surmontés 
d'un  carquois  rempli  de  flèches,  entourés  de  cette  inscrip- 
tion :  PRIX  A  LA  SOCIÉTÉ  LA  PLUS  NOMBREUSE. 

Rv.  En  six  lignes,  la  légende  suivante  :  Offert  par 
M .  G.  Van  Lcrberghe  à  l'occasion  de  Sa  nomination  de  Four- 
nisseur d'arcs  de  S.  A.  R.  le  Duc  de  Bradant  2^  Avril  j<S64. 

La  plaque  gravée  est  encastrée  dans  un  cadre  double 
estampé  et  surmonté  d'une  couronne  à  bélière,  accostée 
de  deux  ornements  en  forme  de  cornes  d'abondance. 

Cette  médaille  a  été  remportée  par  la  société  de  tir 
au  berceau  établie  à  l'estaminet  «  De  Bakelaer  ». 

Argent.  PI.  LXXXI,  n^  i56. 

Société  Dyle  Zonen 

Av.  DYLE  ZONEN  MECHELEN.  Les  emblèmes  de  la 
société. 

Rv.     Dans    une    couronne    de    laurier    :    gedenkenis 

7    JANUARY    1S77    INlirLDIXG     i;-?    STANDAARD. 

Médaille  surmontée  d'un  ornement  à  bélière. 
Cuivre.  PI.  LXXXI,  n^  iSy. 


266  NUMISMATIQUE    MALINOISE 


La  société  «  de  Dyle  Zonen  »  s'occupe  avec  beaucoup 
de  succès  de  l'art  dramatique. 


fll>ébatUc0  ^C0  métiers 

L'origine  des  corps  de  métiers  ou  corporations  remonte 
au  XIIL  siècle;  celle  des  forgerons,  la  plus  ancienne, 
date  de  1254.  Au  commencement  du  XIV"  siècle,  les 
drapiers  ne  comptaient  pas  moins  de  i3,ooo  membres 
Au  XV'  siècle,  tous  les  métiers  s'étaient  groupés  en 
associations,  pour  défendre  leurs  intérêts  et  obtenir  des 
avantages  concernant  leurs  professions. 

Ces  différentes  corporations  ont  existé  jusqu'à  l'avène- 
nement  de  l'empereur  Joseph,  qui  les  supprima  en  1797. 
Quelques  années  après  leur  complet  anéantissement  par 
la  Révolution  française,  certains  métiers  essayèrent  de 
se  relever  et  fondèrent  de  nouvelles  sociétés  appelées 
((  bussen  ».  C'est  ainsi  que  nous  avons  vu  se  reconstituer 
les- forgerons,  les  menuisiers,  les  chaisiers,  les  tisserands, 
les  cordonniers,  les  maçons  et  aides-maçons,  les  typo- 
graphes, les  jardiniers,    les   vanniers  et    les   portefaix. 

Une  exception  doit  être  laite  pour  les  brouettiers,  dont 
la  corporation  ne  fut  pas  supprimée,  à  cause  des  grands 
services  qu'ils  rendaient  au  public  dans  l'exercice  de 
leur  métier. 

Tout  en  suivant  quelques  coutumes  des  anciennes 
corporations,  ces  corps  de  métiers  formèrent  plutôt  des 
sociétés  d'agrément  et  de  secours  mutuels.  Ils  choisirent 
dans  leur  sein  un  président  (busmeester),  un  secrétaire 
-et  quatre  doyens   (dekens). 

Annuellement  ils  faisaient  célébrer  une  messe  en  l'hon- 
neur de  leurs  saints  et  se  réunissaient  pendant  trois 
jours,  à  des  agapes  auxquels  les  femmes  des  membres 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  267 

étaient  invitées.  Le  soir,  on  organisait  des  bals,  où 
régnait  la  plus  franche  cordialité.  Un  règlement  pres- 
crivait le  paiement  d'une  amende  pour  celui  qui  trou- 
blerait  les  fêtes. 

Les  membres  de  la  Commission  portaient  une 
médaille  renseignant  les  fonctions  qu'ils  remplissaient 
dans  la  société.  Quelques  médailles  ont  échappé  au 
creuset  de  l'orfèvre. 

Médailles  des  Tisserands 

Av.  SEVERivs  PATROON  DER  WEVERS.  Dans  le  champ, 
Saint  Séverin,  mitre,  patron  des  tisserands.  Il  tient  de 
la  main  droite  la  crosse  et  de  la  gauche,  une  navette  de 
tisserand. 

Rv.  Borsmeestcr  dcr  Maetschappy  1S2S. 

Médaille  gravée,  entourée  d'un  encadrement  estampé 
et  surmontée  d'une  couronne  avec  bélière. 

Le  graveur,  en  faisant  sa  médaille,  a  copié  le  Saint 
Rombaut  qui  se  trouve  sur  la  maison  de  M.  De  Blauw, 
directeur  de  ventes.  Insigne  du  président. 

Argent.  PI.  LXXXII,  n«  i58. 

Av.  Variété  du  numéro  précédent,  la  gravure  diffère. 
Rv.   EERSTEN  Oppcr  Dcken  dcr  Maetschappy  18 2  j. 
Médaille  à  bélière,  portée  par  le  chef-doyen. 
Argent.  PL  LXXXII,  n^  iSg. 

Av.  Variété  de  la  médaille  n^  i58. 

Rv.  Dekcn  dcr  Maetschappy  1S2S. 

Médaille  à  bélière  du  doyen. 

Argent.  PI.  LXXXIII,  n^  160. 

Av.  S.  SEVERIVS  Patroon  Dcr  wevers. 


268  NUMISMATIQUE    MALINOISE 

Rv.  Dans  le  champ,  deux  drapeaux  tricolores  en  sau- 
toir; au-dessus,   VAENDRICK;  au-dessous,  1845. 
Médaille  à  bélièrc,  du  porte-drapeau. 
Argent.  PI.  LXXXIII,  n"  161. 

L'ancien  drapeau  de  cette  société  se  trouve  dans  nos 
collections. 

Lors  de  leur  réunion  annuelle,  la  salle  des  fêtes  était 
ornée  de  pancartes,  qui  relataient  les  vertus  de  leur 
patron  : 

«  Severus  leyde  steeds  een  stil  en  heylig  leven 

»  En  wou  voor  vrouw  eu  kind  den  kost  met  wol  te  weven  ; 

»  Hij  was  aen  d'Ydelheyd  der  wcreld  niet  gekleefd 

»  Waardoor  hy  's  hcmels  gunst  op  hem  getrokken  heeft. 

«  Hy  diende  00k  den  Heer  met  hert  en  ziels  behagen, 

»  Waarvoor  dat  's  hemels  hand  00k  zegende  zyn  dagen. 

»  Een  hemel  teeken  dat  het  00g  niet  kon  bedriegen, 
»  Dit  was  dat  men  een  duyf  steeds  rond  zyn  hoofd  zag  vliegen 
»  Waardoor  dat  wierd  bekend  alsdat  Severus  zou 
.    »  Verlaten  vrouw  en  kind  met  schietspoel  en  getouw. 
»  Dit  god'lyk  teeken  gaf  aen  't  kerkbestuer  te  kennen 
»  Dat  God  hem  had  bestemd  tôt  bisschop  van  Ravennen. 

»  Zoohaest  Severus  was  tôt  't  bisschops  ambt  verheven, 

»  Is  zyn  dochter  en  vrouw  in  heyligheyd  gaan  leven, 

»  Leefden  tôt  aen  de  dood  in  staet  van  zuy verheyd 

»  En  zyn  te  samen  in  een  en  't  zelve,  graf  geleyd. 

»  Severus  wilde  00k  na  't  eynde  zyner  dagen 

»  Dat  men  zyn  stoflyk  deel  by  't  hun  in  't  graf  zou  dragen. 

,»  O  wevers  tragt  altyd  Severus  te  behagen, 

'>  Dan  zal  hy  zya  gebed  by  God  voor  u  opdragen  ; 

)'  En  smeeken  dat  hy  u  van  ramp  en  druk  bevry 

»  En  dat  den  voorspoed  blocyt  der  lynwaed  wevery. 

»  Zoo  slyt  g'in  vree  en  rust  de  dagen  van  uw  leven 

»  Als  gy  het  voorbeeld  van  Severus  na  zult  streven.  » 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  26g 

Médailles  des  Aides-Maçons 

Av.     MÂETSCHAPPY    METSERS    DIENDERS     OppCT    Dckcu 

bodmcestcr  i83g. 

Rv.  DE  viER  GEKROONDE.  Dans  le  champ,  quatre 
couronnes  pour  faire  allusion  aux  quatre  couronnés, 
qui  étaient  leurs  patrons  (S'  Claudius,  S'  Nicostratus, 
S'  Simphorlanus,  S'  Castorus). 

Argent.  PL  LXXX[V,  n°  162. 

Variété  du  numéro  précédent,  avec  l'inscription  Dckcn. 
Argent.  PI.  LXXXIV,  n^  i63. 

Variété  du  numéro  précédent,  avec  l'inscription  Dckcn 
lier  Sickcn  1841. 

Argent.  PI.  LXXXIV,  n^  164. 

Le  drapeau  de  cette  société  figure  dans  nos  collections. 

Médaille  des  Menuisiers 

Av.  Ecrhcwys  gcdaen  acn  dcn  busmccster  van  de  schryn- 
werkers. 

Rv.  Acn  F.  Clottcns  en  M.  A.  Hugo  6  Novcmbcr  i8Sg. 

Médaille  surmontée  d'une  couronne  à  bélière,  accostée 
de  deux  ornements. 

Argent.  PI.  LXXXV,  n^  i65. 

Médailles  des  Forgerons 

La  société  des  Forgerons,  qui  avaient  pour  patron 
Saint  Eloy,  doit  avoir  été  reconstituée  en  1839,  ainsi 
que  l'indique  la  médaille  ci-après  : 

Av.  Mcde  Inricliting  van  de  bus  van  Si  Eloy  Boetmeester 
i83g  Michel  Holst.  Uniface. 
Argent.  PI.  LXXXV,  n^  166. 


270  NUMISMATIQUE    MALINOISE 

La  société  de  Saint  Eloy,  instituée  en  iSSg,  n'était 
pas  cependant  considérée  comme  la  vraie  société  des 
forgerons,  c'est-à-dire  celle  qui  avait  repris  les  traditions 
de  l'ancienne  corporation;  en  effet,  en  iSSy,  il  a  été 
fabriqué  quatre  médailles  qui  portent  l'inscription  sui- 
vante : 

Av.  Ware  Genootschap  van  Si  Eloy  —  DEKENS  den 
I  Xber  iSS-j. 

Rv.  Uni. 

Argent.  PI.  LXXXVI,  n''  167. 

Cette  société  figurait  encore,  il  y  a  quelques  années, 
dans  nos  processions,  avec  les  torchères  provenant  de 
l'ancienne  corporation;  elles  portent  la  date  de  1645, 
avec  l'inscription  :  JAN  lefebre  hoefsmet  out  over- 
DEKEN.  Actuellement,  ces  torchères  se  trouvent  à  notre 
musée  communal,  avec  celles  des  maçons  et  des  brouet- 
tiers.  Les  torchères  des  cordonniers  sont  allées  enrichir 
le  musée  de  Bruxelles,  et  celles  des  portefaix  furent 
achetées  par  le  musée  de  Gand.  En  1870,  s'est  formée 
une  nouvelle  société  de  forgerons,  comme  l'indiquent  les 
médailles  ci-après  : 

Av.  Van  de  Jonge  Bus  van  den  H.  Eligius  ii^jo. 
Rv.  Ecrbcwys  aan  den  Deken,  Le  tout  en  lettres  gravées. 
Médaille  à  bélièrc. 
Argent.  PI.  LXXXVI,  11°  168. 

Av.  DOOR  DE  LEDEN  VAN  HET  GENOOTSCHAP  van  den 
H.  ELIGIUS. 

Rv.  OPGEDRAGEN   aan  DEN  SECRETARIS. 

Médaille  à  bélière.     - 

Argent.  PI.  LXXXVI,  n^  169. 

Ce  qui  prouve  que  la  bonne  entente  n'existait  plus 
parmi  les  forgerons  de  la  ville,  fut  la  fondation  d'une 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  27I 

troisième  société,  qui  prit  le  nom  de  VRY  GENOOTSCHAP 
(association  libre).  Nous  donnons  ci-après  l'insigne  du 
président. 

Av.  DE  LEDEN  VAN  HET  VRY  GENOOTSCHAP  VAN  St 
ELOY. 

Rv.  AAN  HUN  NE  BUSMEESTER   G.    VAN   M  EN  X  EL. 

Vermeil.  PI.  LXXXVII,  n^  170. 

La  médaille  ci-après  nous  rappelle  l'existence  à 
Malines,  d'une  confrérie  appelée  «  de  Lykdragers  »  ou 
porteurs  de  cadavres.  Les  membres  de  cette  société  se 
mettent  à  la  disposition  des  sept  paroisses  de  la  ville, 
pour  aller  prendre  les  cercueils  aux  mortuaires  et  les 
porter  à  l'église. 

Av.  Vereert  aen  J.  B.  Assclmans  dm  24  (j'"  1861. 
Rv.  Door  de  Lykdragers  van  Carolus  Borremcaus. 
Médaille  à  bélière  offerte  à  leur  doyen  d'âge. 
Argent.  PI.  LXXXVIII,  n^  171. 


Av.  SOUVENIR  DE  RECONNAISSANCE.  Dans  le  champ, 
une  lyre  sur  un  cahier  de  musique  ouvert,  entourée  d'une 
couronne  de  laurier. 

Rv.  LES  CDpogra^bcs  C^œuristes  des  Ateliers  P.  J. 
Hanicq,  à  Pralines,  a  leur  maître  de  chant  il 
VERELST,  le  22  Novembre  mdcccxliii. 

Médaille  à  belière,  gravée. 

Vermeil.  PI.  LXXXVIII,  n^  172. 

Av.  opgedragen  aen  p.  tuezney.  Dans  le  champ, 
une  presse  à  bras. 

Rv.  Door  zyne  Ambackts  gezellen  en  de  bediende  ter  gelé- 


272  NUMISMATIQUE   MALINOISE 

gcnhcid  van  zyii  2S'"  Jacr  als  driikkcr  by  Mynhecr  P.  J. 
Himicq  te  Mcchclen  MDCCCLll. 

Médaille  à  bélière,  gravée,  offerte  par  les  ouvriers 
typographes  de  l'imprimerie  Hanicq,  à  leur  compagnon 
Tuezney. 

Argent.  PI.  LXXXIX,  n^  173. 

« 
Société  Royale  La  Réunion  Lyrique 

Cette  société  chorale  a  été  fondée  en  i838,  et  eut  pour 
premier  directeur,  Armand  Limnander  de  Nieuwcn- 
hove  (i).  Dès  le  début,  la  phalange  musicale  comptait 
de  bons  musiciens,  ce  qui  lui  permit  de  participer  au 
concours  de  chant  à  Louvain,  le  4  septembre  1842,  avec 
22  chanteurs  :  ils  remportèrent  le  premier  prix.  Encou- 
ragée par  ce  premier  succès,  la  société  participa  le  25 
septembre  de  la  même  année,  au  concours  de  Bruxelles, 
où  elle  remporta  de  nouveau  le  premier  prix,  et  le  len- 
demain, elle  enleva  la  coupe  en  vermeil,  offerte  par  le 
roi  Léopold  I,  aux  sociétés  victorieuses  dans  les  diffé- 
rents concours. 

A  son  arrivée  à  Malines,  la  société  offrit  son  objet 
d'art  à  la  ville,  qui  le  fit  placer  dans  notre  musée.  Pour 
commémorer  le  souvenir  de  ce  grand  succès,  les  magis- 
trats de  la  ville  remirent  en  séance  solennelle,  la  mé- 
daille en  or  que  voici  : 

Av.  A  LA  REUNION  LYRIQUE,  en  haut.  Dans  le  champ, 
la  coupe,  aux  initiales  du  roi,  placée  sur  un  socle  por- 
tant l'inscription  26  Septembre  1842;  à  droite,  une  lyre 
entourée  d'une  couronne  de  laurier;  à  gauche,  l'écu  de 
Malines,  légèrement  incliné  sur  une  branche  de  chêne. 


(i)  Historique  de  la  Royale  Réunion  Lyrique  de  Malines,  par  A.  Beaudin. 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  278 


Rv.  TEMOIGx\AGE   de  IRCCOnUaiSSanCC   Pour   don  fait   à   lu 

UiKc  be  lllalines  de  la  coupe  en  vermeil  prix  royal 

RE>tPORTÉ     AU     CONCOURS     DE     CHANT     A     BRUXELLES.      LC      tOUt      Cil 

lettres  gravées. 

Médaille  à  bélière. 

Or.  PI.  XC,  no  174. 

La  ville  de  Malines  offrit  encore  une  médaille  en  or, 
que  nous  avons  reproduite  à  la  planche  XXXIX,  n°  76, 
lors  de  l'obtention  de  son  premier  prix  en  première  divi- 
sion au  concours  de  Bruxelles,  en  1880. 

Deux  ans  plus  tard,  elle  assista  au  concours  de  Rou- 
baix  et  obtint  le  premier  prix  de  lecture  à  vue  et  le 
second  prix  en  division  d'excellence. 

La  Ville,  voulant  encourager  les  efforts  constants  de 
cette  vaillante  société,  lui  accorda  une  troisième  mé- 
daille en  or. 

Av.  Les  armoiries  de  la  ville.  ^^ 

Rv.  LE  CONSEIL  COMMUNAL  DE  MALINES  A  LA  SOCIÉTÉ 
ROYALE   LA   RÉUNION   LYRIQUE    l6   AOUT    1882. 

Médaille  à  bélière. 

Or.  PI.  XCI,  no  175. 

La  Mélodie 

La  Réunion  Lyrique  a  toujours  marché  de  pair  avec 
un  autre  cercle  musical  de  notre  ville,  «  La  Mélodie  »,  à 
qui  elle  a  donné  maintes  fois  des  marques  de  confrater- 
nité, par  la  frappe  de  médailles  en  son  honneur.  L'ori- 
gine de  cette  société  remonte  à  l'année  i8o5. 

Av.  t¥  témoignage  de  RECONNAISSANCE  ^  CONCOURS 
DE  CHANT  D'ENSEMBLE  JUILLET  l857  —  LA  RÉUNION 
LYRIQUE    à   La   Société  LA  MÉLODIE. 

Médaille  uniface,  à  bélière. 

Arcrent.  PL  XCI,  n«  176. 


274  NUMISMATIQUE    MALINOISË 

Av.  La  Réunion  lyrique  a  la  société  d'harmo- 
NiE  LA  mélodie  Malines  LE  8""'  1842.  Dans  le 
champ,  les  attributs  de  la  musique. 

Rz>.  Gage  de  reconnaissance  pour  les  honneurs  rendus  à  la 
Réunion  Lyrique  à  l'occasion  de  ses  succès  obtenus  aux  Con- 
cours de  Chant  à  Louvain  le  4  7'"'  et  à  Bruxelles  les  2S  et 
26  f"  1842. 

Médaille  à  bélière. 

Argent.  PI.  XCII,  n^  177. 

Av.  la  ville  DE  MALINES  A  LA  SOCIÉTÉ  D'HARMONIE 
LA  MÉLODIE  -  DON  DE  GRATITUDE  POUR  SON  CONCOURS 
AUX   FÊTES   PlBLigUES   FÉVRIER    1843. 

Rv.  Un  trophée  formé  d'instruments  de' musique,  sur- 
monté de  l'écu  de  Malines. 

Argent.  PI.  XCIII,  n^  178. 

Dyle  Zonen 

Av.  De  Gemcenteraad  aan  den  heer  Frans  Claes  lid  der 
Dylezonen  20  Scptcniber  iSj'j.  Cette  inscription  se  trouve 
dans  une  couronne  de  chêne  et  de  laurier,  renfermée  à 
son  tour  dans  un  bel  encadrement  en  relief. 

PI.  XCIV,  no  179. 

Rv.  Les  armoiries  de  la  ville  dans  le  même  encadre- 
ment. 

Vermeil.  PI.  XCV,  n^  179. 

Témoignage  dé  satisfaction  offert  par  la  ville  à  l'ac- 
teur François  Claes,  membre  de  la  société  dramatique 
«  De  Dyle  Zonen  )). 

Nous  terminons  notre  deuxième  volume  par  une 
planche  consacrée  aux  cyclistes  malinois.  Lux  aussi  ont 


NUMISMATIQUE    MALINOISE  275 

mis  beaucoup  de  goût  dans  la  conception  de  leurs 
fanions  et  dans  la  confection  des  insignes  qu'ils  distri- 
buent à  leurs  champions  des  courses  vélocipédiques. 

Av.  VÉLOCE  CLUB  MALINOIS  i885  (année  de  sa  fonda- 
tion). Inscription  répartie  sur  les  quatre  branches  d'une 
croix  portant  au  centre  l'écu  de  la  ville. 

Rv.  Championnat  2""  Prix  12-8-1895. 

Argent.  PI.  XCVI,  n^  180. 

Av.  Un  cartouche  orné,  vers  la  partie  supérieure,  de 
deux  têtes  de  lions;  au  centre,  dans  un  cercle,  un 
cycliste  pédalant. 

Rv.  A.    C.     M.     MALI  NES  2  7  JUILLET  iSgS. 

Insigne  distribué  par  les  amateurs  cyclistes  malinois, 
au  champion  d'une  course  de  vitesse. 

Argent.  PI.  XCVI,  n^  i8i. 

Av.  SOUVENIR  DU  CORTÈGE  CYCLISTE  1894.  Dans  le 
champ,  un  cycliste  sur  une  bicyclette. 

Rv.  En  haut,  ville  de  malines.  Dans  le  champ, 
l'écu  de  Malines  sur  deux  branches  de  laurier. 

Médaille  à  bélière,  entourée  d'une  cordelière. 

Argent.  PI.  XCVI,  n°  182. 

Il  existe  un  exemplaire  en  bronze  de  cette  médaille; 
elle  a  été  frappée  par  le  Pédale  Club  Malinois,  pour 
commémorer  une  fête  cjxliste. 


ERRATA 


Page  .1)7,  ligne  lo,  ait  lien  de  PI.  D  et  H,  n"'  S  et  9,  //jr^  PI.  E, 
w  II  et  PI.  F,  n°  12. 

Page  158,  ligne  33,  fl//  lieu  de  PI.  F,  n"  J2,  /m';;;  PI.  D,  n°  10. 

Planche  LXX,  au  lien  de  n°  135  —  AR,  lise:(_  141  —  AR. 


Table  des  flatîères 


Liste  des  ^Membres i 

Sociétés,  commissions  et  publications  avec  lesquelles  le  Cercle 
ccliange  ses  bulletins 7 

H.  CoNiNCKX.  —  Rapport  sur  les  travaux  du  Cercle  et  la  situation  à 
la  fin  de  l'année  1898 11 

Pr<:\^ramme  du  concours  pour  la  rédaction  d'une  histoire  générale 
(If   Malines 19 

L.  SiKôoBAXT.  —  Un  conflit  de  jurkliction  au  XI V»"  siècle,  à  Ma- 
lines   ■ 23 

L.  Stroobant.  —  Addenda  à  la  généalogie  de  la  famille  GJiys- 
brr,ht>   (!,■  M:,lines        .         . '    .  29 

II.  (,'nxixcKX.  —  J-'.enige  bUidzijdcn  hcrinneringen  aan  de  fransche 
uverheersching  te  Mechelen,  van  't  eindc  der  XVll'ie  eê'uw       .  37 

Imikxaxd  Donxi:t.  —  Hans  Poppenru\t'er,  Reniy  de  Hallut,  Gérard 
et  Gasi>ard  vand-Mi  Nieuwenhuysen,  fondeurs  de  canons  à  Ma- 
lines  79 

G-  VAN  Caster.  —  Ancien  Palais  du  Grand  Conseil,  à  Malines 
f nouvel  Hôtel  des  Postes)  .        . ii3 

L.  \'ax  dex  Bekgh.  —  Numismatique  Malinoise  (Catalogue  des- 
criptif du:.  Monnaies,  Mt-reaux.  Jetons  et  Médailles  frappés  à 
Malines  ou  ayant  trait  a  son  histoire),  3^  partie     .        .        .     •  .        i3g 


278 


(Sable  ^cô  ;plancbc6 

ri.  I.  Plan  du  Palais  destiné  au  Grand  Conseil  de  Malincs   .         ii2-ii3 
PI.  II.  Idem  (Détail  de  la  partie  construite  de  i526  à  1534)      .        114-115 

Les  planches  suivantes,  à  la  fin  du  volume. 

PL  A,  B,  C,  D,  E,  F,  G,  H,  I,  J,  K,  L,  M.  N,  0,   P,  Q,  R,  S,  T,  T, 

V,   W,  X.  Médailles   des  Seigneurs  et  Gouverneurs  -  généraux  dé  Ma- 

lines. 
PI.  III,  IV,  V,  VI,   VII,  VIII,   IX.  X,  XI,  XII.  XIII,  XIV,  XV,  XVI, 

XVII.  Illustrations  Malinoises  et  leurs  médailles. 
PI.  XVIII,    XIX,    XX,   XXI,   XXII,    XXIII,   XXIV,  XV,   XVI,   XXVII. 

Médailles  des  archevêcjues. 
PL  XXVIII,   XXIX,  XXX,    XXXI,  XXXII,  XXXIII,  XXXIV.  Médailles 

commémoratives. 
PL  XXXV,   XXXVI,  XXXMI,  XXXVIII,  XXXIX,  XL,  XLI.  Médailles 

frappées  à  l'occasion  d'expositions,  inaugurations,  congrès,  concours. 
PL  XLII,  XLIII,  XLIV,  XLV.  Insignes. 
PL  XLVI,  XLVII,  XLVIII,  XLIX,   L,   LI,  LU,  LUI,  LIV,  LV,  LVI. 

Médailles  décernées  par  l'Académie  des  Beaux-Arts. 
PL  LVII.  Médailles  décernées  par  l'Académie  de  musitiuc 
PL  L\"III.  Médaille  décernée  au  Collège  de  la  ville. 
PL  LIX.  Médailles  décernées  par  l'Institut  des  Beaux-Arts. 
PL  LXI,   LXII,    LXIII,    Médailles  frappées    à  l'occasion  des  jubilés  de 

S.  Rombaut  et  de  Notre-Dame  d'Hanswyck. 
PL  LXIV,  LXV,  LXVI,  LXVII.  LXVIII.  LXIX,  LXX,  LXXI,  LXXII, 

LXXIII,    LXXIV,    LXXV,    LXXVI,    LXXVII.    LXXVIII,    LXXIX, 

LXXX,   LXXXI,    LXXXIL    LXXXIII,   LXXXIV.  LXXXV,  LXXXVI, 

LXXXVII,    LXXXVIII,    LXXXIX,    XC,    XCI,    XCII,    XCIII,    XCIV. 

XC\',  XCVI.  Médailles  des  Gildes,  iMétiers  et  sociétés  d'agrément. 


Viôncttcô  intcrcaléce  t^ans  le  teyte 

Signature  de  Rombaut  Keldermans 116 

vSignature  de  Laurent  Keldermans 116 

«           »                    »                      127 

Ecu  de  Malines  (fig.  n"  i) .        .  i?2 

Armoiries  données  par  Napoléon,  en  1809  (fig.  no  2)        .        .        .  193 

Ecu  donné  par  Guillaume  I  (fig.  n»  3)        .  " 195 


/ 


Abréviations 


AR,  argent. 

B,  bronze. 

C,  cuivre. 

C  D,  cuivre  doré. 
E,  étain.  • 

M  B,  métal  blanc. 
P,  plomb. 
V,  vermeil. 


Planche  A 


Cjrr.  Van  den  Bsrgh,  Feo. 


Planche  B 


Cyr.  Van  Jen  Bergh,  Fec 


Planche  C 


Cjr.     Van  ilen  Berjjli,  1"( 


Planche  D 


i;yr.  Van  «li-n  Bt-rsli.  Fpc. 


Planche  E 


i;yr.  Van  ilfn  Bergli,  Fec 


Planche  F 


Cyr.  Van  den  Bergh,  Fec. 


Planche  G 


Cyr.  Van  den  Bergh,  Fec. 


Planche  H 


Cyr.  Van  den  Bergh,  Jcc. 


IPlanc'lie  1 


Cyr.  Van  ■l'n  lirrsli,  l> 


Planche  J 


t-r""-  VdO  Jen  llrr(;h,  Fe 


Planclie  K 


Cjr.  Van  Jen  Bergh,  Fe 


Planche  L 


CjT.  Van  den  Kcrgh,  Fec. 


Planche  M 


Cyr.  Van  den  Bergh,  Fec. 


Planche  N 


Cfr.  Vin  d«o  Berghj  Fec. 


Planche  O 


Cyr.  Van  den  Bergh,  Fec 


Planche  P 


Cjrr.  Van  den  Bergh,  Fec. 


Planche  O 


Oyr.  Van  den  Bergh,  Fec 


Planche  R 


<^.  V»n  den  Bergh,  Fec 


TLa:.: 


CjT.  V»n  den  Bergh,  Fec. 


Planche  T 


Cjrr.  Van  den  Bergh,  Ve.c. 


Planche  U 


,  Vao  lien  Bergh,  Fec. 


Planche  V 


Cjt.  yrn  den  Bergh,  Fec 


Planche  W 


CfT-  Van  de»  Bergh,  Fec. 


Planche  X 


Cp'.  Van  den  Bergh, 


Planche  III 


CfT,  Vin  d«n  Berjh,  Fec. 


Planche  IV 


Cjrr.  r'ao  den  B«rgh,  Fec. 


Planche  V 


CfT.  Van  den  Bergh,  Fet. 


Planche  VI 


CfT.  Van  den  Bergh,  Fec. 


Planche  VII 


Cjri .  Van  den  Bergh,  Fec. 


Planche  VIII 


Planche  IX 


Cft.  Vtn  den  Btrgh,  Fec. 


Planche  X 


CjT.  VaD  den  Bergh,  Fec. 


Planche  XI 


Zyt.  Van  den  Bergb,  Fec. 


Planche  XII 


Cft.  Tan  den  B«r|h,  F«t 


Planche  XIII 


Planche  XIV 


Ctt.  Van  deo  Bergh,  Fec. 


Planche  XV 


Cp'.  Vaa  dea  Bergh,  Fce. 


Planche  XVI 


Cn-  vu  A»  Bcr|h,  FM. 


Planche  XVII 


CfT.  Tin  dtD  Bergh,  Fec. 


Planche  XVIII 


Cjrr.  Van  ileo  Bergb,  Fee. 


rianche  XIX 


Cjrr.  Van  deo  Ber{h,  Fee. 


Planche  XX 


Cit-  Vu  d«a  B<r(h,  F« 


Planche  XXI 


CfT.  Tan  d*B  Btrfh,  Fte. 


Planche  XXII 


Cr*t  Van  den  Bergh,  Fce. 


X 
Planche  XIII 


C^r.  Vu  ilcQ  Ber|b,  Fce. 


Planche  XIV 


Qrr  <Pu  tea  larth.  Tm 


Planche  XXV 


(^.  Tu  4ta  B«r|h,  rtt. 


Planche  XVI 


Cjr.  Van  Jen  Bergh,  F«c. 


PLanthe  XXVII 


Crr.  Vu  dca  Berfh,  ftt- 


Planche  XXVllI 


Cri    »»»  dcD  B«rgh,  Fat. 


Planche  XXIX 


Planche  XXX 


Planche  XXXI 


56 


Cyr.  Van  den  Bergli,  Fec. 


Planche  XXXll 


AR 


C)T.  Van  dtn  Bcrgh,  Esc. 


Planche  XXXIII 


Planche  XXXIV 


■\1< 


Planche  XXX\* 


Planche  XXXVI 


Planche  XXXVII 


Planche  XXXVI II 


Planche  XXXIX 


AR 


Planche  XL 


M  B 


OR 


Planche  XLI 


Planche  XLII 


Cyr.  Van  den  Bergh,  Fec, 


Plinrhe   XLIII 


Planche  XLIV 


^^-^S^S^^^" 


Cyr.  Van  dcn  Utrgli,  It 


Planche  XLV 


Cyr.  Van  deo  feetgh,  Fec. 


Planche  XLVI 


CjT.  Van  Jen  Bergh,  Fec. 


Planche  XL  VIT 


Cjr.  Van  Jeu  r.ergli,  Ffc. 


Planche  XLVIII 


-yr.  Van  dcn  Ecrgh,  Fec 


Planche  XLIX 


Cyr.  Van  ilen  Bergh,  Kcc. 


Planche  L 


Cyr.  Van  den  Bergh,  Fec, 


Planche  LI 


Cyr.  Van  den  Bergh,  Fec. 


Planche  LU 


Cyr.  Van  den  Bcrgh,  Fec. 


Planche  LUI 


Cyr.  Van  den  Rcrgh,  Fec 


Planche  LIV 


Planche  LV 


Planche  LVl 


Cyr.  Van  den  Bergh/Ftc. 


Planche  LVII 


Planrhe  LVIII 


Planche  LIX 


Planche  LX 


Cyr.  Van  den  Bergh,  Fe 


Planche  LXI 


AK 


Cyr.  Van  den  Bergh,  Fec. 


Planche  LXII 


Cjt.  Van  tien  Dergli, 


Planche  LXIII 


"■yr.  Vhq  den  Bergh,  Fec. 


Planche  LXIV 


Cyr.  Van  den  Bergh,  Feo 


Planche  LXV 


i34 


AR 


Cyï.  Vao  d«n  Bergh,  Fec. 


Planche  LXVI 


Cyr.  Van  den  Bergh,  Fec. 


Planche  LXVIl 


Planche  LXVIII 


Cyr.  Van  ilen  Dergh,  Fee 


Planche  LXIX 


L>r.  Van  Jen  Dcrgh,  Fec. 


Planche  LXX 


Cyr.  Van  den  Bergh,  Fee. 


Planche  LXXI 


Cjrr.  Van  dïB  Bergh,  Fec. 


Planche  LXXII 


Planche  LXXIII 


C>T.;van  den  Bergh,  Fec 


Planche  LXXIV 


Planche  LXXV 


Cyr.  Van  ileo  Bergh,  Fec. 


Planche  LXXVI 


Cjrr.  Van  den  Bergh,  Feo 


Planche  LXXVII 


Cyr.  Van  den  Bergh,  Fec. 


Planche  LXXVIII 


CyT.  Van  deo  Bcrgh.'Fec 


^lanche  LXXIX 


Planche  LXXX 


Cyr.  Vaa  dca  ficrgu,  Fte 


Planche  LXXXl 


Planche  LXXXII 


Planche  LXXXIII 


Planche  LXXXIV 


Planche  LXXXV 


Planche  LXXXVI 


Planche  LXXXVII 


kjrr.  Van  ileo  Ucr^h,  Fec. 


Planche  LXXXVIII 


Crr.  Vu  dcn  Ber|h,  Pee 


Planche  LXXXIX 


Planche  XC 


Cyr.  Vao  deu  Bergli,  Fec. 


Planche  XCI 


Cyr.  V«n  den  Bergh,  F«e. 


Planche  XCII 


Cfr.  Vu  itu  Mrik.  F«* 


Planche  XCIII 


Cyr.  Van  deii  Bergh,  Fec. 


Planche  XCIV 


C)T.  Van  den  Bergh,  Fec. 


Planche  XCV 


Cyr.  Van  den  Bergh,  F«e. 


Planche  XCVI 


Cjr.  Van  den  Bergh,  Fec. 


fF-/ 


(3